114 notes dans la catégorie "Droits"

Domaine public : le Calendrier de l'Avent 2017 est en ligne

WellsLe collectif SavoirCom1 a mis en ligne son traditionnel Calendrier de l'Avent du domaine public pour mettre en valeur un certain nombre d'auteurs qui entreront dans le domaine public en 2017. Premier auteur et pas des moindres, l'écrivain britannique H.G.Wells décédé le 13 août 1946. Celui-ci reste complètement absent des catalogues numériques, un comble quand on voit une oeuvre aussi prolifique. Le problème des auteurs étrangers, c'est bien entendu d'accéder à des traductions, nouvelles ou elles-mêmes dans le domaine public. C'est le cas au Québec (la durée est de 50 ans seulement) pour beaucoup de titres disponibles sur EbooksGratuits. Souhaitons que de nouveaux éditeurs remontent le temps et s'emparent de nouveaux titres désormais libres de droits. Le Calendrier de l'Avent du domaine public à découvrir ici.


Le Sénat amende la territorialité du livre numérique

SenatAmis francophones ou français à l'étranger, réjouissez-vous. Le Sénat vient d'adopter un amendement à la loi n° 2011-590 du 26 mai 2011 relative au prix du livre numérique, qui est ainsi modifié :

1° Sont ajoutés les mots : « ou hors de France » ;

2° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :

« Les professionnels commercialisant des livres numériques ne peuvent ni exiger de leurs acheteurs qu’ils règlent avec une carte bancaire française, ni limiter la possibilité d’achat aux clients dont l’adresse IP est située en France. »

Cela afin de permettre l'achat de livres numériques où que vous soyez.

La plupart des éditeurs diffusant des livres numériques refusent les achats passés depuis une adresse IP géolocalisée à l’étranger ou ne permettent le paiement qu’avec une carte bancaire française, empêchant de facto les francophones et Français établis à l’étranger d’acquérir des œuvres littéraires françaises sur support numérique.

Alors que la numérisation des œuvres constitue une formidable opportunité de diffusion de notre patrimoine culturel hors de nos frontières, ces freins commerciaux pénalisent non seulement les consommateurs français à l’étranger, mais aussi notre commerce extérieur et la francophonie.

De plus, le cadre légal actuel nous place en porte-à-faux avec la directive européenne 2006/123/CE, dont l’article 20 interdit les « discriminations fondées sur la nationalité ou le lieu de résidence » au sein du marché intérieur européen.

Permettre aux acheteurs situés à l’étranger d’acheter des livres numériques sur les plateformes françaises est une nécessité, tant sur le plan économique que culturel.

Bravo aux sénateurs, notamment Mme Garriaud-Maylam qui l'a annoncé sur twitter. A suivre si l'adoption se fera du côté des députés... Si vous êtes loin de France, twittez comme Christophe, je relaierais en bas du billet.         

Senat

Suisse


3 mai : une journée contre les DRM, lecteurs circulez...

DrmfreeLes années se suivent et malheureusement se ressemblent. Aujourd'hui 3 mai, une journée mondiale pour s'opposer aux DRM qui restreignent les usages des contenus numériques. C'est la dixième du nom et il n'y a guère d'embellie en vue. Les livres numériques en première ligne avec des catalogues toujours aussi verrouillés par les plateformes anglo-saxonnes et les grands groupes d'édition. Il est bien loin le temps où Steve Jobs libérait les DRM de la musique. Saluer une nouvelle fois les 220 éditeurs indépendants français qui proposent des solutions de marquage pour les libraires indépendants et les éditeurs dans les groupes comme Robert Laffont, Plon, La Découverte, etc. qui avancent eux aussi en franc-tireurs. Toujours bien seuls malheureusement. Beaucoup de pays du nord de l'Europe ont abandonné les DRM intrusives, la France reste très loin derrière pour les lecteurs. Toujours plus de portails et de licences qui s'annoncent, dans l'éducation notamment. On parlera peu ou pas de cette journée dans la profession, lecteurs circulez...


Etats-Unis : les auteurs définitivement déboutés face à Google Books

UsaImmense déception pour les associations d'auteurs aux Etats-Unis qui ont été débouté aujourd'hui par la Cour Suprême face au projet Google Books. Ce dernier recours du syndicat américain des auteurs (Authors Guild) faisait appel d'une précédente décision de justice, lorsque des écrivains avaient assigné Google en justice, estimant que la numérisation d'ouvrages sans leur consentement enfreignait leurs droits d'auteur. La justice américaine avait déjà donné raison à Google dans un précédent arrêt daté de 2013. C'est la fin d'une bataille judiciaire qui aura duré près de dix ans. Google valide ainsi son chantier de numérisation industrielle des fonds prêtés par les bibliothèques ; le fameux "Fair Use" -usage équitable- est confirmé une nouvelle fois, auteurs circulez... (via Livres-Hebdo).


