36 notes dans la catégorie "Decitre"

TEA : pour un marché français plus ouvert

DecitreA découvrir une interview de Guillaume Decitre, PDG de Decitre et Tea. Cinq ans après la création de la plateforme TEA  (The Ebook Alternative), celle-ci est présente sur pas moins de 25 sites Internet. Les clients sont Cultura, le Furet du Nord, France Loisirs, Système U, Auchan ou encore Eyrolles ou Boulanger. "Nous possédons aujourd’hui 5% de parts de marché. Nous restons plus petits que la concurrence mais notre taux de croissance de vente d’ebooks est de 65% le triple de celui du marché. Nous travaillons dans un environnement ouvert versus un environnement propriétaire, c’est un argument décisif. Cela explique la croissance de notre plateforme TEA avec un CA de 4,5M € sur 2016, en augmentation de 45%." Guillaume Decitre a aussi indiqué l'arrivée en 2017 d'une marque grand public facilement identifiable pour les consommateurs. Dans un marché français de plus en plus le terrain de jeu des anglo-saxons, où même un acteur comme la Fnac décroche comme on l'a vu récemment avec ces chiffres, donnés par le distributeur Immatériel. Les libraires français représentent seulement 11,4% des ventes. Il est grand temps que des solutions françaises prennent leur essor. A suivre... (via LeToutLyon).

PS: à lire également le bilan de l'année 2016 pour TEA sur le blog.


Tea : mise à jour sur la PocketBook Sense

SenseIls l'avaient promis, ils l'ont fait. Tea propose aujourd'hui une mise à jour du firmware sur la PocketBook Sense. Vous étiez nombreux à l'attendre. Ce modèle avait été vendu il y a quelques années par les librairies partenaires (Cultura, Decitre, etc.). Compacte et pratique avec sa couverture, à mon avis l'une des meilleures liseuses qui soit jamais sortie. J'espère que la marque relancera un nouveau modèle avec ce design. Les améliorations majeures de cette mise à jour sur la Sense sont les suivantes :

  • intégrer un nouveau dictionnaire
  • améliorer les performances de la librairie
  • corriger les problèmes de rétro-éclairage
  • corriger les problèmes de connexion Dropbox

Voir les détails sur le blog de Tea et le lien sur la mise à jour.


TEA : une intéropérabilité complète au service des libraires

TeaLa société TEA (The Ebook Alternative) a présenté hier au Centre National du Livre ses derniers développements. Née fin 2011 sous l'impulsion de Guillaume Decitre (Président des librairies Decitre), elle a créée un environnement exclusivement BtoB pour permettre à des libraires de vendre des livres numériques. S'appuyant sur un partenariat exclusif avec le fabricant de liseuses PocketBook en France, des acteurs importants comme Cultura et SuperU ont rejoint TEA en pionniers et sont entrés à son capital (Decitre 58%, Cultura 24%, SuperU 8%). Plus récemment, d'autres acteurs sont venus, Chapitre, France-Loisirs, Furet du Nord, mais aussi de petits libraires indépendants, la liste complète des partenaires est ici. La semaine dernière les Editions Harlequin annonçait également un partenariat pour des solutions complètes de vente. TEA, c'est désormais 20 salariés, 500.000 fichiers au catalogue (TEA dispose des fichiers à l'instar des géants anglo-saxons), 900 points de ventes des liseuses TEA, 300.000 utilisateurs, 20 sites internet affiliés, 4M€ de CA.

Etape décisive pour les clients pour améliorer l'expérience utilisateur, David Dupré, directeur général de TEA, et Rémi Bauzac, directeur recherche et développement, sont revenu très longuement sur la DRM CARE, la mesure technique de protection interopérable. Elle est destinée à remplacer la DRM Adobe et faciliter la lecture pour les lecteurs, faire dégringoler le service après-vente des vendeurs de livres numériques. Un gros point noir qui concerne tous les acteurs indépendants dans des environnements ouverts.

C'est bien l'interopérabilité complète des livres numériques qui est en vue. L'adoption de CARE et l'abandon de la DRM Adobe a eu une conséquence très positive pour les clients. TEA a donné une courbe probante sur l'évolution du chiffre d'affaire suite à l'adoption de CARE en octobre 2015. Les clients libraires présents hier ont aussi confirmé la baisse très significative du SAV en magasins. Plus de compte et d'identifant Adobe, plus de téléchargement d'ADE, plus de synchronisations avec les liseuses et applications, etc. Bref, tout ce qui handicape l'expérience de lecture d'un client sur des sites indépendants. Sans parler de données clients qui vont vers Adobe...

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CARE s'appuie très étroitement sur le standard LCP (Lightweight Content Protection) dont les spécifications définitives seront bien proposés dans les premiers mois de 2017. C'est ce qu'a confirmé hier Laurent Le Meur, directeur technique de l'European Digital Reading Lab en charge du projet. Tous les environnements de lecture numériques pour l'instant étanches avec des DRM propriétaires ou sous DRM Adobe pourront s'emparer de ce nouveau standard libre, "y compris Amazon" a t-il ajouté malicieusement. CARE n'a pas vocation à remplacer LCP. Ayant un coup d'avance, il le rejoindra naturellement une fois LCP en phase de lancement.

TEA a proposé une série de démonstrations très probantes. Premier cas, un client retrouve tous ses achats (tous supports) dans sa bibliothèque et dispose d'une lecture également tous supports (ordinateur, smartphone, tablette et liseuse connectée en wifi). Deuxième cas, un client d'un libraire dans l'environnement TEA peut actuellement acheter ou recevoir un livre-cadeau qui vient d'un autre libraire toujours dans TEA. La bibliothèque unique du client se met à jour avec les nouveaux livres téléchargés. Dernier cas qui parlera à tous ceux qui ont eu à gérer la DRM Adobe sur leurs liseuses, un livre numérique acheté dans l'environnement TEA et donc crypté avec CARE peut s'exporter sur une liseuse "compatible CARE" et cela indépendemment d'un compte client particulier à renseigner au cas par cas. TEA l'a montré en démonstration hier. Le fichier ePub exporté sur la liseuse s'ouvre tout seul sans la demande d'un mot de passe supplémentaire quelconque. Nous sommes bien dans une expérience utilisateur équivalente aux acteurs anglo-saxons.

Très concrêtement à terme dans un environnement LCP, le lecteur pourra indifférement passer d'une liseuse à l'autre sans contraintes supplémentaires. Les éléments d'identifications sont interne au fichier. Il suffira que les fabricants ou les grands libraires concernés intègrent les spécifications et procèdent aux mises à jours sur les liseuses. Le problème se pose évidemment pour les parcs de liseuses les plus anciens. Chapitre et France Loisirs par exemple y sont confrontés avec un très grand nombre de leurs clients posseseurs de liseuses Sony. Pas d'autres solutions que de fournir les livres sous DRM Adobe. TEA a annoncé dans sa roadmap une mise à jour des applications et des liseuses PocketBook en janvier 2017 et le déploiement chez tous leurs clients libraires. David Dupré a également annoncé le lancement en ce mois de décembre d'une application pour lecture offline sur ordinateur (PC, Mac, Linux) J'aurais bien sûr l'occasion d'y revenir.

