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Livre numérique : 250 éditeurs français sans DRM

DrmChiffre symbolique atteint dans mon relevé des éditeurs qui ne pratiquent pas une politique de DRM pour leur catalogue de livres numériques. Quand la plate-forme de vente le permet bien sûr. Huit formes de DRM sont actuellement en usage contrôlées respectivement par Adobe, Apple, Amazon, Google, Kobo, Microsoft, MTO (Marin Trust Management Organization) et la fondation Readium (format LCP "Lightweight Content Protection"). Sans doute Facebook demain...

Face à cela c'est plus de 250 éditeurs qui proposent leurs livres sans contraintes pour leurs lecteurs avec un simple marquage, à l'instar de beaucoup de pays d'Europe du Nord plus vertueux envers leurs lecteurs. Vendre des livres sans DRM c'est aussi respecter la confidentialité des données de lecture. Une fois le livre acheté, vous ne serez pas surveillé, traqué dans des statistiques de lectures dont les conditions d'exploitation sont bien opaques il faut bien le dire. La liste complète des éditeurs sans DRM est ici.

A cette occasion je vous propose un nuage de mots en forme d'arbre, un clin d'oeil à l'imprimé, un beau symbole de liberté. De ActuSF à Zulma, Mardaga en point médian. Merci à eux tous! A partager sans modération!

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Storytel va proposer des liseuses

StorytelLa société suédoise Storytel, spécialisée dans l'offre de livres audio en streaming, va proposer des liseuses à ses abonnés. Ils auront la possibilité de passer de l'écoute à la lecture, avec même une synchronisation de l'une à l'autre. Le Storytel reader sera disponible en Suède, Norvège, Finlande et Danemark au début de l'été mais il est d'ores et déjà présenté sur le site. Prix autour de 100€. Fondé en 2005, Storytel est présent aussi dans d'autres pays européens, également leader aux Pays-Bas et en Pologne. Il revendique pas moins de 530.000 abonnés.

On voit qu'il peut y avoir des convergences possibles entre les deux modes de lectures selon les moments de la journée, Storytel a sans doute bien étudier son modèle. C'est intéressant de voir que l'acteur suédois va au-delà d'une expérience de lecture sur smartphones et tablettes pour aller sur les liseuses. Cela montre aussi que les lecteurs sont à même d'exiger des abonnements où les formats audio et texte sont proposés sans avoir à payer deux fois les licences. Storytel, bientôt un Spotify du livre? (via GoodeReader).

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Editions des Syrtes : premiers titres au format numérique

BielyA saluer Les Editions des Syrtes qui proposent leurs premiers titres en version numérique. Notamment Le Pétersbourg de Andreï Biely, un grand classique de la littérature russe enfin réédité. On regrettera la présence de DRM qui a mon avis n'ont plus rien à faire du coté d'éditeurs indépendants. Un catalogue résolument tourné vers la littérature de l'Europe de l'Est, et par extension les traductions du russe, a fait toute la notoriété de cette maison d'édition créé en 1999. Près de 200 titres à son actif, espérons que le catalogue numérique s'étoffera au fur et à mesure.


Musso : le format numérique pour 8% des ventes totales

MussoToujours aussi peu de chiffres au sujet des ventes de livres numériques chez les éditeurs. Alors que les ventes des best-sellers sont régulièrement données, la part du numérique reste cachée. Livres Hebdo a donné hier les ventes concernant le dernier livre de Guillaume Musso. 92.100 exemplaires imprimés ont été vendus en seulement 5 jours ainsi que 8.000 livres numériques, soit 8% des ventes totales. A signaler que des versions pirates sont comme d'habitude apparus le jour même de la parution, le changement d'éditeur n'aura rien fait à l'affaire. Toujours une certaine part d'ombre. Combien de ceux qui l'auront téléchargé illégalement l'auront effectivement lu? Cela doit quand même être important, des points de pourcentage en plus mais combien... (voir Livres-Hebdo).

PS: il y a 5 ans, c'était 2% des ventes, revoir ici.


