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92 notes en mars 2009

Hadopi toujours

J'ai beaucoup relayé vers des avis d'anti-Hadopi, je relais les propos de Denis Olivennes à l'origine de la loi en question. A titre personnel, j'ai les mêmes doutes que Francis Pisani, mais je pense qu'appeler aux piratages et ne rien faire en France, serait la pire des solutions pour le développement des offres légales et de la création. Au haut, à droite de mon blog, je pointe vers 800 livres libres de droit; demain si on ne fait rien, tous les blogs littéraires pointeront vers des catalogues entiers de livres sous droits... Je ne pense pas que la liberté de la création soit cela...


Merci à tous

100000 Aldus vient de franchir allègrement le seuil des 100.000 pages vues. Il n'aura fallu que 9 mois pour doubler la mise, preuve de votre intérêt grandissant pour ces nouveaux livres électroniques disponibles. J'avais pris la poudre d'escampette, je continue plus que jamais. Merci pour tous vos témoignages notamment à l'occasion du dernier Salon du Livre.


Littérature québecoise à l'honneur

Quebec Le Québec, décidément à l'honneur. Un message de Jean-Yves Dupuis de la Bibliothèque du Québec:
"Je viens d'ajouter un second fichier compressé pour télécharger 124 volumes déjà disponibles sur le site de la Bibliothèque électronique du Québec, mais qui n'étaient pas encore disponibles au format pour les liseuses.
Donc aux 756 volumes déjà offerts, s'ajoutent 124 autres volumes, la plupart de la collection "Littérature québécoise" mais aussi une quinzaine de nouveautés. Ce qui fait 880 volumes pour le Sony Reader ou autres liseuses.
La page de téléchargement est ici."

Amis bibliothécaires et lecteurs de France et de Navarre, régalez-vous...

PS: à noter que dans les nouveautés figure le remarquable Grand Meaulnes d'Alain-Fournier.

 


Avis d'expert

Cette bonne vieille licence globale, il n'y a décidément que Jacques Attali pour la ressortir de son chapeau. On appréciera les beaux-livres derrière lui qui vivront certainement un jour, soyons-en sûr, grâce à cette licence globale. On attend impatiemment l'avis d'un autre expert qui a eu, lui-aussi, raison sur tout.


A la trappe

Robespierre Billet de Fabien Epelboin sur ReadWriteWeb dans sa version francophone. "L'Edition connaitra-t-elle le même sort que la Musique?" Si je le rejoins sur le phénomène d'adoption que l'on va voir venir dans les prochaines années pour ces nouvelles pratiques de lecture, je reste absolument ébahi par les propos qui suivent:

"Un modèle économique vieux de plusieurs siècles, un marketing qui date des années 70, c’est avec ces armes que l’industrie de l’édition s’apprête à livrer bataille à l’industrie naissante de l’eBook, qui saura sans nul doute utiliser les média sociaux, la publicité en ligne, les liens sponsorisés et dieu sait quoi encore pour obtenir pour une fraction du prix des budgets marketing traditionnels une exposition équivalente (et mieux ciblée). Ajoutez des modèles économiques alternatifs, axés sur la gratuité ou sur des offres complexes et multimédia, qui s’attaqueront en priorité là où cela fait mal, là où l’industrie est la plus faible, là où les marges sont les plus difficiles à défendre, et qui mènera une véritable guérilla là où l’industrie s’attend à une guerre conventionnelle. On connaît l’issue de ce genre de confrontation."

"Avec un domaine public aussi vaste, et un grand nombre d’auteurs qui ne cherchent pas nécessairement à tirer profit de la vente de leurs productions, l’édition est le domaine rêvé pour que les licences libres et les creatives commons puissent enfin montrer le monde que la philosophie qui les sous tend appelle: celui où les savoirs de l’humanité seraient en libre accès. Une philosophie que le monde de l’édition va avoir le plus grand mal à confronter à une époque où les lois du marché sont remises en cause de toutes parts.