Le Sénat ouvre le chantier du dépôt légal des livres numériques

SenatJ'avoue que la surprise a été totale. Le Sénat a créé hier jeudi 11 février, contre l'avis du gouvernement, une obligation de dépôt légal pour les livres numériques, en adoptant un amendement écologiste au projet de loi sur la création et le patrimoine, rapporte l'AFP. "Il paraît important d'instaurer à présent une véritable obligation de dépôt légal des livres numériques, afin de garantir une collecte exhaustive et une préservation à long terme de la production éditoriale sous forme numérique", a déclaré Marie-Christine Blandin (écologiste) en défendant son amendement. "Sans une telle évolution, le dépôt légal perdrait le caractère systématique qu'il présente depuis 1538, sous François Ier, qui lui a donné son intérêt", a-t-elle ajouté. Elle a aussi estimé que cette obligation "serait relativement légère pour les éditeurs, dans la mesure où contrairement aux exemplaires papier, la transmission des fichiers numériques n'implique aucun coût"

La sénatrice du Nord a aussi relevé qu'actuellement les livres numériques sont pris en compte "de manière incomplète par le dispositif de dépôt légal obligatoire". "Une partie des écrits diffusés par voie électronique est en effet captée par le biais du dépôt légal du web effectué par la BNF, mais ces collectes ne sont pas en mesure d'assurer un archivage complet de la production des livres numériques du fait des limites techniques", a-t-elle expliqué. En revanche, pour l'ancienne ministre de la Culture Fleur Pellerin, le système actuel, qui passe par Internet, "convient": "Des organismes collectent eux-mêmes tous les contenus numériques relevant du patrimoine national - et pas seulement les livres", précise-t-elle. Pour entrer en vigueur, la disposition votée au Sénat doit également être adoptée à l'Assemblée, où le gouvernement dispose de la majorité.

La loi sur la création est pour le moment assortie d'une procédure d'urgence, ce qui suppose une seule lecture par l'Assemblée nationale et le Sénat. Il est toutefois question que ce texte repasse en procédure normale, et fasse l'objet d'une seconde lecture de part et d'autre. Quel que soit le processus, les différences de rédaction seront réglées en commission mixte paritaire, composée de députés et sénateurs. En dernier ressort, l'Assemblée nationale tranchera. Le débat sur le projet de loi doit se poursuivre au Sénat jusqu'à vendredi. Le texte fera ensuite l'objet d'un vote solennel mardi.

J'ajouterais quelques remarques. Pour l'instant le dépôt légal numérique à la BNF est assujetti de manière obligatoire aux seuls titres qui font l'objet d'une numérisation subventionnée par le dispositif du CNL (Centre National du Livre). Si ce dépôt légal numérique ne représente à-priori en effet aucun coût pour les éditeurs, il suppose en revanche des garanties de sécurité à la hauteur de l'enjeu. Nous avons tous en tête le piratage de données chez des sociétés autrement préparées que la BNF. Pour l'instant les seuls grands acteurs anglo-saxons (Amazon, Apple, Kobo et Google) disposent des fichiers des éditeurs de manière exhaustive. La BNF pourra-t-elle assurer le même degré de sécurité avec un catalogue de titres qui va grandir de manière exponentielle? Autre question, les fichiers sont mis à jour régulièrement chez les distributeurs. Est-ce que ce fichier exhaustif sera lui-même l'objet des mises à jours constantes ou devra-t-il conserver les versions successives? Les logiques commerciales et patrimoniales ne sont pas forcément les mêmes. Va-t-on également aller vers un dépôt légal numérique exhaustif dans le domaine de la musique, cinéma, voire des jeux vidéos? Les débats ne vont pas manquer, une vraie boite de Pandore, à suivre...


