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57 notes en janvier 2009

Le livre se meurt-il? Le pari de Vandendorpe

Remolino revenait la semaine dernière sur un vif débat qui a eu lieu sur Radio-Canada consécutif à l'article de Patrick Lagacé "Le livre se meurt (et ce n'est pas grave)",
Je me permet de mettre l'article complet, d'une part parce que tout est bon, d'autre part parce que je ne voudrais pas qu'il disparaisse (il disparait tellement de choses sur le web...)

"II fut une époque où j'avais toujours un livre sur ma table de chevet. Des essais et des biographies, surtout. Des romans. Pendant les vacances, c'était pire, je me faisais des marathons de lecture. Au Mexique, il y a trois ans, durant les Fêtes? Huit livres, d'un recueil de textes de Dany Laferrière à une enquête sur les Hells Angels. L'été 2006, passé dans un chalet? Une demi-douzaine, facilement, d'Amos Oz à Olivier Roy et Oriana Fallaci en passant par Jean-Paul Dubois. Il fut une époque où je lisais tout le temps des livres, disais-je. Cette époque est révolue. L'été dernier, pendant mon mois de vacances?

Zéro.

Le tueur du lecteur de livres qui vivait en moi depuis près de 30 ans?

Le Net.

*****

Je vous entends dire, d'ici, que ça fait plus de 10 ans que l'internet est dans nos vies. Quinze ans si on est avant-gardiste. Très juste. Mais pendant des années, pour la plupart des gens, l'internet était accessible par un gros ordi vissé à un bureau.

Puis, les portables sont devenus moins chers.

Puis, coup fatal, l'internet sans fil s'est répandu dans la population comme un rhume dans une garderie. Désormais, bien calé dans ton fauteuil préféré, tu peux surfer, le Mac sur les cuisses.

Résultat: ces heures passées à lire des textes sur des arbres morts, je les passe devant mon écran, à lire, regarder, écouter.

Et, je le confesse, j'ai un peu honte. J'ai grandi dans cette époque où le livre était LA clé de la connaissance. La différence entre quelqu'un de cultivé les autres était, bien souvent, ce bon vieux livre, ce bon vieux ramassis de connaissances imprimé sur des arbres morts. Cette époque est en train de mourir.

Remarquez, j'essaie, mollement, d'aider l'ère du livre à étirer son règne, qui a quand même duré 500 ans. Je lui donne, à ma façon, le bouche-à-bouche: j'achète des livres.

Sauf qu'ils sèchent dans ma bibliothèque.

*****

Christian Vandendorpe, prof de lettres françaises à l'Université d'Ottawa, auteur du livre Du papyrus à l'hypertexte, me rassure: «J'achète moi aussi de plus en plus de livres sans les lire. J'ai un rayon «à lire», dans ma bibliothèque.»

Et on parle ici d'un lettré, d'un homme qui a fait sa vie autour du Livre. Il en écrit et il enseigne la littérature. Je veux dire par là que ce n'est pas un banal chroniqueur hyperactif dans un journal.

Mais même le prof Vandendorpe est aspiré par cette époque numérique qui naît sous nos yeux: «J'ai plusieurs milliers de livres dans ma bibliothèque. Mais, comme mes étudiants, je vais désormais sur le web si j'ai une question. Je cède au charme du livre s'il s'agit d'un bel objet. Ou quand c'est celui d'un auteur de très grande envergure.»

Sinon, c'est le web. C'est Google.

Je suis d'accord avec Christian Vandendorpe: aujourd'hui, la privation, c'est quand ton ordinateur ne détecte pas de réseau sans fil!

*****

J'ai honte mais, au fond, je ne devrais pas. Je lis, quand même. Différemment.

Ces 15 heures que je n'ai pas consacrées à lire le dernier livre de Thomas Friedman, je les ai passées à me documenter ailleurs, autrement.

