53 notes dans la catégorie "Europe"

Bibliothèques : l'ABF appelle au droit de prêt pour le livre numérique

AbfL'ABF (Association des bibliothécaires de France) a publié aujourd'hui un communiqué demandant l'application en France du rendu de la Cour de Justice de l’Union européenne en matière de mise à disposition des livres numériques pour les bibliothèques (à revoir ici). 

L'ABF souligne que la décision est immédiatement applicable, sans nécessité de modifier la loi française sur le droit de prêt. Mais c’est à présent au niveau européen que l’effort doit être porté pour obtenir une modification de la directive sur le droit de prêt de 1992 et consacrer des modèles plus favorables à la diversité des usages numériques. En conséquence, l’ABF demande :

  • l’application immédiate de la décision de la CJUE concernant la mise à disposition des livres au format numérique [selon les règles du droit de prêt classique, à savoir une offre exhaustive et la règle «Une Copie – Un Utilisateur» (One Copy – One User) pérenne];
  • l'entrée des représentants des auteurs à la gouvernance de PNB;
  • l’ouverture d’une réflexion concertée au niveau européen et international, aux côtés de l’IFLA et d’EBLIDA, pour la modification de la directive sur le droit de prêt.

Voir le communiqué complet ici. Cela supposerait une évolution des modalités de prêt actuellement dans l'offre PNB (Prêt numérique en bibliothèque) qui repose pour la très grande majorité des éditeurs sur la simultanéité des offres et la durée limitée des licences. Pour être conforme au rendu de la CJU, une offre "basique" sans simultanéité et pérenne, sur le modèle actuel de celle que propose le groupe Hachette, devrait pouvoir être jointe aux offres actuelles. Reste évidemment à définir les prix et les modalités de gestion du prêt numérique par ailleurs réclamées par l'ABF. Paradoxalement, ce sont ces offres sans simultanéité qui sont les plus décriées par les bibliothécaires, surtout pour des nouveautés très demandées par les abonnés. Une offre calquée sur le prêt du livre imprimé qui représente un certain non-sens dans un environnement numérique.

D'autre part je relève:" Aujourd’hui seuls 18,5% des titres proposés par les éditeurs en numérique sont disponibles via PNB." Complètement faux, 123.866 titres disponibles dans PNB sur 235.737 titres disponibles dans l'offre commerciale des librairies (relevé LesLibraires.fr de ce jour), soit 52%.

PS: Dans ce communiqué, L'ABF cite le réseau Carel: "Comme le souligne l’association Réseau CAREL, les bibliothèques n’ont actuellement pas assez de poids dans les négociations contractuelles avec les éditeurs pour faire évoluer significativement le modèle." Bien au contraire, le réseau Carel a pu faire évoluer très significativement les conditions de PNB depuis trois ans avec les éditeurs. J'ai d'ailleurs vu sur twitter que le Réseau Carel avait demandé le retrait de propos qui ne sont pas du tout les siens.


Kobo en passe de racheter Tolino

KoboUne annonce importante en ce début d'année sur le marché européen du livre numérique. En effet, Tolino et Kobo seraient actuellement dans une phase de rapprochement. Le groupe japonais Rakuten, qui détient la marque Kobo, serait sur le point de racheter les actifs de Tolino détenus par l'opérateur Deutsche Telekom. Il faut avoir pour cela l'accord des nombreuses chaines de livres partenaires (Thalia, Weltbild, Hugendubel, Club Bertelsmann, etc.) qui proposent actuellement la marque en Allemagne mais aussi d'autres acteurs aux Pays-Bas, en Belgique, en Italie. Rappelons que la marque Tolino n'est pas la propriété de Deutsche Telekom bien qu'il en soit l'acteur clé, tant au niveau du développement de la gamme des liseuses que de la distribution numérique des livres. Tolino est un consortium soumis à des règles particulières. DT a proposé son projet de cession fin décembre devant ses partenaires.

