52 notes dans la catégorie "Livre?"

Stereolux : le livre et la lecture dans cinq ans

CinqansOù en seront le livre et la lecture dans cinq ans ? Comment le numérique transforme la médiation ? C'est le cycle de rencontres qui a démarré du côté de StereoLux à Nantes il y a quelques semaines. Il développe une réflexion commune autour des mutations engendrées par le numérique dans les domaines du livre et de la lecture, et en particulier dans celui de la médiation.
Il propose une démarche prospective basée sur la collaboration des différents acteurs du livre (usagers, médiathèques, lieux ressources, librairies…) afin d’explorer les transformations liées au numérique dans notre rapport au livre et de faire émerger de nouveaux concepts qui seront ensuite expérimentés au sein de bibliothèques et d'une librairie, de manière à tester leur pertinence.
Ce cycle s'inscrit dans une démarche living lab au long court avec les étudiants de l'Ecole de Design de Nantes Atlantique et de l'IUT Métiers du Livre de la Roche-sur-Yon. Tous les détails sur le site dédié et celui de Mobilis.


Revue de l'Enssib : les métiers du livre face au numérique

Enssib"Les métiers du livre face au numérique". C'est le dernier numéro de la Revue de l'Enssib. Une vingtaine de contributeurs ont participé à ce numéro. A lire en ligne sur le site du BBF (Bulletin des Bibliothèques de France). Dommage qu'une version au format ePub ne soit pas proposé, si je trouve le temps, je la mettrais en archives ce week-end.


Bibliothèques : collections et innovation

Script"Collections et innovation: à la croisée des charnières". C'est le titre du billet de Olivier Legendre, directeur adjoint de la bibliothèque Clermont-Université. Il était invité début juin à contribuer dans une table ronde au congrès de l’Association des Bibliothécaires de France, qui portait sur le thème de l’innovation. Il propose le texte de son intervention sur le blog L'Alambic numérique ici.


Une exposition Liber Numericus à Nantes

Sans titreA découvrir du 10 juin au 3 juillet l'exposition Liber Numericus qui se déroule à Nantes à La Fabrique sur L'Ile de Nantes, au cœur du Quartier de la Création, à proximité du Hangar à Bananes, dans le prolongement des Nefs des Machines de L'Ile et de l'Eléphant. Conçue par l'Agence Stéreolux, Liber Numericus propose "d'offrir un instantané de la période de transition que nous vivons, en explorant les mutations des représentations du livre, tant en littérature que dans les arts plastiques. Les œuvres présentées sont à l'image de pratiques quotidiennes de lecture, entre livre et écran, mais aussi à la croisée de deux imaginaires: celui du livre et du numérique". De nombreux artistes plasticiens contemporains français et étrangers ont été sollicités sur ce projet, ainsi que des éditeurs pure-players numériques. Tous les détails sur le site dédié.


Bibliothèque sans livres imprimés : provocation ou anticipation ?

BibliothequessanslivresVous vous rappelez peut-être de la première bibliothèque sans livres imprimés, ouverte il y a bientôt trois ans, la BexarBibliothech à San Antonio aux Etats-Unis. Une expérience qui avait été suivie de l'ouverture d'un deuxième établissement, toujours au Texas. Provocation ou anticipation? A lire absolument le mémoire d'étude "Vers des bibliothèques de lecture publique sans livres imprimés?" de Laura Pagès, soutenu à l'Enssib en décembre dernier. Elle a interrogé le modèle de manière prospectiviste sur les quinze prochaines années en France. Un passionnant travail à découvrir en libre accès sur le site de l'Enssib.

"Les bibliothèques sans livres imprimés peuvent-elles constituer une voie pour l’avenir des bibliothèques de lecture publique françaises? Le scénario de la bibliothèque sans livres imprimés, en impliquant une nouvelle conception de l’espace public documentaire, semble être à bien des égards encore trop en avance sur son temps. L’attachement des bibliothécaires, des usagers et des élus français au livre papier, le manque de technicité et de formation des agents ainsi que les nombreux freins liés à l’exploitation et à l’utilisation des ressources documentaires numériques font que les bibliothèques de lecture publique françaises ne semblent pas prêtes à franchir le pas du «sans livres». Mais face à l’essoufflement du modèle de la bibliothèque traditionnelle caractérisé par un volume très important de livres imprimés, on assiste à l’émergence de scénarios intermédiaires, à savoir celui de la bibliothèque troisième lieu et celui de la bibliothèque hybride. En constituant de bons compromis entre la bibliothèque sans livres imprimés et la bibliothèque traditionnelle, ces scénarios participent à rendre celui de la bibliothèque sans livres imprimés d’autant plus improbable."