D'abord, Friedman, je lis ses chroniques, sur le site du New York Times. Ensuite, grâce aux agrégateurs que je fréquente, de Metafilter en passant par Boing Boing et Trendalicious, je profite du génie collectif des internautes pour lire des articles de journaux et de magazines, des billets de blogues et des essais; pour regarder des documentaires dont je n'aurais jamais entendu parler autrement.

Et il y a la baladodiffusion. C'est une émission de radio, This American Life, de NPR, la chaîne publique américaine, qui m'a le mieux expliqué la crise du crédit qui a causé la crise financière qui cause la crise économique actuelle.

Deux émissions, deux heures conviviales, fouillées, intelligentes, sur un sujet super dense et super pointu. Sans le Net, jamais je n'aurais pu jouir de ce bijou de journalisme de vulgarisation.

J'entends d'ici certains lettrés qui ne jurent que par le Livre me dire que je suis un barbare moderne qui, tétant les multiples mamelles numériques qui dispensent le lait du savoir, est condamné à la superficialité. Peut-être. Mais je pense que je suis le produit de cette époque qui naît.

«Regardez les vieilles icônes religieuses, me dit le prof Vandendorpe. Qu'avaient bien souvent les saints, à la main? Un livre. Le livre encodait la parole divine, le savoir. Il était le support emblématique du savoir. Ce n'est plus le cas.»

J'entends ici des penseurs, et probablement une penseuse en particulier, nous dire qu'ils s'agit là d'une tragédie, que l'ère du livre qui s'achève ne peut qu'accoucher d'une ère bâtarde, hyperactive, incomplète, où l'Homme se contentera d'une connaissance en forme de clips, butinant d'un URL à l'autre.

Ces penseurs-là vont trouver un adversaire féroce en Christian Vandendorpe: «On vit une époque aussi excitante, au plan intellectuel, que la Renaissance. Peut-être même plus. Le pari que je fais, aujourd'hui, c'est qu'on va voir naître une plus grande curiosité, un plus haut degré de connaissance.»

Vraiment (pardonnez le cliché): quelle époque formidable."

On comprend les réactions des amoureux des livres sur Radio-Canada... J'ai réfléchi à mes pratiques de lectures depuis disons cinq ans. Je suis beaucoup sur internet, je n'ai jamais autant lu. C'est mon intérêt pour la presse papier qui s'est modifié, il existe toujours, mais il est devenu complémentaire, rythmant des temps de lectures dans les transports surtout. Mon temps de lecture de livres n'a absolument pas diminué, je dirais même qu'il s'est renforcé avec les découvertes suscitées par internet. Je lis aussi énormément d'articles que j'importe sur l'Iliad ou le Sonyreader. Dois-je les comptabiliser en temps sur internet ou en temps de livres? Paradoxe... Alors, vous me direz, c'est bizarre, les journées ne font que 24 heures? Et bien, c'est le temps de télévision qui s'est réduit à presque rien, on est proche du néant. Quelques émissions (et encore podcastées pour la plupart), c'est je pense de ce côté-là, c'est la télévision qui se meurt! Une fois que la vidéo à la demande va se généraliser, que va-t-il rester... La radio va très bien résister, mais la bonne vieille télé à Papa... Moi, je fais le même pari que Monsieur le prof Vandendorpe et je crois bien que Patrick Lagacé n'est pas perdu pour les livres, il en parle trop bien...

Et vous, vous pariez quoi?


