Petite interview de notre ami Bernard Strainchamps qui me réserve l'exclusivité de la décision qu'il a prise d'arrêter la direction de collection de Mauvais Genres qu'il animait sur le site Publienet. Une collection de polars qui regroupait déjà des auteurs comme entre autres Didier Daeninckx, Marc Villard, Dominique Manotti... Elle a d'ailleurs déjà changée de nom, elle s'appelle aujourd'hui Publie.noir. A travers le retrait de Bernard, c'est aussi une certaine conception de la librairie sur le web qui ne se reconnait plus dans le projet:
Pourquoi arrêtes-tu la collection?
J'avais déjà décidé d'arrêter la collection à l'automne suite à l'arrivée des widget Kindle sur le site de Tiers livre.
C'est Marc Villard qui m'a demandé de revenir sur ma position, de dissocier mon activité de directeur de collection de celle de libraire.
Et je n'y suis pas parvenu.
Demander aux auteurs des textes, les scanner, effectuer les premières corrections, préparer des interviews, relayer l'information, les tenir au courant des ventes, tout cela est une activité chronophage - et cela pour quelques euros de revenus par titre.
Aujourd'hui, les deux principaux canaux de diffusion des titres de Publie.net sont Amazon et l'iBookstore.
Si j'aime les auteurs que j'ai publiés, est-ce que je les aime suffisamment pour passer tant de temps à nourrir ces molochs qui ne respectent aucunes règles?
C'est bien sûr non.
Qui va reprendre la collection?
C'est François Bon l'éditeur. Il sait que je ne suis pas contre qu'un auteur ou un passionné reprenne la collection.
L'ensemble des auteurs souhaitent d'ailleurs continuer.
Je garde juste le nom de domaine car il est un peu ma première bannière sur le web, le souvenir de six années de médiation sur le polar et la SF.
Pour info, François Bon a encore 3 textes à publier.
Est-ce que le circuit auteur-éditeur-distributeur-libraire existera encore?
Ce qui m'a frappé il y a deux mois quand j'ai annoncé aux auteurs que finalement je continuais la collection mais que je fermais la librairie Bibliosurf, tous ont dit super et un seul a ajouté un mot gentil sur la fermeture de la librairie. Ça a été terrible dans ma tête.
Aujourd'hui, le grand cheval blanc Amazon propose 50% aux auteurs alors que les éditeurs à peine 10%.
Quels sont les auteurs qui vont résister à cette proposition?
Mais quelle remise accordera Amazon aux auteurs dans 10 ans quand cette pseudo-librairie aura affaibli les principaux éditeurs?
C'est la stratégie de la division, le far-west total.
Les distributeurs ont rogné la remise des libraires. Ils n'ont qu'à rogner aussi un peu sur la leur et attribuer ces marges retrouvées ainsi que la baisse de la TVA aux auteurs. Le problème sera alors réglé.
Demain les auteurs ont besoin de médiateurs, qu'ils s'appellent journalistes, libraires ou blogueurs. Croire que les algorithmes d'Amazon vont remplacer les humains, c'est une grosse fumisterie.
Est-que tu étais en désaccord avec la stratégie de François Bon?
Oui bien sûr. Une trop grande proximité par rapport à ces deux acteurs qui condamnent le rôle du libraire sur le web.


Bravo à Bernard Strainchamps pour cette prise de position salutaire. Je ne pourrais être plus d'accord. Paix et respect à l'âme de feu bibliosurf, et bonne continuation à Bernard.
Rédigé par : liseuse | 23 janvier 2012 à 23:13
Oui, bien sûr...En tout cas ces prises de position vous honorent.
Mais tout cela était prévisible. Il n'y a aucun incident ici, mais le développement d'une stratégie qui a déjà été dénoncée sur mon blog, par moi-même et des commentateurs, lors du conflit qui m'a opposé à François Bon.