Face à ce modèle d'hybridation intermédiaire (transitoire, définitif?), on sent bien que les usages changent et que les mentalités vont nécessairement évoluer dans les années, voire dans les décennies à venir. A quel rythme? Ce qui est encore impensable aujourd'hui, le sera t-il toujours demain?


Journée mondiale du livre et du droit d'auteur 2016

LivreLe samedi 23 avril sera la journée mondiale du livre et du droit d'auteur. L’idée de cette célébration trouve son origine en Catalogne (Espagne) et a été reprise au niveau international par l'Unesco. Une belle affiche réalisée par nos amis québécois pour l'occasion, j'en mettrais d'autres à suivre si j'en vois. Plus de 480 libraires indépendants en France et en Belgique francophone s'y associeront cette année. Réaffirmer le rôle des livres dans nos sociétés, les espaces de plaisirs et de libertés qu'ils procurent au quotidien. Allez chez vos libraires, dans les bibliothèques. Un petit mot pour le livre numérique en souhaitant qu'il se développe avec plus d'interopérabilité, de respect des libertés pour les lecteurs de demain, il y a encore bien du pain sur la planche comme on dit. Vivent les livres, dans tous les formats !

Livre


Umberto Eco : la bibliothèque de demain

Umberto-ecoUmberto Eco nous a quitté vendredi dernier. Toute la semaine, beaucoup de témoignages et de vidéos se sont succédés. En attendant sans doute des publications inédites bientôt. Revient beaucoup la référence à De Bibliotheca, un texte prononcé par Umberto Eco en mars 1981 lors des festivités du vingt-cinquième anniversaire de la bibliothèque communale de Milan dans le Palais Sormani. Edité dans les années 90, il est indisponible depuis longtemps.
On y retrouve l'immense culture de l'auteur du Nom de la rose ou du Pendule de Foucault pour ne citer que ces deux titres. Mais aussi sa passion des livres et des bibliothèques, entre partage et accès. La bibliothèque idéale de demain justement qu'il essaye de décrire, avec son humour habituel. Ou plutôt en négatif celles qu'il ne faut pas faire. Cela parlera à beaucoup, à l'heure de "Design Thinking" des bibliothèques... Un texte écrit quand internet n'existait pas mais où affleure partout les possibilités ouvertes du web d'aujourd'hui qui bouscule le modèle des bibliothèques. A lire le texte ici, je vous donne une version ePub à mettre sur votre liseuse pour le week-end, n'hésitez-pas. Un texte bien évidemment réservé à un usage privé ou éducatif, puisse-t-il vous inciter à lire ou relire très vite les livres d'Umberto Eco (via Archimag).

PS: hasard du calendrier, publication cette semaine d'un livre blanc de l'Afnor: "Qu'est-ce qui fait la valeur des bibliothèques?" archive ici. Un paragraphe concerne la Bibliothèque de Toronto dont parle justement Umberto Eco: "La valeur du service rendu à l’habitant est évaluée à 5,63 dollars canadiens pour chaque 1 dollar canadiens investi. Pour la ville de Toronto, le retour sur investissement est de 463%, lorsqu’on rapporte la somme de la valeur des services et de l’impact économique de la bibliothèque à son coût. L’étude invite à ne pas oublier les «bénéfices intangibles» de la bibliothèque: formation tout au long de la vie, amélioration de la qualité de vie, soutien à l’emploi, etc., et met en avant le travail de proximité des annexes de quartiers".


Roger Chartier sur le livre numérique

LogoL'historien du livre Roger Chartier était l'invité des dernières Rencontres Nationales de la Librairie en juin dernier. Il s'exprime sur le livre numérique et la rupture unique dans l'histoire du livre que celui-ci conditionne, tout à la fois sur la technique de reproduction, la matérialité de l'inscription et les pratiques de lecture.


