168 notes dans la catégorie "Google"

Google : fin de la numérisation avec Hachette

GoogleGoogle a rompu fin août son accord de numérisation avec Hachette. Il portait à l'origine sur 40.000 à 50.000 titres, des livres qui ne sont plus commercialisés par le groupe mais toujours sous droits d'auteurs. Google n'a pas donné suite, sans plus d'explications si l'on en croit les récents propos d'Arnaud Nourry (PDG d'Hachette). Signé en 2010, il s'agissait surtout pour Google de regagner la confiance des éditeurs français après des procès à répétition contre son projet GoogleBooks. Google c'était le diable à l'époque... Un exercice réussi pour Google de ce côté-là puisque tous les catalogues commerciaux des éditeurs ont rejoint le store GooglePlay quelques années plus tard. Restait un contrat-boulet bien couteux pour Google avec des livres visiblement défraichis, un paradoxe pour un éditeur... «Hachette avait fixé un certain nombre de critères de qualité sur l'état des livres, explique-t-on chez Google. Or, tantôt ils étaient déchirés, tantôt couverts de traces de doigts, ou froissés, après être restés longtemps dans les librairies et les bibliothèques. Finalement, seule une petite proportion pouvait être mise en ligne et monétisée». Les enjeux sont ailleurs pour le géant californien... (via LesEchos).


Etats-Unis : les auteurs définitivement déboutés face à Google Books

UsaImmense déception pour les associations d'auteurs aux Etats-Unis qui ont été débouté aujourd'hui par la Cour Suprême face au projet Google Books. Ce dernier recours du syndicat américain des auteurs (Authors Guild) faisait appel d'une précédente décision de justice, lorsque des écrivains avaient assigné Google en justice, estimant que la numérisation d'ouvrages sans leur consentement enfreignait leurs droits d'auteur. La justice américaine avait déjà donné raison à Google dans un précédent arrêt daté de 2013. C'est la fin d'une bataille judiciaire qui aura duré près de dix ans. Google valide ainsi son chantier de numérisation industrielle des fonds prêtés par les bibliothèques ; le fameux "Fair Use" -usage équitable- est confirmé une nouvelle fois, auteurs circulez... (via Livres-Hebdo).


Google Docs : faites vos ePub

EpubA signaler une nouvelle fonctionnalité bien pratique dans GoogleDocs, le logiciel de traitement de texte de la suite bureautique gratuite proposée par Google. Vous pouvez désormais créer vos propres ePubs dans les paramètres d'enregistrement. Le détail de l'annonce par Google ici. J'espère qu'elle sera suivie bientôt par d'autres. Merci à Cyril Labordrie, responsable de l'European Digital Reading Lab. à Paris, sur twitter.

PS: il est bien entendu que les ePubs produits n'ont pas la qualité requise pour une distribution commerciale. Il s'agit d'un outil pratique pour tout un chacun au quotidien pour embarquer des textes sur les liseuses, tablettes et smartphones.

Voir cette photo


Google : le projet Editions At Play

ThebooksIntéressant projet. Google lance une nouvelle expérience en matière de livres numériques avec EdtionsAtPlay. Développé conjointement par un éditeur basé à Londres et le Creative Lab de Google à Sydney, le site propose des livres numériques innovants. Né d'une «réponse» à l'évolution du paysage de l'édition numérique, à base d'ebooks, d'ebooks enrichis et de fichiers PDF en ligne. L'objectif de l'initiative est de «permettre aux écrivains de créer des livres qui ne peuvent pas être imprimés» et, selon Google, qui «correspondent mieux à la sensibilité du 21e siècle». Dans un blog, Google va plus loin: «Editions At Play est une expérience pour explorer le potentiel des livres numériques. Des livres qui changent dynamiquement sur ​​votre téléphone ou votre tablette, en utilisant tous les attributs de la mobile du web pour faire des choses que les livres imprimés ne peuvent pas faire. Autrement dit, nous voulions voir si nous pouvions garder l'intégrité de la lecture, mais jouer avec la forme numérique du livre.» Les premiers titres coûtent 2,99£ chacun à travers le Google Play Store et peuvent être lus à la fois sur les appareils Apple et Android. Plus de détails sur le billet de TheBookSeller et cette présentation.