Les 50 pour cent aux auteurs annoncés par Amazon, on dirait que le Père Noel endosse un nouvel habit ..Publie.net claironne depuis mars 2008 - je fus un des premiers auteurs - ces mêmes 50 pour cent qui effraient tant les éditeurs traditionnels.
Escroquerie sans nom...Les auteurs ne reçoivent jamais une thune, aucun relevé, aucune indication.
La concurrence par l'intox. Dés pipés. Cartes biseautées.
Avec la complicité des auteurs.
En tout cas, bon courage à vous pour la suite...
Rédigé par : Bertrand Redonnet | 25 janvier 2012 à 08:39
Sur Tiers-Livre, François Bon n'évoque pas beaucoup ce départ, après avoir réservé un accueil tellement chaleureux, pourtant, à Bernard Strainchamps.
Pourquoi informer dans le sens aller et pas dans le sens retour ?
Voir ici.
Rédigé par : Clotilde | 27 janvier 2012 à 16:01
Ici :
http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2664#forum6701
Rédigé par : Clotilde | 27 janvier 2012 à 16:02
Merci Clotilde.
Quelques lignes aujourd'hui:
http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2774
Rédigé par : Aldus | 27 janvier 2012 à 16:14
Merci à vous.
J'ai déposé un nouveau commentaire il y a dix minutes sous un autre billet qui concerne B. Strainchamps. Cette fois, non la page du billet, mais seulement le commentaire a disparu. Pourtant, mon commentaire n'était pas discourtois.
Le voici, d'ailleurs, tel qu'il apparut pendant cinq minutes :
« Hier, j'ai posté un commentaire sous un billet qui réservait un accueil très chaleureux à Bernard Strainchamps à l'occasion de son arrivée comme directeur de la collection Mauvais Genres. ce billet s'appelait «le tiers-livre : prix maxi 3,49». À ce jour, la page n'existe plus. Elle existait hier jusqu'à la publication de mon commentaire que j'ai constatée.
Je demandais pourquoi on ne lit rien ici sur le départ du directeur de cette collection, qui, depuis, a été renommée Publie.noir ? Or on sait qu'il a pris la décision de quitter le navire à case d'une certaine conception de la librairie sur le web dans laquelle ne se reconnaît plus. Il évoque la stratégie de division des deux gros diffuseurs et la grande proximité de Publie.net qui, bien que créé sous le statut d'EURL, se veut être une coopérative (une SCOP dans les faits mais pas dans les statuts ?).
Merci pour votre répons à venir. »savais que F.BON avait une pratique douteuse d'éditeur et qu'il évinçait de son catalogue, sans prévenir, les auteurs qui, faute de recevoir leur état des ventes annuel, réclament le versement de leurs droits
Toutefois, j'ignorais que F. Bon pratiquait à ce point la censure des commentaires qui le dérangent.
Rédigé par : Clotilde | 27 janvier 2012 à 16:36
La pages supprimée après mon commentaire, hier, carrément :
http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2408
Quel goût pour le clic dévastateur !
Rédigé par : Clotilde | 27 janvier 2012 à 16:44
Pour censure des commentaires, je ne sais pas, jamais eu le moindre doute à ce sujet.
En tous cas un débat qu'il me parait intéressant de ne pas mettre sous le tapis, tant il s'inscrit dans les enjeux sur le web.
Rédigé par : Aldus | 27 janvier 2012 à 16:54
Eh bien je vous le confirme et partage tout à fait votre avis quand, en plus, il incite à commenter et à signer les commentaires. (Je n'ai que des captures d'écran à ma disposition.)
Il y a bien eu censure, probablement parce que mon message énonçait une contradiction de son système.
Rédigé par : Clotilde | 27 janvier 2012 à 17:01
Raison de plus pour avoir accueilli le témoignage de Bernard, merci à vous.
Rédigé par : Aldus | 27 janvier 2012 à 17:03