The Economist : The Future of the Book

PapyruspixelsA découvrir "The Future of the Book: Papyrus from pixels". Un court essai proposé par TheEconomist. Plus que le texte en lui-même c'est la présentation très complète qui retient l'attention. L'ensemble du texte est à la fois proposé en audio, mis en page en double page, en version web déroulante. Toutes les possibilités de lecture au choix selon les dispositifs. Ne manque plus que les versions ePub ou PDF à télécharger sur une liseuse ou lire déconnecté sur tablettes et ce serait tout à fait complet. Des fonctions sociales de partages et d'annotations sont aussi proposées à droite. Lire le billet de Thierry Crouzet.


Regards France-Québec : le livre résiste-t-il au numérique?

Numérique"Le livre résiste-t-il au numérique?" C'est le titre de l'intéressant billet rédigé par Julie Therriault (Ebsi-Montréal) et Pierre Gandonnière (Enssib-Villeurbanne) dans le cadre du cours en ligne Economie du web. Merci à Jean-Michel Salaün. Un regard croisé à la fois québecois et français. Nous devrions plus souvent confronter nos pratiques entre nos deux cultures. Nous sommes enfin loin des débats manichéens et stériles que l'on entendait constamment il y a quelques années. Certains en arrières-gardes en font toujours leur petit fond de commerce. Observer avec humilité et prudence sans dénier les usages, plus intéressant. Je trouve leur conclusion pleine d'à-propos: "En conclusion, les différentes pistes explorées ici plaident plutôt en faveur d’un livre papier qui recule sans doute, mais se maintient et recompose sa formule éditoriale pour se positionner différemment de la version numérique". N'hésitez pas à échanger avec eux.


Frédéric Beigbeder : le numérique dans le sillage du poche

BeigbederLe nouveau livre de Frédéric Beigbeder "Oona & Salinger" est sorti chez Grasset. Ne le cherchez pas au format numérique. L'auteur a décidé qu'il ne serait pas sur les plateformes de téléchargement (amusant de voir que l'éditeur n'a pas supprimé la mention et les liens qui mènent vers des pages vides). Il s'en explique dans une courte vidéo postée sur Youtube la semaine dernière. Celui qui, on s'en souvient, avait mené la fronde contre le livre numérique lors de la rentrée littéraire 2011 à l'arrivée d'Amazon, celui-ci donc persiste et signe. Une certaine discrétion "numérique" aujourd'hui pour sa nouveauté alors que tous ses anciens livres sont disponibles au format numérisé. Posture battue en brèche, recul par rapport à la réalité financière et l'espace marchand? Beigbeder adopte résolument depuis le début la stratégie du format poche, décalé dans sa parution par rapport au grand format. On aura peu exploré cette seconde voie chez les éditeurs, une rentrée littéraire numérique décalée pour favoriser les grands formats. Poser à plat la chronologie du média. Ce décalage n'aurait finalement que peu de conséquences quand on voit les prix élévés pratiqués par les éditeurs. L'absence des nouveautés éviterait sans doute aussi un piratage massif des habituelles têtes de gondoles. Plus difficile de constituer dans la semaine un pack à télécharger quand les livres ne sont pas disponibles. Frédéric Beigbeder mène désormais la promotion de son dernier livre sur un terrain plus "consensuel" du côté du magazine Lui dont il a relancé la publication l'année dernière. A revoir également le débat qui l'avait confronté à François Bon à l'époque. Deux paroles d'écrivains aux antipodes l'une de l'autre. Trois ans après, ce débat doit-il rester aussi manichéen?


Frédéric Beigbeder face à François Bon: le... par LEXPRESS


Bibliothèques : IFLA 2014 s'est ouvert à Lyon

IflaLe congrès annuel de l'IFLA (International Federation of Library Associations) s'est ouvert à Lyon ce week-end. C'est la 80ème édition, tous les détails sur le site. L'occasion pour les bibliothècaires du monde entier de partager leurs visions sur l'avenir des bibliothèques. Les situations sont très contrastées selon les pays, la priorité restant l'accès le plus large possible (via France3-RhôneAlpes).


Milan Kundera : l'angoisse face au numérique

KunderaEvénement. Dix ans après son livre précédent, Milan Kundera nous revient avec un nouveau titre "La Fête de l'insignifiance" chez Gallimard. L'écrivain, iconisé de son vivant avec l'édition dans la Pléiade de son oeuvre, reste fidèle à sa défiance envers le format numérique. Une "angoisse" qu'il avait exprimée il y a près de deux ans dans un texte adressé à la Bibliothèque Nationale de France.