Beaucoup de chaines et de librairies indépendantes peuvent voir dans ce rapprochement avec Kobo une ingérence dans leur propre business et pourraient sortir du consortium. Rakuten est en effet un acteur important dans le e-commerce et les marketplaces, avec des marques comme PriceMinister, Viber, etc. D'autre part, à la différence de Deutsche Telekom sur le marché du livre numérique, Kobo n'est pas seulement un distributeur, il est lui-même un libraire important dans les pays dans lesquels il est entré. Avec cette prise de contrôle de Tolino, Kobo dispose d'un fichier clients sur le livre certainement proche de celui d'Amazon en Europe. N'oublions pas, toujours dans le giron de Rakuten, Overdrive qui rêgne en maître auprès des bibliothèques anglo-saxonnes. En tout cas ce désengagement de Deutsche Telekom marque un tournant. Adieu l'Airbus européen de l'ebook... Va-t-on vers un marché européen à deux acteurs anglo-saxons monopolistiques, entre Amazon et Kobo? Réponse dans l'année à venir... (via TheDigitalReader).

PS: plus d'informations en cette fin de journée. Pas de rachat global, une intégration en douceur dans le consortium avec l'aval des partenaires qui sera effective fin janvier. La part de Kobo restera circonscrite à celle que possède Deutsche Telekom, qui se retire ainsi en tant qu'acteur central. Le prix de la transaction n'a pas été donné. La marque Tolino et les services actuels resteront identiques pour les clients. C'est l'autorité allemande de la concurrence qui doit donner son feu vert.

"C'est pour Deutsche Telekom le bon moment de sortir de Tolino, cette plate-forme que nous avons construite au cours des quatre dernières années avec de l'investissement et de la réussite», dit Felix Wunderer, chez Deutsche Telekom. Nous sommes heureux d'avoir aidé à écrire l'histoire avec le succès de Tolino, crucial en tant que fournisseur de technologie. En collaboration avec nos partenaires commerciaux, Deutsche Telekom a fait de Tolino une réussite avec un écosystème ouvert, une excellente alternative par rapport aux concurrents basés aux États-Unis".

"La décision de se départir de l'écosystème Tolino pour Kobo et faire de celui-ci un nouveau partenaire technologique ont été soutenus depuis le début".

"Le transfert de l'écosystème à Kobo est un signe de la maturité du marché. Après Deutsche Telekom qui était le partenaire fondateur parfait pour nous, Kobo nous permettra de maintenir la croissance a ajouté Nina Hugendubel" (via Boersenblatt).

La gamme de liseuses Kobo plus vaste devrait sans doute remplacer à moyen terme celle de Tolino.

A lire le communiqué de Kobo ici et le billet de TheBookSeller.


Italie : une baisse de la TVA qui porte le marché de l'ebook

ItalieLe livre numérique a le vent en poupe de l'autre côté des Alpes chez nos amis italiens. Une hausse de 21% sur le premier semestre 2016 par rapport à 2015. Il y a deux ans maintenant, les éditeurs décidaient de répercuter la baisse de la TVA sur les prix de vente public, de déserrer l'étau. Une politique qui a porté ses fruits sans aucune influence sur le marché global du livre imprimé italien. En complément un document qui revient sur l'évolution du livre numérique italien jusqu'en 2015. ici (via GoodeReader).


Europe : la TVA réduite confirmée par la Commission Européenne

EcLe retournement était en cours depuis plusieurs mois maintenant. La Commission européenne a entériné hier l'alignement de la TVA des livres numériques sur celle des livres imprimés dans chaque pays. Cette décision devrait être effective mi-2017 après le passage devant le Parlement européen. Fiscalement le livre numérique ne sera plus assimilé à un service mais à un livre avec les mêmes caractéristiques, seul variant son format. L'intention est bien de le rendre plus attractif avec une réduction de prix pour le consommateur européen. Espérons que cette décision sera suivie d'effet en France où les prix sont désespéremment élevés pour les lecteurs. Même si les groupes français pouvaient craindre un remboursement des sommes depuis la baisse de la TVA en France début 2012, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Il n'y aura plus cette excuse-là. A suivre... (via TheBookSeller).


