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Bibliothèques : Réseau Carel sur le droit de prêt numérique

CarelAprès l'ABF qui s'était exprimé au début du mois, c'est aujourd'hui RéseauCarel qui revient sur la récente décision de la Cour de justice de l'Union Europénne sur le principe d'un droit de prêt numérique en bibliothéque. "L’existence d’une situation légale garantissant avec certitude le droit de prêt numérique et la diversité des modèles que, comme l’ABF, Réseau Carel appelle donc de ses vœux, ne pourrait que renforcer les bibliothèques dans leurs revendications". C'est sans doute du côté de la complémentarité entre des offres simultanées pour des livres récents et des offres "one copy-one user" pour des livres de fond plus anciens qu'il faudrait désormais travailler. Je reproduis ce communiqué dans sa totalité:

Réseau Carel se réjouit de la reconnaissance d’un droit de prêt numérique, souhaite qu’il soit rendu clairement applicable et que la diversité des modèles soit prise en compte.

Suite à la décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), à l’instar d’Eblida et de l’Association des bibliothécaires de France (ABF), Réseau Carel se réjouit de la reconnaissance par une haute instance juridique d’un droit de prêt numérique garantissant sur le principe un droit pour les bibliothèques d’acquérir et prêter tous les titres numériques disponibles. Cet arrêt reconnaît aussi aux auteurs le droit de recevoir une juste rétribution dans le processus, ce que Réseau Carel salue également.

Cela rejoint le combat que Réseau Carel a soutenu, avec l’IABD (signataire du London manifesto) et avec Eblida (promoteur de la campagne «The right to e-read»), deux associations dont Réseau Carel est membre.

Dans cet arrêt, seul est toutefois visé le modèle «one copy – one user» (ce qui revient à dire sans simultanéité de prêts d’un même exemplaire, comme pour le livre papier donc). L’offre la plus large de livres numériques aux bibliothèques en francophonie européenne (France, Belgique, Suisse), à savoir PNB, ne se situe donc pas dans le champ de cette décision.

Toutefois, comme le souligne également l’ABF, cela permet d’imaginer que le dispositif technique développé dans PNB puisse être exploité pour la mise en place d’un modèle one copy – one user «plancher».

Cette offre pourrait donc être proposée à côté du modèle PNB existant, à savoir le modèle à simultanéité de prêts, plus intéressant pour les bibliothèques. En effet, il permet de réduire les files d’attente et d’optimiser le réassort en «collant» à la demande des usagers.

Réseau Carel, qui outre PNB présente sur son site et évalue un large éventail d’autres offres de livres numériques, souhaite également, dans ce nouveau domaine ouvert, que d’autres modèles que ces offres existantes puissent être testés.

Mais la décision de la CJUE est-elle concrètement applicable en France?

Selon Eblida, il n’y aurait pas besoin d’amender la directive actuelle (directive européenne de 2006) car l’arrêt interprète la directive telle qu’elle est rédigée actuellement. Mais il y a une condition à l’applicabilité, c’est que la directive ait bien été transposée dans le droit français, ce qui n’est pas établi clairement à ce stade[i].

Il serait donc sans doute plus prudent pour les bibliothèques voulant se lancer dans une offre «one copy – one user» d’attendre la nouvelle directive européenne (un projet est en cours à la commission européenne), en espérant qu’elle entérine bien le jugement de la CJUE et qu’elle soit ensuite transposée dans le droit français. La question de l’accès à distance pour le prêt numérique devrait y être abordée également car l’arrêt ne se positionne pas sur cette question essentielle pour le livre numérique.

Il y a néanmoins une autre piste qui pourrait permettre d’aller plus vite: le législateur français pourrait donner rapidement un cadre juridique au prêt de livres numériques et à son organisation. Tout comme l’ABF, Réseau Carel souhaite la mise en place d’un tel cadre en France, et qui ne bride pas le développement d’autres modèles que le one copy – one user.

Lorsque le cadre juridique sera clairement en place, le système PNB qui a fait la preuve de son efficience technique depuis deux ans et demi pourrait donc être utilisé sans que trop d’aménagements soient nécessaires.

Si cela ne devait pas se faire au sein de PNB, il faudrait surmonter, pour les bibliothèques souhaitant se lancer dans une offre de livres numériques sur le modèle one copy – one user, un certain nombre d’obstacles techniques liés notamment au contrôle d’une durée limitée d’accès au livre téléchargé par le lecteur (mise en place d’une DRM chronodégradable).

Il y a par ailleurs une autre forme de mise à disposition de livres numériques aux lecteurs des bibliothèques qui tient au prêt de liseuses (ou de tablettes). Cette pratique  est intéressante pour sensibiliser mais vise essentiellement des publics non initiés et non la grande proportion des usagers qui souhaitent emprunter des titres sur leur outil de lecture personnel. Elle est par ailleurs entourée de la même incertitude juridique sur l’applicabilité et pose pas mal de questions techniques également.

Le modèle à simultanéité pouvant se maintenir en parallèle dans le futur, Réseau Carel continue son action auprès des groupes éditoriaux afin d’obtenir des avancées sur trois axes.

Réseau Carel réclame pour les bibliothèques une plus large couverture du catalogue proposé dans PNB par rapport au catalogue grand public que les environ 52% actuels[ii]. Ce taux, bien qu’en progression, reste insuffisant par rapport à ce que les bibliothèques sont en droit d’attendre en vertu de la première des douze recommandations signées par les représentants de tous les acteurs de la chaîne du livre fin 2014.

Réseau Carel revendique également auprès de certains groupes éditoriaux présents dans PNB des conditions plus favorables pour les bibliothèques (simultanéité significative, tarifs des nouveautés raisonnables).

Réseau Carel encourage enfin l’enrichissement du modèle avec une différenciation nouveautés/longue traîne. Plusieurs groupes ont déjà suivi cette recommandation mais il reste du chemin à parcourir.

L’état d’avancement de ces négociations est repris en détail sur notre site, dans le texte «Où en est PNB fin 2016 ?».