Monsieur Toussaint Louverture : les livres numériques

Logo MTLDepuis ses débuts, je suis avec beaucoup d'attention ce que fait l'éditeur Monsieur Toussaint Louverture. Je ne reviendrais pas ici sur l'excellence de son catalogue et de son projet éditorial. Certains livres ont connus un grand succès depuis quelques années. Sur les tables des librairies, des livres que l'on remarque tout de suite par leurs grandes qualités de fabrication. Papiers intérieurs, couvertures, jaquettes, impression, finition, mise en page, typographie. Le plus grand soin a été apporté à tout cela. C'est malheureux de faire de nos jours ce triste constat, mais ils font presque figure d'extra-terrestres dans la production actuelle. Passez par sa boutique, les livres numériques (de grande facture) sont également proposés à la vente directe, sans DRM bien évidemment. Son dernier livre au prix inédit de 14,90€ puisqu'il est proposé uniquement sur le site et qu'il n'est pas frappé par le diktat d'Apple. Du petit producteur au lecteur en circuit court. Je remets la vidéo que lui avait consacré la librairie Mollat il y a quelques années. J'espère que si vous n'êtes pas déjà des inconditionnels de MTL vous le deviendrez!


Guillaume Musso : le numérique sort de chez Editis

MussoNouveau roman de Guillaume Musso en tête des ventes comme à son habitude. On aura beaucoup parlé au début de l'année de son transfert des Editions XO (groupe Editis) chez Calmann-Lévy (groupe Hachette). Plus discrète est l'exploitation de ses éditions au format numérique. Si la nouveauté est bien chez Calmann-Lévy et les derniers titres de 2016 et 2017 restés chez XO, en revanche tous les livres précédents publiés entre 2004 et 2015 (soit 12 titres) sont proposés désormais dans leurs versions numériques par les Editions de L'Epée où travaille son ancienne éditrice Caroline Lépée. Toutes proposées sans DRM à un prix qui ne concurrence cependant pas le poche. Tout cela contractuellement, bien sûr. Nul doute que les nouveautés les rejoindront au fur et à mesure des années. On se rappelle que Marc Lévy gère ses propres versions numériques avec son agent Versilio. Alors, une tendance de fond? Une décision transparente pour les lecteurs, ces auteurs apparentés à des marques à part entière -aux Editions de la Pince à linge n'y aurait rien changé-. On peut penser que les auteurs de best-sellers se réapproprieront comme eux leurs droits numériques au fil des années avec un pouvoir de négociation plus important auprès des plateformes de ventes.


Etats-Unis : le marché du livre numérique repasse sous la barre des 20%

PwUne annonce importante qui confirme la tendance observée depuis plusieurs années. Les effets des prix publics plus élevés sont bien là. Les ventes de livres numériques seraient repassé sous la barre symbolique des 20% du marché anglo-saxon. Elles ont en effet diminué de 10% en 2017 par rapport à 2016, selon les chiffres publiés par PubTrack Digital, qui fait partie du groupe de livres NPD. Ce service, qui suit les ventes d'environ 450 éditeurs, a déclaré que les ventes de livres numériques unitaires ont atteint 162 millions l'année dernière, contre 180 millions en 2016. Des chiffres qui ignorent cependant toujours le phénomène de l'auto-édition qui se développent très fortement.

"NPD a rapporté que, combinant les ventes imprimées de son service BookScan avec les ventes numériques de PubTrack, les livres numériques représentaient désormais 19% du total des unités (imprimées et numériques) l'année dernière, contre 21% en 2016.

La fiction pour adultes est restée la catégorie de livres numériques la plus populaire - 44% des ventes dans la catégorie étaient au format numérique - mais les ventes de livres numériques dans le segment ont chuté de 14% par rapport à 2016, pour atteindre 108 millions d'unités.

Les e-books occupent une part beaucoup plus faible du marché des non-fiction pour adultes, 12%, mais les ventes dans le segment ont augmenté de 3% l'année dernière, à 38 millions d'unités, a rapporté NPD.

La plus forte baisse des ventes de livres numériques l'an dernier a été enregistrée dans la catégorie des enfants, où les ventes ont chuté de 22%. Chez les enfants, le format numérique ne représentait que 5% de toutes les ventes l'année dernière. Les ventes de livres numériques ont diminué de 8% dans la catégorie des jeunes adultes, tombant à 4 millions d'unités vendues. Le format représentait 18% de toutes les ventes de jeunes adultes l'année dernière.

Toutes les grandes maisons de commerce, y compris les Big Five, déclarent des ventes à PubTrack. Le service, cependant, ne suit pas les ventes de livres numériques des auteurs indépendants d'Amazon. Dans sa lettre aux actionnaires plus tôt ce mois-ci, le PDG d'Amazon Jeff Bezos a déclaré que plus de 1.000 auteurs utilisant la plate-forme KDP d'Amazon avaient des redevances de plus de 100.000$. Un porte-parole de l'entreprise a déclaré que les ventes de livres numériques au sein de l'entreprise ont continué de croître à l'échelle mondiale grâce aux points de vente traditionnels et aux services d'abonnement, en particulier Kindle Unlimited" (via Publishers Weekly).

