119 notes dans la catégorie "Angleterre"

Foire de Londres : une étude Nielsen sur le piratage

BookpirateLa Foire du Livre de Londres s'est ouverte cette semaine sur fond de Brexit qui inquiète beaucoup le secteur de l'édition britannique. L'institut Nielsen et la société Digimarc proposent une étude sur le piratage de livres numériques. Une progression endémique avec toujours aussi peu de solutions pour l'endiguer. Une perte sèche évaluée par Digimarc à plus de 300M$ pour les éditeurs. Comme pour le piratage en général, toujours difficile de mesurer l'impact réel sur l'économie du secteur. Même si le marché de l'ebook est en recul de près de 4% au Royaume-Uni (voir GoodeReader), il semble que ce soit plus l'augmentation des prix qui impacte les ventes. Mais des prix plus élevés qui incitent sans doute plus de lecteurs à fréquenter les sites illégaux. Faut-il le rappeler, la limitation du piratage passe d'abord par une offre légale attractive. L'étude est a retrouver sur le site de Digimarc, pour archives: ici (via PRNewswire).


Marché de l'ebook anglo-saxon : quelle situation début 2017?

PaysIntéressant tableau relayé par GoodeReader, celui des ventes de livres numériques sur les 4 plate-formes anglo-saxonnes, Amazon, Apple, Kobo et Nook durant le mois de février dernier. Attention il ne s'agit pas des chiffres d'affaires mais du nombre de livres, cumulés par type d'activités. De haut en bas: auteurs indépendants auto-publiés, catalogue des 5 majors de l'édition, éditeurs indépendants et autres publications hors-catégories. Auquel s'ajoute sur Amazon l'impression à la demande. Si on regarde au niveau des 619 millions d'ebooks achetés, la répartition est la suivante: Amazon (84,8%), Apple (10,3%), Nook (3,1%) et Kobo (1,8%). Ces chiffres en disent long sur la situation du livre numérique sur le marché anglo-saxon.

Vous pouvez suivre ces relevés de ventes mensuels sur le site Authorearnings.

Ventes


Hachette UK rachète Neon Play

NeonplayLa filiale anglaise d'Hachette investit dans le jeu sur mobile en faisant l'acquisition du studio Neon Play. Une acquisition "significative" selon les propres termes d'Hachette. Elle pourrait être suivie de plusieurs autres. C'est la grande crainte des groupes d'édition de se voir peut-être un jour dépassés par des géants du jeu sur mobile dans le domaine de la jeunesse et de l'éducatif avec des savoir-faire qu'ils n'ont pas pour l'instant. Chacun jugera, le catalogue d'applications de Neon Play à découvrir ici. On souhaite à Neon Play le même succès que Rovio (via TheBookSeller).

PS: à lire ce billet sur Challenge: "Les éditeurs n’ont pas réussi le passage au numérique de nos productions. Il faut reconnaître que les compétences du numérique sont très différentes. Il nous fallait donc aller chercher des compétences ailleurs." explique Arnaud Nourry, PDG d'Hachette.


Royaume-Uni : Waterstone's rejoint Kobo

WaterstoneQuelques mois seulement après avoir quitté Amazon, la chaine de librairies britannique Waterstone's a annoncé qu'elle clôturait sa librairie numérique en propre pour rejoindre Kobo. Ultime péripétie d'une stratégie désastreuse, Waterstone's aurait pu jouer la carte Kobo depuis bien longtemps comme la Fnac en France. Le marché du livre numérique britannique traduit bien le vaste fiasco face à Amazon avec des acteurs incapables de s'organiser valablement. Espérons que cette nouvelle alliance redonnera un peu d'espoir à des éditeurs anglais bien inquiets. Il y a un an déjà, la situation n'a sans doute fait que s'empirer... (via TheBookSeller).


Royaume-Uni : l'auto-publication en progression en 2015

Nielsen%20BookInsights%20ConferenceConfirmation une nouvelle fois de la progression de l'auto-publication anglo-saxonne. Après les Etats-Unis, le magazine britannique TheBookSeller relaie une étude présentée à la conférence NielsenBookInsights. La part de l'auto-publication au Royaume-Uni serait passé de 16% à 22% du marché de l'ebook en 2015. Comme aux Etats-Unis toujours, le ralentissement du marché du livre numérique semble aussi se confirmer de l'autre côté de la Manche (+5% seulement).