L’existence d’une situation légale garantissant avec certitude le droit de prêt numérique et la diversité des modèles que, comme l’ABF, Réseau Carel appelle donc de ses vœux, ne pourrait que renforcer les bibliothèques dans leurs revendications.

[i] Une analyse juridique qui inclura une réponse à cette question ainsi qu’à celle de l’accès à distance (évoquée plus loin dans le texte) a été sollicitée.
[ii] Pourcentage obtenu par mesures directes dans les catalogues concernés, en faisant abstraction des titres en langues étrangères et des doublons liés aux titres présents en plusieurs formats numériques; ce chiffre monte à environ 70% lorsqu’on ne tient compte que des éditeurs présents dans PNB. 


Gallica : nouvelle mise à jour de l'application Android et IOS

GallicaA signaler la mise à jour de l'application Gallica sous Android et IOS. Pas de possibilité de télécharger les ePubs proposés en nouveautés. Il est signalé: "Un des services http://gallica.bnf.fr utilisé par l'application n'indique plus la présence d'un Epub et le téléchargement de ce type de fichier est impossible. Ce problème sera corrigé très rapidement sans mise à jour de l'application." Comme sur le site, le catalogue complet des livres en fichiers ePub est toujours aussi difficile à trouver, seule solution que j'ai trouvé est d'aller dans la recherche avancée. C'est bien compliqué pour trouver ce lien, un catalogue de près de 4500 titres. Après je vous laisse le soin de chercher votre bonheur avec des visuels illisibles et des classifications bien vastes. Imaginez seulement la même chose sur un site de libraire. Comme chercher une épingle dans une botte de foin. Bien dommage tant ce catalogue recelle des perles de notre patrimoine littéraire, notamment du côté des classiques illustrés...

PS: Gallica me signale que des améliorations sont prévues bientôt dans la gestion du catalogue ePub. En attendant, "une solution imparfaite consiste à taper "EPUB" dans la barre de recherche. Cela donne accès à 4206 résultats".


Bibliothèques au Québec : le prêt de livres numériques en service de base

QuébecPendant ce temps-là, le prêt de livres numériques en bibliothèques est un service de base au Québec avec un succès qui ne se dément pas au fil des années: "La progression du prêt numérique se poursuit, au Québec. En 2016, le prêt a augmenté de 22%, alors que les collections offertes aux usagers ont été enrichies à hauteur de 23%. Le service, lancé officiellement en 2012, avait alors enregistré un peu moins de 100.000 emprunts. En 2016 seulement, c'est près de 1.500.000 de prêts numériques qui ont été réalisés. Aucun signe d’essoufflement à l'horizon! Il s'agit maintenant d'un service de base offert par pratiquement toutes les bibliothèques publiques du Québec et du Nouveau-Brunswick." nous communique le responsable de PretNumerique.ca. C'est plus de 4 millions de prêts qui ont été fait depuis 2012. A découvrir cette nouvelle vidéo pour présenter le service.


PNB (Prêt Numérique en Bibliothèque) : la position du SNE

SneSuite au récent communiqué de l'ABF (Association des bibliothécaires de France) demandant l'application en France du rendu de la Cour de Justice de l’Union européenne en matière de mise à disposition des livres numériques pour les bibliothèques, le SNE (Syndicat National de l'Edition) a souhaité réaffimer sa position par rapport au prêt de livres numériques en bibliothèques publiques et donner des éléments chiffrés pour l'année 2016:

LE PRET DE LIVRES NUMÉRIQUES EN BIBLIOTHÈQUES PUBLIQUES - la position du Syndicat national de l'édition

La publication de commentaires erronés sur l’arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne du 10 novembre 2016 concernant le prêt de livres numériques en bibliothèque incite le Syndicat national de l’édition (SNE) à faire un point chiffré sur le dispositif «Prêt numérique en bibliothèque» (PNB).

Avec un catalogue de 130.000 titres, incluant ouvrages de fonds et nouveautés, et désormais accessible dans 2.000 bibliothèques, PNB répond d’ores et déjà aux attentes et pratiques des usagers.

130.000 titres au catalogue et 2.000 bibliothèques utilisatrices

• Acquises auprès des libraires par les 101 réseaux de bibliothèques ayant déjà adopté PNB, les licences de prêts pour les livres numériques rendent accessibles au public les ouvrages dans 2.000 bibliothèques.

890 éditeurs ont déjà rendu disponible 65% de leur catalogue numérique dans PNB.

Ces 130.000 titres disponibles représentent plus de la moitié de l’offre numérique grand public. Et ce catalogue augmente chaque mois.

• Ce choix est 9 fois plus vaste que celui des 15.000 fichiers acquis par les bibliothèques via PNB en 2016. C’est un fait: l’offre PNB actuelle dépasse largement la demande.

Des offres de prêts innovantes et diversifiées

• Mené sous l’impulsion du ministère de la Culture et en concertation avec les bibliothèques, les ayants droit et les libraires, PNB propose plusieurs modèles commerciaux.

• Dispositif innovant commercialement et techniquement, PNB tire avantage de la dématérialisation des livres, en rendant notamment possibles, selon les modèles commerciaux:

l’accès sécurisé aux livres numériques à distance, 7/7 jours et 24/24 heures;

— la lecture des livres sur les appareils de lecture personnels des usagers: liseuses, tablettes, smartphones et ordinateurs; 

— des modalités de prêts souples et adaptables en fonction des éditeurs, ainsi que le retour anticipé d’un titre ou à l’inverse le renouvellement du prêt.

Déjà 200.000 prêts effectifs en 2016

• Ce système a déjà été adopté par de nombreux usagers, comme l’atteste le nombre significatif des 200.000 prêts atteints en 2016 via les portails des bibliothèques.

• Confortées par ce succès qui témoigne de l’importance de la promotion de la lecture numérique pour les établissements et les collectivités, les éditeurs développent le nombre de titres disponibles dans PNB. Le nombre de titres a augmenté de 450% en un an et continue de croitre au fur et à mesure que les équipes éditoriales, techniques et commerciales s’organisent dans les maisons.