Selon le site Authorearnings, Pubtrack ignore 2/3 des ventes de livres numériques... Ce serait donc une baisse pour les seuls éditeurs traditionnels (AAP publishers) et largement compensée par la montée en charge du selfpublishing. A lire


Edition : les bons vieux dictionnaires?

DicosLe dictionnaire papier, en voie d’extinction? C'est le titre d'un très intéressant article publié par LeDevoir. Les revenus de vente du dictionnaire papier se réduisent comme peau de chagrin depuis 20 ans. «La baisse est cruelle», admet Charles Bimbenet, directeur général des Éditions Le Robert, joint à Paris dans les bureaux du célèbre ouvrage couronné par l’Académie française en 1950. Depuis 20 ans, le marché de l’imprimé perd des plumes, une «baisse de 5 à 10% par année», estime-t-il. Alors, vont-ils subir le même sort que leurs défuntes cousines germaines d'encyclopédies? Des halos de résistance existent notamment du côté du marché scolaire mais les éditeurs ont bien compris que plus que le papier, il faut surtout convaincre les gens de payer pour l’outil.


Editis : plus de 70% des titres proposés sans DRM

LogoeditisDepuis des années on parle beaucoup des DRM en ce qui concerne les difficultés des clients des librairies indépendantes pour accéder aux offres de livres numériques de manière simple. La volonté de transférer ses livres sur ses différents appareils (smartphone, tablette, liseuse) devient souvent un véritable casse-tête. Sans parler de l'impossibilité de les partager avec ses proches, voire même à son propre conjoint, une véritable aberration... Près de 250 éditeurs aujourd'hui proposent une offre sans DRM avec un simple marquage, voir la liste ici.

En ce qui concerne les grands groupes, la situation est bloqué du côté d'Hachette (éditeurs et tout diffusés) comme de celui du groupe Madrigall (Gallimard/ Flammarion et de grands diffusés comme Actes-Sud). Une fin de non recevoir. Une situation identique du côté du Seuil. Seule exception et non des moindres heureusement, le groupe Editis (éditeurs et diffusés) ouvre son catalogue peu à peu. Robert Laffont, La Découverte, Michel Lafon, Plon, Perrin, Julliard, Fleuve, Bouquins, Sonatine, Le Cherche Midi, Nil, First, 12-21, Hugo, etc. La liste est longue des éditeurs au sein du groupe à proposer des titres de leurs catalogues, tout ou partie sans DRM, avec un simple marquage. Un libraire m'a communiqué son relevé, je l'en remercie, voir le schéma ci-dessous. C'est plus de 70% des ouvrages en distribution numérique Editis qui sont proposés sans DRM sur les plate-formes indépendantes. Dans le lot évidemment de très nombreux best-sellers faut-il le rappeler. L'argument (la fable) qui consiste à dire que les verrous sont nécessaires pour éviter le piratage ne tient pas, cette politique d'ouverture au sein du deuxième groupe français en est bien la preuve.

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Bibliothèque numérique de Paris : le catalogue proposé

ParisBeaucoup de chiffres ont été donnés sur le dispositif PNB (Prêt numérique en bibliothèque) depuis quelques semaines. En revanche, je n'ai pas trouvé de statistiques sur l'offre effectivement proposée en bibliothèques. Il m'a paru intéressant d'analyser le catalogue de la Bibliothèque Numérique de Paris. Sur 12.863 titres disponibles, 9.087 appartiennent à des éditeurs qui disposent de plus de 100 titres au catalogue, soit 58% du total. Sur ces éditeurs, les groupes Madrigall (Gallimard, Flammarion, etc) et Editis sont présents à hauteur de 4.960 titres à eux-deux. Phénomène anormal, aucun des éditeurs du groupe Hachette (Grasset -75 titres-, Fayard -68 titres-, Calmann-Lévy -45 titres-, Lattès -37 titres-, Stock -27 titres-, etc.) ou affiliés comme Albin Michel -63 titres-, ne dépassent la hauteur des 100 titres au catalogue. Une situation que l'on retrouve dans toutes les offres. Un décalage flagrant. C'est peu de dire que les conditions de prêts actuelles de ces derniers ne conviennent pas aux bibliothèques.