Google Books dans 75 pays

GoogleGoogle a annoncé hier l'ouverture de son offre Google Play Books dans 9 nouveaux pays du Moyen-Orient (Bahrain, Egypte, Jordanie, Koweït, Liban, Oman, Qatar, Arabie Saoudite et Emirats Arabes Unis). Ce sont désormais 75 pays qui sont couverts par le géant américain. Malgré cette offre large et l'essor des matériels sous Android, Google reste néanmoins très loin derrière Amazon et Apple en terme de ventes.


Google Books : une page se tourne

GooglebooksLa bibliothèque universelle de Google a fait long feu. C'est Le Monde qui revient cette semaine sur Google Books, l'un des projets les plus ambitieux de bibliothèque universelle pour tous. Que n'a-t-on pas écrit à l'époque sur ce projet. "Lancé en décembre 2004, le programme Google Books a permis la numérisation de plus de 10 millions d’ouvrages, grâce à des accords signés avec 29 bibliothèques (22 américaines et 7 européennes, dont la bibliothèque municipale de Lyon, deuxième fonds de France). En comparaison, Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France (BNF), numérisait 300.000 ouvrages en mode texte, à la même période. Aujourd’hui, une page est tournée. Le géant de Mountain View s’occupe prioritairement de l’actualité, tout comme ses rivaux Facebook et Apple. Google n’a plus aucun programme de numérisation de bibliothèque en cours." B is it for Books or for Business?
 
PS: Affordance n'aura plus de grain à moudre de ce côté-là...

Piratage : Google est en train de revoir sa copie

Google-play-logo11Google a fermé sur sa boutique Google Play son offre de livres numériques en auto-publication. Quelques semaines après les révélations autour de la présence de contenus piratés, le géant américain procède sans doute à un sérieux ménage avant de revenir avec un système de filtrage plus respectueux des éditeurs et des auteurs (via GoodeReader).


Literata : nouvelle police sur GoogleBooks

LiterataGoogle propose une nouvelle police de caractère Literata sur sa plateforme GoogleBooks. Elle va remplacer Droid Serif. On se rappelle qu'Amazon avait développé par le passé l'excellente Caecilia devenue un standard. Cette nouvelle police Literata est très réussie, je vous invite à la télécharger ici pour la tester sur vos différentes liseuses. Si vous recherchez comment faire, revoir mes différents tutos. Tous les détails sur Literata et son développement sur les sites TypeTogether et FastCoDesign. C'est l'occasion d'échanger sur vos polices préférées dans les commentaires. Perso c'est devenu CharisSIL en standard, suivie d'Amasis et Caecilia. Et vous? (via GoodeReader).

Literata


Le piratage de livres sur le store de Google

GoogleAprès le moteur, le store... Google décidément toujours aussi peu regardant auprès des éditeurs sur sa politique envers le piratage. Il ne lui suffit plus de relayer très largement les contenus piratés sur son moteur de recherche, voilà que les pirates s'installent vertement sur son store de livres Google Play avec des livres piratés. Avec des revenus à l'appui. Tout est bon pour les cochons avec la bénédiction de Google. Jugez plutôt la liste que donne le site TheDigitalReader. A voir la date de certains livres, cela durerait depuis bientôt un an. Sidérant...


Les vitrines d'auteurs dans la stratégie commerciale

KennedyDepuis quelques années la mise en valeur des auteurs au travers des plateformes fait l'objet d'une attention toute particulière. C'est bien souvent un point d'entrée décisif pour beaucoup de lecteurs dans la recherche de livres, à la fois parce que l'on connait déjà l'auteur, mais aussi au travers d'un simple conseil autour de soi. On peut dire que c'est Google qui aura véritablement lancé le signal avec une refonte de ses propositions de recherche, plus visuelles. Il m'a paru intéressant de comparer les différentes vitrines sur un auteur particulier avec la stratégie commerciale associée. J'ai choisi Douglas Kennedy, auteur de best-sellers depuis de nombreuses années, car il fait l'objet d'un traitement désormais très complet. L'ordre que j'ai choisi est celui donné dans les résultats de recherche Google.