Nook jette l'éponge au Royaume-Uni

NookRien ne va plus toujours pour Nook, la filiale numérique de la chaine américaine Barnes & Noble. Nook a annoncé la fin de son service au Royaume-Uni à partir du 15 mars prochain, les clients retrouveront leurs comptes chez Sainsbury's, voir l'annonce. Elle sonne le glas d'une offre pour beaucoup de chaines, Sainsbury's, John Lewis, Argos, Asda, Dixons, Waitrose. Un marché britannique où Amazon va encore étendre un peu plus son empire, qui reste-il d'ailleurs outre-Manche? De plus en plus préoccupant pour les éditeurs. Aux Etats-Unis, les ventes d'appareils Nook et de contenus continuent de baisser. Hier, Barnes & Noble a rapporté une baisse de 1,8% des ventes trimestrielles avec une "faible demande pour les tablettes Nook". La division Nook a également signalé une perte de $11M. en 2015, cependant inférieure à la perte de $29M. un an plus tôt. Un rapprochement de Barnes & Noble avec Samsung entrepris en août 2014 en fanfare ("it's a terrific partnership" avait même lancé l'auteur James Patterson à l'époque) et qui n'aura donc guère eu l'effet escompté (via TheBookSeller).


Google : le projet Editions At Play

ThebooksIntéressant projet. Google lance une nouvelle expérience en matière de livres numériques avec EdtionsAtPlay. Développé conjointement par un éditeur basé à Londres et le Creative Lab de Google à Sydney, le site propose des livres numériques innovants. Né d'une «réponse» à l'évolution du paysage de l'édition numérique, à base d'ebooks, d'ebooks enrichis et de fichiers PDF en ligne. L'objectif de l'initiative est de «permettre aux écrivains de créer des livres qui ne peuvent pas être imprimés» et, selon Google, qui «correspondent mieux à la sensibilité du 21e siècle». Dans un blog, Google va plus loin: «Editions At Play est une expérience pour explorer le potentiel des livres numériques. Des livres qui changent dynamiquement sur ​​votre téléphone ou votre tablette, en utilisant tous les attributs de la mobile du web pour faire des choses que les livres imprimés ne peuvent pas faire. Autrement dit, nous voulions voir si nous pouvions garder l'intégrité de la lecture, mais jouer avec la forme numérique du livre.» Les premiers titres coûtent 2,99£ chacun à travers le Google Play Store et peuvent être lus à la fois sur les appareils Apple et Android. Plus de détails sur le billet de TheBookSeller et cette présentation.


Royaume-Uni : Waterstones arrête les Kindle, Amazon reconnaissant à jamais

Waterstones kindleLa chaine de librairie britannique Waterstones va arrêter les ventes de Kindle dans ses 300 boutiques à travers tous le pays. Une excellente publicité pour Amazon démarrée en 2012, mais un partenariat bien désastreux pour la chaine en terme d'image. D'un côté des liseuses Kindle, de l'autre des livres numériques vendus au format ePub impossibles à lire sur les Kindle. Allez comprendre... Le PDG James Daunt peut se féliciter d'avoir bien "éduquer" les lecteurs britanniques. On rappellera qu'Amazon représente aujourd'hui plus de 80% des ventes de livres numériques de l'autre côté de la Manche. Sans doute une plaque pour James Daunt au siège américain de Seattle. Autre bourde, la perle de la semaine à Douglas McCabe, un analyste de Ender, qui a commenté cette décision: "Les liseuses pourraient bien se révéler être l'une des technologies de consommation les plus éphémères". En attendant les liseuses d'Amazon sont solidement installées dans les foyers britanniques, Waterstones jette l'éponge sur le numérique. On doit bien sourire chez Amazon... (via TheBookSeller).


Royaume-Uni : les liseuses chez 28% des britanniques

BritainLes liseuses font rarement partie des études généralistes sur l'adoption des appareils électroniques. Intéressant retour du cabinet britannique Ofcom dans son rapport annuel. C'est 28% des britanniques qui seraient équipés en 2015. En tant qu'appareil spécialisé, elles gardent solidement leur attractivité avec un acteur comme Amazon en état de quasi monopole au Royaume-Uni (via TheGuardian).