Europe : le prêt numérique comme le prêt imprimé

LogoUne décision de la Cour de Justice européenne était attendue cette semaine. "Le prêt d’un livre numérique (e-book) peut, sous certaines conditions, être assimilé au prêt d’un livre traditionnel. Dans une telle situation, l’exception de prêt public, qui prévoit notamment une rémunération équitable des auteurs, a vocation à s’appliquer" indique un communiqué du service de presse de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Celle-ci était saisie d'une question soulevée par la justice néerlandaise à la suite d'une procédure engagée par l'association regroupant les bibliothèques publiques des Pays-Bas contre les contrats de licence que lui imposent les ayants droit, via une société de gestion de droits. Une décision qui pourrait remettre en cause les licences actuelles de prêts aux bibliothèques. Tout dépend ce que l'on met bien sûr sous les "certaines conditions".

Si l'on suit le raisonnement, le principe qui aurait les faveurs de la Cour de Justice européenne serait celui qui a cours pour le livre imprimé, à savoir une licence imprimée/ numérique unique à l'exemplaire achetée par les établissements et un prêt unique à l'usager sans simultanéité. Un modèle de licence qui par ailleurs n'a guère de sens dans l'univers numérique et ne satisfait pas les bibliothèques pour leurs usagers. L'arrêt de la Cour de justice de l'UE n'entraîne pas de conséquence immédiate, mais il place le système français sous la menace d'un recours identique, qui s'appuirait sur cette décision de la juridiction suprême en Europe. Pour clarifier cette situation, une adaptation du droit de prêt en France pourrait s'avérer nécessaire. Acheter deux fois, c'est bien là le problème. Au-delà de cette décision pour les bibliothèques, je trouve qu'elle va aussi dans le sens de l'offre couplée (imprimé-numérique) pour les consommateurs, une offre qui mériterait une évolution elle aussi nécessaire dans les prochaines années (via Livres-Hebdo).

PS: un seul exemple pour illustrer le problème auquel sont confronté les bibliothèques, celui du dernier livre de Umberto Eco, Ecrits sur la pensée au Moyen-Age, publié chez Grasset au printemps dernier. Les coûts pour disposer à la fois en prêt de la version imprimée (30€TTC avec une remise de 9% maximum) et de la version numérique pérenne (un prêt à la fois dans des conditions identiques au livre imprimé) au prix de 86,97€, trois fois le prix public hors-taxe de la version imprimée...


Relire : une décision européenne à l'automne

RelireL'avis était attendu aujourd'hui. Le dispositif Relire de numérisation des livres indisponibles mis en place en France est dans le collimateur de la Cour de Justice Européenne. Son avocat général a confirmé que la directive européenne sur le droit d'auteur ne prévoit pas qu'une réglementation nationale autorise "la reproduction et la représentation sous une forme numérique de «livres indisponibles», même si cette réglementation permet aux auteurs ou aux ayants droit de ces livres de s’y opposer ou de mettre fin à cet exercice". Si la CJUE tranche dans le même sens, elle remettra en cause ce programme de réédition en France des livres indisponibles du XXe siècle, autorisé par la loi du 1er mars 2012. La décision de la Cour interviendra à l'automne (via Livres-Hebdo).


Europe : les chiffres du livre numérique en 2015

EuroLes chiffres pour l'année 2015 sont tombés dans les différents pays. Semaine de l'Euro oblige, j'ai compilé les résultats des cinq principaux pays du marché du livre numérique européen pour l'année 2015, dans l'ordre Espagne, Pays-Bas, Allemagne, Italie et France. La part du livre numérique sur le marché grand public global. Je n'ai pas mis le chiffre anglais, celui-ci loin devant dans le marché anglo-saxon. Des résultats donnés en France en fin de semaine dernière par le SNE (Syndicat National de l'Edition) qui posent question. La France serait bonne dernière du peloton et de loin. Notre pays subirait un réel décrochage par rapport à nos voisins européens. Un différentiel de 1,4% avec l'Allemagne, un marché à la structure traditionnellement comparable, c'est énorme. Comment expliquer ces chiffres ? J'avoue que je reste très dubitatif...