• La croissance des crédits d’acquisition, l’équipement des établissements et la formation des bibliothécaires et des usagers seront à l’avenir les principaux leviers pour le développement de cette activité.

Une rémunération juste et pérenne des ayants droits

• Cessionnaires des droits d’exploitation numériques des œuvres, les éditeurs confèrent dans un cadre contractuel des licences d’utilisation parfaitement adaptées aux conditions de mise en œuvre du prêt numérique. Cette voie est la seule à même de garantir une juste et durable rémunération des auteurs, évitant un recours à d’hypothétiques compensations financières liées à la mise en œuvre d’une nouvelle exception.

• Les ayants droit sont rémunérés à la première souscription au titre sur la base du prix de la licence octroyée, et à chaque renouvellement de cette licence. Le prix de celle-ci peut différer du prix public, prenant ainsi en compte les diverses possibilités de prêts proposées aux bibliothèques et rémunérant en conséquence les ayants droit.

Des investissements technologiques au service d'une expérience de lecture de qualité, y compris pour les personnes en situation de handicap

• Les éditeurs investissent pour améliorer continuellement l’expérience des lecteurs numériques. Ainsi, la mesure technique open-source de protection Readium LCP (Licensed Content Protection) qui rend possible la consultation de livre limitée dans le temps – c’est-à-dire le prêt numérique – sans dégrader l’expérience de l’usager, ni exposer ses données d’usage à un acteur tiers, sera déployée simultanément sur le marché grand public et dans les bibliothèques dès le printemps 2017.

• LCP est également lisible sur les appareils de lecture des personnes malvoyantes ou aveugles. De plus, conscients du fait que l’adaptation des ouvrages par des structures spécialisées peut parfois engendrer des délais longs d’accès aux livres, les éditeurs de littérature générale basculent leurs catalogues en format ePUB 3, nativement accessible.

Ainsi, en France, éditeurs, auteurs, libraires, bibliothécaires et prestataires techniques ont mis en œuvre un dispositif souple, efficace et inclusif, qui va bien au-delà de ce qu’envisage la récente décision de la CJUE.

Il est des combats plus profitables à la médiation culturelle, à la promotion de la lecture et à la diffusion des œuvres que celui visant à obtenir une exception qui ne correspond à aucun besoin réel. Toute exception non justifiée met à mal le droit d’auteur et l’équilibre économique de la filière du livre; affaiblir ainsi le marché du livre réduirait nos chances de remplir les bibliothèques du futur.

La création d’une nouvelle exception pour le prêt numérique en bibliothèques a été écartée à juste titre du projet de directive sur le droit d’auteur actuellement en discussion au parlement et au conseil européens. La performance indiscutable de PNB en France illustre la pertinence de cette décision.

Le communiqué ici.

J'en profite pour redonner le lien de la cartographie des bibliothèques et réseaux de bibliothèques entrés dans le dispositif PNB. Vous le trouverez dorénavant sur la page du blog, en haut dans la colonne de gauche. N'hésitez pas à me faire part des bibliothèques manquantes.


Québec : le livre numérique, un nouveau public pour les bibliothèques ?

BibliothequeIntéressantes réflexions chez les bibliothécaires québécois qui disposent d'un retour plus important sur le prêt de livres numériques. Avec des statistiques en forte croissance, il semble bien que c'est un nouveau public que les bibliothèques touchent avec le livre numérique. Des lecteurs essentiellement tournés vers l'usage et la qualité de service. Patricia Lemieux, chef de division à la bibliothèque de Candiac, soutient que les «livres papier ont toujours la côte», malgré l’arrivée du numérique. Elle indique que les usagers qui voyagent, notamment les snowbird, et qui souhaitent emprunter les livres de la bibliothèque se tournent vers les livres numériques. «Il y a aussi des gens qui ne souhaitent pas se déplacer. Ça répond à un besoin», dit-elle. Ève Lagacé, directrice générale de l’Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ), croit que l’ajout de cette offre dans les bibliothèques municipales a amené de nouveaux usagers plutôt que de changer les habitudes des abonnés. Depuis 2016, toutes les bibliothèques de la région offrent une collection de livres numériques. Mme Lagacé soutient qu’il est rendu marginal qu’une bibliothèque n’offre pas ce service (via LeReflet).

Des précisions de la part de Jean-François Cusson de Prêtnumerique.ca que je remercie: "La progression du prêt numérique se poursuit, au Québec. En 2016, le prêt a augmenté de 22%, alors que les collections offertes aux usagers ont été enrichies à hauteur de 23%. Le service, lancé officiellement en 2012, avait alors enregistré un peu moins de 100.000 emprunts. En 2016 seulement, c'est près de 1.500.000 de prêts numériques qui ont été réalisés. Aucun signe d’essoufflement à l'horizon! Il s'agit maintenant d'un service de base offert par pratiquement toutes les bibliothèques publiques du Québec et du Nouveau-Brunswick." A l'heure où certains bibliothécaires sont encore dans la défiance par rapport à un tel service en France, les nombreux retours de nos voisins francophones (Québec, Belgique, Suisse) devraient les interpeller...


Bibliothèques : l'ABF appelle au droit de prêt pour le livre numérique

AbfL'ABF (Association des bibliothécaires de France) a publié aujourd'hui un communiqué demandant l'application en France du rendu de la Cour de Justice de l’Union européenne en matière de mise à disposition des livres numériques pour les bibliothèques (à revoir ici). 

L'ABF souligne que la décision est immédiatement applicable, sans nécessité de modifier la loi française sur le droit de prêt. Mais c’est à présent au niveau européen que l’effort doit être porté pour obtenir une modification de la directive sur le droit de prêt de 1992 et consacrer des modèles plus favorables à la diversité des usages numériques. En conséquence, l’ABF demande :

  • l’application immédiate de la décision de la CJUE concernant la mise à disposition des livres au format numérique [selon les règles du droit de prêt classique, à savoir une offre exhaustive et la règle «Une Copie – Un Utilisateur» (One Copy – One User) pérenne];
  • l'entrée des représentants des auteurs à la gouvernance de PNB;
  • l’ouverture d’une réflexion concertée au niveau européen et international, aux côtés de l’IFLA et d’EBLIDA, pour la modification de la directive sur le droit de prêt.