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Le site officiel de l'auteur: ici

  • résultat recherche Google: n°1
  • éléments biographiques: oui
  • éléments bibliographiques: oui
  • commentaires, critiques: non
  • offres commerciales: oui
  • contenus enrichis : oui
  • réseaux sociaux: oui
  • inscription newsletter: oui

Douglaskennedy

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Wikipedia: ici

  • résultat recherche Google: n°2
  • éléments biographiques: oui
  • éléments bibliographiques: oui
  • commentaires, critiques: non
  • offres commerciales: non
  • contenus enrichis : non
  • réseaux sociaux: non
  • inscription newsletter: non

Wikipedia

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Google: ici

  • résultat recherche Google: n°3 (dans la partie droite de la page, Livres)
  • éléments biographiques: renvoi wikipedia
  • éléments bibliographiques: oui
  • commentaires, critiques: non, pas directement
  • offres commerciales: pas direct, par Google Livres, puis Google Play (4 clics)
  • contenus enrichis : non
  • réseaux sociaux: non
  • inscription newsletter: non

Google---------------------------

Fnac: ici

  • résultat recherche Google: n°3
  • éléments biographiques: oui
  • éléments bibliographiques: oui
  • commentaires, critiques: oui
  • offres commerciales: oui
  • contenus enrichis : non
  • réseaux sociaux: non
  • inscription newsletter: non

Fnac

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Babelio: ici

  • résultat recherche Google: n°4
  • éléments biographiques: oui
  • éléments bibliographiques: oui
  • commentaires, critiques: oui
  • offres commerciales: pas direct, renvoi vers Amazon
  • contenus enrichis : oui
  • réseaux sociaux: oui
  • inscription newsletter: non

Babelio

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Amazon: ici

  • résultat recherche Google: n°5, 6, 7 et 8
  • éléments biographiques: oui
  • éléments bibliographiques: oui
  • commentaires, critiques: oui
  • offres commerciales: oui
  • contenus enrichis : non
  • réseaux sociaux: non
  • inscription newsletter: non

Amazon

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Facebook: ici

  • résultat recherche Google: n°9
  • éléments biographiques: non
  • éléments bibliographiques: non
  • commentaires, critiques: non
  • offres commerciales: pas direct, renvoi vers le site de l'auteur
  • contenus enrichis : oui
  • réseaux sociaux: non
  • inscription newsletter: non

Facebook

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Belfond: site éditeur ici

  • résultat recherche Google: n°10
  • éléments biographiques: oui
  • éléments bibliographiques: oui
  • commentaires, critiques: non
  • offres commerciales: oui
  • contenus enrichis : non, renvoi sur site auteur
  • réseaux sociaux: non, renvoi sur site auteur
  • inscription newsletter: oui

Belfond

 

Conclusion: Kobo, Apple et les autres libraires absents de la première page de Google, même des suivantes car l'on trouve des fils d'actualité. Ils n'existent pas. Au final, Amazon reste le plus complet, tant en terme de référencements (même s'il n'apparaît pas en tête) qu'en terme d'avis et de facilité d'achat au nombre de clics. Ce sont les contenus enrichis et les réseaux sociaux (hors la proximité avec Babelio) qui sont ses points faibles. On voit que les efforts de l'éditeur sont dans une stratégie de contournement, à la fois dans le référencement "idéal" du site d'auteur en première position, mais aussi dans les possibilités de contenus enrichis associés, l'utilisation des réseaux sociaux et l'inscription à une newsletter. Google reste un peu en retrait même s'il dispose bien de toutes les manettes, à la fois sur la recherche associée et l'offre commerciale. A suivre...