Amazon: tous derrière et lui devant

Normal_Kindle2_111 Décidément, la Bibliothèque Landowski aura eu le nez creux comme on dit. Car pendant que l'on y parlera de stratégies éditoriales, le 9 février, il semble bien qu'au même instant de l'autre côté de l'Atlantique, Amazon devrait annoncer la sortie de son Kindle 2 (article et photos sur MobiFrance.NewYorkTimes) Un peu plus d'un an après la sortie de la première version (cela n'aura pas tardé, pour contrer aussi Sony), Amazon surfe maintenant sur un réel succès et entend réaffirmer qu'il est toujours, plus que jamais, le Maître du Jeu. L'adhésion de grands noms des médias américains, un catalogue pléthorique, des ruptures de stocks, un plébiscite des lecteurs eux-mêmes (plus de 80% d'avis favorables sur le site), n'en jetez-plus... Et pour bien réaffirmer la stratégie verticale un magasin/une machine/un format/un journal ou un livre, l'annonce d'Amazon a tous ses clients éditeurs, histoire que les choses soient bien claires: "Amazon.com a averti les éditeurs qu’il diffusera prochainement leurs livres numériques au seul format Mobipocket, dont le brevet appartient à sa filiale française du même nom, rachetée en 2005. Le site de commerce en ligne arrêtera de diffuser des ebooks aux formats Adobe ou Microsoft, mais sans préciser quand, selon Publishers Weekly. Le format de Mobipocket (identifié par .prc) est devenu dominant dans la diffusion de livres électroniques, et Amazon en a adopté une variante propre au Kindle, son terminal de lecture pour le moment diffusé uniquement aux Etats-Unis." (Livres-Hebdo). Ce ne serait pas un abus de position dominante? Stratégie toute américaine, tout le monde en rang et les doigts sur la couture du pantalon. Bon, le Kindle en France? Disons deux ans... Un an en Angleterre, deux ans en France. Espérons que les libraires entendront enfin le message. C'est pas long deux ans... Parce qu'après, il restera des haricots/beans comme on dit en langage militaire...


Affichage d'urgence

La banlieue de Tokyo, de grands panneaux d'affichage en papier électronique, des informations de sécurité civile... "Cette expérience d'affichage local, en cas de catastrophe, des informations sur du papier électronique a été menée par l'établissement d'un réseau de communication sans fil centré sur un centre de secours construit dans le quartier de Toshima Plaza. L'objectif du test est de prouver l'efficacité du système d'évacuation et d'orientation pour les personnes qui pourraient ne pas être en mesure de rentrer chez elles en cas de catastrophe." (via Mobileread)


Nabe chez Léo Scheer

A signaler le nouveau tract de Marc-Edouard Nabe mis en ligne du côté de chez Léo Scheer, inutile de vous dire que le débat est ouvert avec plus de 300 commentaires à l'heure où je vous parle. L'occasion aussi de reprendre les tracts 5 à 8 et de vous les proposer sur le Sony reader (ci-dessous). Après l'affichage urbain, le web, voici le papier électronique, en attendant que Marc-Edouard Nabe revienne en papier, mais ça c'est plus compliqué.

PS: à noter également que La Marseillaise (avec la couverture de Siné), épuisé depuis tant d'années, ressort ce mois-ci au Dilettante.


Découvrez Albert Ayler!

Stratégies éditoriales (pour les bibliothèques?)

A noter absolument pour anticiper le Salon du Livre: "Stratégies éditoriales à l'heure du livre électronique". C'est le titre d'une table ronde organisée le lundi 09 février 2009, à 15h à la Bibliothèque Landowski à Boulogne Billancourt:

  • Jimmy BARENS : Directeur Technique Europe de l'Ouest d'Adobe Systems France
  • Alban CERISIER : Responsable des développements numériques chez Gallimard
  • Pierre-Henri COLIN : Responsable de l'offre E-paper chez 4D Concept
  • Laurence DOLIVET : Responsable du pôle musique et livre numérique chez SFR 
  • Patrick GAMBACHE : Responsable numérique chez Flammarion
  • Laurent PICARD : Cofondateur de la société Bookeen
  • Denis ZWIRN : Président directeur général de la société Numilog
  • Alain PATEZ : modérateur

Renseignementsici. Espérons qu'Alain Patez saura faire émerger des réponses concrètes. Les bibliothèques resteront-elles les grandes absentes de ces nouveaux marchés? Les Cybooks de la BU d'Angers resteront-ils désespérément vides? Les éditeurs s'engagent-ils? Voilà qui promet un débat intéressant (comme dit Klog) et je regrette bien d'être si loin de Paris pour en être. Je compte aussi sur Daniel...