Droit de lecture et ePub : un appel aux éditeurs

EpubDroit de lecture et ePub. On parle peu chez les éditeurs des conditions d'usages très restrictives qui sont proposés avec les fichiers ePub (ou Kindle) quand vous les achetez sur les plate-formes des différents revendeurs. Certains n'en veulent pas et n'ont pas d'autres choix malheureusement. Les Editions Anarcharsis et leur partenaire Lekti ont décidés de sensibiliser leurs lecteurs. Je reproduis l'intégralité de leur message aujourd'hui :

"Nous avons eu le plaisir de réaliser au cours des dernières années les livres numériques (format ePub) des éditions Anacharsis, avec un plaisir non dissimulé. Les éditions Anacharsis avaient choisi de diffuser leur catalogue numérique sans DRM (Digital Rights Management) ou verrous numériques, afin que les lecteurs disposent de réels droits de jouissance sur leur copie numérique. Pour autant, les lecteurs qui achètent des livres d'Anacharsis sur les plate-formes telles qu'Amazon Kindle, Apple, Kobo ou encore Google, en réalité l'ensemble des grandes plate-formes qui vendent également un équipement de lecture, voient leurs lectures « figées » avec leur périphérique. Il n'est pas possible de transférer une bibliothèque ou un livre d'un équipement vers un autre, d'un Kindle vers un iPad par exemple, ou vice-versa. Cette situation est particulièrement gênante, puisque l'éditeur, en l'occurrence Anacharsis, n'a pas souhaité déposer de verrous numériques sur le livre numérique, c'est en réalité le revendeur qui le fait. Pour cette raison, Lekti et Anacharsis ont écrit en commun un texte, qui figure en exergue de tous les ePubs, afin de sensibiliser les lecteurs à ce problème (très) fâcheux. Voici le texte, reproduit dans son intégralité ci-dessous :

Les livres numériques préparés par les éditions Anacharsis sont commercialisés sans protection spécifique, autrement appelés DRM ou « verrous numériques ». Pour Anacharsis, il est essentiel que le lecteur dispose avec sa copie numérique de droits de jouissance similaires à ceux d’un livre papier. Pourtant, si vous achetez votre copie directement à partir de votre périphérique de lecture, au sein de la librairie en ligne associée à la marque de votre liseuse ou tablette, vous ne pourrez sans doute jamais transférer votre livre ailleurs, sur un appareil qui dispose d’un environnement de lecture différent. Acheter vos livres numériques dans les magasins intégrés à chaque plate-forme de lecture est une démarche facilitée par les fabricants. Ils espèrent de cette manière faire de vous une clientèle captive et soumise, qui ne peut d’aucune manière transférer sa bibliothèque dans un autre environnement de lecture. Les éditions Anacharsis considèrent que les droits concédés sur une copie numérique ne doivent pas être limités au seul droit d’accès à partir d’un environnement de lecture particulier, déterminé par la marque d’une tablette ou d’une liseuse. À l’heure actuelle, il existe des dizaines de librairies indépendantes françaises qui vous permettent, via leur site Internet, d’acheter les livres numériques du catalogue Anacharsis. Dans ce cas, aucune restriction de lecture ne vous est imposée. Vous voilà libre.

Le texte ci-dessus peut être librement réutilisé, nous avons décidé avec les éditions Anacharsis de le placer sous licence Creative Commons. Nous espérons qu'il soit repris par d'autres éditeurs, afin que les lecteurs puissent être sensibilisés au problème fondamental des droits de jouissance liées à leurs copies numériques."

L'appel est lancé, n'hésitez pas à relayer très largement cette initiative. Merci à Antoine à l'Arald.


François Bon sur le contrat numérique

FrancoisbonIntéressantes révélations de notre ami François Bon sur son blog TiersLivre, un auteur qui connait bien les arcanes du numérique. Il nous fait part du contrat qui le lie avec les Editions du Seuil: "On a un deal sur la base de droits à 23% (je dis ça pour tous leurs confrères, et eux-mêmes parfois, continuant de proposer des contrats numériques à même niveau que les droits papier) et une exclusivité limitée à 2 ans sur la vente numérique". Ce dernier délai lui a permis de reprendre l'exploitation de deux de ses livres. A retrouver sur sa propre librairie en ligne. Pour certains titres comme la série des Lovecraft, il garde l'entièreté des droits numériques de ses traductions. Un exemple à suivre pour d'autres auteurs?


Assemblée Nationale : l'interopérabilité du livre numérique est encore refusée

AssembléenationaleUne belle obstination dont tous les lecteurs numériques lui seront reconnaissants demain. La député Isabelle Attard a une nouvelle fois déposé un amendement à l'Assemblée Nationale lors du projet de finances 2016 en fin de semaine dernière. Celui-ci pour réserver la TVA réduite du livre numérique aux seuls livres libres sans DRM. En jeu la possibilité pour le lecteur de disposer de ses livres numériques sur tous les matériels en toute liberté. Nous sommes loin du compte aujourd'hui malheureusement. "J'ai entendu beaucoup de discours en faveur d'un tel principe, il est temps de passer aux actes". Nous savons tous que c'est sur le terrain fiscal que la pression peut être efficace face aux modèles liberticides des géants anglo-saxons. Notre liberté refusée, l'amendement a encore été rejeté par les socialistes, mais de très peu cette fois. Le combat continue... (via Actualitté).