Antoine Compagnon: Proust dans l'univers numérique

CompagnonPassionnante conférence "L'oeuvre et l'auteur à l'heure du numérique" d'Antoine Compagnon qui a eu lieu en novembre dernier à la BNF et au Cnam. Il nous parle de l'oeuvre de Marcel Proust et sa destinée dans l'univers numérique. A retrouver sur le site "Les Rendez-vous des Lettres" d'Eduscol, ne pas perdre l'url ici. Il fait référence au site Gutenberg et à de multiples autres éditions numériques; pour compléter, à signaler une excellente édition complète gratuite sur la BEQ disponible ici, qui mentionne parfaitement la source du texte proposé.

PS: deux autres interventions à signaler, celles de Milad Doueihi et Frédéric Kaplan ici. Il y en a bien d'autres aussi durant ces trois journées.


Etats-Unis: "Out of Print", le film

"Out of Print", c'est le nom d'un film-documentaire de Vivienne Roumani avec un commentaire de Merryl Streep, qui vient d'être présenté au Tribeca Film Festival. Est-ce que le livre tel que nous le connaissons est en train de mourir? Un vaste tour d'horizon de la dématérialisation des livres qui est en cours. Le site est ici. J'espère que nous pourrons le découvrir en France (via Appnewser).


Le livre va s'éteindre?

1114-logo-eco-copierA lire l'article "Eteins ton livre, il est tard" de Pierre-Louis Rozynès dans le supplément week-end du Nouvel Economiste:

"Non, le livre ne mourra pas, tant qu’il y aura encore, sur terre, une frange de population attirée par cet objet incongru: un texte long. Je dis un texte long, pas un texte intéressant, car si un paramètre reste immuable, c’est celui de la segmentation du marché en trois parts parfaitement inégales où le quanti couche souvent avec le quali. Les gros lecteurs (ils fondent), les non-lecteurs (ils grossissent) et les moyens lecteurs (ils stagnent)." Suivent dix questions-réponses qui reviennent constamment, alimentant peurs et fantasmes sur l'avenir de notre bon vieux livre. Petite remarque, les photos auraient pu être actualisées, le Kindle version 2 et le Sony PRS-505 datent un peu, on dirait que l'article est de 2009! L'archive est ici, rendez-vous dans trois ans pour un point d'étape...


Frédéric Kaplan sur la radio suisse 3615

Badge-large_reasonably_smallA signaler l'intéressante émission sur la radio suisse 3615 avec la présence de Frédéric Kaplan, il se fait rare en France:

"Aujourd'hui dans 3615, on parle de lecture. L'électronique et le papier se font-ils concurrence, ou se complètent-ils? Quel avenir pour les libraires et les librairies? Comment redonner au lecteur les bénéfices du papier sur un minuscule écran?" Réponses dans l'émission de cette semaine, en compagnie de:

Frédéric Kaplan, chercheur et entrepreneur, fondateur de Ozwe
• Laurent Bolli, co-fondateur avec Cristiana Bolli-Freitas de Bread and butter.

Ensembles, ils ont fondé bookapp, dont l'ambition est d'aider les acteurs de la chaîne du livre imprimé à réinventer leur savoir-faire dans l'ère digitale." L'émission est ici (merci à Guillaume pour l'info).


Le futur du livre... en 1935

Comment certains imaginait un dispositif de lecture idéal en 1935:

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Ce qui me frappe c'est que 77 ans après, tous nos disposifs actuels sont finalement bien plus proches de nos livres imprimés que tout cet appareillage qui se rapproche de la télévision. Et dans 77 ans, en 2089, l'intégration dans les lunettes?

(via Graphism).


Bob Stein pour un livre collaboratif

BobsteinBob Stein était l'invité du Labo de l'Edition cette semaine. Au début de sa carrière, il pensait que le livre de demain serait comme le livre d'hier, plus de la vidéo et du son. Aujourd'hui, il milite pour un "écosystème neuf", un livre centré sur l'écriture collaborative, un livre réseau. Se détacher du livre en tant qu'une oeuvre finie. C'est un "total changement de paradigme d'amener les gens à penser que l'écriture et la lecture peuvent être collectives". Il a également présenté Social Reading, sa plateforme de lecture numérique qui fournit un exemple concret. A lire le billet que lui consacre Actualitte. A revoir également la présentation qu'il avait faite en octobre dernier aux Etats-Unis.