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Tea Ultra : test complet

100_0770La liseuse Tea Ultra est sortie il y a quelques semaines seulement et je suis ravi de vous la présenter en cette fin d'année. Je pense que beaucoup d'entre vous attendait la nouvelle version de cette liseuse avec impatience. Voici donc mon test de ce tout nouveau Tea Ultra. C'est bien entendu le modèle du fabricant PocketBook, customisé par la société française Tea qui implémente dessus une librairie française embarquée pour ses partenaires libraires (Decitre, Cultura, etc.). J'avais eu l'occasion de tester ce modèle Ultra dans sa première version l'année dernière. Tea complète ainsi sa gamme de liseuses avec un modèle haut de gamme qui vient accompagner le Tea TouchLux 3 que j'avais très convaincant en septembre dernier (mon test ici). Ce Tea Ultra, comme le TouchLux 3, possède le nouvel écran eInk Carta déjà présent sur tous les modèles qui sortent désormais au-delà des 100€ sur le marché, c'est devenu un standard désormais. Seuls les modèles d'entrée de gamme (Kindle, Kobo Touch, etc.) restent équipés d'un écran en eInk Pearl HD qui est tout de même très bon, faut-il le souligner. Ce nouveau modèle Ultra est disponible en un seul coloris gris sur la boutique française Maliseuse de PocketBook au prix de 169,94€. Il est aussi disponible chez les revendeurs français Decitre, Cultura, Chapitre, avec des prix encore plus intéressants en deçà des 150€. En digne modèle 6 pouces haut de gamme de la marque, ce Tea Ultra présente des caractéristiques très complètes que nous allons détailler ensemble. C'est parti pour un tour du propriétaire: 

Prise en main: packaging soigné avec une façade transparente qui met en valeur la liseuse. A l'intérieur de la boite, une housse de protection, un petit cable usb standard désormais classique. Deux petits documents soignés, garantie et prise en main rapide. Le Tea Ultra est fin et léger, très agréable comme sensation, 175g avec 7,9mm. Il est aussi plus compact que le Tea TouchLux 3 pour un même écran 6 pouces. Cette version 2 n'a pas changé par rapport au modèle de l'année dernière. Un très bel objet tout en rondeurs. Les plastiques mats sont d'excellentes qualités, peu sensibles aux traces de doigts. La finition est parfaite, une qualité qui rejoint les standards haut de gamme du marché de l'électronique. Les boutons en bas très réussis dans un plastique soft-touch, à la fois souples et réactifs. Menu, arrière, avant, accès aux fonctions. Ils sont noyés dans une seule masse et non plus individuels, l'évolution est réussie je trouve. Sur la tranche inférieure sont regroupées toutes les sorties avec un cache qui apparaît, c'est bien, très soigné. Dans l'ordre, prise audio/casque 3,5mm, sortie usb, carte micro SD et bouton allumage. Tous les fabricants ont abandonnés l'audio au fil des années. Une belle surprise de l'avoir sur ce modèle. A la fois pour écouter de la musique (fichiers MP3) mais aussi d'utiliser le text-to-speech. Rien d'autre sur les autres tranches. Au dessous, des boutons de chaque côté pages avant et arrière. En bas à gauche la caméra et le flash, c'est toujours l'innovation exclusive de ce modèle, nous y reviendrons. La petite LED d'activité est désormais sur le bouton marche/ arrêt, plus discrète. Le bouton allumage en bas est légèrement sortant. C'est mieux, le doigt peut-être utilisé et non plus seulement le bord de l'ongle. Des petits détails mais qui améliorent le confort d'utilisation. Seul bémol je trouve, Tea a choisi un logo bien peu discret sur la face avant. Autant sur la TouchLux3 il est noir sur noir, il est blanc sur noir ici, dommage. C'est vraiment un bel objet très agréable dans la main. L'impression de haut de gamme est incontestablement au rendez-vous. Comme je l'avais dit l'année dernière, j'aime beaucoup le design et la compacité du modèle.

Couverture intégrée: la bonne surprise de ce modèle, c'est bien évidemment qu'il est fourni avec une couverture intégrée. J'étais un peu sceptique quand j'avais vu l'annonce redoutant une housse assez cheap. Ce n'est pas le cas. Elle est en matière plastique avec des revêtements très agréables. Sensation tissée sur la face avant, sensation veloutée soft sur l'intérieur. Cette housse épouse parfaitement la liseuse puisqu'elle se colle magnétiquement sur la face arrière. Absolument génial. Elle a l'air résistante. Un logo très discret sur la face avant, pas de surépaisseur sur les cotés, la liseuse reste très compacte; avec sa housse on peut la glisser dans une poche de veste. Ce qui est très agréable aussi, c'est que l'on peut à volonté enlever et remettre la housse si on le souhaite suivant les moments et les usages. Pour les boutons au dos, ils sont eux aussi protégés avec deux petites encoches au dos de la housse. Parfaitement pensé. Le magnétisme est parfait, ni trop léger ni trop fort. On se dit, bon sang, pourquoi n'y a-t-on pas pensé avant. Pourquoi toutes les liseuses ne proposent-elles de telles housses ainsi conçues quand on voit certains "harnachements" bien peu pratiques. Cette couverture/ housse est vraiment un point extrêmement positif, qui renforce d'autant plus l'impression de qualité d'ensemble de ce Tea Ultra.

Allumage: l'évolution de ce modèle 6 pouces, c'est donc l'écran en eInk Carta, dernière génération chez eInk. Une résolution de 1024 x 758 pixels en 212 dpi. L'année dernière, ce type d'écran était inédit puisqu'Amazon avait bénéficié d'une exclusivité de près d'un an avec son Kindle Paperwhite. Depuis, Bookeen (Muse Frontlight), Kobo (Aura H2O et Glo HD) et Tea/ PocketBook (TouchLux 3) ont ouvert la voie tout au long de l'année avec ce type d'écran, avec tous un réel gain de contraste, dans les noirs et dans le fond de l'écran. Si l'année dernière je n'avais guère été convaincu plus que cela avec l'écran de l'Ultra, cette année avec les écrans des autres modèles, la comparaison est sans ambiguïté. Et ce Tea Ultra n'est malheureusement pas à la hauteur, c'est "la" très grosse déception. Si les noirs sont effectivement plus denses, le fond d'écran est bien terne par rapport à la concurrence. D'un gris/ blanc nous avons un gris qui tire vers un jaune bien peu flatteur. Je m'attendais à un fond d'écran équivalent à celui du TouchLux 3, nous sommes loin du compte. Vous verrez en bas de l'article les photos comparatives que j'ai faite avec le Tea TouchLux 3, le Kobo Aura H2O, même le PocketBook Sense qui dispose lui d'un écran en eInk Pearl HD. Les images parlent d'elles-mêmes.

Bien évidemment, au quotidien à l'utilisation vous n'aurez pas constamment des écrans concurrents devant vous. Encore plus si vous n'avez pas eu d'autre liseuse avant. Malgré cela, si vous aviez des modèles précédents de très bonne facture (je pense aussi au Sony PRS-T3 par exemple) la frustration sera d'autant plus grande de ne pas disposer d'un écran à la hauteur du standard d'aujourd'hui. Comment expliquer cette situation? Des séries d'écrans inégales de chez eInk? Un traitement particulier chez PocketBook? Les dalles au-dessus? Comment peut-on justifier une telle disparité entre la TouchLux 3 et l'Ultra? Vous le savez peut-être si vous me lisez depuis longtemps, je suis très exigeant sur la qualité des écrans, considérant que l'écran est à mon avis pour 60% de la qualité d'une liseuse. Je suis peut-être trop pinailleur sur le sujet mais je dois être dans le vrai car au fil des années, le contraste s'est amélioré considérablement, il est même devenu un argument marketing repris par toutes les marques. La course à la définition, personnellement guère convaincu au-delà de 200 dpi, n'apporte rien. La course au contraste, oui bien sûr, il est primordial dans le confort de lecture. Dire que l'eInk Carta change tout, je dirais absolument non pour ce Tea Ultra. C'est même pire, j'ai l'impression de reprendre un modèle de générations précédentes, vintage et vieillot aujourd'hui. Après le sans-faute de la liseuse/ couverture, c'est la douche froide pour l'écran. J'ai déjà observé dans certains commentaires les mêmes remarques que les miennes. L'exemplaire que j'ai entre les mains ne semble pas différent des autres. Je vais être attentif à vos commentaires, je relaierais bien sûr les observations que je trouverais dans les semaines ou les mois à venir.

[voir MAJ en bas du test].

