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18 octobre 2007

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Voici les sites qui parlent de Lynchage littéraire :

Commentaires

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Alain Pierrot

Des modérateurs : l'auteur d'un blog a à mon avis une responsabilité éditoriale ou sociale.
Si l'on considère le genre «blog» comme éditorial (au moins à la mode d'un rédacteur en chef de périodique) il y a une responsabilité quant au contenu des commentaires qu'il héberge. Peut-être pourrait-on imaginer une symbolique pour marquer les commentaires d'origine reconnue par l'auteur. Pas de censure, mais une marque de confiance.

Du point de vue social, on peut considérer que l'hospitalité du blogueur comporte une responsabilité pour assurer le confort des invités momentanément hébergés. Sans lever les anonymats, en autorisant chaque individu à revêtir le rôle que son humeur du moment lui dicte, l'hôte peut légitimement revendiquer la fonction de meneur de jeu.

Quant au traçage, les logs pourraient alerter à deux niveaux : sur le fil courant, une seule adresse IP, plusieurs pseudos constituent un indice engageant à quelques vérifications. S'agit-il d'une adresse partagée par plusieurs usagers ? Ou d'une tentative de «bourrage d'urne électorale».
Au niveau inter-blogs, même IP, même cible (sujet), est-ce un indice de multi-diffusion, contraire à la «netiquette» naguère appliquée dans les newsgroups ?
(Si, si, le protocole nntp, vous savez, avant l'invention ;-) révolutionnaire ;-) du web 2.0.)

Aldus

J'aime bien l'idée d'une symbolique pour "valider" le commentaire. Une sorte de labellisation, de marque de confiance. Il serait intéressant d'avoir l'avis de nos camarades de Babelio, si ils nous écoutent...

Irène

C'est intéressant d'aborder le sujet sous l'angle de la modération sur les forums, certes. Mais au cas particulier, la mésaventure de Sévilla me semble un peu plus complexe qu'une simple affaire d'advertposting hostile...

D'abord, une constatation : le livre a été signalé dans Le Figaro, Les Echos, France 5, France Info... Alors qu'il s'agit du premier roman d'un auteur inconnu, chez un éditeur de province, pour un roman de fantasy pour ados comme il s'en publie une vingtaine chaque mois. Cette attention favorable des critiques de "grands médias" est très rares pour les bouquins de "genre", encore plus lorsquq'il s'agit d'inconnus. Je sais de quoi je parle, hélas... Quand les médias en question sont le Figaro et les Echos, qui sont quand même étrangers à la fantasy pour ados, il est difficile de ne pas penser au copinage.

Après une petite recherche Google, je pense que l'auteur est le même Jean-Louis Sévilla qui est partenaire dans un grand cabinet d'architecteparisiens, et qu'il doit connaître plein de gens...

Et j'imagine que l'éditeur, Olivier Frébourg (ancien dir litt de la Table Ronde), ne doit pas être en reste question carnet d'adresses. Et bien qu'il s'en soit hautement plein dans la presse et sur le Net, en privé, il ne doit pas être trop chagriné par tout ce bruit fait autour du bouquin, j'imagine !

Le plus drôle, c'est qu'il y a eu aussi une cabale d'amis de l'auteur (ou se prétendant tels) qui a posté un message plein d'enthousiasme en copier-coller sur plusieurs forums pour lui faire de la pub...

Mais ça, ni les gens du Monde, ni du Figaro n'ont eu l'air de s'en rendre compte, bien que le plus modeste googlage fasse ressortir l'info. J'ai posté la remarque dans les commentaires de Rue89 et sur le forum de mon éditeur. Son avis, que je copie-colle ici :

"Ce qui me fait rire, c'est le coup du procès.
Pour que le procès soit valable, il faut qu'il y ait eu préjudice. Et étant donné que l'Editeur en a plus vendu que prévu entre autre à cause de cette histoire, il n'y aura pas de préjudice constaté" !

Bref, on peut se demander quelle proportion de mauvaise foi et d'intérêt bien compris a poussé l'éditeur à faire tout un fois autour de quelques commentaires hostiles ;-)

Alain Pierrot

Que le cas Sévilla soit sincère ou non ne me paraît pas changer significativement les données du problème de la modération des blogs contre leur invasion par des commentaires opportunistes.

Quant au procès, il est effectivement ridicule d'encombrer les tribunaux de la sorte.

Aldus

On ne peut pas quand même reprocher à un petit éditeur de province, comme vous dîtes Irène, de réussir à décrocher quelques bons articles dans la presse! C'est peu d'égards aussi pour les journalistes qui ont fait les bons papiers en question. Je pense qu'il y a bien eu volonté de nuire ; quand on sait que la durée de vie d'un livre n'excède malheureusement pas quelques semaines, je trouve légitime que l'éditeur se défende. Ou alors, si tout le monde trouve ça normal, c'est quand même à désespérer...

Irène

@ Aldus : bien sûr, qu'on ne va pas reprocher à l'éditeur de faire feu de tout bois pour faire parler de son livre. Reste à savoir si le "lynchage" est authentique ou si ce n'était pas une façon d'alimenter le buzz...