Piratage : entre répression et offre légale attractive

DownloadLa politique de Google à l'encontre du piratage paye selon les ayants-droit. Déréférencements, changement d'algorithme, Google semble avoir passé la surmultiplié. Selon la Société civile des producteurs phonographiques, la fréquentation des sites de liens vers des contenus illégaux aurait baissé d'un tiers. Lire les billets du côté des Echos et de ZDNet. Côté livres numériques, depuis quelques semaines plusieurs sites de torrents bien connus ont disparu des recherches de Google avec des mots-clés. Reste des sites de seconde zone. Au mois de décembre dernier les majors de la musique ont demandé le blocage d'un très important pourvoyeur de contenus piratés en France. C'est aussi le plus important catalogue de livres piratés sur les réseaux torrent. Le problème est toujours le même depuis longtemps, l'attractivité de l'offre légale est l'enjeu majeur. Intéressant de constater qu'en Italie, en même temps que les santions sont prises contre les sites illégaux, les prix deviennent bien plus intéressants qu'en France avec une baisse de la TVA réellement visible sur les prix publics. Se poser enfin les bonnes questions chez nous.


Goncourt 2014 : à peine nommé, déjà pillé avec le concours de Google

Lydia salvayreLe Prix Goncourt attribué hier à Lydie Salvayre pour son livre "Pas pleurer" aux Editions du Seuil. Dans l'après-midi même, une version piratée apparaisait avec le bandeau sur les réseaux, avant même la mise à jour des métadonnées du distributeur. Avec le simple mot "ebook" associé, Google renvoie sur l'offre en téléchargement pirate et cela dans les premiers résultats de recherche. Alors que Google annonçait il y a quelques semaines une intensification de sa lutte contre le piratage de contenus, il n'y a visiblement rien de changé en matière de livres numériques.


Piratage : 15% de la rentrée littéraire est sur les réseaux

PiratageLe piratage de livres numériques est de plus en plus endémique comme le montre la récente enquête réalisée par l'Hadopi. 1/3 des lecteurs reconnaissent avoir des pratiques illicites. Voir le billet de Nextinpact. Cela recoupe le petit sondage que j'avais réalisé à la fin de l'année dernière. Des pratiques à la fois en téléchargement ou en peer-to-peer qui ne reculent pas, des fichiers très légers qui facilitent l'accès et l'échange, un moteur de recherche comme Google qui les fait remonter généreusement en première page avec le seul mot "ebook" associé, les prix élevés et le verrouillage d'une offre légale, l'absence de réaction des éditeurs. Le tapis rouge est déroulé. Tout converge vers la banalisation du phénomère alors que le livre numérique progresse dans notre pays. A une semaine des prix littéraires, nous avons essayé de tenir le compte des livres de la rentrée littéraire qui circulent sur les réseaux. Le phénomène va désormais bien plus loin que les traditionnelles têtes de gondoles comme Nothomb ou Foenkinos. Nous avons relevé près de 100 titres (92 exactement) qui sont concernés. C'est 15% des titres de la rentrée littéraire. Avec ceux qui nous ont forcément échappés, vous jugez de la propagation. Tous les éditeurs petits et grands sont touchés. Je remercie Guillaume pour sa patience, un grand merci à Google aussi forcément.

PS: Google a annoncé mi-octobre une mise à jour de son moteur de recherche visant à déclasser les sites violant le droit d'auteur, lire ici. Je n'ai vu aucun changement concernant les livres.


Google en pourvoyeur de l'offre illégale

Google-searchGoogle interpellé sur son référencement bien généreux de l'offre illégale. Il prévoit de nouvelles mesures pour limiter la visibilité des sites qui violent le droit d'auteur. "Le moteur de recherche devrait en particulier dégrader le référencement de certaines plateformes afin qu'elles n'apparaissent plus dans les premières pages de ses résultats. Il n'est pas question de désindexer les plateformes incriminées, mais bien d'en limiter la fréquentation en les présentant moins souvent dans les premiers résultats d'une recherche" (via Numerama). En attendant, une simple recherche sur Patrick Modiano, le nouveau prix Nobel de littérature, avec les deux mots "modiano ebook" vous fera tomber sur un pack de 20 de ses livres en 6ème position. Merci Google.