Dernière statistique, les médiathèques de la Ville de Paris disposent d'un fond de 493.147 titres imprimés. Le catalogue numérique représente donc 2.6% en proportion.

Si l'on tient compte des titres du domaine public, avec 14.310 titres la Bibliothèque numérique de Paris est la 52ème sur les 64 qui dépendent de la Ville de Paris devant Crimée, Courcelles, Charlotte Delbo, Drouot, Musset, etc.

PS: les Editions du Seuil (879 titres) sont dans le groupe MediaParticipations.

 

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Patrick Nolan (Penguin) : affirmer le génie des livres, physiques comme numériques

PenguinIntéressante interview de Patrick Nolan, le vice-président de Penguin Books, la célèbre collection anglaise de livres de poche sur le site Actualitte. Il parle du livre numérique et revient évidemment sur les récents propos d'Arnaud Nourry (PDG d'Hachette) qui parlait de "livre stupide", qui ont beaucoup été relayés dans la presse anglo-saxonne:

C’est une déclaration assez provocatrice, qui, je crois, est au cœur de ce qui importe dans notre mission d’éditeurs: partager des histoires. Ce n’est pas spécifiquement que les ebooks soient stupides, mais ils ne sont pas en soi un sujet très intéressant. De fait, il s’agit simplement d’un véritable autre format pour partager de grandes histoires et des livres. Peut-être qu’une manière différente de dire que les ebooks sont stupides est d’affirmer le génie des livres! Les éditeurs ne devraient jamais perdre leur confiance en la puissance et l’importance du livre — physique ou numérique! Ça, ce serait vraiment stupide... L'ebook incarne juste un autre format pour lire un livre. Pas une révolution, mais un choix pour ceux qui le trouvent pratique pour une raison ou une autre.

On appréciera de la part d'un éditeur de poche. Pas de stigmatisation du livre numérique chez Penguin, tous les lecteurs sont les bienvenus chez le petit pingouin. A chacun de choisir!

PS: pas de chiffres de ventes. On se rappelle que, dès 2011, Penguin annonçait 14% de ses ventes au format numérique. Combien aujourd'hui?


Marché français : un livre numérique qui continue sa progression

NumeriqueTraditionnelles publications en cette veille d'ouverture de LivreParis. Celle du Ministère de la Culture avec ses chiffres-clés du secteur (il s'agit de chiffres 2016) le document sur le site, celle du Syndicat National de l'Edition au travers de son "Baromètre des usages du livre numérique" (réservé à ses seuls membres pour l'instant).

Nous l'aurons peut-être dans quelques jours. Tout en sachant que les chiffres 2017 du secteur seront donnés comme d'habitude au début de juillet. Des éléments concernant le livre numérique ci-dessous. MAJ: Le document est disponible, pour archives Téléchargement Barometre-2018

Livrelecture

Livrelecture2

Le cabinet GfK donne aussi des chiffres avec un comparatif imprimé et numérique. Au rythme régulier de 9/10% par an, ce dernier va bientôt franchir le cap symbolique des 100 Millions d'euros. Attention dans cette appellation "livre numérique" grand public, il n'est pas tenu compte de l'édition professionnelle qui continue très largement sa mutation numérique. Un petit complément à garder en tête, le livre au format de poche en France, c'est un peu plus de 350 Millions d'euros. Le livre numérique grand public représenterait près de 28% en valeur du format poche.

Bilan-marche-livres-2017-gfk

 

 

 

 

 

 

 

 


Publie.net : 10ème anniversaire

Publienet10ème anniversaire de Publie.net, sans doute l'un des premiers "pure-player" numérique comme on disait à l'époque. Dix ans déjà, les échanges avec François Bon, que de souvenirs... Aujourd'hui Publie.net ce sont 5 associés, 9 personnes au comité éditorial, un catalogue de plus de 600 titres dans de nombreuses collections. A télécharger sans DRM à petits prix, des modèles d'abonnements. Publie.net propose aussi des versions imprimées avec le livre numérique sans frais supplémentaires. Revoir mon premier billet en juin 2008, des premiers titres téléchargés sur la liseuse Sony, pas de format ePub à l'époque. Longue vie à Publie.net!