La BU d'Angers : un premier point

Une petite présentation de Daniel Bourrion qui fait le point sur l'offre des Cybooks à la Bibliothèque Universitaire d'Angers.
45 prêts, 10 prolongements, un accro qui aime les dinosaures! L'évaluation par des entretiens arrive pour plus tard. En espérant que l'offre de livres puisse venir vite.

Une question: et pourquoi les éditeurs ne proposeraient-ils pas des services de presse avec des durées limitées dans les bibliothèques?

St Raphael Abf 22 Janvier 2009
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Le Cybook est presque partout

Cybook Longtemps que je ne vous ai pas parlé du Cybook. C'est bien injuste et je vais remédier à cela dans les semaines à venir. J'ai rencontré au début de l'année nos amis de Bookeen, Michael Dahan et Laurent Picard que j'avais été voir cela faisait plus d'un an maintenant, comme le temps passe... Le contraste est frappant. A l'époque, ça bricolait sec pour mettre au point les écrans, la touche, les dernières finitions au logiciel, on s'inquiétait de l'approvisionnement... J'ai retrouvé nos amis dans l'atmosphère d'une société en plein développement, les locaux remplis à rabord de cartons en partance pour partout, vous voyez la carte. Ils ont embauché des commerciaux. Le rythme de fabrication est bien géré, on sent qu'à l'autre bout, ils ont noués les bons contacts malgré les géants d'en face. Bien à l'aise dans leurs baskets et sûrs de leurs coups. C'est très impressionnant. Ils ont choisi les bons réseaux en France et en Europe. D'abord avec les libraires, ils ont obtenu une bonne image avec l'opération de service de presse et ePagine qui a eu lieu l'été dernier. Mais ils ont aussi intelligemment complété avec des enseignes de l'informatique comme GrosBill, Pixmania, Virgin, Cora, Cybook-in-hand Surcouf qui ont besoin de produits nouveaux. La liste est impressionnante. Le Cybook est un livre électronique innovant et surfe donc avec une très bonne visibilité. Si les exportations pour les Etats-Unis étaient très importantes à l'époque, ce n'est plus le cas aujourd'hui, le Cybook s'exporte dans toute l'Europe... Pour un matériel informatique, c'est suffisamment rare, cocorico! La concurrence avec Sony? Comme ils ne cessent de le répéter, le marché est grand et il y a de la place pour deux! Les mises à jours et l'ouverture vers d'autres formats? Ils m'ont fait promettre de rien dire mais cela va venir! Et avec toujours en tête de garder un maximum d'ouverture vers l'ensemble du marché. Ils avancent aussi du côté de la bande-dessinée avec le site Foolstrip. D'autres accords en vue? C'est bien simple, ils parlent avec tout le monde! Ils m'auraient dit qu'ils avaient parlé avec Obama, cela ne m'aurait pas étonné. Conscient de leurs faiblesses mais aussi de leurs atouts, certains disent (et je ne suis pas très loin de le penser à quelques réserves près, j'y reviendrais bientôt) que le livre électronique idéal serait celui qui aurait l'écran et le logiciel du Cybook dans la coque d'un Sonyreader! Sony en marchand de coques!
L'année 2009 va être riche de nouvelles surprises pour le Cybook, c'est sûr, ils ont le vent en poupe chez Bookeen!


Mon Mac à moi

Décidément, ma journée-Mac, avec cet article à lire absolument du coté de chez Transnets, le Mac a 25 ans. L'occasion de revoir des vidéos. On aura tout dit entre ces deux mondes qui se détestent depuis la nuit des temps, Mac/PC... On a tous des histoires à raconter là-dessus. Quitte à passer pour un dinonaure!
Sur le mode je me rappelle alors...