Voir le communiqué complet ici. Cela supposerait une évolution des modalités de prêt actuellement dans l'offre PNB (Prêt numérique en bibliothèque) qui repose pour la très grande majorité des éditeurs sur la simultanéité des offres et la durée limitée des licences. Pour être conforme au rendu de la CJU, une offre "basique" sans simultanéité et pérenne, sur le modèle actuel de celle que propose le groupe Hachette, devrait pouvoir être jointe aux offres actuelles. Reste évidemment à définir les prix et les modalités de gestion du prêt numérique par ailleurs réclamées par l'ABF. Paradoxalement, ce sont ces offres sans simultanéité qui sont les plus décriées par les bibliothécaires, surtout pour des nouveautés très demandées par les abonnés. Une offre calquée sur le prêt du livre imprimé qui représente un certain non-sens dans un environnement numérique.

D'autre part je relève:" Aujourd’hui seuls 18,5% des titres proposés par les éditeurs en numérique sont disponibles via PNB." Complètement faux, 123.866 titres disponibles dans PNB sur 235.737 titres disponibles dans l'offre commerciale des librairies (relevé LesLibraires.fr de ce jour), soit 52%.

PS: Dans ce communiqué, L'ABF cite le réseau Carel: "Comme le souligne l’association Réseau CAREL, les bibliothèques n’ont actuellement pas assez de poids dans les négociations contractuelles avec les éditeurs pour faire évoluer significativement le modèle." Bien au contraire, le réseau Carel a pu faire évoluer très significativement les conditions de PNB depuis trois ans avec les éditeurs. J'ai d'ailleurs vu sur twitter que le Réseau Carel avait demandé le retrait de propos qui ne sont pas du tout les siens.


Bibliothèques : les offres de prêts de livres numériques s'accèlèrent

ToscaLa société Tosca Consultants publie son enquête 2017 sur le marché des logiciels pour les bibliothèques. Du côté des gestionnaires de prêt de livres numériques apparus dans la foulée du projet Prêt Numérique en Bibliothèque (PNB), ce sont désormais 27 fournisseurs différents qui les proposent aux établissements, avec 46 formules différentes (13 fournisseurs de plus en un an). Voir la liste complète au 1er janvier 2017, tous les détails sur le site de ToscaConsultants. Liste complète


Bibliothèques : les offres de prêts de livres numériques sur Google Map

PnbPlusieurs d'entre vous me l'avez demandé, j'ai décidé en ce début d'année de reprendre en service et d'actualiser ma carte Google des offres de prêts de livres numériques en bibliothèques sous PNB (Prêt numérique en bibliothèques). Près de 70.000 consultations de cette carte, cela mérite qu'elle soit tenue à jour. Je souhaite indiquer des offres qui sont effectivement en service pour les abonnés. De nouvelles offres du côté de Cholet, Dole, Strasbourg, etc. N'hésitez-pas à me faire part des manques, je compte sur vous ! -MAJ 27/01/17-

PS: j'ai modifié en couleur jaune pour mieux les identifier les réseaux départementaux et les grandes métropoles.


Overdrive : le prêt numérique en bibliothèques en forte hausse

OverdriveUne année 2016 florissante pour le géant Overdrive, racheté par Rakuten il y a bientôt deux ans et leader des offres de prêts de livres numériques dans le monde. 196 millions de livres numériques ont été empruntés auprès des établissements, une augmentation de 21% par rapport à 2015. Une tendance qui va à l'encontre du marché grand public. Sur un marché anglo-saxon où les prix des livres numériques ont été beaucoup relevés depuis deux/ trois ans, l'intéret des lecteurs se déporte sans doute plus fortement sur le prêt en bibliothèques. Overdrive est présent dans 36.000 bibliothèques et écoles, dans 63 pays à travers le monde. Le communiqué d'Overdrive est ici.


Une nuit de la lecture le 14 janvier 2017

NuitlectureLancement aujourd'hui. A l’initiative du ministère de la Culture et de la Communication, le livre et la lecture seront à l’honneur partout en France pour la première édition de la Nuit de la lecture, le samedi 14 janvier. Plus de 1 200 événements, beaucoup de bibliothèques et de librairies ouvriront leurs portes au public. Tous les détails sur le site dédié. L'initiative aurait eu une portée plus festive aux beaux jours. Je pense à des expériences simillaires en Espagne par exemple. En tout cas, succès à cette première édition! Soleil de Sainte-Nina, pour un long hiver rentre ton bois!


Post-Digital Print : pour un livre post-numérique

PrintdigitalDes idées de livres cette semaine... Un excellent livre que je vous conseille absolument. "Print-Digital Print, la mutation de l'édition depuis 1894" de Alessandro Ludovico aux EditionsB42. Cet ouvrage propose un panorama historique très complet des interractions entre le médium imprimé et des nouvelles technologies qui le concurrence, avec un questionnement sur une autorité remise en question au fil des années. Il a le mérite de rappeler que les interrogations d'aujourd'hui ne sont pas nouvelles. L'auteur montre aussi que c'est dans le domaine d'initatives artistiques militantes que les frottements sont les plus intéressants dans le processus de création et d'innovation. Il est lui-même issu de cette mouvance puisqu'il est artiste et a animé une revue, "Neutral", imprimée depuis 1993. Il est aussi enseignant en Angleterre. Les références sont très nombreuses, une véritable mine qui excite la réflexion au fil des pages.

Ce qui ressort de la lecture, c'est que l'imprimé et le numérique ne s'opposent pas, que les hybridations entre les deux sont un terrain d'une richesse passionnante, le livre en tant que phénomène "post-numérique" vient de démarrer: "Il n'y a pas de voie à sens unique qui conduirait de l'analogique au numérique; il faudrait parler plutôt parler de transitions qui s'effectuent de l'un à l'autre, dans les deux sens. Le numérique est le paradigme du contenu et de la quantité d'informations; l'analogique celui de la fonctionnalité et de l'interfaçage... Le développement de futurs projets hybrides (post-numériques) reste un terrain largement ouvert à l’exploration." Un ouvrage qui va devenir une référence, j'en suis sûr. Dans toutes les bonnes bibliothèques. La version numérique n'est pas disponible, dommage, notamment pour les 300 hyper-liens présents dans l'ouvrage. L'éditeur devrait engager lui-même une mise en pratique de l'hybridation. Un grand merci à Antoine de m'avoir signalé ce livre.