Europe


Tolino Page : un modèle de base en eInk Carta à 69€

Tolino-pageFort de son succès en Allemagne, Tolino vient défier Amazon sur l'entrée de gamme, là où il est traditionnellement très difficile de lutter car les modèles sont largement subventionnés à prix coûtant, voire plus. Tolino sort en effet dans les semaines à venir une nouvelle liseuse Tolino Page au prix de 69€. Là où Tolino fait très fort c'est que ce modèle d'entrée de gamme sera bien avec un écran en eInk Carta, et non en Pearl comme celui d'Amazon avec son Kindle. La meilleure qualité d'écran à petit prix. Définition en 167ppi, 800×600 pixels. Un processeur 1GHz Freescale i.MX 6, 512 MB RAM et 4 GB de mémoire. Pas d'éclairage intégré. Tous les détails par exemple chez Thalia.

Avec les Shine 2HD et Vision 3HD, Tolino possède désormais une gamme de liseuses complète qui devrait renforcer encore sa position sur le marché allemand et dans les autres pays où il est présent (Autriche, Italie, Suisse, Belgique). L'avantage de Tolino c'est qu'il dispose, contrairement à Amazon, d'un grand nombre de distributeurs avec des magasins physiques. Avec l'opérateur Deutsche Telekom au commande de l'environnement. On pourrait même imaginer que dans un avenir proche, DT puisse proposer l'accès au réseau mobile à ses abonnés sur des liseuses Tolino pour accéder à leur bibliothèque et la librairie numérique. Impossible pour Amazon d'en faire autant sans des accords couteux. A signaler qu'une boutique française en ligne a même fait discrètement son apparition. Les modèles ne sont pas encore disponibles, à suivre de très près... (via TheDigitalReader).

PS: pour ceux qui en douterait, Tolino permet bien de gérer la DRM Adobe, voir cette vidéo mise en ligne en décembre.

PS: les liseuses Tolino sont disponibles dans les boutiques Club en Belgique francophone.


Europe : les libraires européens pour la liberté d'expression

EibfC’est demain 22 juin 2016 que l’UNESCO devrait dévoiler le nom de la ville désignée Capitale mondiale du livre 2018 ; un choix qui devrait tenir compte des recommandations de l’association internationale des éditeurs (IPA) et la fédération internationale des associations de libraires (IFLA). Egalement membre du comité de sélection depuis 2002, l’EIBF (et précédemment IBF) a en effet annoncé sa décision de démissionner, effective ce jour.

« Il nous semble important de partager publiquement les raisons qui nous poussent à ne plus soutenir ce Prix, ou tout du moins les nouveaux critères d’évaluation qui lui seront applicables à partir de cette année » précise Fabian Paagman, co-Président de l’EIBF « L’EIBF a toujours soutenu avec la plus grande fermeté les principes mis en avant dans l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. Pour l’EIBF il est donc clair que la liberté d’expression représente un principe démocratique fondamental qui se doit d’être respecté en toutes circonstances et dont l’application n’est en aucun cas négociable. Publier et vendre des livres n’est possible que grâce au respect inconditionnel de ce fondement essentiel qu’est la liberté d’expression.» Lire le communiqué complet de l'EIBF ici.