Ereader


Amazon : la part du lion pour le livre britannique

LionLors d'une conférence, Tim Walker, Président de l'Association des Libraires du Royaume-Uni, faisait part d'une situation préoccupante sur le marché britannique. Amazon représenterait selon lui "95% du marché du livre numérique". Même si ce chiffre me parait bien élevé par rapport à des acteurs comme Apple et Google, il traduit bien le monopole actuel sur le marché britannique exercé par Amazon. Dans le même temps le magazine TheBookSeller faisait part des chiffres Nielsen BookInsight pour 2014. C'est l'année 1 d'un basculement de la vente en ligne, qui représenterait aujourd'hui plus que la vente physique au Royaume-Uni. On y est. Le livre numérique représenterait quand à lui 30% des ventes. Amazon règne en maître sur le livre anglais... (via GoodeReader).


Lagardère donne ses chiffres 2014

LagardereLe groupe Lagardère/ Hachette Livre a communiqué aujourd'hui ses résultats pour l'année 2014. Une année en deçà puisque le groupe a manqué de best-sellers qui sont plus que jamais des enjeux stratégiques. Sur le numérique, des éléments intéressants puisqu'ils concernent à la fois le marché français où Hachette Livre est le premier groupe français, mais aussi sur les marchés anglo-saxons où le groupe est très présent également:

"La transition numérique demeure pour l'instant cantonnée essentiellement aux marchés anglo-saxons, et uniquement sur le segment de la Littérature générale (environ 40% du total du chiffre d'affaires de la branche). Aux États-Unis, dans un marché en stabilisation, le chiffre d'affaires numérique de Lagardère Publishing est en retrait, et représente désormais 26% des ventes Trade contre 30% en 2013. Au Royaume-Uni, où le marché du numérique poursuit sa progression (à un rythme cependant moins soutenu), le chiffre d'affaires des e-books représente 31% des ventes Adult trade, contre 27% en 2013 et 20% en 2012. En France, où le développement du marché numérique reste modeste, le e-book atteint 3,8% des ventes de littérature générale.
Au total sur l'année, l'e-book représente 10,3% du chiffre d'affaires de la branche (contre 10,4% en 2013)."

Lire le communiqué de presse complet ici.


Amazon Kindle : comment en sortir?

KindleDe plus en plus la question qui revient autour de nous. Le Kindle, comment en sortir? Format propriétaire, appareils verouillés, impossibilité de partager des livres à des proches, impossibilité de disposer de livres avec un seul tatouage numérique (plus de 150 éditeurs), impossibilité d'acheter ailleurs que sur Amazon avec son appareil, impossibilité de louer des livres numériques dans une bibliothèque, traçage et flicage de ses lectures. Clôturer son compte Amazon, c'est perdre tout. Il faut en prendre conscience, Amazon nous vend un accès, jamais des livres numériques. C'est bien le problème que posait la député Isabelle Attard devant l'Assemblée Nationale il y a un an déjà. Si les seuls geeks le savaient au début, c'est de plus en plus de lecteurs qui s'en rendent compte aujourd'hui. Sans oublier les aspects sociaux, juridiques et fiscaux d'Amazon qui interpellent de plus en plus de citoyens responsables dans toute l'Europe. Non, Amazon ne dispose pas des meilleurs appareils sur le marché, loin s'en faut. Pour sortir d'Amazon, il faut récupérer sa bibliothèque achetée en bonne et due forme. Puisque que rien n'est très clair en France sur le sujet et puisque qu'Amazon est une société basée au Luxembourg, se considérer comme un citoyen britannique. Là-bas depuis cet été, tout est très clair, vous êtes autorisés par le gouvernement britannique à rapatrier tous vos achats numériques en toute légalité chez vous. Il est tout à fait légal de copier ses achats à usage privé. Voir les détails ici. Tous britanniques donc, en attendant que la législation européenne évolue. Je vous conseille de télécharger le logiciel gratuit Calibre et de récupérer vos livres au format ePub en cassant la DRM avec une extension à ajouter à Calibre. Vous trouverez le mode d'emploi aisément en quelques mots clés sur Google. Bienvenue dans l'environnement du format ePub, toutes les machines liront vos livres numériques. Adieu Amazon...

PS: à découvrir également cette excellente vidéo sur Amazon mise en ligne récemment. Une situation bien sombre...