Editis : le livre audio avec Lizzie

LizzieLisez!, puis Lizzie. Le groupe Editis déroule sous l'impulsion de son nouveau patron Pierre Conte, avec de plus en plus de velléités pour proposer ses catalogues en direct pour les lecteurs en se passant des plateformes de ventes bien connues. Quelques semaines seulement après l'ouverture du portail Lisez! c'est sa petite soeur Lizzie qui a ouvert il y a quelques jours. Ce nouveau site propose une offre dans le secteur du livre audio. Un livre audio qui attire toutes les convoitises depuis quelques mois. Pour Lizzie, Editis s'est associé à TEA pour lancer le premier titre de sa marque audio le best-seller anti-Trump «Le Feu et la Fureur». La version audio est disponible sur lizzie.fr, en même temps qu’il paraît en version papier et numérique aux éditions Robert Laffont.  L'annonce a été faite par communiqué de presse. Pour fournir ce service, le groupe d’édition a donc choisi la startup française TEA, reconnue pour ses compétences dans la distribution et la lecture de livres numériques. Le service permet de consulter un extrait, d’acheter et de télécharger le livre audio. Le fichier fourni est ensuite lisible sur tout équipement compatible avec le format mp3, ordinateurs, smartphones, tablettes mais aussi la dernière liseuse Tea TouchHD elle-même compatible avec l'audio.


Arnaud Nourry : le livre numérique est stupide

Nourry"Stupid ebook". La formule aura décidément fait le tour de la planète du livre cette semaine. C'est en ces termes qu'Arnaud Nourry, le patron d'Hachette, aura qualifié le format numérique dans la récente interview qu'il a donné à l'occasion de la Foire qui se déroulait en Inde. L'interview complète à retrouver ici.

"Je pense que le plateau, ou plutôt le léger déclin, que nous voyons aux Etats-Unis et au Royaume-Uni ne va pas s'inverser, c'est la limite du format ebook, le livre numérique est un produit stupide: pas de créativité, pas d'amélioration"."... En tant qu'éditeurs, nous n'avons pas fait du bon travail en matière de numérique, nous avons essayé; nous avons essayé des livres numériques enrichis ou augmentés, nous n'avons pas assez travaillé; nous avons essayé des applications, des sites Web avec notre contenu... Nous avons un ou deux succès parmi cent échecs, je parle de toute l'industrie, nous n'avons pas très bien réussi."

Je ne vois pas pourquoi, sous prétexte que le livre enrichi ne fonctionne pas, qu'il s'agit pour autant de dénigrer la simple déclinaison au format numérique d'un texte. L'un comme l'autre sont respectables dans les usages. Sont "stupides" aussi les livres audio? Les livres au format de poche? Les lecteurs s'y retrouvent bien avec les caractéristiques que le format numérique permet. Tous les sondages valident les usages pratiques, la facilité d'accès, les prix moins élevés. Sans parler des questions d'accessibilité... Les bibliothèques ne trouvaient déjà pas grâce à ses yeux (il y a quelques années on s'en rappelle ici et ), c'est maintenant au tour des lecteurs de livres numériques... La politique du groupe Hachette n'est guère encourageante en France avec des prix élevés même quand ils sont en poche (20% au-dessus), truffés qu'ils sont tous de DRM, ne parlons pas du modèle désastreux pour les bibliothèques avec des files d"attentes de plusieurs mois pour obtenir un livre... Des millions de lecteurs aiment les livres numériques "stupides" à travers le monde, ne vous en déplaise Monsieur Nourry, ils vous rapportent tout de même de substantiels revenus en ces temps difficiles pour le secteur du livre. Pas un mot sur les juteux marchés professionnels, bien "homothétiques" aussi ceux-là. Allez, Monsieur Bezos a bien une longueur d'avance et lui respecte son lecteur... (via TheBookSeller).