Liseuses : certains y ont cru, d'autres pas...

LiseusesIntéressant billet sur Liseuses.net qui revient sur le marché des liseuses. Un marché démarré en 2007 par Amazon qui a lui-même lancé celui du livre numérique dans son entier. Tablettes/ liseuses, c'est le même marronnier depuis tellement d'années, relire seulement au printemps 2013. Les "chaussures de randonnée" résistent toujours bien. J'ai eu envie de compléter ce billet par un panorama des sociétés (12 au total) qui ont cru ou non aux liseuses. Un retour en arrière sur des stratégies bien différentes, certaines très récentes qui sont riches d'enseignements:

Ils n'ont pas cru aux liseuses

Google: le géant américain a démarré son programme de numérisation GoogleBooks très en avance dès 2005. On aurait pu croire qu'il allait prendre une longueur d'avance sur le marché du livre numérique, malgré la défiance des éditeurs. Aucune réaction à l'arrivée du Kindle d'Amazon. Google a hésité un temps en 2011, une fois que le marché était bien parti autour d'un modèle IRiverStory. Le projet a été stoppé, la firme a choisi de se déployer vers les smartphones et les tablettes Nexus avec le succès que l'on connait du côté d'Android. En revanche, malgré l'arrivée d'une offre de livres sur GooglePlay il y a deux ans, Google représente moins de 5% des ventes de livres numériques sur le marché anglo-saxon. A peine plus en Europe. C'est bien maigre aux regards des investissements consentis dans la numérisation en amont par Google. Pas très grave sans doute, tant le géant américain n'en est pas à un business près.

Samsung: le fabricant coréen est le principal acteur en terme d'innovations sur le high-tech. Il n'a pas repéré la technologie comme Sony ou Philips à son démarrage. Samsung a exploré le marché en Asie en 2010 avec deux modèles développés en interne. J'avais même rencontré l'équipe commerciale au Salon du Livre. Des bons modèles, Fnac, Darty pressentis chez nous. Quelques mois seulement plus tard, enterrement de première classe. Samsung lâche l'affaire à l'international, brade les séries fabriquées et passe à Android. On ne croit plus aux liseuses chez Samsung, Amazon aura beau jeu de venir en Asie avec son Kindle. Samsung n'existe pas sur le marché du livre numérique. Depuis cette année, le géant corréen a conclu un partenariat avec Barnes and Noble sur les tablettes aux Etats-Unis. Quels retours sur les ventes? A Frankfurt la semaine dernière, Samsung affichait un volontarisme certain envers les éditeurs du monde entier pour promouvoir ses technos sur smartphones et tablettes. Deux marchés sur lesquels sa situation va être très difficile selon les analystes dans les années à venir.

Borders: la chaine de librairie américaine n'a pas cru aux liseuses au démarrage sur le marché américain. Le train du numérique parti sans Borders, Amazon l'a tuée.

Apple: Steve Jobs ne croyait pas aux liseuses, comme d'ailleurs au marché de la lecture numérique. Voir ses propos révélateurs en janvier 2008: "Aujourd'hui, il y a un large éventail d'observations sur l'industrie, y compris sur l'Amazon Kindle, un livre électronique qui, selon moi, ne mène nulle part en grande partie parce que les américains ont cessé de lire. Peu importe si le produit est bon ou mauvais, le fait est que les gens ne lisent plus". Malgré le succès de son iPod qui était bien un lecteur spécialisé et non généraliste, Apple a cru mettre au pas la lecture numérique avec les succès de son iPhone, puis de son iPad et de sa formidable machine à cash iTunes. Malgré la part hégémonique qu'Apple possède sur les marchés des smartphones et des tablettes depuis de nombreuses années, le géant américain pèse moins de 15% du marché du livre numérique anglo-saxon. On est très loin de la razzia qu'Apple avait fait sur la musique dématérialisée. Certains rêveront toujours d'une liseuse Apple? La razzia aurait bien pû se faire en effet. Amazon peut bien remercier Jobs et Apple qui part aujourd'hui sur les montres.

