35 notes dans la catégorie "Hadopi"

L'Unesco dans le débat

Worldbook Le 23 avril prochain, l'Unesco proclame une journée mondiale du Livre et du droit d'auteur. En ces temps d'Hadopi, une vraie provocation! "En célébrant cette journée dans le monde entier, l'UNESCO s'efforce de promouvoir la lecture, l'industrie éditoriale et la protection de la propriété intellectuelle à travers le droit d'auteur."
Avec cette question au coeur du débat:
Un auteur sera t-il toujours demain en mesure de réaffirmer et de protéger son droit d'auteur?


L'exemple suédois?

Swedish Dans le concert ambiant des anti et des pro Hadopi (on va en avoir jusqu'à la fin du mois), deux informations qui me paraissent intéressantes. L'une sur le site de UFC-Que-Choisir qui nous fait nous interroger si tout a bien été fait du côté des "expertises indépendantes", l'autre qui vient de la Suède où quelques jours après la mise en place d'une réglementation similaire à Hadopi début avril, une baisse de 30% des téléchargements a été observée.
"Le trafic Internet en Suède a baissé de 33% dès que le nouveau droit anti-piratage est entré en vigueur.
La nouvelle politique de la Suède - le droit local IPRED - permet aux titulaires de droits d'auteur de forcer les fournisseurs de services Internet (ISP) à révéler les détails des utilisateurs dans le partage des fichiers.
Selon les chiffres publiés par l'agence de statistiques du gouvernement -Statistiques Suède-,  8% de l'ensemble de la population utilise le peer-to-peer de partage.
Le populaire site de partage BitTorrent, The Pirate Bay, est également basé en Suède.
La nouvelle loi, en application de la directive des droits de propriété intellectuelle dans l'Union Européenne (IPRED), permet aux titulaires des droits d'auteur d'obtenir une ordonnance obligeant les FAI à fournir l'identification des adresses IP des ordinateurs qui ont été le partage des droits d'auteur du matériel.
Les chiffres de Netnod, une entreprise suédoise qui mesure le trafic Internet, indique une baisse de trafic en moyenne de 120Gbps à 80Gbps, le jour que la nouvelle loi est entrée en vigueur.
"

Après la peur du plombier polonais, la peur du gendarme suédois... Je doute que la Suède soit désormais assimilée au régime chinois quant à sa politique de l'internet. Alors, ça marcherait?
Comme dit un commentateur: "Sad day for the interwebitubes." A suivre de près...


Encore un coup de l'évadé de Charenton!

Panneau_h_newsletter A propos du rejet de la loi Hadopi, je viens de lire sur le site du Point: "Deux députés dits de la majorité ont ajouté leur voix à ceux de gauche. Il s'agit de Nicolas Dupont-Aignan (plutôt un franc-tireur) et de Jean Dionis du Séjour, député du Nouveau Centre, viscéralement opposé à ce texte. "Il faudra que François Sauvadet, le président du groupe Nouveau Centre, nous explique quelle est exactement la position de son groupe, car il nous paraît étonnant que Jean Dionis du Séjour soit la seule voix à s'exprimer...", confie, avec aigreur, l'entourage très proche de la ministre."
Jean Dionis du Séjour, vous vous rappelez pas? Le fameux "évadé de Charenton" qui voulait supprimer en douce le prix unique sur le livre l'été dernier. Comme par hasard... Décidément de tous les combats quand "la culture est en danger" celui-là...


Relire les classiques

Salle+d'attente La loi Hadopi rejetée ce matin à la surprise générale. Les pirates vont sauter en l'air! Malheureusement, ceux qui attendaient le développement des offres de téléchargement légales en France pourront encore attendre longtemps, j'en ai bien peur... On n'a pas fini de relire les classiques...

PS : les "actes de flibuste" existent aussi sur les bancs de l'Assemblée!


Hadopi toujours

J'ai beaucoup relayé vers des avis d'anti-Hadopi, je relais les propos de Denis Olivennes à l'origine de la loi en question. A titre personnel, j'ai les mêmes doutes que Francis Pisani, mais je pense qu'appeler aux piratages et ne rien faire en France, serait la pire des solutions pour le développement des offres légales et de la création. Au haut, à droite de mon blog, je pointe vers 800 livres libres de droit; demain si on ne fait rien, tous les blogs littéraires pointeront vers des catalogues entiers de livres sous droits... Je ne pense pas que la liberté de la création soit cela...