Blloon : le streaming "Candy Crush", du livre à la page

Blloon-logoUne nouvelle offre de livres numériques en streaming qui s'exporte, c'est l'allemand Blloon qui vient d'ouvrir le site au Royaume-Uni avec des accords avec des éditeurs anglo-saxons comme Allen & Unwin, Diversion Books, Faber Factory, Guardian Books, Houghton Mifflin Harcourt, Lonely Planet, Open Road Media, Profile, RosettaBooks, Workman Publishing, etc. L'application est disponible gratuitement sur l'Appstore. Pas de livres précis, c'est le concept de pages qui est retenu chez Bllon avec des interfaces très visuelles. Une fois inscrit vous avez la possibilité de lire jusqu'à 1000 pages gratuitement et vous pouvez continuer à lire en partageant et en recommandant des livres -ou en invitant d'autres personnes à rejoindre le service. "Une étude montre que 85% des jeunes serait susceptibles de recommander des livres s'ils sont récompensés pour cela. Un principe de gamification qui permet aux jeunes de parler de livres et de Blloon, tout en obtenant quelque chose en retour". Une sorte de "Candy Crush" appliqué aux livres. Bien entendu l'abonnement est aussi prévu en premium à un coût de £3,99€ pour obtenir directement 500 pages supplémentaires. Comme "Candy Crush" je vous dis. Quand aux revenus directs pour les éditeurs, "Sucette" comme on dit... (via TheBookSeller).


Royaume-Uni : il est légal de copier à usage privé

Gov ukLe Royaume-Uni avance depuis plusieurs mois sur le terrain de la légalisation des copies à usages privés. Avec la multiplication des supports, il devient inacceptable pour le consommateur de ne pas pouvoir copier et transférer des contenus culturels achetés légalement. J'en avais parlé au printemps dernier. Des mises à jour ont été faite début octobre avec un certain nombre de nouveaux documents disponibles sur le site du gouvernement britannique. J'ai traduit ce court passage qui traduit bien l'évolution en cours:

Des orientations pour les consommateurs

Des copies personnelles pour un usage privé

Qu'est-ce qui a changé?
Le droit d'auteur a été modifié pour permettre de réaliser des copies personnelles des médias (ebooks, fichiers vidéo ou musique numérique, etc) que vous avez acheté, à des fins privées telles que le changement de support ou de sauvegarde.
Avant ce changement à la loi, il n'était pas légal de copier de la musique que vous aviez acheté sur un CD sur votre lecteur MP3. Les changements, qui s'appliquent à partir du 1er octobre, une mise à jour du droit d'auteur pour faire de ce droit, aussi longtemps que vous possédez ce que vous copiez, par exemple un album de musique, et que la copie que vous faites est pour votre usage privé.
Vous êtes également en mesure de copier un livre ou un film que vous avez acheté pour l'un de vos appareils sur un autre de vos appareils, sans contrefaçon des droits d'auteur.
Cependant, il est toujours illégal de faire des copies pour les amis ou la famille, ou pour faire une copie de quelque chose que vous ne possédez pas ou avez acquis illégalement, sans l'autorisation des propriétaires du droit d'auteur. Donc vous ne pouvez pas faire des copies de CD pour vos amis, copiez des CD empruntés à des amis, ou de copier des vidéos téléchargées illégalement sur des sites de partage de fichiers.
La loi vous permet de faire des copies sur n'importe quel appareil que vous possédez, ou sur un support de stockage personnel en ligne, comme un cloud privé. Cependant, il est illégal de donner à d'autres l'accès aux copies que vous avez fait, y compris, par exemple, en permettant à un ami d'accéder à votre stockage en cloud personnel.


UK : Amazon passe en force pour l'offre Kindle Unlimited

Kindle-UnlimitedCertains éditeurs indépendants britanniques voient malgré eux certains de leurs titres passer dans l'offre Kindle Unlimited d'Amazon lancée la semaine dernière, une offre qu'ils refusent ouvertement. La bataille se déplace désormais sur le terrain juridique. Pour les éditeurs concernés dont la liste est déjà longue -Bloomsbury, Scholastic, Faber, The History Press, Canongate, Atlantic, Granta, Head of Zeus, Hesperus Press, Michael O’Mara, Icon Books, etc-, se mettre en opposition frontale face à Amazon, c'est risquer un bras de fer et un déréférencement de leurs titres en versions imprimées, on le voit bien avec Hachette.