Orange: l'opérateur français a travaillé sur les premiers modèles de liseuses au moment du lancement de la première offre de livres numériques Read and Go dès 2008. En partenariat avec cinq grands titres de la presse française (Le Monde, le Parisien, les Échos, l’Équipe et Télérama) ainsi que les Editions Mango et des premières titres d'Hachette, Orange avait démarré un prototype autour des liseuses Iliad et CybookGen3. A l'époque Pierre Assouline rapportait même la réflexion d'un éditeur: "C’est plié: les télécommunications feront la loi chez nous aussi. Vous verrez, un jour, Orange sera le vrai maître de l’édition en France”. Lettre morte chez Orange pour un déploiement important, le prototype est resté en cet état, les équipes sans doute renvoyées à leurs chères études. En mai 2010 encore, on pressent un accord entre le fabricant chinois Hanwang et Orange. La commercialisation devait intervenir en septembre de la même année. Là encore, il n'en sera rien, on ne croit toujours pas aux liseuses à la tête d'Orange, qui rate une nouvelle fois le coche. Depuis deux ans, Orange est à l'initiative du modèle ouvert MO3T. Des éditeurs, des libraires autour de la table, aucun fabricant de liseuses. Fermez le ban. Orange n'existe tout simplement pas sur le marché du livre numérique en France.

SFR: comme Orange, SFR s'était rapproché de l'univers des liseuses en 2008 autour d'un prototype sur le CybookGen3. Vite remisé dans les cartons de l'opérateur.

 

Ils ont cru aux liseuses

Amazon: Amazon a tout de suite compris le business qu'il pouvait réaliser avec les liseuses dans son emprise globale sur le marché du livre. Le Kindle sorti en 2007, c'est son arrivée qui a fait décoller le livre numérique dans le monde entier. Réplique dans chaque pays à l'arrivée d'Amazon. Revoir la recette du Kindle en 2012. Une dizaine de modèles très largement subventionnés au total depuis cette date. Amazon près aujourd'hui 60% du livre numérique américain et près de 80% au Royaume-Uni. Amazon sort aujourd'hui deux nouveaux modèles de liseuses, trois modèles au total entre 79 et 199$.

Barnes and Noble: le libraire américain a vite compris l'enjeu au démarrage du marché aux Etats-Unis en 2007. Le développement du premier modèle Nook s'est fait en 2008, la première Nook lancé en 2009. C'est un modèle très innovant avec un double écran. Bien que Barnes and Noble ait bien failli boire le bouillon avec ses tablettes propriétaires, il représente près de 20% du marché du livre numérique américain. On regrettera qu'un développement international ambitieux, pressenti il y a quelques années, n'ait finalement pas abouti pour le Nook. L'alliance avec un libraire, pas facile pour d'autres libraires eux-mêmes.

Sony: Sony est le pionnier des liseuses. La technologie très tôt repérée, les premiers modèles sortent en 2004 au Japon et en 2006 aux Etats-Unis. Objectif de Sony, ne pas rater le livre comme il a raté la musique quelques années plus tôt. Dix ans plus tard, Sony abandonne le marché des liseuses cette année. Il n'a pas percé aux Etats-Unis face à Amazon mais surtout n'a pas réussi à convaincre des grands libraires dans le monde entier. Maintenir une liseuse "générique" devient impossible tant les modèles sont désormais très largement subventionnés par tous les libraires. Malgré une liseuse toujours de qualité, impossible de tenir sans la librairie associée. Sony supprime la ligne "liseuse", dommage.