Europe : les livres numériques de plus en plus comme les livres imprimés

Cour-europeenne-justiceAprès le taux de TVA, le prêt en bibliothèque. Les livres numériques devraient être traités comme les livres physiques aux fins de prêt dans les bibliothèques, un conseiller en haut tribunal de l'Europe l'a affirmé. Maciej Szpunar, avocat général à la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), a en effet complété dans un avis publié aujourd'hui que les bibliothèques publiques devraient être autorisées à prêter des livres numériques à condition que les auteurs obtiennent des rémunérations équitables. Une directive européenne de 2006 stipule que le droit exclusif d'autoriser ou d'interdire la location et les prêts appartient à l'auteur de l'œuvre. Toutefois, les pays peuvent choisir de déroger à cette règle aux fins de «prêt public», à condition que les auteurs obtiennent une rémunération équitable. La pratique est très différente selon les états membres.
En France, cela impliquerait que le prêt de livres numériques relève de règles similaires à celles du livre imprimé, à savoir les conditions actuellement gérées par la Sofia pour les auteurs. Les conditions de rémunération des auteurs sont pour l'instant assez floues dans le cadre du prêt du livre numérique en bibliothèque. Cette avis au niveau européen s'il est confirmé donnera sans doute une première avancée de la législation française en la matière (via ArsTechnica).

PS: une première réaction, celle de l'EBLIDA (European Bureau of Library, Information and Documentation Associations). Lire le billet dans Livres-Hebdo qui rappelle: "Le ministère de la Culture et de la Communication a accompagné la mise en place du Prêt numérique en bibliothèque (PNB), un système contractuel qui ne fait pas l'unanimité chez les bibliothécaires en raison de son coût, alors que la redevance pour le prêt de livres imprimés gérée par la Sofia ne leur pose pas de problème". On pourrait s'orienter vers un système strictement identique au livre imprimé.


Europe : fin du geoblocking en vue, sauf pour le livre numérique

CommissionLa Commission Européenne a présenté aujourd'hui un certain nombre de mesures pour mettre un terme au geoblocking qui empêche n'importe quel citoyen européen d'accéder à des biens et services proposés dans d'autres pays que le sien. Une situation discriminatoire pour le consommateur dans le cadre d'un marché unique (via RTENews). Le livre numérique n'entre pour l'instant pas dans les biens et services concernés comme l'a confirmé le syndicat européen des éditeurs (FEE). Son président, Pierre Dutilleul, a déclaré: «Le marché du livre numérique est en devenir dans de nombreux Etats européens et les investissements consentis par tous les acteurs pour servir la plus vaste audience possible, sont considérables. Cependant, au vu de la taille encore limitée de ce marché et pour respecter des législations nationales qui garantissent et promeuvent la diversité culturelle, inclure les livres numériques dans le règlement sans avoir pris la mesure de l’impact, aurait un effet défavorable sur le marché lui-même. Avec cette clause de révision, la FEE et ses membres vont travailler avec les services de la Commission pour trouver le juste équilibre respectant l’écosystème du livre.» Lire le communiqué du SNE ici.


Europe : la Commission Européenne recommande l'alignement de la TVA

EuropeLa Commission européenne (CE) a recommandé jeudi de réduire la taxation des livres numériques afin de l'aligner sur celle des livres imprimés. Les règles européennes en la matière permettent pour le moment d'appliquer un taux de TVA réduit aux seuls livres imprimés. Dans un document consacré à la fiscalité, la CE indique qu'elle va soumettre cette année un projet de loi visant à "s'assurer que les livres numériques peuvent bénéficier des mêmes taux réduits que les publications papier". Espérons que d'autres dossiers suivront, notamment ceux sur les restrictions de territoires et sur l'interopérabilité des formats et des matériels, des mesures qui seraient les bienvenues pour tous les citoyens européens (via LaTribune).


Europe : enfin un alignement des TVA entre imprimé et numérique

BruxellesDans le cadre d’un plan d’action sur la TVA, qu’elle s’apprête à dévoiler aujourd'hui, la Commission européenne devrait proposer d’autoriser pour chaque pays membre l’alignement des taux de TVA des publications numériques sur ceux pratiqués pour les supports physiques. En clair les livres et journaux électroniques pourraient bénéficier, eux aussi, des taux réduits dont jouissent, en France, leurs équivalents sur papier. Ce serait une sacrée victoire pour les publications numériques. La confirmation de la TVA réduite pour le livre numérique à 5,5% serait définitivement acté (via LesEchos).