Le responsable de Waterstones, James Daunt, se dit préoccupé par l'impact du modèle d'abonnement/ souscription sur le marché du livre au sens large, si celui-ci s'avère populaire: "Evidemment, je suis extrêmement préoccupé par le concept de celui-ci et l'impact potentiel qu'il pourrait avoir sur les livres qui dévaluent".
Malgré leurs inquiétudes, les éditeurs ont dit qu'ils étaient "impuissants" à retirer les titres du service contractuellement, car Amazon utilise le modèle "revendeur" de paiement pour Kindle au prix de détail d'un livre à chaque fois qu'il est téléchargé et lu. Les auteurs reçoivent eux-aussi les mêmes paiements de redevances comme ils le seraient si un ebook avait effectivement été acheté.

Bien qu'aucun éditeur ne voulait être cité par crainte de représailles de la part d'Amazon, beaucoup parlent en privé de leur colère face à la conduite d'Amazon et ont dit qu'ils engagaient des avocats pour examiner la légalité de la situation: "Nous avons dit très clairement que nous n'avions pas intérêt à mettre nos titres dans ce service, en dépit de la persistance d'Amazon, c'est une vraie surprise de trouver nos titres dedans." Un autre dit: "Nous avons examiné nos contrats et tentons de déterminer s'il est légal pour être utilisé dans le cadre d'un autre service, mais il le semble que tant qu'ils nous paient comme si c'était une vente alors que cela n'en est pas une". Un autre encore: "Ce n'est pas quelque chose que nous sommes en mesure de combattre. Nous nous sentons impuissants. Le problème est de savoir si ceux-ci ne représentent qu'un premier tour de titres, s'ils vont ajouter plus tard peut-être de grands éditeurs" (via TheBookSeller).

Amazon dispose sur ses propres serveurs des fichiers des éditeurs. Il règne en maître avec un certain cynisme sur des éditeurs impuissants, désormais réduits à l'état de servage, se voyant imposés malgré eux un modèle d'abonnement que seul Amazon est en mesure de rémunérer au-delà des sommes qu'il perçoit effectivement. Situation bien connue, le géant américain n'est pas à une stratégie de dumping près pour prendre place sur le marché avec ce type d'offre. Un phénomène qui ne fait que renforcer une fois de plus une situation de monopole extrèmement préoccupante sur le marché anglo-saxon. Jusqu'où peut aller le rouleau compresseur Amazon? Va-t-on aller vers une situation équivalente dans les autres pays d'Europe?


Royaume-Uni : les jeunes toujours du côté de l'imprimé

StudentLa génération des 16-24 ans est toujours fermement attaché aux livres imprimés. Près des 3/4 d'entre-eux (73% exactement) disent préférer l'imprimé au format numérique ou audio. C'est ce que révèle une étude menée par Voxburner pour TheBookseller. 27% seulement préfèreraient donc les livres numériques et 31% ont dit qu'ils n'achètent pas de livres numériques du tout. C'est plus de 900 jeunes au Royaume-Uni qui ont été interrogés au sujet de leurs habitudes de lecture.

Luke Mitchell, directeur de Voxburner, dit que l'étude révèle que les 16-24 ans pensent que les livres numériques sont trop chers: «Ils nous ont dit qu'ils aiment toucher les livres, mais qu'ils seraient prêts à se convertir au numérique à condition que les prix soient là,» dit-il. "70% ont dit que £6,99 était un prix raisonnable à payer pour un livre de poche, mais seulement 10% étaient prêts à payer le même prix pour un ebook". D'après lui, les jeunes sont "aussi intéressés à investir dans les livres que par le passé". Quand il s'agit de livres de poche, 37% des jeunes ont dit qu'ils paieraient dans l'intervalle £5,00-£7,00 et 35% ont dit qu'ils paieraient dans celui de £3,00-£5,00. Cependant, ils sont moins disposés à payer autant pour les livres numériques, 43% disant que ceux-ci devraient coûter moins de £3,00 et 27% disant qu'ils devraient coûter entre £3,00 et £5,00. Parmi ceux qui ont lu les livres numériques, 39% utilisent un e-reader comme un Kindle, 37% optent pour leurs smartphones et 36% préfèrent une tablette.