Avis d'expert

Cette bonne vieille licence globale, il n'y a décidément que Jacques Attali pour la ressortir de son chapeau. On appréciera les beaux-livres derrière lui qui vivront certainement un jour, soyons-en sûr, grâce à cette licence globale. On attend impatiemment l'avis d'un autre expert qui a eu, lui-aussi, raison sur tout.


A la trappe

Robespierre Billet de Fabien Epelboin sur ReadWriteWeb dans sa version francophone. "L'Edition connaitra-t-elle le même sort que la Musique?" Si je le rejoins sur le phénomène d'adoption que l'on va voir venir dans les prochaines années pour ces nouvelles pratiques de lecture, je reste absolument ébahi par les propos qui suivent:

"Un modèle économique vieux de plusieurs siècles, un marketing qui date des années 70, c’est avec ces armes que l’industrie de l’édition s’apprête à livrer bataille à l’industrie naissante de l’eBook, qui saura sans nul doute utiliser les média sociaux, la publicité en ligne, les liens sponsorisés et dieu sait quoi encore pour obtenir pour une fraction du prix des budgets marketing traditionnels une exposition équivalente (et mieux ciblée). Ajoutez des modèles économiques alternatifs, axés sur la gratuité ou sur des offres complexes et multimédia, qui s’attaqueront en priorité là où cela fait mal, là où l’industrie est la plus faible, là où les marges sont les plus difficiles à défendre, et qui mènera une véritable guérilla là où l’industrie s’attend à une guerre conventionnelle. On connaît l’issue de ce genre de confrontation."

"Avec un domaine public aussi vaste, et un grand nombre d’auteurs qui ne cherchent pas nécessairement à tirer profit de la vente de leurs productions, l’édition est le domaine rêvé pour que les licences libres et les creatives commons puissent enfin montrer le monde que la philosophie qui les sous tend appelle: celui où les savoirs de l’humanité seraient en libre accès. Une philosophie que le monde de l’édition va avoir le plus grand mal à confronter à une époque où les lois du marché sont remises en cause de toutes parts.

C’est probablement sur ce terrain que se mènera auprès d’une classe d’intellectuels encore peu au fait de cette philosophie, et avec l’aide de bon nombre d’entre eux, la grande bataille de la culture du XXIe siècle. Un terrain bien plus propice à remporter la bataille des coeurs que ne l’est aujourd’hui le monde de la musique. Une bataille menée par une armée jeune, dynamique et agile, qui durera probablement longtemps, mais qui luttera en parallèle avec la refondation d’un monde viable pour les générations qui constitueront le gros des troupes. L’issue, là aussi, ne fait pas de doutes, ce n’est qu’une question de temps. La mise à disposition collective des savoirs de l’humanité toute entière, sans distinction de culture, de fortune ou de citoyenneté est en effet un facteur critique dans la reconstruction d’un monde apte à affronter les défis immenses laissés par les anciennes générations. Ne pas le faire mènera les industriels du Savoir au pire à un Armageddon et à l’Apocalypse, au mieux à la guillotine (je m’emporte). Tout comme les banques aujourd’hui, l’intervention de l’autorité publique, en charge - dans les démocraties les plus avancées - du bien collectif et ultimement de sa survie, devrait tôt ou tard arriver si - tout comme les banques hier - les industriels du Savoir s’entêtent à préserver leurs seuls intérêts au détriment de l’humanité tout entière."

On appréciera le lysrisme. On se demande comment on a pu supporter les éditeurs, les libraires, les imprimeurs depuis 500 ans, les "divers "industriels" qui représentent 90% du coût d’un livre aujourd’hui". A la trappe, et que ça saute!


Si on dénit les livres...

"Les industries culturelles ne sont pas la culture" (voir LaFeuille).
Repéré entre autres: "Le SNE égraine une série de propositions corporatistes qui consistent à étendre le taux de TVA réduit au livre numérique, soutenir le projet de portail internet du réseau indépendant des libraires, combattre le piratage et réfuter l’idée de gratuité du livre numérique."
Sous couvert d'innovation, des attaques contre les éditeurs, les libraires, des discours qui me font peur...