Editis : un streaming pour le livre qui ne semble pas tabou

LisezLe groupe Editis (2ème français) pourrait-il ouvrir les vannes du streaming pour le livre? C'est en tout cas la question qui se pose à l'écoute des propos de Pierre Conte (PDG d'Editis) dans l'interview qu'il donnait cette semaine sur BFMBusiness. "Contrairement à ce que d'autres disent, je pense que le livre digital va monter, on ne parle là que de ventes à l'unité. On n'a pas évoqué les sujets de streaming qui d'une manière ou d'une autre vont arriver à moyen terme. Je ne vois pas pourquoi nous serions la seule industrie de contenus qui n'emploierait pas le streaming". Des propos qui tranchent avec ceux d'Arnaud Nourry (PDG d'Hachette) qui a toujours affiché une franche opposition sur le sujet allant même jusqu'à dire qu'il n'y aurait pas de streaming tant qu'il serait à la tête d'Hachette. Rappelons qu'Editis appartient au groupe espagnol Planeta qui a lui-même lancé en Espagne il y a quelques années Nubico une large offre de streaming de livres. Alors, un modèle de ce type pour le groupe Editis dans les années qui viennent, avec déjà un portail généraliste Lisez lancé cette semaine qui préparerait le terrain? Pour l'instant sur Lisez les extraits de livres sont proposés via Calaméo et les ventes au titre redirigées vers les libraires à choisir. Un bémol important cependant à prendre en compte. Planeta est tellement important sur le marché espagnol qu'il peut se lancer seul sur une offre crédible de ce type. C'est quand même loin d'être le cas en France avec une concurrence bien plus importante face à Editis en littérature générale. Même si les offres de streaming permettent aux autres secteurs culturels un net redémarrage depuis quelques années, la situation est très différente pour le livre où le support physique imprimé résiste bien. On l'a vu cette semaine avec la présentation GfK. Nous aurons peut-être des indices supplémentaires au prochain Salon du Livre. A suivre donc...


GfK France : le livre marque le pas en 2017

LogogfkLors de son traditionnel rendez-vous annuel sur le marché des contenus culturels (musique, vidéo, jeu vidéo et livre), l'institut GfK a donné quelques éléments intéressants sur le marché du livre numérique en 2017.

On s'y attendait. Sur un marché global "entertainment" à +2,5% en 2017 à 8,37 milliards d'euros (retour au chiffre de 2009), le marché du livre serait le seul marché en léger recul en 2017 (-1,2%), sous la barre symbolique des 4 milliards d'euros. Sur 10 ans, ce serait un recul de plus de 3%. Une année 2017 qui avait bien mal commencé avec un premier semestre désastreux (-4,8% à fin juin), le dernier trimestre aura été heureusement bien meilleur pour limiter la casse. Le marché du jeu vidéo continue son incroyable progression. A ce rythme il pourrait bien rattraper voire dépasser celui du livre dans six ans.

Courbe
Sur ce marché du livre atone, le livre numérique continue de progresser avec un chiffre de +9% par rapport à 2016 (97,5 millions d'euros). Preuve s'il en était une nouvelle fois que "l'un ne tue pas l'autre", les possesseurs de liseuses achètent en moyenne 14 livres par an dont 8 livres numériques, ce sont les plus gros consommateurs de livres. Quand on cessera de penser le numérique comme un épouvantail mais comme une opportunité avec de vrais relais de croissance...

Comme d'habitude, il faudra attendre les chiffres officiels de 2017 qui seront fournis par le SNE en juillet prochain.


Accessibilité : un logiciel Ace by Daisy pour les éditeurs

DaisyLe consortium Daisy qui oeuvre pour l'accessibilité des matériels et des contenus a annoncé hier la sortie de Ace by Daisy (Accessibility Checker for EPUB) un logiciel libre et gratuit pour contrôler la qualité des livres numériques, plus précisément leurs respects des standards internationaux en matière d'accessibilité pour les personnes en situation de handicap. “C'est un outil que l'industrie a besoin pour prendre à bras le corps les fonctionnalités liés à l'accessibilité, notamment les spécifications maintenant supportées par le format ePub3. Nous pouvons dorénavant collectivement avancer pour produire des contenus avec la meilleure expérience possible pour tous les lecteurs, visant une audience plus large en alliant nos obligations légales et morales". George Kerscher (Chief Innovations Officer, The DAISY Consortium and Steering Committee W3C Publishing Business Group). Voir le communiqué ici et la page d'accès au logiciel.


Editis : ouverture du site Lisez !

LisezOuverture aujourd'hui de Lisez! la nouvelle plate-forme du groupe Editis. Lisez! réunit les ouvrages de près de quarante maisons d'édition d'Editis (Robert Laffont, Lonely Planet, Pocket, 10-18, Fleuve, Plon, Perrin, Presses de la cité, First, la Découverte, Sonatine, Nathan, Cherche Midi, le Robert...). Avec l'ambition d'une très forte ouverture vers les réseaux sociaux. L'objectif est bien de renforcer le contact direct avec les lecteurs. Vous retrouverez tous les romans, les récits, les documents, les essais et les ouvrages pratiques mais aussi en exclusivité toutes les informations sur vos auteurs favoris, leur actu, les nouveautés, les prochaines parutions (avec mêmes l'envoi de newsletter ciblées). Pas de vente directe. Les achats renvoient au choix aussi bien vers des librairies physiques géolocalisées que des sites en ligne. Poche, grand format, le format numérique est bien sûr présent avec un espace dédié, près de 15.000 titres sont référencés.