Lumière intégrée: une fonctionnalité plébiscitée par tous désormais. Même si j'ai toujours tendance à la relativiser en préférant une bonne lampe de chevet le soir, force est de constater que c'est désormais un argument incontournable. Sur ce Tea Ultra, l'éclairage intégré est correct mais reste décevant par rapport à celui de l'excellent TouchLux 3 de la rentrée. Les diodes ne sont plus du tout visibles même dans la partie inférieure. Les halos sont inexistants, la technologie ne cesse de progresser. Nous n'avons pas de sensation de coloration particulière de l'écran (jaune, rose, bleu). C'est heureusement un bon signe pour améliorer le contraste décevant de l'écran. Je vous invite à l'utiliser constamment en lumière du jour à une intensité à 50%. Par contre l'autonomie de la liseuse sera moindre. Ce qui est décevant par rapport au TouchLux 3, c'est l'intensité, bien trop limitée sur l'Ultra. Comme avec l'ancien Ultra, PocketBook a fait le choix sur ce modèle de modérer l'intensité de l'éclairage, c'est très net. Au final, nous avons une amélioration du contraste en lumière du jour mais un écran qui reste très terne et jaune pour le soir. "Vieillot", c'est le mot qui revient souvent pour toutes les personnes que j'ai pu interroger autour de moi. Gris jaune, c'est toujours gris jaune. Si vous venez d'un modèle précédent avec une intensité forte et que vous l'appréciez, ce sera une frustration là-aussi de ne pas disposer d'une puissance plus forte.

Navigation: ce Tea Ultra dispose comme tous les autres modèles d'une interface complètement revue depuis un an. Elle est absolument excellente, les écrans de navigation sont très réussis. On quitte enfin les fonctionnalités rébarbatives en cascade pour de vrais écrans très visuels. Tea/ PocketBook proposent toujours beaucoup de paramétrages possibles. On navigue dans sa bibliothèque et dans les différents réglages très aisément. Côté lecture, le tactile est très bon, un processeur rapide d'1GHz qui apporte de la réactivité. J'ai noté un gain très net dans la rapidité du changement des pages sur ce modèle, bravo. A noter les 4GB installé que l'on peut augmenter avec une carte micro SD à embarquer. Un point très appréciable quand on voit que les autres fabricants abandonnent progressivement les cartes. Autre excellente fonction, c'est l'agrandissement de la page avec les deux doigts qui s'écartent (pinch and zoom), un mouvement que nous connaissons tous sur smartphones et tablettes. On le préférera finalement au réglage possible par le menu. Très intuitif et pratique. Les caractères s'agrandissent à volonté avant-arrière, avec un vrai reformatage du texte à l'écran, très pratique. Navigation rapide aussi en bas, dix pages par dix pages si on laisse les touches appuyées. En appuyant au milieu de l'écran, on accède à des fonctionnalités complètes, paramètres, pivotement, notes, dictionnaire. Ce Tea Ultra, comme les autres, propose un très complet choix sous le lecteur Adobe Viewer. Vous pourrez également opter pour le lecteur FB Reader embarqué lui aussi. Choix à l'ouverture des livres. Personnellement très satisfait d'Adobe Viewer, gestion fine de l'interlignage, des marges, des césures. Toujours le regret que ne soit pas embarqué des polices sympas comme CharisSIL, Caecilia, Amasis, etc. qui me semblent indispensables, plébiscités par les lecteurs. Il faudra absolument les embarquer vous-mêmes, c'est très simple. D'autres liseuses du marché ont des choix de polices plus limités mais finalement plus efficaces. Toujours autant de polices inadaptées selon moi chez PocketBook, à quoi bon. On s'empressera d'embarquer les polices que l'on juge indispensables dans le dossier à côté du dossier Adobe. Elles seront heureusement prises en compte.

Pour les notes, tout à l'index, on peut "stabiloter" en gris très rapidement des passages entiers pour les mettre en valeur, rayer, surliguer finement des mots avec l'index, gommer. On ne pourra pas écrire, pas avec l'index comme avec un stylet. Pas de possibilité d'écriture mais très suffisant pour un usage accessoire. Côtés réglages, Tea/ PocketBook proposent toujours d'aller aussi loin que possible, gestion du flash noir, programmation des touches, choix des logos de démarrage, paramétrages des touches, etc. Il faudra longtemps pour épuiser le tour du propriétaire. On peut vraiment personnaliser au mieux sa liseuse, des possibilités qui se font encore attendre chez d'autres, il faut bien le dire. Navigation et paramétrages excellents à l'arrivée, toujours la grande force de PocketBook. Déception côté dictionnaire français toujours, qui n'est pas embarqué. Un dictionnaire français moderne s'impose, jusqu'à quand faudra-t-il le répéter... Un mot sur les boutons au dos. Très pratiques si on veut lire d'une seule main, encore que les boutons en bas sont là. J'avoue toujours que dans la durée et dans l'utilisation, je reste très sceptique sur leur présence au fil des jours. En plus, la sensation des clics n'incitent pas à s'en servir vraiment, entre le tactile et les boutons en bas, cela suffit bien. Sincèrement, s'ils disparaissent je ne les regretterais pas. Je l'avais dit déjà, je persiste à le penser.

On retrouvera aussi l'environnement riche avec des petits jeux embarqués sudoku, échecs, solitaire, calculette, etc. Comme je le disais en introduction, la très bonne surprise c'est l'audio sur ce modèle haut de gamme avec la prise casque. Le text-to-speech français est très impressionnant de qualité. Chapeau. A signaler le développement des fonctions sociales ReadRate qui permettent à tout moment de sa lecture de partager des commentaires sur les réseaux sociaux. Wifi bien sûr, le navigateur web, même si c'est toujours d'un intérêt limité sur les liseuses. PocketNews qui permet de synchroniser des flux RSS et l'accès direct à une boite Dropbox que l'on pourra paramétrer -très utile pour accéder à sa bibliothèque dans le cloud-. L'accès wifi est très bon. On peut accéder à Google, à ses mails, importer ses comptes Twitter et Facebook facilement.

L'option importante sur ce modèle c'est toujours la caméra embarquée de 5MPx à l'arrière en bas. Un éclairage flash est aussi disposé à côté. On peut donc prendre des photos et les sauvegarder dans une galerie, ainsi personnaliser à souhait ses écrans de veille et d'arrêt. Sympa, même si je dois dire que cela reste un peu gadget. Le placement aussi de la caméra serait bien meilleur dans la partie supérieure. J'ai essayé également de scanner des textes mais pas encore de possibilité pour passer un OCR embarqué et les sauvegarder en mode texte. Cela devrait venir dans les prochaines mises à jour, souhaitons-le. Bref, sans cela, je reste toujours aussi sceptique pour l'instant, on va suivre l'évolution, je vous en reparlerais si cela avance du côté des mises à jours.

La nouveauté sur ce Tea Ultra, c'est bien entendu l'excellente librairie embarquée conçue par Tea pour ses libraires partenaires. La navigation, les sélections sont excellentes. C'est évidemment la même que l'on retrouve chez toutes les liseuses de la marque. Un aspect important par rapport à Kobo c'est le respect de l'intégrité des ePubs conçus par les éditeurs sans surcouche ajoutée dans le format. Un aspect important si vous voulez acheter des livres vers d'autres libraires indépendants selon vos envies. A signaler également un autre élément, tous les livres achetés sur les liseuses Tea ne sont plus gérés avec la DRM Adobe mais avec Care, la DRM light de Tea.

Verdict: Au final, c'est un sentiment bien mitigé qui se dégage pour ce modèle Tea Ultra, haut de gamme de la marque. S'il est remarquable dans la finition générale et la couverture intégrée, l'écran actuel le condamne à mon sens par rapport aux autres modèles du marché. C'est d'autant plus incompréhensible quand on voit l'excellent Tea TouchLux 3. Sur ce Tea Ultra, l'éclairage intégré est indispensable selon moi et encore, avec les réserves que j'ai indiqué plus haut en terme d'intensité. D'une liseuse qui aurait sans doute été pas loin d'écraser complètement la concurrence en cette fin d'année sous la barre des 150€ avec sa couverture et sa finition, elle se retrouve malheureusement à mon sens hors des limites d'un standard actuel apporté par l'eInk Carta, avec son écran "jauni" qui en décevront beaucoup. Peut-être pas de primos lecteurs numériques, mais sûrement des lecteurs exigeants pour des modèles évolués dans une gamme de prix supérieure. Espérons que les séries de fabrication seront revues l'année prochaine, ce Tea Ultra mérite un écran "nec plus ultra", le même que le TouchLux 3. Ce n'est finalement pas demander autant que cela, non?