Overdrive arrive en Allemagne

OverdriveOverdrive, le géant américain des offres de prêts numériques en bibliothèques, arrive en Europe, dans un premier temps par l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse avec trois premières bibliothèques. Overdrive, c'est 34.000 établissements partenaires à travers le monde anglo-saxon, plus de 90% du marché américain, c'est dire. Il y a un an, Rakuten mettrait la main sur Overdrive avec un crédo "une entreprise de partage de l'économie en tant que partage de livres", revoir le billet ici et le dossier consacré par l'Enssib en 2014 (via GoodeReader).


EDRLab : interview de Pierre Danet

EdrlabPierre Danet (Hachette Livre) présente le nouveau "laboratoire européen de la lecture numérique" à Paris, l'EDRLab (European Digital Reading Lab). Emanation de l'IDPF (International Digital Publishing Forum), cet organisme qui a ouvert à l'automne dernier va être la tête de pont des développements du format ePub et de son environnement en Europe. Open source, interopérabilité, accessibilité, vite, vite...


Europe : le livre numérique à 5% du marché de l'édition

FepIntéressante communication de la Fédération des Editeurs Européens (FEE) qui représente les associations d'éditeurs de 28 pays en Europe. Les données agrégées de 2014 confirment un développement continu du livre numérique qui représenterait désormais environ 5% du marché global de l'édition en Europe. La France est dans la moyenne puisqu'elle devrait atteindre ce chiffre pour 2015. Du côté de l'offre, sur un catalogue général disponible de 16,9 millions de titres, 3 millions existent au format numérique, soit 17,75% du total. A lire ici.


Droit d'auteur : écouter les auteurs

Mariesellier"Plutôt que d’étendre à l’infini le périmètre des exceptions existantes ou de les multiplier sans assurance pour les auteurs de percevoir une quelconque compensation « juste et équitable », plutôt que de vouloir détricoter les principes d’un droit d’auteur que nous avons mis des années à élaborer et qui a permis aux auteurs de créer librement et aux lecteurs d’avoir accès à l’ensemble de nos œuvres, plutôt que la politique d’un illusoire “tout gratuit” dont les seuls bénéficiaires seront les grandes plates-formes de diffusion et autres fournisseurs de contenus, l’Europe devrait nous aider à obtenir un meilleur partage de la valeur, notamment dans l’univers numérique et dans certains secteurs de l’édition comme la jeunesse, à lutter contre les clauses abusives de nos contrats, à favoriser la transparence et le contrôle des comptes que nous envoient nos éditeurs et à nous prêter main forte pour combattre efficacement le piratage de nos œuvres.

Notre liberté de créateurs en dépend."

En mars dernier, l'écrivaine et scénariste Marie Sellier s'exprimait ainsi sur la réforme du droit d'auteur dont on parle tant aujourd'hui. Des mots simples, une inquiétude partagée par beaucoup d'auteurs. J'avais trouvé le ton très juste à l'époque. Lire sa lettre complète à Julia Réda sur le site de Laure Limongi.