Je me rappelle de mon mémoire d'IUT sur l'informatisation de la librairie ancienne...
Je me rappelle de l'Apple IIe que j'avais fait acheté à ma mère, libraire de livres anciens, pour gérer son fichier clients et son stock de livres par spécialités, je me rappelle qu'avec mon frère ont jouaient en douce le soir à des petits jeux...
Je me rappelle de mes profs d'Estienne qui pariaient leurs deux mains que ça ne marcherait jamais...
Je me rappelle du numéro hors-série de Science et Vie Micro consacré à la micro-édition...
Je me rappelle du copain "geek"
qui nous a déballé son Macintosh pendant mon service militaire à l'Ecole Militaire...
Je me rappelle des bromures que l'on commandait chez Typogabor...
Je me rappelle des envois en composition avec le catalogue Aubin...
Je me rappelle des grosses imprimantes Postcripts...
Je me rappelle des prix de photogravure pour faire un beau-livre...
Je me rappelle des colis de films que l'on faisait...
Je me rappelle des premiers macs chez Bordas et Albin Michel (surtout dans les bureaux de la direction), de la fin des sorties en bromures
et des premiers essais d'intégration textes-images...
Je me rappelle de mes amis maquettistes qui cassaient leurs tirelires en matériels et en logiciels...
Je me rappelle de la petite équipe de maquettistes qui montaient l'Echo des Savanes et les albums Rock et Folk à l'étage...
Je me rappelle des amis photograveurs qui bâchaient peu à peu leurs tables de montages électroniques...
Je me rappelle des macs de couleurs fluos qui débarquaient dans les locaux des Editions Mazenod, la révolution, le pop-art dans le classicisme...
Je me rappelle des macs qui entraient peu à peu chez les amis imprimeurs et supprimaient les tables de montages...

Le paradoxe, c'est que j'ai eu très peu de Mac chez moi, j'ai toujours été PC, je me suis toujours méfié des prix pratiqués, si je vous disais le budget de l'Apple IIe à l'époque entre le matériel et le logiciel, c'était un gouffre! Toujours cette méfiance sur les prix... Le jeu en valait-il la chandelle? Jamais vraiment convaincu! Quand je vois le MacAir, encore aujourd'hui, je saute en l'air! En fait, j'ai su résister à l'opération marketing, et vous?

Allez, pour enfoncer le clou, cette vidéo hilarante (merci Klog), le pire, c'est qu'un jour, ils nous le vendront peut-être, l'histoire continue...


Info addicts

Gelule Etonnante coïncidence, à quelques heures d'intervalles, Piotrr et Olivier nous font part de leurs folies respectives, la thérapie qu'ils ont chacun mis en place. Et inversement... Piotrr parle de sa machine infernale. Manquerait plus qu'ils aient des Iphones... 

"Vous regardez trop internet, atchao, bonsoir..." (d'autres y pensent aussi)

Format ePub sinon rien?

Image77 Hadrien Gardeur de Feedbooks nous parlait en septembre dernier des adaptations nécessaires pour le développement de ce nouveau format. Entre-temps, il est entré comme membre de l'IDPF, le groupe de réflexion qui développe l'ePub.

Alain Pierrot s'exprimait la semaine dernière sur le blog textes: "Oui, ePub vaut mieux que rien — à condition de spécifier une minimum “légal” de fonctions implémentées, de vérifier plate-forme par plate-forme que ces fonctions le sont effectivement et correctement. ePub est de mon expérience un médiocre format, mieux que rien, mais médiocre. Bon,allez, franchement, à mon avis, une lourde bouse, surtout soucieuse d’éviter de prendre la moindre décision qui risquerait de fâcher un des partenaires. Principal avantage : laisser libre n’importe quel manufacturier salariant ses troupes en roupies locales de proposer un matériel compatible epub, avec n’importe quel Lavoisier rendu."