Les plus:

  • fin, léger, compact, design très réussi
  • boutons intégrés dans la masse en bas
  • cache sur la tranche inférieure, soigné
  • plastiques mats de qualité, finition parfaite
  • qualité de la couverture aimantée, pose et dépose à volonté
  • qualité de l'éclairage intégré sans halos
  • excellente ergonomie et navigation, qualité du tactile avec processeur rapide
  • prise en main d'une seule main agréable avec les boutons latéraux au dos
  • flash noir débrayable, ajouts de polices possibles
  • très grande ouverture, formats supportés et nombreux réglages possibles
  • gestion améliorée et très complète d'Adobe Viewer, ouverture sur FBReader
  • environnement élargi, applications, jeux, etc.
  • accès extérieurs sur les réseaux très complets
  • connexion directe avec Dropbox, très pratique
  • nombreux dictionnaires embarqués
  • fonctions lecture sociale avec ReadRate
  • audio qui est présent avec text-to-speech d'excellente qualité en français
  • mises à jours fréquentes par Tea en collaboration avec PocketBook
  • présence d'un emplacement pour la carte micro SD
  • librairie française intégrée très complète conçue par Tea
  • rapport qualité/ prix avec la couverture

Les moins:

  • écran eInk Carta dans une qualité en deçà d'autres modèles de la concurrence, manque de contraste du fond, terne, aspect gris jaune
  • éclairage intégré trop limité en intensité, les inconditionnels de cette fonctionnalité seront déçus
  • quelques polices "efficaces" comme Caecilia ou CharisSIL manquent cruellement, je vous conseille de les ajouter rapidement
  • pas de dictionnaire français-français moderne
  • logo peu discret sur la face avant
  • boutons au dos pas forcément convaincants dans la durée
  • caméra au dos, intérêt très limité pour l'instant, un software qui n'est pas encore abouti

PS: MAJ 30/11/15

Suite à mon test, j'ai obtenu des explications concernant l'écran de ce modèle. PocketBook a fait le choix de procéder à un traitement particulier de la dalle sur ce Tea Ultra pour en améliorer les performances. A la fois sur la résistance améliorée (le bris revenant de manière récurrente en terme de SAV sur les liseuses), l'anti-reflet pour une meilleure lecture en extérieur et le soyeux du revêtement de l'écran au toucher. Cette triple action se fait malheureusement au détriment du contraste par rapport à des dalles sans traitements, un choix que le fabricant assume complètement. J'espère que ces traitements, intéressants en terme d'innovation, évolueront rapidement sans perte de contraste. A suivre donc, pour l'instant à chacun de juger suivant ses priorités; une visite en magasin s'impose pour une prise en main.

Je remercie l'équipe de Tea pour ce test. En plus des habituelles photos, j'ai ajouté des photos comparatives de l'écran avec Tea TouchLux 3, Kobo Aura H2O et PocketBook Sense. Vous pouvez les agrandir à volonté en cliquant dessus.

Comme d'habitude, vous pourrez retrouver l'ensemble de mes tests ici, ainsi que sur la page Pinterest.

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Decitre : la nouvelle Ultra TEA est disponible

UltraC'est sans doute le dernier modèle de liseuse attendu en France pour cette fin d'année. La toute nouvelle Ultra-TEA est désormais disponible chez les partenaires de TEA, à savoir Decitre, sans doute bientôt Cultura et d'autres. C'est bien entendu le modèle sorti l'année dernière chez le fabricant PocketBook (revoir mon test ici) mais qui a subi des améliorations. La plus visible étant la présence d'un écran en eInk Carta (758x1024, 212dpi) désormais au niveau de la concurrence. L'éclairage intégré a sans doute été revu lui aussi avec un dispositif de dernière génération. Elle est déjà disponible à la librairie Decitre ici, un prix à 169,99€. Un prix élevé certes, mais elle comprend la couverture, un accessoire indispensable qui coûte 30/40€ généralement partout. Cette couverture permet la mise en veille de la liseuse. Ce modèle est plus compact que la TEA Touch Lux 3. Le haut de gamme en version 6 pouces avec toute l'ouverture et les réglages que proposent le fabricant, allié à l'excellente librairie embarquée conçue par TEA. Un modèle qui devrait en intéresser beaucoup.

PS: cette liseuse et sa couverture sont même à 149,99€ chez Cultura, un excellent rapport qualité/prix.


CARE : plus de détails sur la solution de DRM-light développée par TEA

CarePlus de détails à propos de CARE, la solution de DRM annoncée par TEA hier. Cette solution a été développée entièrement selon les spécifications de LCP-Readium. Rémi Bauzac, Directeur R&D de TEA, est très impliqué dans l'équipe qui travaille déjà autour de Readium en France. Tous les livres vendus jusqu'ici avec une DRM Adobe dans l'environnement TEA (Decitre, Cultura, Uculture, etc.) ont basculé cette semaine sous la DRM CARE de TEA. Cette DRM suppose bien sûr pour assurer une interopérabilité vers d'autres environnements que ceux-ci aient eux-mêmes basculés. CARE opère un double chiffrement: l'un sur le fichier délivré, l'autre sur une clé-utilisateur (USER-KEY) gérée directement sur l'appareil de l'utilisateur. Celui-ci n'a aucune procédure supplémentaire à faire. Son inscription à son compte-libraire assure la synchronisation automatique du fichier reçu sur son appareil et de son USER-KEY. Le nombre d'appareils possibles est compris entre 6 et 10 selon le choix des éditeurs. TEA a pu évoluer plus vite sur cette solution car il possède les fichiers des éditeurs, comme les principaux acteurs du marché qui ont leur propre DRM (Amazon, Kobo, Apple et Google). Ce premier environnement qui bascule est un premier signe fort, souhaitons que nous en voyons d'autres rapidement pour éviter les contraintes de la DRM-Adobe. Le rôle des distributeurs numériques est clé sur cette question puisque c'est eux qui apposent la DRM-Adobe en sortie d'entrepôts pour les autres acteurs du marché. Il n'y a pour l'instant pas de différences visibles pour l'utilisation ni aucune restriction particulière hors de l'environnement TEA, puisque dans ce cas-là la sortie vers la DRM-Adobe est possible. Comme dans le cas de Kobo par exemple. Concrètement si vous achetez sur Cultura et que vous voulez lire sur une liseuse Kobo ou Bookeen, c'est possible avec la synchronisation du compte Adobe/ ADE. TEA n'a pas de philosophie particulière sur la DRM. Avec l'autre solution de marquage qu'il a développé, il souhaite répondre aux demandes des éditeurs en conservant une expérience-client la meilleure que possible. Je remercie David Dupré chez TEA pour ses explications.

PS: une petite précision apportée à Hadrien Gardeur de Feedbooks. LCP n'a pas de limitation par nombre d'appareils, celle-ci existe sur CARE de par leur implémentation et les souhaits des éditeurs.


Tea : une solution de watermarking

TeaPlus de détails sur la solution de watermarking (tatouage) développé par TEA, une solution retenue par L'Harmattan pour la diffusion de son catalogue sans DRM la semaine dernière. Ce watermarking est composé de deux parties. La première est visible sur le document, avec des informations personnelles de l’utilisateur. Le but de ce mécanisme est pédagogique : montrer au lecteur que son livre est marqué, et qu’il ne doit pas le copier et le donner. La seconde est invisible sauf pour l’éditeur. Son but est de pouvoir, grâce à un outil spécifique fourni par TEA, retrouver le propriétaire d’une œuvre qui aurait été piratée et diffusée illégalement sur Internet. A lire sur le blog TEA. Le développeur lyonnais avance aussi sur une solution LCP (Lightweight Content Protection) lancé par le consortium Readium. Une solution de DRM plus facile à utiliser pour le consommateur.