C’est probablement sur ce terrain que se mènera auprès d’une classe d’intellectuels encore peu au fait de cette philosophie, et avec l’aide de bon nombre d’entre eux, la grande bataille de la culture du XXIe siècle. Un terrain bien plus propice à remporter la bataille des coeurs que ne l’est aujourd’hui le monde de la musique. Une bataille menée par une armée jeune, dynamique et agile, qui durera probablement longtemps, mais qui luttera en parallèle avec la refondation d’un monde viable pour les générations qui constitueront le gros des troupes. L’issue, là aussi, ne fait pas de doutes, ce n’est qu’une question de temps. La mise à disposition collective des savoirs de l’humanité toute entière, sans distinction de culture, de fortune ou de citoyenneté est en effet un facteur critique dans la reconstruction d’un monde apte à affronter les défis immenses laissés par les anciennes générations. Ne pas le faire mènera les industriels du Savoir au pire à un Armageddon et à l’Apocalypse, au mieux à la guillotine (je m’emporte). Tout comme les banques aujourd’hui, l’intervention de l’autorité publique, en charge - dans les démocraties les plus avancées - du bien collectif et ultimement de sa survie, devrait tôt ou tard arriver si - tout comme les banques hier - les industriels du Savoir s’entêtent à préserver leurs seuls intérêts au détriment de l’humanité tout entière."

On appréciera le lysrisme. On se demande comment on a pu supporter les éditeurs, les libraires, les imprimeurs depuis 500 ans, les "divers "industriels" qui représentent 90% du coût d’un livre aujourd’hui". A la trappe, et que ça saute!


Amis/ Ennemis

Un petit clin d'oeil à Hubert, David, Sylvère et Piottr.
Repéré sur le blog de Léo Scheer aujourd'hui: "Les sites communautaires de première génération sont fondés sur la notion d' "amis". C'est un aspect que je trouve assez niais et qui représente une véritable limite intellectuelle à ces dispositifs. Le site sur lequel nous travaillons avec Tony sera fondé, à contrario, sur la notion d'"ennemis" qui me semble, culturellement, plus riche. Je mets, pour ma part beaucoup plus de soin à choisir mes ennemis, ou à accepter d'être un des leurs, qu'à choisir mes amis. Comme l'avait relevé Pierre Bourdieu dans la tradition Kabyle: "L'homme qui n'a pas d'ennemi est un bourricot" et je pense que les échanges les plus intéressants et les plus riches sont ceux qui relèvent du défi et du contre-défi."
A tous les quatre, même si je me sens en ce moment une âme de corsaire, je ne suis bien entendu pas votre ennemi!


Le modèle du quasi-gratuit

Last-fm On lira avec intérêt l'article que Martin Lessard consacre à LastFM. Je me suis permis de le reprendre dans son intégralité, tant sa démonstration est intéressante:

"Acquis par CBS il y a 2 ans, Last.FM compte demander 3 euros par mois pour tous les pays hors des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne. Dans un titre laconique ("Last.FM Radio announcement") sur leur blog, ils laissent entrevoir que bientôt les membres des autres pays devront payer pour avoir accès au même service --mais la pub en moins: le service étant gratuit dans les 3 pays où il y a de la pub. Last.FM prétend avoir 30 millions d'utilisateurs par mois (le double d'il y a un an).
Le modèle du tout gratuit semble montrer des signes de fatigue. L'abonnement ne concerne que le service radio et ne touche pas le reste (scrobbling, recommandations, charts, biographies, événements, vidéos...)

3 Euros est le nouveau gratuit
L'industrie musicale est en profonde crise: quel est avenir du disque et de la musique? titrait le Devoir en fin de semaine. Le numérique semblait avoir fait fondre cette industrie obèse et obscène. Les fans s'étant tournés en masse vers les services gratuits (plus ou moins légales) pour accéder à leurs chansons favorites. On n'arrête pas de citer cette industrie comme un dinosaure sans cervelle qui n'a pas vu venir la crise annoncée.
À ma connaissance, ce mouvement vers le payant représente une première initiative d'envergure depuis l'avènement du iTune store pour retrouver un équilibre budgétaire dans le monde la musique en ligne. Last.FM dit payer déjà les redevances aux artistes.
La question est de savoir si 3 euros sera la nouvelle marque pour le "quasi gratuit", c'est-à-dire que les membres voudront se payer une radio libre de pub pour ce montant quasi symbolique.