Rakuten/Kobo: le géant du e-commerce japonais met la main sur la petite start-up canadienne en 2011. Objectif, suivre Amazon à la trace. Malgré l'échec aux Etats-Unis sans chaines associées, Kobo conclu de nombreux accords avec des distributeurs en Europe. Des sommes très importantes sans doute investies par Rakuten pour suivre le rythme en gamme (liseuses et tablettes) avec des modèles fortement subventionnés, mais le livre numérique s'inscrit dans un enjeu plus global pour le géant asiatique.

Fnac: plusieurs tentatives de la part de la Fnac. La première en 2008 avec Sony. L'offre de livres n'est pas là, un désengagement total de la part d'Hachette au niveau de l'offre, la Fnac jette l'éponge. Nouvelle tentative en 2010 avec un modèle FnacBook, développé en interne par la Fnac. Celui-ci se révèle assez médiocre, aussi bien la conception que l'ergonomie, dommage. Dernière tentative en 2011 au lancement du Kindle en France, un partenariat avec Kobo. Les Kobo rentrent en France avec succès. Fnac/ Kobo réprésentent plus de 20% du marché du livre numérique dans notre pays.

Deutsche Telecom: l'opérateur allemand a sans doute observé très tôt en interne ce marché. Très discret sur la question, il démarre tard au printemps 2013 seulement avec un modèle développé en interne et, sous la marque Tolino, rallie des grands acteurs de la distribution en Allemagne. En moins d'un an, Tolino raffle le morceau, plus de 30% du marché allemand et taille des croupières à Amazon. Il part à l'international depuis le début de l'été, Belgique, Pays-Bas, Italie...


Google ouvre son kiosque à journaux

GoogleplayLe store est désormais complet. Google ouvre aujourd'hui en France le rayon qui manquait à son offre de contenus numériques. Après les applications, les films, la musique, les livres, c'est désormais la presse qui rejoint GooglePlay avec un onglet Kiosque. Abonnements et ventes au numéro, faites votre marché pour vos tablettes et smartphones Android. Beaucoup d'hebdomadaires et de mensuels sont là (Le Point, L'Express, Le NouvelObs, Paris-Match, Marie-Claire, Elle, Première, etc.). Rien de gratuit à l'ouverture pour tester. Il faudra vous abonner avec des semaines offertes. Autre avantage, c'est que vous pourrez les lire également sur vos ordinateurs. En revanche pas de quotidiens. Sont proposés également sur la même page en bas les flux d'actualités au travers des applications à télécharger gratuitement. Convergence toujours, Google à tous les étages. Si le modèle de Google est bien en place, c'est une autre histoire pour la presse...


Piratage : Google déréférence, mais pour quel résultat?

84959-dmca-googleGoogle perçu comme la principale porte d’accès des internautes vers des sites de streaming, de liens torrent ou de téléchargement direct, les ayants-droits s’emploient donc à demander au célèbre moteur de recherche de faire le ménage. Nous avons vu les initiatives du SNE (Syndical National de l'Edition) en ce sens, la dernière en date présentée au dernier Salon du Livre. Depuis le début de l'année, Google aurait déjà reçu 100 millions de demandes de déréférencement DMCA (Digital Millenium Copy Act), c'est ce que révèle NextInpact dans un billet hier. Un chiffre vertigineux, l'année dernière il avait fallu attendre juillet pour atteindre un tel seuil. Malgré cela, toujours aussi facile de trouver grâce à Google, des livres numériques -parmi les meilleures ventes, mais pas seulement- de manière illégale. Un seul exemple pour un livre, avec le nom de l'auteur, le titre et les mentions "télécharger ebook", "ebook gratuit" ou seulement "torrent". Trois simples requêtes sur Google, c'est bien souvent bingo à chaque fois dans les résultats en tête de liste avec des sites qui ont pignon sur Google. Il y a quand même un "malaise Google", lui qui dans le même temps engrange un store complet de contenus numériques toujours plus grand. De quoi parlent le plus les éditeurs avec Google, marketing ou piratage?