Readium : la tête de pont en Europe bientôt à Paris

ReadiumL'annonce avait été faite au printemps dernier. L'International Digital Publishing Forum (IDPF) et la Fondation Readium (Readium) sont en train de lancer officiellement leur siège européen à Paris. La nouvelle opération sera accueillie par L’European Digital Reading Lab (EDRL) qui a été constitué avec le soutien du gouvernement et des intervenants de l'industrie française, avec 1,5 millions d'euros de fonds supplémentaires déjà engagés par les parties prenantes (Syndicat National de l’Edition, Cercle de la Librairie, Cap Digital, Ministère de la Culture et Centre National du Livre). L'objectif global de l'initiative est d'encourager la participation au niveau européen d'EDRL, IDPF & Readium dans l'économie numérique, de promouvoir les technologies Epub/ Web pour l'édition. Ce développement favorisera des normes ouvertes et un développement en Open Source afin d'améliorer la disponibilité, l'accessibilité et l'interopérabilité des publications numériques. Les bureaux européens seront situés dans le centre de Paris dans les installations de CapDigital, l'incubateur d'innovations et d'affaires dédié à la promotion du développement de l'économie numérique en Ile-de-France. EDRL recrute actuellement du personnel clé, à commencer par son CIO qui dirigera l'Open Source Lab pour la zone européenne (via EpubZone).


Leclerc avec Tolino cette année ?

LeclercSi les libraires indépendants sont désormais de plus en plus pressants envers Orange pour une solution "Tolino à la française", Tolino avance ses pions et tente de séduire des acteurs majeurs de la distribution du livre dans toute l'Europe. Les coûts d'entrée sont élevés, pour l'instant l'accès réservé à des enseignes majeures. En France, quel acteur pourrait les rejoindre d'ici la fin de l'année? Cultura a fait le choix de Tea, la solution développé par Guillaume Decitre. La Fnac avec Kobo depuis 2011, mais la situation pourrait bouger. Même chose pour l'enseigne Relay qui est partie pour l'instant avec Bookeen. Mais l'acteur le plus important à mon sens, c'est bien Leclerc qui a clairement afficher ses objectifs il y a quelques mois pour concurrencer Amazon. Avec déjà un portail et des investissements dans la logistique pour le e-commerce, un environnement dans le domaine du livre numérique n'est pas envisageable. Leclerc pourrait bien aller très vite avec Tolino. Et puis ce serait bien dans le tempérament de Michel-Edouard Leclerc de secouer le cocotier français en entrant dans l'environnement Tolino de l'opérateur allemand Deutsche Telekom. Son côté "éternel ado qui veut transformer le monde". A suivre...


Tolino : l'Airbus européen de l'ebook?

Tolino2Tolino, un petit mot qui fait son chemin et qui tient tête de plus à un autre mot de six lettres bien connu commençant par un K. Après l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse en 2013, c'est un déploiement chez de nombreux partenaires distributeurs en Belgique, en Italie et aux Pays-Bas qui s'est poursuivi l'année dernière et cette année. De plus en plus de grandes enseignes du livre en Europe rejoignent l'environnement Tolino porté par l'opérateur allemand Deutsche Telekom. Tolino représente un investissement global -recherche/développement, liseuses, gestion du cloud, commercialisation, marketing-, qu'aucun distributeur du livre n'est capable d'assumer seul. Concurrencer Amazon est à ce prix sur des marchés européens du livre numérique qui commencent à devenir mâtures. Il y a quelques semaines Tolino présentait une road-map impressionnante. L'Airbus du livre numérique serait-il en route en Europe? En tout cas cela y ressemble bien, avec des acteurs importants qui misent sur la durée.

Tolino


Livre numérique : Bruxelles enquête sur les contrats d'Amazon

EuropeSelon un article de l'AFP, la Commission européenne a ouvert aujourd'hui une nouvelle enquête visant Amazon, déjà dans le collimateur pour le régime fiscal dont il bénéficie au Luxembourg, et désormais soupçonné par Bruxelles d'abus de position dominante dans la commercialisation des livres numériques. En cause des clauses dans certains contrats qui obligeraient les maisons d'édition à informer Amazon si elles offrent des conditions plus favorables ou différentes à ses concurrents et à lui accorder des conditions analogues ou au moins aussi favorables. Ironie de l'histoire, on se rappelle des descentes des "hommes en noirs" de la Commission européenne chez les éditeurs parisiens il y a quelques années. A l'époque, c'était Apple qui était visé avec des soupçons d'ententes sur les prix. Certains avaient soupçonné que le "téléguidage" de Bruxelles venait de ce même Amazon. La roue tourne... (via LePoint).