Tea Touch Lux 3 : test complet

100_0684Un nouveau test de liseuse en cette rentrée, celui du Tea Touch Lux 3 qui vient de sortir. Il s'agit d'un modèle en marque blanche fabriqué par le fabricant bien connu PocketBook et spécialement développé par la société française Tea au niveau de l'interface. J'avais eu l'occasion de tester le modèle sans librairie en juin dernier, celui-ci ne sera plus commercialisé en France sous cette forme suite à une sombre histoire de droits. Bienvenue donc à cette Tea Touch Lux 3 qui conjugue à la fois le savoir faire d'un fabricant reconnu au niveau mondial et d'un développeur français de talent. Tea propose en effet depuis de nombreuses années pour des partenaires importants (Decitre, Cultura, etc.) des solutions de développements en direction de tout l'univers de la lecture numérique (applications, sites, interfaces web, etc.). Ils connaissent bien le métier de la librairie compte tenu de leur proximité avec les libraires partenaires. Des éléments qui ont leurs importances au niveau des interfaces utilisateur.

Pas trop de surprises concernant le design que nous connaissons bien désormais, c'est dans l'écran de dernière génération en eInk Carta qu'est la véritable nouveauté de ce modèle. Un standard qui arrive désormais cette année chez les fabricants et n'est plus réservé seulement à Amazon, c'est bien. Ce nouveau modèle est pour l'instant seulement disponible en gris foncé chez les différents revendeurs (Decitre, Cultura, d'autres sans doute à venir) au prix de 129€. Un prix assez proches des autres modèles équivalents de la concurrence comme le Kindle Paperwhite, le Kobo Glo HD et le Cybook Muse Frontlight. Ce Tea Touch Lux 3 complète une gamme de  deux liseuses Tea pour l'instant (Touch Lux 3 et Ultra à venir en octobre). Je vous invite à découvrir ce nouveau modèle en détail. J'ai bien sûr laissé beaucoup de commentaires sur le modèle testé au début de l'été, je consacre un long commentaire pour la partie de la librairie intégrée. C'est parti : 

Prise en main: packaging simple qui a été revu, à l'intérieur de la boite, juste un petit câble usb, standard désormais classique avec un mode d'emploi bien fait. Le Tea Touch Lux 3 est fin et léger, 208g. Très agréable en main. Un design très réussi, tout en rondeurs, un modelé dans la partie inférieure au dos, agréable. Il n'a pas varié par rapport à des versions précédentes, hormis un revêtement soft-touch très réussi au dos. Les plastiques mats sont d'excellentes qualités, peu sensibles aux traces de doigts. La finition est parfaite, on voit tout de suite le standard de fabrication Foxconn gage de qualité évident, équivalent aux meilleures marques dans l'électronique. Au niveau de la qualité des plastiques justement, il faut bien reconnaître qu'il est supérieur au nouveau Kobo Glo HD, Kobo ayant pris le parti de faire un peu d'économie de ce côté-là. Les boutons en bas sont très réussis dans un plastique soft-touch, à la fois souples et réactifs. 4 boutons bien connus, menu, arrière, avant, accès aux fonctions. Sur la tranche inférieure sont regroupées toutes les sorties, dans l'ordre, usb, emplacement carte micro SD et bouton allumage. La présence de l'emplacement micro SD mérite d'être souligné puisque d'autres fabricants l'ont désormais supprimé. Le fabricant a maintenu cet emplacement pour la carte, si vous voulez étendre la mémoire (déjà de 4GB embarquée) contrairement à Kobo sur son modèle Glo HD concurrent. Sur la tranche supérieure, juste des petits trous de chaque côté pour la fixation d'une couverture flip-flap bien pratique. Rien sur les bords latéraux. Le bouton allumage en bas est toujours d'un accès moyen. Par pression avec le doigt ou l'ongle, j'avoue que je préfère l'allumage au-dessus plus intuitif, mais vous vous y ferez rapidement. J'aime beaucoup le logo très discret sur la face avant du modèle gris. Des bords de chaque côté suffisamment larges pour tenir la liseuse d'une seule main. D'une main d'ailleurs vous pouvez tourner les pages avec les boutons en bas, très sympa. Un très beau modèle sans fautes dans son design et sa fabrication. Je le place au dessus des autres marques qui y vont un peu à l'économie. Si vous restez un inconditionnel des boutons physiques, seul le Cybook Muse Frontlight pourra désormais rivaliser.

Allumage maintenant, avec ce tout nouvel écran 6 pouces eInk Carta en 1024x758 et 212 dpi. Si la définition reste en deçà du Kobo Glo HD (300 dpi), cela reste très théorique et n'est guère visible plus que cela à la lecture, même en s'approchant de près. Par rapport au modèle que j'avais testé en juin et sur lequel j'avais une petite réserve, rien de cela ici. Cette nouvelle fabrication a eu droit à des qualité d'écrans excellentes, un très bon contraste. A l'arrivée, une très bonne sensation dans la prise en main et l'affichage, une réelle impression de qualité, voyons la suite.

Lumière intégrée: une fonctionnalité désormais plébiscitée par beaucoup d'entre vous. J'ai toujours tendance à la relativiser. A mon avis, si vous souhaitez lire tard le soir sans déranger l'autre, incontournable en effet. Dans les autres cas, j'ai tendance à préférer une bonne lampe de chevet. L'éclairage intégré sur ce nouveau modèle s'est encore très nettement amélioré, je trouve, par rapport à des versions de 2014. En 12/18 mois, c'est incontestable. Je sais que certains d'entre vous sont sensibles à une large échelle dans les choix possibles, c'est le cas ici. Une excellente lumière naturelle sans nuances particulières jaune ou bleue. On voit que cette technologie d'éclairage est désormais très qualitative chez les fabricants. Vous l'apprécierez à juste titre sur ce nouveau modèle, très bon point. Petit bémol par rapport à Kobo, pas de réglage de la luminosité avec le doigt sur le côté de l'écran, il vous faudra passer par le menu, mais c'est quand même un détail.

Navigation: Ce Tea Touch Lux 3 propose toujours beaucoup de paramétrages possibles, une grande force des modèles du fabricant depuis de longues années. Le tactile est très bon, un processeur rapide d'1GHz qui apporte de la réactivité. Une excellente fonction, c'est l'agrandissement de la page avec les deux doigts qui s'écartent (pinch and zoom), un mouvement que nous connaissons tous sur smartphones et tablettes. Les caractères s'agrandissent à volonté avant-arrière avec un vrai reformatage du texte à l'écran, très pratique. Une fonctionnalité absente chez Kobo. Navigation rapide aussi en bas, dix pages par dix pages si on laisse les touches appuyées. En appuyant au milieu de l'écran, on accède à des fonctionnalités complètes, marque-page, sommaire, notes, paramètres. Une importante mise à jour du firmware était intervenue en début d'année, je la juge excellente. Simplicité de l'écran d'accueil, excellente ergonomie générale de la navigation. Ce modèle propose un très complet choix sous Adobe Viewer, comme sous FBReader. L'application FBReader revient depuis cet été, c'est une très bonne nouvelle. A vous de choisir. Polices étendues (20 au choix) que vous pouvez compléter à votre guise avec des fontes complémentaires. Un bémol, la police Caecilia très prisée est absente, il vous faudra l'ajouter, c'est très simple (voir plus bas). Gestion fine de l'interlignage, des marges, des césures. La marque avait fait un très gros effort du côté d'Adobe Viewer. L'intégration du nouveau FBReader est très réussie également.