PS: à signaler le site anglais avec de très nombreux compléments et la possibilité de télécharger une version PDF.


Paris : toutes les stations de métro ont leurs livres

AulnayDes idées de livres toute cette semaine... Superbe initiative des bibliothécaires d'Aulnay-sous-Bois qui nous proposent des sélections de livres qui sont liés à la cartographie des stations de métro parisiennes.  C'est simple, à chaque station son livre... A ce jour, ils ont "bibliométrographier" les lignes 1 et 2 du métro mais également la ligne B du RER. "Vous en apprendrez plus sur l’Histoire de France et de Paris, vous pourrez vous divertir et vous cultiver grâce à notre sélection variée, et pour ne pas bouder notre plaisir quelques perles capillotractées ont été glissées bien évidemment!"

Concernant la disponibilité des documents proposés, vous pourrez en retrouver certains sur le site des bibliothèques d’Aulnay-sous-Bois, mais ils ont souhaités inclure aussi des ouvrages du domaine public à télécharger directement. Parlez-en autour de vous tant ce projet est passionnant... Tous les détails ici.

PS: sur ce principe la librairie Feedbooks avait cartographié il y a quelques années le Paris littéraire, voir ici. Découvrir aussi celles de Bibliosurf. 


Bibebook : des packs de livres classiques

EdgarallanpoeDes idées de livres toute cette semaine... Nouvelle liseuse, nouvelle bibliothèque. Plutôt que les best-sellers à la mode du temps qui seront oubliés le printemps prochain -peut-être même plus vite d'ailleurs-, ce sont les classiques de la littérature vers lesquels la tentation est grande de revenir avec une nouvelle liseuse. Je le constate régulièrement. Surtout ne succombez pas à des "pseudos éditeurs" qui reconditionnent pour espèces sonnantes et trébuchantes sur les plateformes (et avec la complicité de celles-ci d'ailleurs qui vous les mettront en têtes de gondoles), des livres disponibles gratuitement sur les réseaux. On peut chercher des classiques au cas par cas, c'est long et fastidieux. Plus efficacement on peut aussi rechercher des packs entiers, une excellente façon de démarrer une bibliothèque. Bien sûr vous ne lirez pas tout mais cela vous permettra une fois téléchargé l'ensemble de conserver rapidement des pans entiers de livres qui vous conviendront. Le bon réflexe pour un pack de démarrage, c'est Bibebook. Tout est gratuit, les livres sont soigneusement sélectionnés et formatés. La page pour télécharger les packs ePub ou mobi pour vos Kindle est ici. Un seul choix parmi les 1700 titres? Celui qui rassemblera le plus grand nombre? Les Trois Mousquetaires bien sûr!


Paris : les sélections thématiques par les bibliothécaires

ParisDes idées de livres toute cette semaine... Parisiens, parisiennes, vous n'avez aucune excuse pour ne pas filer vous inscrire gratuitement pendant ces fêtes à la Bibliothèque Numérique de Paris. Près de 9000 titres sont proposés au format numérique. Même si vous n'êtes pas parisien, je vous conseille les excellentes sélections thématiques réalisées par les bibliothécaires de la Ville de Paris, selon leurs envies ou suivant l'actualité culturelle et littéraire. Il y en a pour tous les goûts. Bref, tout ce que ne pourront jamais vous donner les algorithmes robotisés d'Amazon. A découvrir !

PS: les coups de coeurs 2016 des bibliothécaires sont désormais en ligne ici.


Réseau Carel : un point sur le dispositif PNB pour les bibliothèques

PnbUn rapport d'étape très intéressant de Réseau Carel sur l'avancement du dispositif PNB (Prêt Numérique en Bibliothèques). Depuis juin dernier, les éditeurs déjà engagés dans PNB revoient leurs conditions et critères de prêt. Ce mouvement est dû à la fin de la période de test qui autorise les éditeurs à revoir leurs conditions en fonction de l’expérience accumulée pendant un peu plus d’un an. Je retiens particulièrement de ce rapport:

Globalement, les éditeurs ont assoupli les conditions sur les titres de leurs fonds mais en parallèle durci leurs conditions sur les nouveautés par rapport à celles de la période de test.  Certains ont certes gommé des critères aberrants (une durée de prêt de 1 an dans le cas d’un groupe, impraticable) mais ils ont en général augmenté le prix par jeton (le seul qui fasse référence, la hausse pouvant atteindre 30%). Ils ont réduit, parfois drastiquement, le nombre de prêts simultanés (certains sont passés de 20 à 5) au risque de faire perdre à PNB sa spécificité. De dures réalités. La plupart se sont toutefois alignés sur une durée de licence (période de validité des droits pour un titre) entre 6 et 10 ans, une augmentation très fortement demandée par Réseau Carel.