Libérons le Journal d'Anne Frank

Anne franckLe Journal d'Anne Frank ne sera pas dans le domaine public au début de l'année prochaine. Ainsi en ont décidé les ayants-droits avec un complet mépris de la loi puisque Anne Frank est décédée en 1945. Pour cause de publication posthume, l'ouvrage ne tomberait dans le domaine public au plus tôt qu'en 2030 ou 2051 si ceux-ci étaient suivis. Il est particulièrement choquant qu'un texte aussi universel soit ainsi évacué du domaine public pour près de cent ans après la mort de son auteur. En signe de protestation, Olivier Ertzscheid a pris le parti sur son blog de diffuser illégalement le texte. Les articles de presse tombent, Mediapart, Arrêt sur Images, 20 minutes, Libération, etc. Rue89 et Xavier De La Porte ont reproduit le texte et proposent également les deux fichiers illégaux sur leur site. En solidarité avec Olivier Ertzscheid, voici les deux liens pour télécharger le fichier, au format epub, dans deux éditions différentes:

PS: suite à des menaces de poursuites judiciaires, Olivier Ertscheid a supprimé les fichiers. Les évolutions sont ici. C'est désormais sur le terrain judiciaire qu'une suite s'engage. Pour que Anne Frank accède au domaine public en même temps qu'Hitler et non pas 30 ans après lui...


Droit d'auteur : écouter les auteurs

Mariesellier"Plutôt que d’étendre à l’infini le périmètre des exceptions existantes ou de les multiplier sans assurance pour les auteurs de percevoir une quelconque compensation « juste et équitable », plutôt que de vouloir détricoter les principes d’un droit d’auteur que nous avons mis des années à élaborer et qui a permis aux auteurs de créer librement et aux lecteurs d’avoir accès à l’ensemble de nos œuvres, plutôt que la politique d’un illusoire “tout gratuit” dont les seuls bénéficiaires seront les grandes plates-formes de diffusion et autres fournisseurs de contenus, l’Europe devrait nous aider à obtenir un meilleur partage de la valeur, notamment dans l’univers numérique et dans certains secteurs de l’édition comme la jeunesse, à lutter contre les clauses abusives de nos contrats, à favoriser la transparence et le contrôle des comptes que nous envoient nos éditeurs et à nous prêter main forte pour combattre efficacement le piratage de nos œuvres.

Notre liberté de créateurs en dépend."

En mars dernier, l'écrivaine et scénariste Marie Sellier s'exprimait ainsi sur la réforme du droit d'auteur dont on parle tant aujourd'hui. Des mots simples, une inquiétude partagée par beaucoup d'auteurs. J'avais trouvé le ton très juste à l'époque. Lire sa lettre complète à Julia Réda sur le site de Laure Limongi.


La gratuité, c'est le vol : gratuit le 10 septembre

2015-la-fin-du-droit-dauteur_couvLa gratuité, c’est le vol. 2015: la fin du droit d’auteur?, c'est le titre d'un ouvrage signé Richard Malka qui sera diffusé gratuitement en librairie le 10 septembre prochain. Le Syndicat national de l’édition et de nombreux auteurs ont en effet mandaté l’avocat-auteur, spécialiste du droit de la presse, pour "tirer la sonnette d’alarme auprès des décideurs". Plus d'explications autour d'un ouvrage qui ne manquera pas de susciter la polémique sur les réseaux: "Richard Malka alerte le public sur les risques que la gratuité débridée fait peser sur la liberté des lecteurs et l’offre culturelle. Il signe une critique documentée et précise de la régression démocratique proposée par l’étonnante association du Parti des Pirates avec les géants du web. Avec sa plume incisive, il éveille les consciences et rappelle la nécessité de se battre pour la survie du livre, numérique ou papier, et la libre rémunération des auteurs. Derrière les mirages du numérique et de la gratuité, c’est l’appauvrissement des auteurs et de la liberté d’expression qui guettent." Il est également téléchargeable en version numérique sur ce site. A lire le communiqué de presse complet sur le site du SNE.

PS: en téléchargement sur le site une seule version PDF. Pas de version ePub, vous en trouverez une ici.