Pour les notes, tout à l'index, on peut "stabiloter" en gris très rapidement des passages entiers pour les mettre en valeur, rayer, surligner finement des mots avec l'index, gommer. On ne pourra pas écrire, je vous laisse le soin de le faire avec l'index! Pas de possibilité d'écriture mais très suffisant pour un usage accessoire. Côtés réglages, le Tea Touch Lux 3 propose toujours d'aller aussi loin que possible, gestion du flash noir (jusqu'à 10 pages), programmation des touches, choix des logos de démarrage, etc. On peut vraiment personnaliser au mieux sa liseuse, des possibilités à ce niveau qui se font encore attendre chez d'autres, il faut bien le dire. Navigation et paramétrages excellents à l'arrivée, toujours la grande force de tous les modèles. Seul bémol, c'est toujours l'absence d'un dictionnaire français moderne intégré; est embarqué une version du Dictionnaire de l'Académie Française de 1935 du temps de Paul Valéry et de Georges Duhamel. Nous sommes en 2015, allons, un effort Tea, pour des libraires...

On retrouvera aussi l'environnement Linux avec des petits jeux embarqués. Personnellement j'adore jouer aux échecs. Je me suis laisser surprendre à passer longtemps dessus à me perfectionner dans la défense scandinave. Il y a du sudoku, du solitaire et d'autres. Plus de fonction audio sur ces modèles de moyenne gamme, dommage. A signaler une fonction sociale ReadRate qui permet à tout moment de sa lecture de partager des commentaires sur les réseaux sociaux. Dans Applications, vous pourrez retrouver des accès intéressants. Un navigateur web même si cela restera accessoire, PocketNews qui permet de synchroniser des flux RSS et l'accès direct à une boite Dropbox que l'on pourra paramétrer -très utile pour accéder à sa bibliothèque dans le cloud. L'accès wifi est très bon. On peut accéder à Google, à ses mails, importer ses comptes twitter et facebook facilement.

Un mot sur la lecture de PDF qui reste un aspect très relatif sur des liseuses au format 6 pouces, des modèles fondamentalement orientés pour lire du format ePub. Une navigation bien faite au doigt. La réactivité est bonne, même avec des documents aux poids importants. Pour les PDF, le pinch and zoom fonctionne avec efficacité, on se ballade dans le texte facilement. De vos documents word vous ferez des documents PDF avant de les importer, bien pratique. Si vous avez même une bonne vue, la lecture plein écran sera possible. Par contre le mode "reflowable" n'est toujours pas au niveau atteint par Sony à l'époque. Ce modèle, comme chez Kobo d'ailleurs, ne semblent pas plus que cela se concentrer sur cet aspect. C'est sans doute qu'ils n'ont guère trop de demandes. Une gestion PDF acceptable mais sans en faire plus, pas très grave à mon sens sur du 6 pouces. On attend toujours une mise à jour efficace sur le grand InkPad qui elle serait bien plus urgente.

Je n'insisterais jamais assez sur tous les paramétrages possibles que l'on peut faire sur les liseuses de la marque. Cela renforcé par l'ajout de FBReader à l'usage, vous essaierez. On arrive à un degré de personnalisation de sa liseuse, sans équivalent à mon sens dans d'autres univers.

Librairie intégrée: c'est bien entendu l'apport d'une véritable librairie intégrée qui apporte un réel confort d'utilisation sur ce Tea Touch Lux 3. Personnellement pour des raisons pratiques de gestion de ma bibliothèque, je n'achète jamais sur la liseuse même, toujours depuis l'ordinateur. Mais je reconnais que beaucoup privilégie cet aspect intuitif et rapide d'accès aux livres. C'est aussi un formidable moyen d'accéder simplement aux premières pages des livres. J'ai testé la librairie Decitre, la librairie Cultura fonctionne exactement de la même façon. Une fois votre wifi reconnu, les paramétrages de compte librairie et Adobe pour la gestion de la DRM se font très simplement. L'interface de la librairie est très lisible, beaucoup de soins ont été apportés. Un moteur de recherche très efficace, une sélection qui colle à l'actualité, nouveautés, meilleures ventes, livres gratuits, petits prix, tout y est. Si vous voulez aller encore au-delà un onglet catégories vous permettra d'en sélectionner d'autres. Sur chaque fiche de livre très claire, une fiche détaillée, livres du même auteur et la proposition de télécharger un extrait. Si vous avez pris soin de configurer votre compte Decitre/ Cultura pour payer directement, votre livre s'installe en quelques secondes dans votre bibliothèque. Une proposition exactement identique aux standards américains qui fonctionnent de manière propriétaire. Les développements apportés au fil des années par Tea rejoignent une expérience-client de premier plan.

Verdict: Au final, cette Tea Touch Lux 3 est une excellente liseuse bien complète et ouverte, avec tous les paramétrages possibles. J'insiste sur la qualité des matériaux qui la met au-dessus du lot par rapport à d'autres à même niveau de prix. Elle pourrait supporter allègrement un logo à la pomme si vous voyez ce que je veux dire. Vous prendrez beaucoup de plaisir à lire avec son écran bien contrasté. Sans aucun doute un grand succès à prévoir chez les libraires partenaires en cette rentrée. Elle le mérite vraiment avec un prix excellent. Le dernier firmware de la marque une grande réussite, je vous l'avais déjà dit au début de l'été, l'intégration de l'écran Carta, l'excellent FBReader un nouveau plus, la partie librairie en surcouche de Tea très convaincante. Côté fabrication et hardware, tout parfait. Sincèrement, je ne vois pas trop où lui dénicher de défauts. Ce partenariat entre le fabricant et le développeur français donne une liseuse en tout point excellente. Un accord gagnant-gagnant, j'espère pour longtemps. Je suis convaincu que tout libraire devrait être en mesure de proposer un tel modèle pour ses clients. Allez vite la découvrir chez les libraires partenaires.

Les plus:

  • finesse, légèreté, design réussi
  • plastiques mats de qualité, finition parfaite, standard fabrication Foxconn
  • écran eInk Carta, contraste très réussi
  • emplacement pour une carte micro SDcard
  • qualité de l'éclairage intégré avec une large échelle, lumière très naturelle
  • bonne ergonomie et navigation, qualité du tactile avec processeur rapide
  • prise en main d'une seule main agréable malgré l'absence de boutons latéraux
  • mode d'agrandissement pinch to zoom avec les doigts
  • flash noir débrayable, ajouts de polices possibles
  • très grande ouverture, nombre des formats supportés et réglages possibles
  • applications de lecture Adobe Viewer et FBReader au choix
  • environnement Linux, applications, jeux, etc.
  • accès extérieurs très complets
  • connexion directe avec Dropbox, très pratique
  • nombreux dictionnaires embarqués
  • fonctions lecture sociale avec ReadRate
  • mises à jours fréquentes
  • excellente intégration de la librairie développée par Tea pour Decitre, Cultura, etc.
  • très bon rapport qualité/prix

Les moins:

  • pas de réglage de la luminosité avec le doigt sur l'écran
  • quelques polices "efficaces" manquent toujours
  • pas de dictionnaire français moderne embarqué
  • pas de fonction audio

Je remercie l'équipe de Tea qui m'a permis de réaliser ce test. Les caractéristiques techniques complètes de cette liseuse sont par exemple chez Decitre. Comme d'habitude, quelques photos, notamment une comparaison d'écrans entre les modèles Touch Lux 2 et 3. Vous pourrez retrouver l'ensemble de mes tests ici (43 à ce jour) et sur l'excellent Pinterest tout spécialement créé pour vous.

A signaler également la page du support d'assistance pour les modèles à la fois Tea et PocketBook chez le fabricant ici. Le service est très efficace.

PS: des précisions sur les polices que vous souhaiterez embarquer:

On peut rajouter toutes les polices que l'on veut en les mettant dans le dossier "system/fonts" (elles sont disponibles à la fois pour les menus Adobe Viewer et FBReader).
Pour Adobe Viewer, il faut les mettre dans le dossier "system\fonts\adobe\fonts".

(pour pouvoir accéder au dossier "system", il faut "afficher les dossiers cachés" et décocher la case "masquer les fichiers protégés du système d'exploitation de votre ordinateur).