PS: à signaler que ce site remplace purement et simplement certains sites des éditeurs (Sonatine, Robert Laffont, Cherche Midi, Plon, Perrin, etc.). Les redirections sont faites automatiquement. Mais pas encore de tous comme La Découverte, Belfond, Solar ou d'autres. Perte d'identité des maisons d'éditions? Chacun appréciera.


Edition : la révolution du livre imprimé, c'est aujourd'hui

InterforumImprimer à la demande quand le livre est vendu et seulement à ce moment-là. On n'en a peu parlé l'été dernier. Après Hachette il y a quelques années, le groupe Editis a mis en place une structure d'impression à la demande dans son unité logistique de Malesherbes, dans le nord-est du Loiret. C'est une première mondiale à cette échelle et sans doute une révolution majeure pour le monde de l'édition et de l'imprimerie. Interforum-Editis vient de concrétiser un projet mené sur plusieurs années avec l'américain EPAC. Avec ce système on peut très bien imaginer dans un avenir proche de réduire drastiquement les stocks de livres. Premiers tirages revus à la baisse, réduction voire suppression des tirages de réimpressions, suppression des stocks de livres défraichis, réduction des livres pilonnés, fin des livres épuisés. Une disparition des stocks physiques avec des livres toujours disponibles à l'état de neuf... Cela remet aussi en question les rapports avec l'auteur puisque, de facto, les ouvrages restent toujours disponibles, empêchant théoriquement à l'avenir toute restitution des droits. Sans parler bien entendu des gains financiers pour les éditeurs. Bref, un changement de logiciel complet pour la profession. Le livre de demain sera numérique et imprimé à la demande pour une très large part, c'est une certitude. A suivre...


Lisa est désormais disponible sur Android

LisaL'application de lecture Lisa, développée par l'équipe de ArtBookMagazine, est désormais disponible dans l'environnement Android sur GooglePlay. Attention, elle nécessite une version Android 5.0 ou ultérieure. Lisa propose une nouvelle expérience de lecture numérique adaptée à tous les formats : Pdf, ePub2, ePub3, recomposable ou à marge fixe, avec une attention toute particulière pour les livres illustrés. Elle est le "fruit de deux années de développements et de discussions avec des éditeurs, des auteurs, des designers pour penser et réaliser un lecteur simple et ergonomique, imaginer un projet évolutif et ouvert, gratuit et universel". ArtBookMagazine dispose d'un riche catalogue d'éditeurs sur la création contemporaine. Pour l'application Lisa, tous les détails sur le site.


Plus de 80 intégrales en promotion

IntegralesPour les "biblionumériphages", une vaste opération promotionnelle d'Intégrales est en cours du 3 au 31 janvier. Excusez du peu, plus de 80 séries sont proposées entre 7,99€ et 19,99€ selon le nombre de titres dans ces intégrales. L'univers de la fantasy à l'honneur, Bragelonne, L'Atalante et d'autres... Toutes ces séries sont sans DRM pour vos bibliothèques. Voir l'offre sur Feedbooks par exemple.


Paul Otchakovsky-Laurens: un éditeur qui avait préssenti le livre numérique

PolPaul Otchakovsky-Laurens, fondateur des Editions P.O.L. est décédé avant-hier dans un accident de voiture. Il laisse un vide très important. Je ne reviendrais pas sur le grand éditeur et le nombre d'écrivains dont il a permis la découverte en presque 35 ans. Je veux rappeler qu'il a été l'un des premiers professionnels à s'intéresser à la lecture numérique, dès 2007, au travers de son activité d'éditeur et la lecture des manuscrits qu'il recevait. Ils étaient bien peu à l'époque à comprendre les enjeux. Nous avions échangé au travers de quelques mails sur ses propres pratiques de lecteur et d'éditeur. Avant même l'apparition du format ePub, il proposait certains titres dans des formats PDF à la mise en page réduite, adaptés pour les premières liseuses 6 pouces. Revoir le témoignage qu'il donnait au Monde il y a presque 10 ans (je le reproduis dans son intégralité):