Actes Sud : le principe des DRM réaffirmé malheureusement

Bertrand-pyA lire l'interview de Bertrand Py, directeur éditorial des Editions Actes Sud, sur le blog Tea. Il confirme un chiffre d'affaire du numérique à 2,5% pour l'année 2014, un pourcentage lui-même en progression de près de 50% par rapport à 2013. L’adaptation de la librairie à la vente numérique est selon lui "un enjeu important pour la profession mais aussi pour le maintien d’un pacte de confiance et d’une qualité d’échange avec le lectorat". Côté DRM, Bertrand Py maintient la position de les appliquer pour les titres du groupe (Actes Sud, Rivages, Rouergue, Gaïa) se réfugiant derrière l'éternelle position de "rassurer les auteurs": "J’entends dire que les DRM compliquent le téléchargement sans apporter par ailleurs de garantie fiable en matière de piratage… qui peut de toute façon se faire par d’autres biais. Je ne suis pas compétent pour en juger, mais ce que je puis vous dire, c’est que l’existence de DRM a pour principal mérite de rassurer les auteurs et qu’avant d’autoriser la diffusion numérique de leur œuvre ils font de ce type de protection une condition sine qua non pour la mise à disposition de leur texte." Depuis de nombreuses années, il est reconnu que les DRM compliquent infiniment la situation des libraires indépendants par rapport aux libraires anglo-saxons et leurs environnements (revoir seulement l'étude réalisée par Tea sur l'expérience-client en début d'année). Une position de principe du groupe Actes Sud bien incompréhensible quand on sait que plus de 170 éditeurs pour la très grande majorité indépendants proposent un tatouage numérique pour leurs clients. Pour certains avec les mêmes contraintes d'auteurs étrangers à "rassurer" comme Métailié, Viviane Hamy, Sonatine, Le Cherche-Midi, Michel Lafon, Plon ou même Robert Laffont pour n'en citer que quelques-uns. On ne doit pas avoir la même force de conviction chez Actes Sud malheureusement.


Relire les livres d'André Héléna

OupasRelire, vous vous rappelez sans doute de cet ambitieux projet de rendre disponibles en version numérique tant d'oeuvres qui ne sont plus rééditées depuis tant d'années. 500.000 titres concernés. 2013, 2014, 2015, les listes de livres tombent année après année sans qu'aucun livre ne soit toujours disponible au public. Une arlésienne... D'ailleurs, il n'est même plus question de dates sur le site, elles ont été purement supprimées, personne ne comprend plus rien à ce projet. Sortira, sortira pas. Tant de verbiages à propos desquels l'humble lecteur se contrefiche, lui qui veut savoir à quelle date il pourra effectivement retrouver tant d'auteurs et de d'oeuvres disparues depuis bien longtemps des étals des libraires. Face à ce projet englué dont personne ne sait vraiment s'il débouchera concrètement sur quelque chose, force est de reconnaitre le remarquable travail de nombreuses équipes qui numérisent, corrigent et mettent au format ePub avec passion des livres oubliés. Ils ne "volent" pas les offres commerciales des éditeurs mais entreprennent un travail original qui sera validé juridiquement un jour, puisque les livres sont oubliés de tous. Peut-on réellement parler de "pirates" pour ces équipes qui pallient à la fois à la paresse et au désengagement des éditeurs, à l'enfumage actuel de Relire? Au regard du droit d'auteur, certes. Mais qu'en est-il si celui-ci n'est jamais revendiqué par qui que ce soit. La question mérite d'être posée aujourd'hui.

HelenaUn cas emblématique parmi tant d'autres, celui d'André Héléna, auteur de près de 200 polars et livres érotiques publiés sur une vingtaine d'années des années 50 à 70. Il est reconnu par les spécialistes comme l'un des grands auteurs français du roman noir. Décédé en 1972 complètement oublié, son oeuvre est absente de l'édition française aujourd'hui. Plus aucun titre disponible. Tous les éditeurs de l'époque ont disparus, les rééditions épuisés au fil du temps, les quelques éditeurs qui l'avaient réédités depuis une vingtaine d'années ont eux aussi fait faillite (une très complète fiche ici). André Héléna est très présent dans les listes de Relire, combien d'autres livres sous les différents pseudonymes qu'il avait utilisé à l'époque. Certains de ses livres sont dans les premières listes, sans interventions des ayant-droits et des éditeurs. Aucune date de disponibilité n'est donné. Qui s'intéresse aujourd'hui à André Héléna? Grâce au travail de passionnés, deux excellents livres d'André Héléna sont apparus sur les réseaux au début du mois, donnant une nouvelle présence à cet auteur inclassable. Vous les trouverez en quelques clics. J'espère que d'autres titres suivront bientôt. En attendant Relire qui ne viendra sans doute jamais...