Beaucoup de jeunes utilisent également les bibliothèques. 44% vont régulièrement dans les bibliothèques publiques tandis que 66% utilisent une bibliothèque de collège ou une université. Plus de la moitié (53%) ont dit qu'ils seraient prêts à emprunter des livres numériques dans les bibliothèques publiques si ils étaient facilement accessibles.


Amazon : Kindle Unlimited au Royaume-Uni

KindleAmazon a ouvert aujourd'hui son offre Kindle Unlimited au Royaume-Uni. Un Netflix du livre, 650.000 titres disponibles en abonnement pour 7,99£/ mois. Streaming sur les tablettes Fire et téléchargement sur les Kindle. Les 30 premiers jours sont proposés gratuitement pour tester. Si figurent évidemment quelques vieux titres en têtes de gondoles comme "Hunger Games" et les livres de Harry Potter ainsi que toute l'offre d'auto-publication issu du programme KDP d'Amazon (les auteurs n'ont rien à dire là-dessus), en revanche aucun titre pour l'instant des éditeurs anglo-saxons importants (via TheBookSeller). Les éditeurs français et allemands sont sollicités par Amazon pour une ouverture prochaine dans ces deux pays, la confirmation a été faite par Livres-Hebdo aujourd'hui. On devrait retrouver logiquement une offre équivalente à celle que propose déjà Youboox et Scribd en France, reste à savoir si Amazon ira pour l'instant au-delà avec des éditeurs majeurs et des titres récents. A suivre très attentivement.


Amazon : le marketing Kindle en question

KindleLe marketing Kindle s'insinue décidément partout. De très vives critiques au Royaume-Uni à propos d'un spot publicitaire vantant le Kindle dans la série télévisée Downton Abbey. Placé juste au début du premier épisode de la nouvelle saison, il a en effet le mérite de ruiner l'atmosphère d'une série qui se déroule en costumes dans les années 20. Devant la polémique sur les réseaux sociaux, la chaine ITV1 a rapidement présenté ses excuses. Le Kindle bientôt dans les mains de la Reine Victoria? (via Dailymail).


Royaume-Uni : la politique anti-piratage se durcit

UkonreadLa lutte s'intensifie contre le piratage de livres numériques au Royaume-Uni. Une unité spéciale de la police londonienne, Police Intellectual Property Crime Unit (PIPCU) mise en place depuis un an, commence à agir de manière très visible pour les internautes. Première victime, le site bien connu OnRead qui fait désormais l'objet d'un affichage particulièrement clair pour l'internaute. Onread fournissait plus de deux millions de livres numériques et des best-sellers pour un abonnement mensuel compris entre $9.99 et $29.99. "The only place where you can read entire books online for free or get subscription to our 2 millionth library. Unique collection of best books ever." La totalité de leur domaine a été saisi par les autorités (via GoodeReader).


Les liseuses Nook sont dans Londres

LondonLes Nooks sont en Angleterre, le nouveau modèle Nook Glowlight depuis quelques semaines seulement. Si vous êtes sur Londres cet été, une visite s'impose absolument pour aller les découvrir et les prendre en main. Petit prix à 89£ pour ce dernier Nook. 4 adresses dans Londres, suivez le guide!

John Lewis sur Oxford Street

John lewis

John Lewis à Bent Cross

Bent cross

Blackwell's à Wellcome Collection, Euston Square

Blackwells

Blackwell's à UoL Goldsmiths, New Cross

Blackwells2

Vous pourrez les trouver également dans les chaines Argos, Asda et Sainsbury.


Nook Glowlight débarque en Angleterre

Nook ukUne très bonne nouvelle. Le Nook Glowlight de Barnes and Noble est désormais disponible en Grande-Bretagne depuis la semaine dernière. Sur le site anglais au prix de 89£ (soit un peu plus de 110€) ainsi que chez les partenaires libraires. Un prix agressif, 20£ de moins que le Kindle PaperWhite d'Amazon. Ce Nook est un remarquable modèle plébiscité aux Etats-Unis; personnellement j'utilise toujours régulièrement la version précédente avec beaucoup de plaisir. N'hésitez pas à profiter d'un voyage à Londres pour vous le procurer (via Engadget).