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La marque PocketBook est interdite en France

PocketbookLongtemps que le feu couvait entre la marque Pocket du groupe Editis et le fabricant de liseuses PocketBook (4ème fabricant mondial). Le premier revendiquant l'utilisation exclusive du mot Pocket en France. L'affaire était devant les tribunaux depuis plusieurs années, le couperet est tombé durant l'été. Selon mes informations, la société PocketBook -fondée en 2007 en Ukraine et dont le siège social se situe à Lugano en Suisse-, ne pourra désormais plus commercialiser des produits sous sa marque en France. C'est l'explication de l'apparition de la marque blanche Tea sur les récents modèles. Rude coup pour le fabricant et ses partenaires français des réseaux de librairies, avec la nécessité urgente de changer les marques imprimées sur les liseuses et refaire l'ensemble des conditionnements, des présentoirs, des accessoires, etc.

MAJ (26/08/15): Des précisions importantes par rapport à mon billet publié hier :
L'affaire traîne depuis quatre années maintenant. La décision du tribunal de grande instance de Paris ne concerne que deux sociétés, PocketBook Readers GMBH (distributeur européen) et SPBI, qui commercialisent les liseuses directement sur internet au niveau européen à la fois sur les marchés des particuliers et BtoB. Un appel a été fait de cette décision qui ne touche pas du tout les revendeurs de la marque sur les stocks en circulation en France.

Les modèles qui vont faire l'objet d'un remarquage sont les PocketBook Touch Lux 3, Ultra et Ink Pad. A la fois avec le marquage "Tea" pour les enseignes Decitre, Cultura, etc. (TL3 et Ultra) et un marquage générique "Reader" pour les autres enseignes (TL3 et Inkpad). Les nouvelles fabrications sont en cours.

A signaler que PocketBook n'est pas la seule société concernée par ces revendications. Le groupe Editis attaque régulièrement devant les tribunaux pour l'utilisation du mot Pocket. On peut citer entre autres l'exemple de "Figaro Pocket" pour une collection sortie par le quotidien.

La photo envoyée par l'équipe de Tea à la suite de mon tweet:

Billet


Tea : PocketBook Ultra pour septembre

Pocketbook ultraTea a annoncé sur son blog le mois dernier la commercialisation d'une nouvelle série du PocketBook Ultra. J'étais un peu resté sur ma faim dans mon test concernant ce modèle il y a tout juste un an. Une première série d'écrans eInk Carta qui ne remplissait pas toutes ses promesses à l'époque. Il nous revient cet automne, non seulement avec l'intégration de la librairie par Tea mais aussi avec une nouvelle série d'écrans Carta, identiques à ceux qui ont été implémentés sur les PocketBook TouchLux 3 (résolution 758 x 1024, 212 dpi). Cette liseuse est également dotée d’une entrée audio, d’une synthèse vocale très pratique et d’un appareil photo 5 mégapixel. Elle sera disponible chez les partenaires de Tea (Decitre et Cultura) dans le courant du mois de septembre, pas encore de prix annoncé, sans doute à 169€. Elle est également présentée sur la boutique francophone de PocketBook. Disponible aussi chez ePagine, sous réserve de savoir s'il s'agit bien de la nouvelle série, à confirmer. Par contre, toujours aucune annonce concernant l'arrivée du PocketBook Sense en version 2, toujours avec les écrans Carta. Nous en saurons peut-être plus la semaine prochaine avec l'IFA Berlin.

PS: à signaler que ces modèles en "marque blanche" apparaissent désormais avec les logos Tea à la fois à l'avant et à l'arrière des liseuses.


PocketBook Sense : lire c'est dans la poche

Liseuse-Sense-KenzoRepéré ce témoignage sur le blog de Jean-Jacques Birgé sur Mediapart. Lire c'est dans la poche avec la PocketBook Sense. Ma meilleure liseuse pour cet hiver, mon test complet ici. A retrouver dans les librairies Decitre et Cultura à 149€, liseuse et couverture Kenzo comprise. La meilleure liseuse chez des libraires, tous les libraires devraient la vendre, le prix de deux Pléiade. En attendant une opération reprise de Kindle comme en Allemagne!


PocketBook Sense en vente à la librairie Decitre

PocketbooksenseA signaler que le PocketBook Sense avec sa couverture Kenzo est désormais disponible à la librairie Decitre à la fois sur le site mais aussi en magasin d'ici la semaine prochaine. Prix à 149€ avec sa couverture. Un excellent modèle, revoir mon récent test ici. Série limitée, Decitre sera sans doute la seule enseigne à la proposer d'ici la fin de l'année en France. Si vous habitez la région lyonnaise, je vous conseille d'aller la découvrir.

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PocketBook Sense chez Decitre

SenseA signaler que la PocketBook Sense avec sa couverture Kenzo est en pré-commande chez Decitre au prix de 149€. Elle sera disponible à partir du 10 novembre prochain. C'est important car il s'agit d'une série limitée, le volume qui sera commercialisé dans notre pays va être forcément limité. En clair, il n'y en aura pas pour tout le monde. Compliments à Decitre de l'avoir sélectionnée pour ses clients en magasins et sur le site. Ce modèle disposera bien entendu d'un accès à la librairie embarquée Decitre, développé par TEA. Je passerais mon test complet de cette PocketBook Sense dans les jours qui viennent, je peux déjà vous dire que c'est un remarquable modèle.

PS: mon test complet est ici.


Les librairies Decitre renouvellent les prêts de liseuses

Tea decitreLa librairie lyonnaise Decitre avait lancé l'année dernière le prêt de liseuses pour ses clients durant l'été. Elle renouvelle l'expérience cet été avec un affichage dans l'ensemble des librairies du réseau Decitre en Rhône-Alpes. Une bonne façon de sensibiliser les clients à l'offre numérique et de leur permettre de tester les modèles PocketBook en toute facilité. Merci à Pauline sur twitter. Ne pas oublier qu'un grand nombre de bibliothèques en France proposent déjà le prêt de liseuses. Voir la carte ici. Il y en a peut-être une près de chez vous!


TEA : interface sur PocketBook Touch Lux 2

TeaTEA (The Ebook Alternative), la solution de livres numériques qui accompagne des enseignes de libraires comme Decitre, Cultura et d'autres, propose une interface de navigation et d'achats sur les nouveaux PocketBook TouchLux 2. Revoir mon test ici. Une présentation à découvrir, allez les prendre en main dans les magasins.


Présentation Touch Lux 2 - The Ebook Alternative par The-Ebook-Alternative


Decitre : ateliers-initiations offerts

DecitreA signaler une initiative intéressante, celle des librairies Decitre qui proposent jusqu'à fin décembre pour tout achat d'une liseuse PocketBook Touch Lux, la participation gratuite à un atelier-initiation. De quoi aborder en toute sérenité la lecture en mode numérique avec les conseils d'un vrai libraire! (via twitter).

PS: cela marche aussi pour les achats sur Decitre.fr. Il suffit de s'inscrire sur evenium et d'apporter sa facture.


Les enseignes culturelles adoptent les liseuses

DecitreAvec un marché du livre numérique qui se développe peu à peu en France, les liseuses intéressent incontestablement les enseignes culturelles pour développer une offre auprès de leurs clients. Si la Fnac avait initié la voie avec succès au travers de l'accord avec Kobo il y a deux ans, d'autres se sont lancés depuis. Chapitre, Relay, France-Loisirs, Decitre, Cultura... Ci-dessous un tableau synthétique de cette fin d'année avec les partenaires. Cultura, qui ne figure pas dans ce tableau, vient d'annoncer un accord avec PocketBook. Les Espaces culturels Leclerc, Gibert Joseph, auxquels on peut ajouter Furet du Nord, devraient sûrement se positionner dans les semaines ou les mois à venir. A suivre...

Chaines


PocketBook Lux bientôt en librairies

Touch-luxOn devrait le voir beaucoup dans quelques semaines dans plusieurs enseignes en France. Decitre, Cultura, sans doute aussi les enseignes et les librairies indépendantes autour d'ePagine devraient proposer le PocketBook Touch Lux. A suivre attentivement la politique de prix et l'intégration des librairies embarquées. Cnet revenait même hier sur une fonction très intéressante SendtoPocketbook pour envoyer des livres à des amis. Il connait également un déploiement important en Allemagne, entre autres Ebook.de, la chaine des librairies Mayersche qui propose une vidéo commerciale. A revoir mon test réalisé durant l'été, un modèle ouvert aux fonctionnalités très étendues, la sortie audio/ musique en plus.