PS: autre cas parmi les collections populaires, un pack de la collection de science-fiction Fleuve Noir Anticipation (1951-1997) circule sur les réseaux. Plus de 2.000 titres numérisés, un travail absolument vertigineux qu'aucun éditeur n'entreprendra jamais.


La Fille du train : best-seller avec DRM et sans DRM

SonatineSortie le 7 mai dernier en France de "La Fille du train" de Paula Hawkins aux Editions Sonatine. Ce livre est un best-seller phénomène aux Etats-Unis, déjà vendu à 2,5 millions d'exemplaires depuis sa sortie au début de l'année. Il a été classé en tête de liste durant 13 semaines consécutives jusqu'à fin avril et continue puisqu'il est toujours deuxième cette semaine (imprimé et ebook confondus). Du jamais vu pour un premier livre. C'est l'occasion de mettre en valeur le traitement dont est l'objet ce livre dans sa version numérique en France par rapport à la DRM. L'éditeur Sonatine propose ce livre comme tout son catalogue sans DRM. Il préfère appliquer un simple tatouage numérique sans contrainte pour le lecteur. Un certain nombre de distributeurs/ libraires respectent ce choix, d'autres appliquent d'autorité une DRM contrayante pour le lecteur:

Si vous souhaitez vous procurer ce livre dans les semaines à venir sous sa forme numérique (comme le fait Kobo dans sa vidéo promotionnelle avec la valise qui ne ferme pas), je vous invite à choisir des libraires indépendants qui vous le proposent librement sans DRM et respectent ainsi à la fois leurs lecteurs et la volonté de l'éditeur. Pensez-y, vous pourrez le lire et le relire longtemps, ainsi que le partager en toute liberté dans un cadre privé!


6 mai 2015 : journée internationnale contre les DRM

DrmLe 6 mai, c'est traditionnellement depuis quelques années une journée d'information sur les dangers des DRM, des systèmes de gestion de contrôle d'usage des fichiers numériques. Nous n'en avons malheureusement pas terminés avec elles. Cette initiative est propulsée par l'organisation DefectivebyDesign. Les DRM sont présentes sur de nombreux fichiers comme une partie de la musique en ligne, les livres numériques mais aussi sur les supports physiques comme les DVD et les BlueRays pour la vidéo. Les DRM ont pour principal objectif d'établir un contrôle de l’usage dans le cercle privé, jusqu’ici impossible à mettre en œuvre. Mettre en valeur en cette journée les 171 éditeurs français qui ont décidés de ne pas utiliser les DRM, proposant un simple marquage sans contraintes sur les fichiers et les usages. Souhaitons-en beaucoup plus l'année prochaine, la lutte continue pour nos libertés!

PS: Il faut bien comprendre les enjeux qui sont derrière les DRM. Je vous invite à regarder l'excellente vidéo mise en ligne par le site April.


Pétition contre le piratage : déjà plus de 350 auteurs mobilisés

PiratagePlus de 350 auteurs ont déjà signé la pétition de mobilisation contre le piratage lancée il y a une semaine. On peut citer parmi tant d'autres Pierre Lemaître (Prix Goncourt 2013), Zoé Valdès, Marie Desplechin, Marin Veyron, Carole Martinez, Franck Thilliez, Andrea Japp, Régine Detambel, etc. Parce que télécharger illégalement des livres, c'est bien évidemment lire beaucoup sans rétribuer les auteurs. Alors que les responsables des sites en question touchent des sommes via la publicité et les dons sans limite de ratios. La semaine dernière le tribunal correctionnel de Besançon a condamné les deux administrateurs d'un site torrent à une peine de prison avec sursis. Ils devront aussi verser des sommes importantes de dommages et intérêts.


Droit d'auteur : les éditeurs européens font entendre leur voix

FeeLe Syndicat National de l'Edition relaie aujourd'hui en s'y associant une campagne à l'initiative de la FEE (Federation of Europeen Publishers). A l'heure où le droit d'auteur est débattu à Bruxelles, les éditeurs européens lancent "une campagne de communication pour défendre le droit d’auteur sous la bannière #CopyrightForFreedom, pour rappeler les fondamentaux du droit d’auteur, en tant que garantie de la liberté d’expression et créateur de valeur pour l’ensemble de l’écosystème du livre". Une pétition est ouverte ici.