Connaissant un peu le milieu, je peux dire que le livre n'aurait jamais eu autant de succès s'il n'y avait pas eu ces "attaques" en ligne. Sont-elles vraiment l'œuvre de concurrents malveillants ? Aujourd'hui, en effet, la durée de vie d'un livre est faible. Et tout éditeur un peu malin sait que même la mauvaise publicité vaut mieux que l'obscurité.

Quant aux "bons papiers" des journalistes du Monde et du Figaro : non, pas si bons, puisqu'ils ne présentent que le point de vue de l'éditeur, y compris la pseudo-menace d'aller en justice ! Prendre ça pour argent comptant, c'est un peu gros.

Au fait, quand Olivier Frébourg prétend que c'est la première fois qu'une œuvre de fiction fait l'objet de ce genre de dénigrement dans les forums de lecteurs, c'est soit une nouvelle façon d'exploiter l'affaire en l'exagérant, soit l'indice qu'il n'est jamais allé auparavant sur des forums consacrés à la science-fiction et à la fantasy.

Et je persiste à penser qu'il est bizarre de commencer par faire de l'advertposting positif dans des forums en ligne, et ensuite se plaindre qu'il y ait aussi de l'advertposting négatif !

Irène

Ah, tiens, tout de même : je retire une partie de mes critiques au journaliste du Monde... Dans l'article mis en lien ci-dessus par Aldus, il fait remarquer au passage :

"Une des conséquences de ce tabassage littéraire en règle sur la Toile a été qu'Un monde sans elfes s'est retrouvé propulsé en tête des avis dans plusieurs forums, avec une cinquantaine de citations, là où des livres qui se sont vendus en plus grand nombre n'ont fait l'objet que de très peu de commentaires."

CQFD. Il n'y a pas de mauvaise publicité...

Léo Scheer

Merci. J'ai mis un lien vers votre site sur le billet en question. Le plus douteux, pour moi, réside dans l'usage que font les sites de vente en ligne (Fnac.com, Amazon etc) des commentaires des internautes, car c'est là où la concurrence entre éditeurs prends un sens concret. Pour le moment, ça ne représente que moins de 5% du marché, mais on imagine, dans quelques temps ce que ça peut devenir.

Babelio

Effectivement, chez Babelio, cette malheureuse affaire nous a fait réfléchir sur la question des critiques. Quelques réflexions à ce sujet :

- Le traitement réservé au livre de Sevilla est scandaleux (je suis d'accord avec l'argument de la "bonne mauvaise publicité", mais c'est un fusil à un coup : la presse ne va pas relayer des histoires d'adverposting chaque semaine), mais il ne doit pas discréditer le principe même de la critique des internautes pour autant. Même si d'autres cas ont dû passer au travers des mailles du filet, je ne peux m'empêcher de penser que c'est un contre-exemple. Pour un livre attaqué ainsi, combien ont bénéficié d'un bouche à oreille positif et justifié sur Internet ? Combien de vérités ont été rétablies par des internautes, anonymes ou non, sur des nullités survendues dans la presse ? Babelio est encore trop jeune pour avoir des exemples, mais je suis sûr que Zazieweb pourrait en donner des tas.

- Je suis assez curieux de voir qui est derrière ce bombardement. Je ne suis pas persuadé qu'il s'agisse d'un éditeur souhaitant flinguer un concurrent. Contrairement au cinéma, où la mauvaise critique d'un film peut bénéficier à celui qui sort le même jour, je ne pense pas que descendre un livre « concurrent » permette de faire croître ses ventes : l'offre de livres est très large, et les durées de vie plus longues, si bien que cet effet de vases communicants ne doit pas vraiment jouer dans l'édition (mais je ne suis pas éditeur, je peux me tromper.) Dans le cas de Sevilla, je crois plus à une vengeance personnelle isolée qu'à une stratégie industrielle. Ca ne résoudrait pas le problème, mais ça écarterait au moins l'hypothèse d'armées de stagiaires payés par les éditeurs pour polluer les forums et les sites de critiques. (Dans le cas de critiques négatives, en tout cas. On peut malheureusement imaginer ces stagiaires inondant le web de dithyrambes pour les livres de leur maison.)

- Il est possible de limiter ce type de comportement, en bloquant les critiques émanant d'une même adresse IP, en labellisant les commentateurs etc. Chez Babelio, nous nous orientons vers un système de « réputation » sur le modèle d'eBay : les membres auront bientôt la possibilité de noter les critiques, ce qui permettra de labelliser les commentaires et les commentateurs les plus appréciés.

- Mais il est clair qu'il y aura toujours des critiques malfaisants qui parviendront à doubler le système. De la même façon, la critique littéraire médiatique est parfois (souvent…) entâchée de soupçons de copinage, d'asservissement à une maison etc. Pour autant, la littérature gagnerait-elle à son interdiction pour soupçon d'impureté ? Chez Babelio, nous ferons de notre mieux pour éviter les critiques de complaisance et les campagnes de dénigrement, mais à choisir, nous préférons laisser parler un coupable plutôt que de bâillonner cent innocents. (une conclusion un peu trop pompeuse, qui veut simplement dire qu'en ouvrant Babelio aux critiques des membres, nous pensons que les auteurs et les livres ont plus à y gagner qu'à y perdre.)


Aldus

Merci Babelio pour tous ces éclaircissements au coeur de votre site. Veillons à ce que quelques brebis galeuses ne jettent pas le soupçon sur l'ensemble d'un formidable espace d'échange entre les lecteurs.

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