Musso : son nouveau livre "Central Park" piraté le soir même

MussoLe nouveau livre de Guillaume Musso "Central Park", tout juste mis en vente hier. Il est déjà apparu le soir même sur les sites torrents, trouvable en quelques mots clés sur Google, merci à celui-ci. Déjà plus de 1.200 téléchargements. Ce titre vient même rejoindre un pack complet des livres de l'auteur, impeccablement référencé lui aussi.

PS: pour mémoire, à relire le billet de Clément il y a trois ans déjà. A l'époque l'“offre” pirate n’était pas à portée du néophyte (une simple recherche Google ne permettait pas encore de trouver l’ebook). C'est le progrès...


Google s'intéresse à l'eInk

Google1Un signe intéressant du côté de Google, son intérêt pour un éventuel dispositif de lecture à base d'encre électronique eInk. En effet le géant américain a déposé un brevet pour un modèle avec deux d'écrans eInk sur la base d'une double-page de livre. Une caméra frontale de reconnaissance des mouvements occulaires complèterait le dispositif. Ce n'est pas la première fois que Google s'intéresse aux modèles eInk, on se rappelle du fameux IRiver Story qui avait eu les suffrages de Google pendant l'été 2011 et qui avait été rapidement abandonné. Bien dommage, Google n'en serait pas là aujourd'hui s'il y avait réllement cru. Il a bien des difficultés à exister sur le marché du livre numérique, même avec GooglePlay sur smartphones et tablettes. Google n'a pas mis la liseuse dans le placard, un tel dispositif en eInk Carta, sous Android avec GooglePlay et GoogleBooks, je vous laisse imaginer le potentiel (via PatentBold).

Google


Getty Publications : 250 livres en libre accès

GettyL'éditeur de livres d'art américain Getty Publications a mis en ligne une bibliothèque virtuelle avec l'ouverture en libre accès de 250 de ses titres, à consulter en ligne ou à télécharger en PDF. Un fond prestigieux de titres anciens avec des oeuvres du Getty Museum, dont la publication est antérieure à 1966. La consultation en ligne se fait dans le cadre d'un partenariat avec GoogleBooks (via PublishersWeekly). Lire le billet sur OpenCulture.


Gallica est désormais sur GooglePlay

GallicaGallica, le site de la Bibliothèque Nationale de France, nous propose aujourd'hui une application disponible sur le store d'applications de Google. Vous pourrez y retrouver les collections numérisées. Plusieurs millions de documents y sont accessibles gratuitement: livres, fascicules de presse, revues, manuscrits, photographies, estampes, affiches, cartes, partitions… A tester sur vos tablettes Android. On regrettera de ne pas pouvoir télécharger les documents, lecture en streaming seulement à partir de cette application.


Android : irrésistible ascension des tablettes

AndroidIntéressant schéma qui met en évidence le marché des tablettes depuis ses débuts et l'irrésistible envolée des modèles sous Android depuis dix-huit mois. Apple a communiqué cette semaine des résultats décevants pour son iPad, à son plus bas niveau historique avec 35,5% de parts de marché. Apple à la recherche d'un souffle nouveau sur un marché où il est en passe de perdre son leadership. Déception aussi pour Amazon où le Kindle Fire est très loin d'être en tête de gondole. Marchés des tablettes et du livre numérique qui ne se recouvrent pas quand on compare depuis fin 2011 avec la sortie du modèle d'Amazon. On peut s'interroger si Google avait avancé son IriverStory à l'époque... (via BusinessInsider).

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Belgique: Google Play Books arrive

BelgiqueGoogle Play Books arrive en Belgique. On l’attendait depuis longtemps, c’est désormais chose faite, les éditeurs ont lâchés leurs accords. Le géant de l’internet lance sa plateforme de ventes d’ebooks aux internautes belges détenteurs de terminaux sous Android et va tenter maintenant de combler son retard par rapport à l'offre d'Apple. Une évolution importante pour le marché francophone (via LeSoir).