Patron de la maison d'édition P.O.L. (acronyme de ses initiales), Paul Otchakovsky-Laurens se reconnaît une faiblesse dans la vie: il est "techno-victime". A chaque fois que sort un nouvel appareil électronique, il n'a qu'une seule envie: l'acheter. Rien d'anormal, partant de là, à ce qu'il ait craqué pour un Reader de Sony lors d'un voyage aux Etats-Unis. L'appareil a beau avoir une utilité uniquement professionnelle chez lui, puisqu'il ne s'en sert que pour lire les manuscrits des auteurs qu'il publie, Paul Otchakovsky-Laurens est plutôt séduit par la chose: "L'écran est non seulement moins agressif que l'écran rétro-éclairé d'un ordinateur mais il est également moins éblouissant qu'un manuscrit imprimé sur du papier blanc A4. Certes, il n'y a plus de contact physique avec le texte, mais ce que l'on perd en matière, on le gagne en confort de lecture."

Aussi technophile soit-il, Paul Otchakovsky-Laurens n'a pas pour autant engagé sa maison d'édition sur la voie du tout-numérique. Seulement une vingtaine d'ouvrages de chez P.O.L. (Marie Darrieussecq, Martin Winckler, Camille Laurens…) sont actuellement disponibles en version numérique.

"Personne n'a envie de scier la branche sur laquelle il est assis, explique l'éditeur. En ce qui me concerne, je sais ce que je dois aux libraires puisque ceux-ci représentent pratiquement 100% de mon chiffre d'affaires en vente de livres et que le livre numérique y est tout à fait marginal. Je ne veux pas être l'apprenti sorcier qui va détruire un système qui me donne satisfaction. D'autant plus que le numérique ne sera jamais dominant. Les deux modèles vont devoir cohabiter dans un futur proche, et le monde du livre imprimé va très certainement souffrir. Mais il ne sera pas détrôné. Pas plus que le numérique n'imposera sa suprématie. Ni l'un ni l'autre ne triompheront."

Des propos frappés du bon sens à la relecture dix après, imprimé et numérique ensemble pour le meilleur. Aujourd'hui, P.O.L. compte plus d'un millier de titres au format numérique à son catalogue et les livres imprimés sont toujours aussi soigneusement réalisés. Un seul regret, qu'il ne se soit pas opposé aux DRM, lui qui était tant attaché aux libraires indépendants.

Paul Otchakovsky-Laurens avait réalisé un documentaire en novembre dernier, Éditeur, dans lequel il expliquait sa vocation et cette passion de l'édition. Voir l'article et l'interview de Pierre Lefait sur FranceInfo.


Edition Jeunesse : le numérique tarde à séduire les petits

EnfantsA l'occasion du Salon du livre de jeunesse de Montreuil, le Syndicat National de l'Edition (SNE) a communiqué quelques statistiques sur le secteur, l'un des plus dynamiques de l'édition avec 5,2% de croissance en 2016. Les livres numériques et autres contenus digitaux restent très en deçà des espérances. Bien loin de la littérature pour adultes. Alors qu'en 2016, le marché de l’édition numérique, tous supports et toutes catégories éditoriales confondus, a généré un chiffre d’affaires de 234 M. d’euros, le chiffre d’affaires des ventes de livres numériques de jeunesse est de 3,6 M., soit 1,5% du total des ventes numériques des éditeurs (alors que la jeunesse représente 13,5% du secteur global). Des chiffres bien décevants pour un numérique jeunesse qui avait suscité les plus grands espoirs à la sortie des tablettes il y a quelques années. Tous les détails à retrouver sur le document du SNE sur le site. On comprend mieux que les éditeurs recherchent maintenant d'autres voies du côté des livres augmentés avec des interactions entre imprimé et numérique.

Jeunesse


Readium LCP : un point complet

LCPA signaler un très complet billet sur Readium LCP du côté du blog BiblioNumericus. Une DRM plus simple d'utilisation qui devrait faciliter l'usage des livres numériques pour l'achat en librairie et le prêt de livres numériques en bibliothèques. L’objectif final est d’intégrer cette DRM Readium LCP pour abandonner la DRM d’Adobe, véritable plaie pour les lecteurs de livres numériques. Combien de temps cela va t-il prendre? Les estimations avancées sont prudentes, on parle de 2 à 3 ans pour abandonner complètement la DRM d’Adobe. Encore faut-il commencer... Pour l'instant seul Tea et ses partenaires ont mis en place Care, une DRM compatible avec LCP Readium. En février dernier, on parlait déjà d'une rampe de lancement, revoir ici.