PS: un autre exemple proposé par le site IreadWhereIam.


Yann Moix: la haine du liseur numérique

MoixAprès Frédéric Beigbeder, c'est aujourd'hui Yann Moix qui s'élève contre le livre numérique sur la Règle du Jeu. Tout y passe, la frénésie de téléchargement compulsif (intégralite), le papier serait le règne de la "lecture véritable". Plus on possèderait de livres, moins on les lirait. Raisonnement assez bizarre. Plus agressif encore, avec un discours de haine:

"L’e-booker s’achète du fantasme, s’offre du mensonge, loue de la sensation. C’est le nouveau bourgeois: on possède tout sans connaître rien. L’e-booker, en ce sens, est un salaud. Il baigne et barbote dans une boue cultureuse, ébahi par sa propre puissance nulle. Orgie numérique oblige."

"Le lecteur est supérieur au liseur parce qu’à la quantité qui ne veut plus rien dire, il préfère la qualité qui veut dire quelque chose. Les lecteurs numériques, c’est-à-dire les liseurs, sont des morts glacés, des cuistres et des bourgeois. Ce sont des hommes d’amoncellement et de stockage, de ceux qui gardent et entassent ce qui est gratuit. Ce sont des radins. Ce sont des petits. Ils sont dans leur librairie comme dans un harem: accès à tout, tout le temps. L’écoeurement pourrait guetter: mais non. Ils ne liront pas plus demain qu’ils ne lisaient hier: ils se font simplement davantage croire à eux-mêmes qu’ils deviendront demain les lecteurs qu’ils ne furent jamais. Lire, c’est s’absorber dans une œuvre et une seule, ce n’est pas, ce ne sera jamais, se dissiper dans toutes."

Opposer lecteur/liseur, comme opposer lecteur/bibliophile... J'avoue que ce genre de discours haineux me laisse très mal à l'aise. Il est même prêt à organiser l'e-todafé, c'est dire.

PS: A lire le billet sur La Toison d'Or.

PS: A lire absolument le second billet de la Toison d'Or qui revient sur les similitudes avec la période des incunables et la "Nef des Fous".

"Là où le billet de Yann Moix devient passionnant, c’est que ce monsieur joue parfaitement un rôle dont j’aurais pensé qu’il ne pouvait plus exister. J’ai tendance habituellement à nuancer assez fortement les discours faisant de la concurrence livre électronique/livre sur papier un remake de celle manuscrit/incunable. Mais là, c’est exactement cela. C’en est même surprenant car j’ai peine à croire que cet écrivain n’ait pas pu s’en rendre compte en rédigeant son billet."

Je retiens également le commentaire de Christian Vandendorpe:

Merci d’avoir attiré mon attention sur ce billet de Yann Moix –et merci au twittérien qui m’a signalé le vôtre!

Votre analyse est très juste. Au début de la Renaissance, le déluge de livres publiés en cinquante ans par l’imprimerie (20 millions selon Febvre et Martin) a suscité le même genre de jérémiade de la part des clercs et des tenants de la “haute” culture du manuscrit qui se sentaient menacés.

En revanche, un demi-siècle plus tard, Montaigne n’avait pas honte d’être un surfeur avant la lettre, profitant des richesses de sa bibliothèque:

“Là, je feuillette à cette heure un livre, à cette heure un autre, sans ordre et sans dessein, à pièces descousues; tantost je resve, tantost j’enregistre et dicte, en me promenant, mes songes que voicy. ” (III, 3)

Dans le billet de Moix, je décode surtout une posture exagérée — au point d’en être caricaturale– de l’homme qui se pose en Écrivain, défenseur des vraies valeurs: “Un véritable amoureux de la littérature préférera ne posséder qu’un seul livre (Ulysse? La Recherche? L’Iliade?) et le relire en boucle toute sa vie.” C’est pousser le culte de la Grande Littérature jusqu’à un extrême où elle s’anéantit. Il faut dégonfler ces baudruches!