Europe : une TVA réduite et alignée pour la presse et le livre

JunckerEnfin une ouverture du côté de la Commission européenne concernant le taux de TVA sur le livre numérique. Le président Jean-Claude Juncker lui-même, a rencontré la semaine dernière l’association des éditeurs de presse allemands et leur a promis au premier semestre 2016 une réforme des règles européennes sur la TVA qui permette de réduire le taux appliqué au livre numérique et à la presse en ligne. Presse et livre à la même enseigne. Les règles fiscales devaient être «technologiquement neutres» dans la mesure où lire des livres et des articles sur du papier ou sur une tablette n'est «pas différent». Les Etats membres qui le souhaiteraient pourraient baisser la TVA sur les services électroniques de presse en ligne et de livre numérique. Une proposition de directive sera faite par la Commission européenne début 2016. On parlait de "jouer la montre" en début d'année face aux remontrances dont avait été l'objet la France. Cela s'annonce en effet comme étant la bonne tactique. L'Europe va suivre. Reste à ce que cette directive soit votée à l'unanimité des Etats membres l'année prochaine (via Les Echos).


Droit d'auteur : les éditeurs européens font entendre leur voix

FeeLe Syndicat National de l'Edition relaie aujourd'hui en s'y associant une campagne à l'initiative de la FEE (Federation of Europeen Publishers). A l'heure où le droit d'auteur est débattu à Bruxelles, les éditeurs européens lancent "une campagne de communication pour défendre le droit d’auteur sous la bannière #CopyrightForFreedom, pour rappeler les fondamentaux du droit d’auteur, en tant que garantie de la liberté d’expression et créateur de valeur pour l’ensemble de l’écosystème du livre". Une pétition est ouverte ici.


Pétition : les auteurs se mobilisent contre le piratage

LivresLe piratage de livres numériques est de plus en plus préoccupant en France. Les derniers chiffres du Salon du Livre l'ont montrés. On a appris pas plus tard que la semaine dernière que l'action en justice à l'encontre du plus grand site de piratage francophone n'aura finalement pas de suite. Face à ce constat les auteurs se mobilisent. A signaler une pétition qui circule actuellement: "A l’heure où la question de «l’adaptation» des droits d’auteur est en passe d’être décidée au niveau du Parlement Européen, au moment où se prépare un projet de directives qui va renforcer et élargir les exceptions et en ouvrir d'autres, nous, auteurs et illustrateurs de livres, réclamons que le phénomène du piratage littéraire ne soit plus pris en compte de façon "artisanale" au coup par coup, mais que des dispositions rapides et efficaces soient mises en place par les autorités compétentes". Plus de 200 auteurs et illustrateurs ont déjà signés. A retrouver ici (via Scam).

PS: à relire le débat qui avait eu lieu il y a bientôt trois ans déjà autour de l'activité d'un site de piratage massif de livres numériques. Les éditeurs avaient réagi avec la fermeture du site. Face à eux, les habituels partisans de la licence globale, relire ici. Les mêmes radicalisations sont là aujourd'hui.


Pays-Bas : le pays européen de l'ebook

Netherlands_flagLes Pays-Bas sont sans doute le pays européen le plus dynamique en matière de livres numériques. Une infographie offre aujourd'hui un beau panorama du marché au premier trimestre de cette année. Près de 38.000 titres, une hausse de 22% des ventes par rapport à l'année dernière, 5,2% du marché de l'édition. 1.400.000 liseuses, près de 8 millions de tablettes. On retiendra aussi la très forte proportion de livres sans DRM ou avec un seul tatouage, puisque c'est 2/3 des titres qui sont concernés. Vertueux éditeurs, heureux lecteurs. Un bel exemple à suivre pour les autres pays européens (via TheDigitalReader).

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