Utilisateur payeur
Le problème avec ce prix n'est pas sa valeur unitaire, mais son accumulation avec les autres services.
3 euros par mois, ce n'est rien en soi, mais si on se retrouve à payer tous les services gratuits à un coût unitaire "ridiculement bas" de 3 euros, on se retrouve vite avec une facture salée. Remercions toutes ces années de free lunch, de ce buffet ouvert all-you-can-eat: quand vient le temps de payer à l'unité, l'effet modérateur se fait vite sentir.
Je ne crois pas que 3 euros soit un frein pour Last.FM. Même si plusieurs marchés du gratuit vont se développer sur ces territoires nationaux délaissés par Last.FM.

La course aux centimes
Dans cette course à la rentabilisation du "gratuit", il faut savoir une chose. Ce sont les premiers qui réussiront à entrer dans le compte de dépense de l'internaute qui gagneront. Les derniers arrivés sur le marché du "quasi gratuit" auront à se battre pour justifier que la dépense ne monte jusqu'à des sommes astronomiques.
C'est toujours la dernière goutte qui fait déborder le vase, n'est-ce pas?..."

On voit très bien les limites des modèles publicitaires pour assurer les redevances aux artistes. Dans cette partie qui s'engage de "dernière goutte", on comprend aussi le rôle stratégique très important des acteurs comme Orange ou SFR qui proposent déjà des services par abonnement, un de plus, un de moins... Votre facture, jusqu'à quel point elle peut être indolore...


Etre éditeur aujourd'hui

Le Monde revient aujourd'hui sur ces nouveaux éditeurs qui se lancent malgré la crise. Preuve de la vitalité du livre. "En ce printemps, les nouvelles fleurs de l'édition française ont pour nom Le Bruit du temps, Attila, Hélium ou Koutoubia. Ces quatre projets ont en commun d'avoir été longuement mûris par leurs concepteurs. Ce sont des structures indépendantes, leur animateur ayant gardé la majorité du capital - excepté pour Koutoubia, adossée au groupe Alphée. Pourquoi se lancer quand la crise se manifeste? Comment espèrent-ils vivre?" (à lire l'article). Avec de bons vieux modèles économiques... Longue vie à eux quatre!


Invincible Google?

On lira l'intéressant diaporama que vient de signaler aujourd'hui Techcrunch. J'ai envie d'ajouter l'action en justice actuellement en cours en France. L'audience sera entendue le 24 septembre par le tribunal de grande instance de Paris et verra donc le SNE, la Société des Gens de Lettres ainsi que les éditions La Martinière - Le Seuil plaider contre le moteur, devant la 3e chambre du TGI (voir Actualitte). Pourquoi Google Nest Pas Invincible...


Si on dénit les livres...

"Les industries culturelles ne sont pas la culture" (voir LaFeuille).
Repéré entre autres: "Le SNE égraine une série de propositions corporatistes qui consistent à étendre le taux de TVA réduit au livre numérique, soutenir le projet de portail internet du réseau indépendant des libraires, combattre le piratage et réfuter l’idée de gratuité du livre numérique."
Sous couvert d'innovation, des attaques contre les éditeurs, les libraires, des discours qui me font peur...


Avis de lecteurs

Premier bilan des lecteurs de la bibliothèque de La Roche-sur-Yon qui ont emprunté des "Sonyreader" (voir La Vache qui lit):

–> les plus:

  1. très grand confort de lecture signalé par tou(te)s
  2. très bon accueil dans les cercles d’amis et familiaux
  3. aucune difficulté d’appropriation: commandes, menus
  4. capacité de la tablette
  5. pas de rechargement de batterie tous les trois jours

–> les moins:

  1. comparaison difficile avec le “vrai” livre: pas de feuilletage rétroactif, pas d’accès rapide à un sommaire (valable surtout pour les documentaires)
  2. formatage du texte parfois trop proche du livre papier: feuilles de garde, pages avec peu de textes …
  3. le poids de la Sony (c’est vrai que comparé à la Cybook…)