Je ne suis pas un pirate: voilà pourquoi

"Tant que les conditions de protection des contenus numériques sur les réseaux ne sont pas fixés, que les choses soient claires, vous n'aurez pas nos contenus". C'est en substance le message que tous les professionnels de l'édition (groupes, éditeurs indépendants moyens et petits) réunis lors de ce Salon du Livre ont fait passer de manière unanimes.
Alors que les positions se radicalisent de part et d'autre, alors que la loi HADOPI est en discussion à l'Assemblée nationale (voir L'Express), il faut être clair:
Depuis quelques jours, je vous propose plus de 750 livres sur un serveur Free, 3 heures et demi de téléchargement. Ces livres représentent à peine le quart de la capacité d'une SD Card de 2Go de 10 euros. Tous ces textes sont libres de droits et ont été choisis, produits, relus, maquettés et mis en forme sous l'initiative d'une personne physique à savoir Jean-Yves Dupuis, habitant du Québec et lui-même auteur, en respect avec les lois internationales régissant le droit d'auteur.
Demain sur le même serveur Free, en 15/20mn, tout Folio, tout Livre de Poche, tout PointsSeuil, tout PressesPocket, tout Bouquins, tout Quarto, tout Que sais-je?, toute la Pléiade, tout Babel, tout Libretto, tout FictionsetCie, tout GallimardDécouvertes, tout LeMasque, tout Omnibus, tout Mille et une Nuits, tout J'aiLu, tout Librio, toute la Série Noire, tout CastorPoche, tout 10-18, tout Harlequin, tout SAS, tout RivagesNoir, toute la PetiteBibliothèquePayot, tout SpécialSuspense... La liste pourrait prendre plusieurs pages encore.
Certes, vous pouvez lire des grands discours des défenseurs libres des réseaux, avec des trémolos dans la voix, des défenseurs de la Connaissance et de la Libre Pensée...
Mais c'est du siphonnage de centaines de milliers de textes dont il s'agit actuellement de réfléchir, rien que de cela...
Mon choix personnel est simple, j'ai envie de continuer à acheter des livres, en papier et en numérique, et je veux que l'on m'explique clairement comment on va pouvoir ne pas tarir la création, la richesse et la diversité éditoriale dans notre pays si l'on procède à un pareil siphonnage des contenus. J'ai très envie que chacun prenne position sur ce sujet. Qui paye le travail de Monsieur Dupuis?

PAS PIRATES: ALDUS

PS: on lira avec intérêt l'interview d'Alain Rocca, président des productions Lazennec, membre du Club des producteurs européens, et président d’UniversCiné, société de distribution de films indépendants en VOD, dans le Monde.

"C'est certain qu'à partir du moment où il y a un prix, c'est toujours moins bien qu'une situation dans laquelle on peut avoir la même chose sans payer. Mais dans ce cas-là, il faut avoir le courage de dire, quand on regarde un film sans le payer, qu'on prétend que la maquilleuse, le chef opérateur, le réalisateur, le scénariste et tous ceux qui ont collaboré à la fabrication de ce film doivent le faire le week-end et gagner leur vie autrement"

"La loi Hadopi, c'est juste pour essayer de ne pas faire perdre aux Français l'habitude de payer un film de cinéma quand ils le regardent. On ne répond pas à son boucher qui vous propose le steak trop cher en lui volant le steak quand il a le dos tourné. Sinon, on n'a plus de boucher, et on n'a plus de steak."

Mise à jour du 21 mars:

 

"La loi arrive à un moment dans lequel les acteurs de la création ont perdu beaucoup d'argent et sont dans une relation polémique avec le monde du numérique. On a laissé le mal s'installer, prospérer et le débat survient tard par rapport à une pratique déjà installée. C'est pour cela que c'est difficile. Je ne veux pas que cela se reproduise sur les autres secteurs qui sont confrontés à ces questions. C'est ce que j'ai dit au Salon du Livre : il faut réfléchir en amont, anticiper avant d'être submergé par le problème, pour ne pas se retrouver dans la situation de la musique, à discuter une loi dans le pire des contextes." (Nathalie Kosciusko-Morizet, Figaro.fr)