Livres-Hebdo: vendre des liseuses en librairie?

ProcureC'est le titre d'un dossier sur Livres-Hebdo cette semaine. On retiendra surtout le volontarisme de certains libraires indépendants qui ont bien compris que la vente de liseuses étaient intimement liée au succès de l'offre de livres numériques qu'ils proposent sur leurs sites. Certes, ils ne sont pas à la une des journaux gratuits ou des hebdos, encore moins dans des publicités à la télévision. Mais, avec leurs conseils, ils vont au devant de leurs clients qui eux aussi s'équipent ou sont en réflexion sur le sujet. Et ils sont bien plus nombreux que l'on ne pense. J'ai retenu les passages les plus intéressants:

"Si les libraires ne font pas l'effort de s'y mettre, même symboliquement, le marché va s'installer techniquement et commercialement sans eux. Les liseuses nous permettent de matérialiser en magasin notre offre de livres numériques présente sur notre site et de communiquer avec nos clients sur notre activité dans ce domaine", explique Philippe Touron, directeur du Divan (Paris, 15ème) et des librairies Gallimard.

Le Divan vend des liseuses depuis quatre ans au rythme d'une centaine par an, avec des pics pour les fêtes et à l'approche de l'été, plutôt à des seniors. Chapitre, Decitre, Doucet, Gibert Joseph, Gibert Jeune, La Fnac, La Procure, Le Divan, Furet du Nord, Relay H, Sauramps, Carrefour, Cultura, etc. ont commandé les nouveaux modèles de liseuses à quelques unités ou à plusieurs milliers d’exemplaires en prévision des fêtes.

Les liseuses sont maintenant préprogrammées sur le site de la librairie qui les vend. «Nous scannons le numéro de série, et nous branchons le site du libraire qui nous a commandé l’appareil sur l’icône librairie de l’écran d’accueil», explique Alexandre Shabaev, représentant de PocketBook en France. Le français Bookeen fait de même, via ses revendeurs ePagine et Numilog, ou en direct avec Relay et Carrefour, sur le modèle du partenariat de Kobo/Fnac, ou Sony/Chapitre.com.

Les acheteurs de liseuses sont de grands lecteurs, «le cœur de notre clientèle», insiste Philippe Touron. Il serait incohérent de les laisser se perdre sur internet au profit d’un concurrent plus visible parce que mieux référencé. C’est aussi un réel service pour le lecteur, simplifiant l’accès à l’offre dans l’intérêt bien compris du libraire. «Nous présentons des Cybook installés à côté d’une borne de lecture depuis décembre 2012, et nos ventes numériques doublent chaque mois», se félicite Catherine Martin, directrice du marketing, de la diffusion et d’Internet de La Procure à Paris (300 appareils vendus). «La liseuse propose une version embarquée de la librairie, visible et bien identifiée sur cet appareil mobile, alors que sur Internet, elle est faiblement repérable», explique Valérie Collin, directrice générale de TEA, société initiée par Decitre avec le soutien de Cultura. Chez Chapitre.com, les ventes numériques ont aussi décollé depuis 2011 et le partenariat avec Sony et son Reader, un partenariat «très important», insiste Corentin Bergeron, directeur du numérique.

Chapitre.com mis à part, tous les libraires qui ont franchi le pas du numérique utilisent un prestataire auquel ils délèguent tout ou partie de la gestion de leur site. Ils proposent en général une librairie numérique en marque blanche, adaptable au site de vente de livres papier si la librairie en possède déjà pour faire un panier commun. Le catalogue est accessible sur une liseuse, et aussi décliné en applications pour smartphone et tablette.

«La gestion du site revient à 80€/mois, auxquels il faut ajouter 9% sur les ventes», indique Stéphane Michalon, directeur du développement d'ePagine, filiale de Tite Live. Elle propose des Pocketbook et des bornes à installer en magasin (à La Procure, notamment). Sur les 70 adhérents à cette solution, la moitié ont testé la vente de liseuses, dont une poignée activement (Le Divan, Furet du Nord, Sauramps, L’Alinéa, la Librairie de Paris…). ePagine gère aussi les ventes numériques du réseau Paris Librairies.

Autre acteur historique du numérique, Numilog propose une solution avec les mêmes caractéristiques, baptisée Club Reader, «sans frais de gestion la première année», insiste Denis Zwirn, son P-DG, qui n’indique pas la commission de prestation sur les ventes pour les années suivantes. Numilog propose la Cybook Odyssey.

Créé en 2012, Tea a d’abord été rodé chez ses actionnaires (Decitre et Cultura), avant d’être retenu par Système U, puis quelques indépendants (Montabardon, Cheminant, Bisey). Le prestataire a conclu un accord avec PocketBook, inclus dans un pack destiné aux indépendants: 10 liseuses à la marque de la librairie, le site et un an de service et formation, le tout pour 1.990€, explique Valérie Collin. Il faut ajouter les frais sur les ventes, environ un tiers de la remise.

Fraîchement arrivé aussi, LesLibraires.fr, émanation de Dialogues, et à l’origine très orienté vers le papier, propose un module de vente d’ebooks, retenu par 16 des 70 adhérents. «Nous prenons 9% de commission sur les ventes de livres numériques, comprenant le service après-vente», explique Thomas Le Bras, chef de projet.

Le taux de remise est l’autre souci. Il oscille entre 25 et 30%, dont il faut déduire la rémunération du prestataire, 9% en général. Il reste au libraire environ 17 à 18% de marge, sur un livre numérique moins cher que le papier, dont la remise est supérieure d’environ 20 points. Il n’y a certes pas de stock, de manutention, de frais de transport, mais le compte n’y est pas. Au revoir là-haut, le récent Goncourt, rapporte ainsi 7,65€ en version papier au libraire (à 36% de remise), mais 2,60€ seulement en numérique (à 18% de marge restante).

Merci à Livres-Hebdo pour son accord à retranscrire certains passages.


Decitre : l'application Android est disponible

DecitreA signaler disponible depuis quelques jours, l'application Android de la librairie Decitre réalisée par l'équipe de Tea (The Ebook Alternative). Elle était attendue depuis de longs mois, après les liseuses, les tablettes sont servies. Une application de lecture pour lire vos livres ePub et PDF, mais aussi bien entendu la librairie associée pour s'approvisionner. Une application complète très réussie. La bibliothèque bien conçue avec des étagères que l'on peut créer à la demande. L'ergonomie de lecture est agréable bien qu'un peu lente; j'ai beaucoup aimé les différents réglages, les polices proposées et le feuilletage. Par contre petit bémol, les livres déjà présents sur ma tablette sont vainement cherchés malgré la recherche lancée et ne viennent pas se ranger dans ma bibliothèque. J'espère que les petits correctifs vont suivre rapidement. Je vous invite à la retrouver sur Google Play ici. Un bien beau boulot, une application qui n'a rien à envier aux meilleures sur Android, en plus avec de vrais libraires associés, compliments à Tea. Cette application devrait rapidement être déployée pour les autres librairies partenaires Cultura, Super U, etc. Une rentrée sous les meilleurs auspices pour Tea.


Decitre : prêt de liseuses en librairie

DecitreA signaler l'initiative des librairies Decitre dans la région lyonnaise, qui proposent des prêts de liseuses/ livres électroniques en librairie. Des Cybooks Odyssey HD Frontlight, le prêt est dans tous les magasins Decitre, en priorité pour les détenteurs de la carte de fidélité. Ils sont fournis avec une dizaine de titres pré-installés (5 libres de droits et 5 sous DRM). Un bon moyen d'amorcer une découverte de la lecture numérique pour les clients, pouvoir tester quelques semaines avant de se décider pour un achat.