Voici, pour affiner, un petit bilan des principaux résultats obtenus jusqu’à présent par Réseau Carel suite aux discussions avec les groupes d’éditeurs :

  • un passage de tous à une durée de prêt de 59 jours (au départ certains groupes limitaient à 21 jours !) ;
  • un passage de tous à une durée de licence de min. 5 ans (au départ certains groupes proposaient 3 ans voire même 1 an !) ;
  • des lots de jetons majoritairement autour de 30 (les plus petits lots permettent aux petites bibliothèques de ne pas prendre trop de risque en acquérant un titre de la longue traîne alors que les grands réseaux peuvent eux acquérir plusieurs lots de ce titre si elles le souhaitent) ;
  • une rétractation de deux groupes lorsqu'ils ont voulu monter significativement les prix des nouveautés au printemps 2016 (et n'ont finalement augmenté que marginalement) ;
  • une rétractation face au projet d’un groupe de passer ses BD à 5 prêts simultanés (simultanéité in fine fixée à 10)  ;
  • une différenciation nouveautés/fonds proposée aujourd’hui par plusieurs groupes (au départ aucun groupe ne distinguait, sauf Madrigall, alors que nous recommandions une amélioration des conditions pour la longue traîne, plus difficile à vendre pour les éditeurs et dont la mise en exergue fait partie aussi des missions des bibliothèques) ;
  • l'uniformisation des conditions au sein de chaque groupe (Editis était loin de cela avant qu'on les rencontre et le leur recommande ; chaque groupe ayant des conditions différentes des autres une hétérogénéité intra-groupe s’ajoutant à celle entre groupes aurait encore ajouté à la difficulté de lisibilité du catalogue) ;
  • une augmentation significative pour certains éditeurs du nombre de titres versés au catalogue PNB par rapport aux titres proposés aux particuliers (même si une des douze recommandations précise qu’il ne devrait pas y avoir d’écart restant).

Réseau Carel regrette également le blocage du côté du groupe Hachette et appelle même à un boycott pur et simple du côté des établissements.

Une seule offre se différencie radicalement des autres, celle du groupe Hachette. Il y a peu de perspective de la voir évoluer étant donné qu’elle est fixée par ce groupe pour le monde entier. C’est la seule qui ignore totalement la simultanéité. Elle prétend compenser par la cession de droits sans limite de durée: c’est un avantage qui est sans doute en partie trompeur car après 8 à 10 ans les livres ont souvent «fini» leur vie (romans ou documentaires), même si les bibliothèques portent aussi la longue traîne auprès de leurs publics.

Cette offre se caractérise aussi par un prix très élevé la première année: 45€ environ, soit trois fois le prix d’un livre numérique grand public. Si ce livre est acquis au 10ème mois de la nouvelle année, cela fait cher les deux mois restants. En effet, le prix après un an ou après la parution du poche se rapproche alors des conditions de leurs confrères car après un an le prix passe à 1,5 fois le prix public et lors du passage en poche le prix est calculé sur base du prix public du poche cette fois (ce qui fait deux décotes, dans un ordre qui peut changer). Réseau Carel déconseille  l’achat de nouveautés pour les éditeurs d’Hachette tant ces conditions semblent difficilement acceptables pour les bibliothèques. En revanche, il s’agit d’un modèle pérenne plutôt intéressant par rapport à la longue traîne, pour laquelle la simultanéité n’apparaît pas aussi importante.

Réseau Carel pointe toujours sur le rôle de Dilicom, le manque de visibilité du système, le manque de pouvoir des bibliothèques en l'absence d'un droit de prêt numérique et le non-respect des 12 recommandations du Ministère de la Culture. Voir l'ensemble du communiqué "Où en est PNB fin 2016?" sur Réseau Carel.


Bibliothèques : le livre numérique, un regard international

OffrelivrenumeriqueA signaler "L'offre de livres numériques à destination des bibliothèques de lecture publique: un regard international" aux Presses de l'Enssib. Une publication qui trouve son origine dans le séminaire qui avait été organisé entre mai 2014 et mars 2015 par l’Enssib (Hans Dillaerts et Benoît Epron), l'ARALD (Antoine Fauchié) et les laboratoires Dicen-Cnam (Ghislaine Chartron) et ELICO (Lyon); il avait bénéficié du soutien de l'ARC 5 et de la Région Rhône-Alpes. Sur le site de l'Enssib, en téléchargement gratuit. Cette étude complète permet de confronter les modèles pour les bibliothèques.


Europe : le dispositif Relire est remis en cause

RelireLa Cour de Justice Européenne a porté un coup d'arrêt la semaine dernière au projet français Relire de numérisation des livres indisponibles du XXème siècle. En effet celle-ci, par un arrêt du 16 novembre 2016, a remis en cause le mécanisme français permettant la diffusion numérique des livres indisponibles dans le commerce, sur autorisation de la société de gestion collective Sofia. Elle a estimé que les articles 2 et 3 de la directive du 22 mai 2001 «s’opposent à ce qu’une réglementation nationale, telle que celle en cause au principal, confie à une société agréée de perception et de répartition de droits d’auteurs l’exercice du droit d’autoriser la reproduction et la communication au public, sous une forme numérique, de livres dits «indisponibles», à savoir des livres publiés en France avant le 1er janvier 2001 et ne faisant plus l’objet ni d’une diffusion commerciale ni d’une publication sous une forme imprimée ou numérique, tout en permettant aux auteurs ou ayants droit de ces livres de s’opposer ou de mettre fin à cet exercice dans les conditions que cette réglementation définit.» Au coeur du projet même de Relire pour permettre une industrialisation du catalogue, c'est le mode de consentement des auteurs qui a été pointé:  «Une simple absence d’opposition de leur part ne peut pas être regardée comme l’expression de leur consentement implicite à cette utilisation». Plus de détails sur Légalis. La Sofia, en charge de la gestion du dispositif Relire, a annoncé cette semaine qu'elle suspendait à titre conservatoire l’attribution de nouvelles licences d’exploitation dans l’attente d'une décision du Conseil d’État, attendue d'ici trois à six mois. La marge était déjà étroite pour rentabiliser un tel projet dans la durée. Sans mécanisme permettant la numérisation massive, cette décision condamne sans doute définitivement le projet. Les "Indisponibles du XXème siècle" le resteront longtemps....

PS: à lire l'article de Virginie Clayssen Il faut sauver le projet Relire.


PNB : le projet est-il remis en cause en France ?

PnbBeaucoup d'effervescence cette semaine autour de la décision de la Cour de Justice Européenne concernant le prêt du livre numérique en bibliothèque. Dans un arrêt du 10 novembre 2016, la Cour de justice de l’Union européenne a estimé que le prêt de livre numérique, bien que non prévu par la directive relative au droit de location et de prêt, est soumis au même régime que son équivalent papier.