Nooks : à se procurer facilement sur eBay

51jat7CVtoL._SX385_En ce début d'été, une possibilité qu'il convient de ne pas oublier si vous souhaitez de très bonnes liseuses, c'est du côté des Nooks. Bien qu'indisponibles chez des revendeurs en France, vous pouvez vous les procurer facilement sur Ebay ou Amazon et les faire venir du Royaume-Uni. Un rapide sondage, le Nook Simple Touch est autour de 75€, le Nook Touch with Glowlight autour de 95€ (ports compris). J'ai notamment repéré le vendeur Qudek sur eBay. Des liseuses excellentes que j'utilise régulièrement depuis des années. Développées par la chaine des librairies Barnes and Noble, les Nooks rivalisent efficacement avec les Kindle d'Amazon sur le marché américain. Ce n'est pas le fruit du hasard. Vous ne pourrez pas acheter directement des livres en français sur l'interface de la librairie Barnes and Noble (les catalogues français sont absents). En revanche, vous importerez dessus tous les livres que vous aurez acheté chez des libraires indépendants de chez nous. Elles sont bien évidemment 100% compatibles!

PS: les deux modèles à retrouver dans mes tests ici.


Hachette balance les chiffres du numérique

HachettelivreukNouvelle péripétie du bras de fer qui oppose le groupe Hachette Livre et Amazon, Hachette révèle aujourd'hui dans un document destiné à ses investisseurs ses propres chiffres de ventes numériques sur les marchés américains et britanniques. Des chiffres qui confirment sans ambiguités l'importance d'Amazon sur l'ensemble du marché anglo-saxon. Le rapport poursuit: "Les éditeurs sont maintenant aux prises avec des joueurs technologiques géants qui disposent d'un pouvoir de négociation considérable qui va bien au delà d'une logique économique avec des détaillants traditionnels." Hachette Livre prévoit que la pénétration du numérique serait en phase de stabilisation aux Etats-Unis, entre 25-35% et à 35% au Royaume-Uni en 2017. En France, les livres numériques représenteront environ 10-15% du marché toujours à cette date, Hachette en leader. Le document complet d'Hachette Livre est ici.

C'est à mon sens la première fois qu'un groupe d'édition majeur donne ses ventes en principe confidentielles, Amazon interdisant formellement par contrat leurs publications. Ambiance... (via TheBookSeller).

Ventes


Royaume-Uni : les lecteurs passent à l'ebook

EnglandLe journal britannique TheGuardian relaie un rapport de PwC selon lequel le livre numérique va dépasser le livre de poche et relié, comme format préféré des britanniques pour la lecture de leurs romans préférés, d'ici quatre ans en 2018. Le marché britannique de l'ebook, qui exclut les livres professionnels et éducatifs, devrait presque tripler à partir de £380M à 1 milliard de livres. Au cours de la même période, toujours selon ce rapport, les ventes des versions imprimées tomberont pour plus d'un tiers à £912M. Les habitudes de lecture de la population du Royaume-Uni serait dominé par des tablettes, avec 50% du pays qui devrait posséder un iPad, Kindle ou un dispositif similaire en 2018.

Nigel Newton, le directeur général Bloomsburry, l'éditeur de Harry Potter, a déclaré que la flambée des ebooks alimentait un "âge d'or de la lecture" au Royaume-Uni. 
«Les ebooks sont une force positive pour les auteurs et les éditeurs» dit-il. «Nous pouvons maintenant atteindre un marché mondial 24 heures sur 24, sept jours par semaine, partout où il y a de la téléphonie mobile et l'utilisation de cartes de crédit. Il y a un marché très ouvert pour nous bien au-delà de ce qui pouvait être atteint par les librairies traditionnelles. Nous vivons un âge d'or de la lecture, où les oeuvres contemporaines sont plus disponibles aujourd'hui qu'à tout autre moment dans l'histoire, grâce à la distribution numérique» (via TheDigitalReader).


Grande-Bretagne : le livre numérique reste taxé au prix fort

UkAprès la France et l'Allemagne, on attendait beaucoup une évolution de la position de la Grande-Bretagne sur le taux de Tva du livre numérique. C'est toujours non. Le gouvernement a réaffirmé que le taux actuel resterait inchangé à 20%. Un gap important puisque le livre imprimé est lui exempté de Tva de l'autre côté de la Manche (via TheBookSeller).