Et, Bruno Rives d'enfoncer le clou: "Quant à ePub, il est peut-être intéressant pour les phases initiales et intermédiaires de production, mais certainement pas pour la composition finale (voir les éditions sur Stanza iPhone et la qualité et l’interactivité des livres produits avec d’autres moteurs). C’est un format trop lourd pour de petits dispositifs et encore bien compliqué sur PC... On comprend cette aspiration à un format comme ePub, auquel on a tous un peu cru en théorie. L’effet “TheLastOne”, censé répondre à tout, revient régulièrement. Mais coté composition, cela tient du fantasme de gens qui méconnaissent la réalité du livre ou des nouveaux médias. Combiner l’HTML et le PDF, le scroll et la page ou l’écran, la recomposition et la matérialité du livre, tout support confondu, est impossible.
PDF, HTML, DjVU ou QuickTime se révèlent bien meilleurs. Et de nombreux autres formats spécialisés, personnalisés, existent et existeront toujours. Il s’en crée de nouveaux, comme pour la DS, ou des combinaisons de formats existants pour l’e-paper. Quant aux dispositifs à base d’encre électronique, ePub est impraticable, nous le savions. Manque de ressources et problèmes liés au format lui-même."

Alors faut-il déjà jeter le bébé avec l'eau du bain?

La prochaine mise à jour d'Adobe Digital Edition arrive bientôt avec la justification des textes, c'est une très bonne nouvelle (merci Virginie). Reste la gestion des césures et les choix à faire dont parlait Hadrien.
Après plusieurs mois, ses propos de conclusion prennent toutes leurs significations:

"On retrouve toujours deux tendances quand on aborde la question de l’ePub:

  • ceux qui veulent orienter le standard vers une restitution maximale (un rendu type PDF donc)
  • ceux qui veulent s’inspirer du Web et ouvrir le standard vers plus d’interactivité, de services etc.
Je reste persuadé que l’un n’empêche pas l’autre. Mais avant d’enfermer le livre numérique dans un format à l’identique du livre papier, il faut se poser un certain nombre de questions. Tout d’abord, l’OPF et l’OCF permettent une très grande flexibilité, permettant à terme d’embarquer de la vidéo, du son, potentiellement n’importe quel autre média dans un fichier ePub. Mais cette flexibilité est contrebalancée par des restrictions incompréhensibles tels qu’on a pu le voir pour le cas des images (BD et couvertures). Pour donner des perspectives d’avenir à ce format, il faut éviter de poser de telles barrières, et accueillir le monde de la BD et du multimédia à bras ouvert.

 

Ensuite, avec toute une nouvelle industrie du livre électronique se mettant en place, il faut très rapidement réagir face à certaines pratiques éditoriales. Le livre électronique doit être un média qui laisse plus de liberté au lecteur, et une fois n’est pas coutume, il faut absolument éviter de rentrer en conflit avec l’utilisateur.
Il s’agit de trouver un nouvel équilibre entre éditeur et lecteur, tout en poussant le format et les systèmes de lecture en avant pour proposer une meilleure expérience de lecture."

Restitution maximale avec une qualité typographique qui donnera ses lettres de noblesse au livre numérique, ouverture vers le web avec plus d'interactivité, la frontière est ténue en effet...
En attendant des signes qui ne trompent pas. Des millions de fichiers téléchargés dans ce nouveau format qui s'adaptent à bon nombre de lecteurs, des propositions sur tous les sites, ePagine, Fnac, Numilog, Feedbooks, Stanza, demain Babelpocket...
Alors, patientons un peu et voyons ce qu'Hadrien et les autres nous préparent...

PS: Rappelons aussi, et c'est très important, que ce format n'est pas la propriété de qui vous savez...

Commencer à lire : Denis Diderot

DiderotLes Bijoux indiscrets, 1748 - lire
Entretien entre Diderot et d'Alembert, 1769 - lire
Le Rêve de d'Alembert, 1769 - lire
Le Neveu de Rameau, 1774 - lire

Jacques le fataliste et son maître, 1796 - lire

DiderotLa Religieuse, 1796 - lire
Supplément au voyage de Bougainville, 1796 - lire
Paradoxe sur le comédien, 1830 - lire

(Sonyreader)

Les livres complets sont chez votre libraire.

Sur BeQ.


Txtr reader, un de plus...