1) L’article 1er, paragraphe 1, l’article 2, paragraphe 1, sous b), et l’article 6, paragraphe 1, de la directive 2006/115/CE du Parlement européen et du Conseil, du 12 décembre 2006, relative au droit de location et de prêt et à certains droits voisins du droit d’auteur dans le domaine de la propriété intellectuelle, doivent être interprétés en ce sens que la notion de «prêt», au sens de ces dispositions, couvre le prêt d’une copie de livre sous forme numérique, lorsque ce prêt est effectué en plaçant cette copie sur le serveur d’une bibliothèque publique et en permettant à un utilisateur de reproduire ladite copie par téléchargement sur son propre ordinateur, étant entendu qu’une seule copie peut être téléchargée pendant la période de prêt et que, après l’expiration de cette période, la copie téléchargée par cet utilisateur n’est plus utilisable par celui-ci.
2) Le droit de l’Union, et notamment l’article 6 de la directive 2006/115, doit être interprété en ce sens qu’il ne s’oppose pas à ce qu’un État membre soumette l’application de l’article 6, paragraphe 1, de la directive 2006/115 à la condition que la copie de livre sous forme numérique mise à disposition par la bibliothèque publique ait été mise en circulation par une première vente ou un premier autre transfert de propriété de cette copie dans l’Union européenne par le titulaire du droit de distribution au public ou avec son consentement, au sens de l’article 4, paragraphe 2, de la directive 2001/29/CE du Parlement européen et du Conseil, du 22 mai 2001, sur l’harmonisation de certains aspects du droit d’auteur et des droits voisins dans la société de l’information.
3) L’article 6, paragraphe 1, de la directive 2006/115 doit être interprété en ce sens qu’il s’oppose à ce que la dérogation pour le prêt public qu’il prévoit s’applique à la mise à disposition par une bibliothèque publique d’une copie de livre sous forme numérique dans le cas où cette copie a été obtenue à partir d’une source illégale.

Voir l'analyse complète sur Legalis. C'est donc les principes "ONE COPY-ONE USER", chronodégradabilité du prêt et interdiction de la copie illégale qui sont réaffirmés par l'autorité européenne. Le projet PNB (Prêt Numérique en Bibliothèque) ne semble nullement remis en cause dans ses principes. Il s'agirait de faire évoluer des offres du type de celles du groupe Hachette (un prêt à la fois, par exemple ici), vers un cadre législatif du droit de prêt assimilable au livre imprimé. Rien n'interdit en l'état d'autres offres qui font entrer la simultanéité, qui est au fondement même du projet PNB. Rappelons que les offres en un prêt à la fois sont très largement critiquées par les bibliothèques, créant des files d'attentes insupportables sur les livres récents pour les usagers qui ne le comprennent pas dans un univers numérique affranchi des contraintes de l'imprimé. Tout cela demandera sans doute trois années au meilleur des cas de travail juridique pour installer une loi sur le sujet. On voit bien mal les bibliothèques s'organiser sur un dispositif "autonome" qui ne convient pas à leurs publics. D'ici là je pense que le projet PNB sera très largement installé,  le prêt "1 à la fois" d'un autre monde et loin derrière nous...

PS: l'absurdité du "1 prêt à la fois" avec le dernier Harry Potter, proposé 52 fois, en 1 prêt à la fois avec une licence de deux ans. Non sens, digne d'Ubu. 2 ans, c'est 24 mois. Même si quelques lecteurs le rendent en avance, une moitié des prêts sera de toute façon perdu avec la file d'attente. Pour le 25ème lecteur, il l'aura au mieux à l'automne 2018. Le 30ème l'attendra sans doute à jamais...

A propos de PNB, lire l'article de Laurent Soual sur le site de l'Enssib.


Europe : le prêt numérique comme le prêt imprimé

LogoUne décision de la Cour de Justice européenne était attendue cette semaine. "Le prêt d’un livre numérique (e-book) peut, sous certaines conditions, être assimilé au prêt d’un livre traditionnel. Dans une telle situation, l’exception de prêt public, qui prévoit notamment une rémunération équitable des auteurs, a vocation à s’appliquer" indique un communiqué du service de presse de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Celle-ci était saisie d'une question soulevée par la justice néerlandaise à la suite d'une procédure engagée par l'association regroupant les bibliothèques publiques des Pays-Bas contre les contrats de licence que lui imposent les ayants droit, via une société de gestion de droits. Une décision qui pourrait remettre en cause les licences actuelles de prêts aux bibliothèques. Tout dépend ce que l'on met bien sûr sous les "certaines conditions".

Si l'on suit le raisonnement, le principe qui aurait les faveurs de la Cour de Justice européenne serait celui qui a cours pour le livre imprimé, à savoir une licence imprimée/ numérique unique à l'exemplaire achetée par les établissements et un prêt unique à l'usager sans simultanéité. Un modèle de licence qui par ailleurs n'a guère de sens dans l'univers numérique et ne satisfait pas les bibliothèques pour leurs usagers. L'arrêt de la Cour de justice de l'UE n'entraîne pas de conséquence immédiate, mais il place le système français sous la menace d'un recours identique, qui s'appuirait sur cette décision de la juridiction suprême en Europe. Pour clarifier cette situation, une adaptation du droit de prêt en France pourrait s'avérer nécessaire. Acheter deux fois, c'est bien là le problème. Au-delà de cette décision pour les bibliothèques, je trouve qu'elle va aussi dans le sens de l'offre couplée (imprimé-numérique) pour les consommateurs, une offre qui mériterait une évolution elle aussi nécessaire dans les prochaines années (via Livres-Hebdo).

PS: un seul exemple pour illustrer le problème auquel sont confronté les bibliothèques, celui du dernier livre de Umberto Eco, Ecrits sur la pensée au Moyen-Age, publié chez Grasset au printemps dernier. Les coûts pour disposer à la fois en prêt de la version imprimée (30€TTC avec une remise de 9% maximum) et de la version numérique pérenne (un prêt à la fois dans des conditions identiques au livre imprimé) au prix de 86,97€, trois fois le prix public hors-taxe de la version imprimée...