Pétition : les auteurs se mobilisent contre le piratage

LivresLe piratage de livres numériques est de plus en plus préoccupant en France. Les derniers chiffres du Salon du Livre l'ont montrés. On a appris pas plus tard que la semaine dernière que l'action en justice à l'encontre du plus grand site de piratage francophone n'aura finalement pas de suite. Face à ce constat les auteurs se mobilisent. A signaler une pétition qui circule actuellement: "A l’heure où la question de «l’adaptation» des droits d’auteur est en passe d’être décidée au niveau du Parlement Européen, au moment où se prépare un projet de directives qui va renforcer et élargir les exceptions et en ouvrir d'autres, nous, auteurs et illustrateurs de livres, réclamons que le phénomène du piratage littéraire ne soit plus pris en compte de façon "artisanale" au coup par coup, mais que des dispositions rapides et efficaces soient mises en place par les autorités compétentes". Plus de 200 auteurs et illustrateurs ont déjà signés. A retrouver ici (via Scam).

PS: à relire le débat qui avait eu lieu il y a bientôt trois ans déjà autour de l'activité d'un site de piratage massif de livres numériques. Les éditeurs avaient réagi avec la fermeture du site. Face à eux, les habituels partisans de la licence globale, relire ici. Les mêmes radicalisations sont là aujourd'hui.


Le Petit Prince est belge jusqu'en 2033

PetitprinceDepuis le 1er janvier dernier Le Petit Prince de Saint-Exupéry est dans le domaine public chez nos amis belges et dans toute la francophonie, exception faite de... la France. Aberration du droit d'auteur européen à l'heure du numérique, le livre sera libéré en France en 2033. Un site belge propose désormais le téléchargement du Petit Prince. Voir le billet de Romaine Lubrique. Sans modération pour nos amis francophones du monde entier sauf en France, bien évidemment, c'est par ici.

PS: on rappellera pour mémoire que Le Petit Prince est toujours le livre préféré des français selon le dernier sondage organisé par La Grande Librairie en décembre dernier.


T411 va être bloqué en France

T411L'annuaire de liens T411 sera prochainement bloqué par les fournisseurs d'accès à internet français. La Société civile des producteurs phonographiques (SCPP), qui demandait le blocage de ce site très fréquenté, a obtenu gain de cause auprès du tribunal de grande instance de Paris. T411 est à l'heure actuelle le site de torrents le plus actif de l'espace francophone, 91ème site le plus visité en France mais aussi le premier dans sa catégorie. Sur les près de 500.000 références de contenus culturels, c'est plusieurs dizaines de milliers de livres en tout genre qui sont partagés de manière illégale sur ce site depuis sept ans (via HuffingtonPost).

Tatouage numérique : pourquoi est-il le grand oublié?

Flexlibris-logoLes DRM (Digital Rights Management) ou verrous numériques sont de plus en plus décriés et rejetés. On parle désormais de futures solutions de DRM "light", "pragmatique", sans doute "bio" ou "citoyen" bientôt...

Ces futures évolutions resteront de toutes façons complètement ignorées par les environnements propriétaires des GAFA. Les éditeurs tous embarqués là-dedans comme l'ont montré les récents débats au dernier Salon du Livre. Pas un mot sur le tatouage numérique, pourtant si agréable pour l'utilisateur, qui lui permet de lire son livre numérique sur tous les supports sans absolument aucune contrainte. Il est pourtant proposé par un très grand nombre d'éditeurs dans toute l'Europe. Silence assourdissant.

Et si à l'ombre de tous les services en accès que l'on nous imagine demain (faisons leur confiance), les solutions de watermark (tatouage) pouvaient "aussi" se développer pour le plus grand bonheur des lecteurs? La société Flexedo propose depuis fin 2012 une solution française innovante Flexlibris. Plus sûre pour les éditeurs, toujours sans aucune contrainte pour l'utilisateur final. Valérie Ferrière, PDG de Flexedo, sera à la Foire du Livre de Londres dans quelques semaines. Souhaitons qu'elle puisse défendre sa solution auprès des acteurs anglo-saxons. Porter une voix différente, la voix du lecteur, qui plus est européen demain...


Europe : imposer le tatouage numérique souhaité par les éditeurs

Drapeau-europAlors que le débat sur le numérique va s'ouvrir en Europe, le livre numérique doit en faire partie, il est crucial pour le lecteur de demain. A l'instar de ce qui se passe actuellement au Royaume-Uni, instaurer qu'il est légal de pouvoir copier à usage privé. Acheter un livre au format numérique, c'est acheter un fichier dont on peut avoir une jouissance absolument totale pour un usage privé. Liberté de le lire sur tous les supports de son choix sans contraintes, liberté de le conserver sans limites, liberté de pouvoir le partager dans un cadre privé. Toutes ses libertés, celles que nous avons avec un livre imprimé. Acheter un simple accès dans le cadre d'un abonnement reste autre chose, le consommateur doit en être clairement informé.