Reader Encore un autre beau projet de livre électronique signalé du côté de chez Mobileread, le txtr reader annoncé par la société Wizpac. Sur le papier tout est très alléchant, la liste des caractéristiques est exhaustive, on a bien retenu la leçon de Strack, "le moins de boutons possibles". Tous ces projets qui fleurissent, le buzz pour le buzz... Comment ne pas penser comme du côté de CrunchGear que cela semble déconnecté de tout potentiel, le marché étant bien du côté d'une offre de livres à mettre dans ces belles machines. "So yes, I’ll probably buy another Kindle!"


Tablette Techcrunch, tous derrière Louis!

Crunchpad1 Ah, cette fameuse tablette Techcrunch, vous en rêvez, on vous la faite. En septembre dernier, on les avait laissé avec les vis et les tournevis, et voilà que depuis hier, le prototype B est prêt. Atmosphère chambre d'enfant, les légos qui trainent sur la table... Et quelle surprise de voir à la tête du projet Louis Monier, le papa des moteurs de recherche et d'Altavista que Jean-Michel Billaut avait été voir chez Google en son temps. Vous verrez les vidéos, je rêve que ça se fasse! Tous derrière Louis! 


Gilles Guias avec ScreenToaster

Picasso Je vous parle régulièrement de Gilles Guias, un artiste qui ne cesse de s'intéresser aux nouvelles technologies qui l'entoure pour enrichir son oeuvre. La dernière en date, ScreenToaster. Il a tout simplement recrée l'expérience qu'avait réalisé Clouzot avec Picasso dans le film mythique "Le Mystère Picasso". Je vous laisse le soin de le découvrir, c'est étonnant. Avec cette question, et si Picasso avait utilisé ScreenToaster?


Commencer à lire : Voltaire

 Voltaire Lettres philosophiques ou Lettres anglaises, 1734 - lire
Zadig ou la Destinée, 1748 - lire
Micromégas, 1752 - lire 
Candide ou l'Optimisme, 1759 - lire
L'Ingénu, 1767 - lire

Voltaire L'Homme aux quarante écus, 1768 - lire
La Princesse de Babylone, 1768 - lire
Le Taureau blanc, 1774 - lire
Mémoires, 1784 - lire


(Sonyreader)

Les livres complets sont chez votre libraire.

 


Bibliophage

La-lecture-c-est-amusant "Avez-vous déjà été tenté d'acheter plusieurs livres électroniques?
Je sais que je ne peux pas utiliser plus d'un livre électronique à la fois. Si vous en possédez deux, quelle est la raison? Si vous songez à en acheter un autre, pourquoi?
J'ai fait des recherches comme une folle sur ce forum en novembre 2007 et j'ai posé beaucoup de questions gênantes pour me faire une idée. J'ai choisi le Sony PRS-505 et mon nouveau bébé est arrivé le 6 décembre 2007. Même si j'adore mon livre électronique, pour plusieurs raisons j'en voulais un deuxième. Les gars, vous savez ces choses sont coûteuses, alors je tente de me justifier en me disant, si j'ai besoin de changer pour le service aurais-je envie toujours d'utiliser l'autre? Vous savez, comme une voiture de rechange! J'ai donc acheté un Kindle. Maintenant, je me sens comme si j'avais le meilleur des deux mondes et ne peut pas imaginer de ne pas posséder les deux."
(Lilly, aujourd'hui sur le forum Mobileread)


L'autofictif en papier

Img "Quand toute l’édition sera devenue numérique, c’est alors que nous autres, fils des techniques silencieuses, allons pour la première fois, comme Balzac, comme Hugo, entendre gémir les presses."
 

[Les 328 premiers billets de l'autofictif, le blog d'Eric Chevillard, publiés entre le 18 septembre 2007 et le 17 septembre 2008, sont désormais disponible aujourd'hui en librairie dans une version papier, comme cela se faisait jadis, aux Editions de l'Arbre vengeur, 15 euros.]
(Merci à Alain).