Prêt numérique en bibliothèque : un réseau de plus de 2000 bibliothèques

PnbCommuniqué de Dilicom aujourd'hui : "Deux années ont passé depuis la phase pilote de PNB démarrée en septembre 2014. Le réseau s’est agrandi : il y a quelques jours, nous avons enregistré l’arrivée de la centième bibliothèque : la Médiathèque départementale de la Drôme. Au total, en comptant toutes les bibliothèques liées à un réseau, ce sont les usagers de plus de 2000 bibliothèques qui ont désormais accès au prêt numérique en bibliothèque, en France, en Belgique et en Suisse via le dispositif PNB. Le réseau continue son développement puisqu’il devrait comptabiliser plus de 120 bibliothèques et dépasser les 200.000 demandes de prêt à la fin de l’année." La cartographie des bibliothèques est ici.


Stereolux : le livre et la lecture dans cinq ans

CinqansOù en seront le livre et la lecture dans cinq ans ? Comment le numérique transforme la médiation ? C'est le cycle de rencontres qui a démarré du côté de StereoLux à Nantes il y a quelques semaines. Il développe une réflexion commune autour des mutations engendrées par le numérique dans les domaines du livre et de la lecture, et en particulier dans celui de la médiation.
Il propose une démarche prospective basée sur la collaboration des différents acteurs du livre (usagers, médiathèques, lieux ressources, librairies…) afin d’explorer les transformations liées au numérique dans notre rapport au livre et de faire émerger de nouveaux concepts qui seront ensuite expérimentés au sein de bibliothèques et d'une librairie, de manière à tester leur pertinence.
Ce cycle s'inscrit dans une démarche living lab au long court avec les étudiants de l'Ecole de Design de Nantes Atlantique et de l'IUT Métiers du Livre de la Roche-sur-Yon. Tous les détails sur le site dédié et celui de Mobilis.


Jack London : le centenaire de sa mort

LondonCentenaire de la mort de Jack London cette semaine, décédé le 22 novembre 1916 à l'âge de 39 ans et quelques mois. Un auteur que j'affectionne particulièrement. Beaucoup de publications, notamment deux volumes dans la Pléiade qui ne seront comme d'habitude pas suivis d'édition au format numérique. Seul Martin Eden fait l'objet d'un Folio avec son pendant numérique. L'occasion donc de faire le point sur l'offre numérique. Une offre qui peut paraitre importante, près de 150 publications sur les platefomes, mais avec énormément de titres qui ne sont que des compilations repompées dans l'offre gratuite sur le web. La notoriété de Jack London attire bien des convoitises et des épiceries. On retiendra les publications suivantes:

  • Traductions anciennes : les gratuits chez EbooksGratuits (13 titres) et la BEQ (12 titres). La page Wikisource.
  • Traductions contemporaines : les quarante volumes chez Libretto republiés depuis une quinzaine d'années sous la direction de Noël Mauberret. Les références absolues à mon sens. 11 titres sont disponibles au format numérique, vivement les autres.
  • Une compilation de textes sur Jack London écrivain aux Belles Lettres ainsi que des textes originaux à petits prix chez Allia et Le Sonneur.
  • Les deux excellentes biographies chez Tallandier et FolioBiographie.

Hachette : Arnaud Nourry enfonce les clous

HachetteInterview d'Arnaud Nourry (PDG d'Hachette Livre) dans Les Echos de vendredi. Il a confirmé sans surprises les grandes lignes de sa stratégie pour le livre numérique. Une vraie muraille de Chine. Nous savons ce qui est bon pour vous. Défense du prix élevé, méfiance à l'égard des bibliothèques, hostilité envers les modèles d'abonnement en streaming. Il a aussi donné des indications sur l'échec des tentatives d'Hachette du côté du livre enrichi et sa diversification du côté du jeu: "L'édition est la seule industrie culturelle à avoir franchi sans encombre l'épreuve du numérique, en maintenant ses prix. Mais, en proposant simplement des textes en noir et blanc, l'édition n'a pas été particulièrement brillante en termes de créativité. Chez Hachette, nous avons lancé 150 à 200 applications... dont je tairai le chiffre d'affaire global! Le livre enrichi, qu'on ajoute des liens hypertextes ou une interview de l'auteur, cela ne marche pas. Il faut donc aller chercher des compétences nouvelles à l'extérieur. C'est pour cela que nous avons acheté Neon Play. Nous pourrions faire d'autres acquisitions de cette nature." Concernant les offres en bibliothèques, Arnaud Nourry a confirmé qu'il ne changerait pas les conditions de vente. Achat unique sans possibilité de simultanéité: "Aujourd'hui, nous vendons un exemplaire numérique à chaque bibliothèque, à un prix qui représente deux à trois fois le prix normal. C'est une licence perpétuelle qui l'autorise ensuite à prêter le livre. Mais une seule copie à la fois! Chaque éditeur a sa formule contractuelle. Nous n'entendons pas changer la nôtre." Si vous êtes le dixième lecteur dans la file d'attente, vous lirez votre livre de la rentrée littéraire 2016 à la rentrée littéraire 2017. Quant à le lire en 2019...


La Bibliothèque Numérique de Paris : premier anniversaire

ParisPremière anniversaire de la Bibliothèque Numérique de Paris. Un an après son ouverture, elle propose désormais près de 7700 titres avec des nouveautés toutes les semaines. D'excellentes sélections et thématiques, on voit que ce sont des bibliothécaires qui sont derrière les manettes. Vous pouvez emprunter jusqu'à quatre titres par mois dont trois simultanément. En ces temps de livres numériques chers, un passage obligé pour les gros lecteurs numériques. C'est par ici. Si vous êtes abonné, ravi d'avoir vos commentaires.


Revue de l'Enssib : les métiers du livre face au numérique

Enssib"Les métiers du livre face au numérique". C'est le dernier numéro de la Revue de l'Enssib. Une vingtaine de contributeurs ont participé à ce numéro. A lire en ligne sur le site du BBF (Bulletin des Bibliothèques de France). Dommage qu'une version au format ePub ne soit pas proposé, si je trouve le temps, je la mettrais en archives ce week-end.