La politique de la DRM reste le choix de l'éditeur, libre à lui de la définir ou pas. Par contre, il est anormal que le distributeur apporte des restrictions quelconques. La mainmise est actuellement  totale. Il n'est pas acceptable que les plateformes anglo-saxonnes ignorent le tatouage numérique des fichiers quand les éditeurs européens le souhaitent. Il faut l'imposer. Ce serait une première pierre avant l'abandon des DRM dans un futur proche, faut-il l'espérer.

Je vous propose ce tableau synthétique qui montre les différences actuelles qui existent chez les principaux revendeurs:

Libraires


Prix des Libraires 2015, un livre sans DRM ou presque...

AmoursLe Prix des Libraires 2015 vient d'être attribué à "Amours" de Léonor de Recondo chez Sabine Wespieser (via Livres-Hebdo). Un très bon livre, une belle surprise également de voir primer un éditeur indépendant qui défend une solution sans DRM avec un simple marquage numérique pour la version numérique de ce livre. Ils sont plus de 150 éditeurs en France. Malheureusement les quatre leaders anglo-saxons, ainsi que la FNAC, imposent les DRM à ces éditeurs respectueux de leurs lecteurs. Avec DRM, vous achetez des livres verrouillés sous licence avec un accès réglementé par le vendeur, sans aucune possibilité de le télécharger librement sur les matériels de votre choix, de le partager dans un cadre privé, à terme vous perdrez la possibilité de lire ce livre numérique. Sans DRM, vous êtes libre de télécharger le livre sur tout ordinateur, smartphone, tablette et liseuse de votre choix, sans aucune restriction d'utilisation ni dans l'espace, ni dans le temps. Si les plateformes anglo-saxonnes imposent ces restrictions d'usage, c'est bien entendu pour vous empêcher de lire librement hors de leurs environnements respectifs. Tracer vos achats, vos lectures, vos intérêts, plus généralement toutes les données personnelles qu'elles pourront utiliser. Maintenant vous avez toute l'information pour acheter ce livre chez le libraire de votre choix. "Amours" est un beau titre, il mérite le meilleur. Belle lecture.

Licence vendue avec DRM par: Amazon, Apple, Fnac, Google, Kobo,

Livre numérique vendu sans DRM par: Decitre, réseau librairies ePagine, réseau librairies LesLibraires.fr, Numilog, Cultura, Relay, Feedbooks, Bookeenstore, Chapitre,


Les auteurs mobilisés au Salon du Livre

BadgeLe Conseil Permanent des Ecrivains dont la SGDL est membre, a publié une Lettre ouverte et appelle à une mobilisation générale des auteurs lors du prochain Salon du Livre de Paris. Revenus dérisoires, protection sociale précaire, menace européenne avec une extension "alarmante" des exceptions au droit d’auteur. Les sujets d'inquiétudes ne manquent pas pour les auteurs. Plus de 120 écrivains ont déjà rejoint cet appel. Lire ici.


Le débat sur l'interopérabilité du livre numérique est relancé

Assemblée nationaleLa décision de la Cour de justice européenne aujourd'hui de retoquer la TVA réduite, adoptée par la France et le Luxembourg, relance les questions autour de l'interopérabilité du livre numérique. Des débats qui avaient été portés à l'Assemblée Nationale depuis plusieurs années, la dernière fois à la fin de l'année dernière sous la forme d'un amendement. Le gouvernement français avait jusqu'ici botté en touche, en prétextant que cela aurait brouillé la position de la France auprès de Bruxelles. L'argument tombe désormais aujourd'hui. C'est en effet maintenant le moment de faire fiscalement la distinction entre des offres qui peuvent être assimilées à des services, puisqu'à aucun moment le lecteur ne dispose réellement du fichier toujours soumis à une DRM contrayante qui en limite l'usage et des offres de livres numériques véritablement interopérables sur tous supports sans contraintes pour les lecteurs. Des offres toujours ignorées par les acteurs américains GAFA, on s'en doute. C'est en novembre 2013 que la députée Isabelle Attard avait posé cette excellente distinction entre des offres qui n'ont véritablement rien à voir entre elles. Revoir la vidéo du débat à l'Assemblée Nationale fin 2014 sur le site April. Le débat est ouvert au Royaume-Uni également, où il est légal de copier à usage privé. Rappelons que plus de 150 éditeurs en France ont choisis les simples solutions de marquages pour leurs livres numériques. Bien d'autres éditeurs sont sur les mêmes positions dans toute l'Europe. Défendons des livres numériques sans DRM avec une TVA réduite!

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