57 notes dans la catégorie "Livre?"

Frédéric Kaplan sur la radio suisse 3615

Badge-large_reasonably_smallA signaler l'intéressante émission sur la radio suisse 3615 avec la présence de Frédéric Kaplan, il se fait rare en France:

"Aujourd'hui dans 3615, on parle de lecture. L'électronique et le papier se font-ils concurrence, ou se complètent-ils? Quel avenir pour les libraires et les librairies? Comment redonner au lecteur les bénéfices du papier sur un minuscule écran?" Réponses dans l'émission de cette semaine, en compagnie de:

Frédéric Kaplan, chercheur et entrepreneur, fondateur de Ozwe
• Laurent Bolli, co-fondateur avec Cristiana Bolli-Freitas de Bread and butter.

Ensembles, ils ont fondé bookapp, dont l'ambition est d'aider les acteurs de la chaîne du livre imprimé à réinventer leur savoir-faire dans l'ère digitale." L'émission est ici (merci à Guillaume pour l'info).


Le futur du livre... en 1935

Comment certains imaginait un dispositif de lecture idéal en 1935:

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Ce qui me frappe c'est que 77 ans après, tous nos disposifs actuels sont finalement bien plus proches de nos livres imprimés que tout cet appareillage qui se rapproche de la télévision. Et dans 77 ans, en 2089, l'intégration dans les lunettes?

(via Graphism).


Bob Stein pour un livre collaboratif

BobsteinBob Stein était l'invité du Labo de l'Edition cette semaine. Au début de sa carrière, il pensait que le livre de demain serait comme le livre d'hier, plus de la vidéo et du son. Aujourd'hui, il milite pour un "écosystème neuf", un livre centré sur l'écriture collaborative, un livre réseau. Se détacher du livre en tant qu'une oeuvre finie. C'est un "total changement de paradigme d'amener les gens à penser que l'écriture et la lecture peuvent être collectives". Il a également présenté Social Reading, sa plateforme de lecture numérique qui fournit un exemple concret. A lire le billet que lui consacre Actualitte. A revoir également la présentation qu'il avait faite en octobre dernier aux Etats-Unis.

PS: un autre exemple proposé par le site IreadWhereIam.


Yann Moix: la haine du liseur numérique

MoixAprès Frédéric Beigbeder, c'est aujourd'hui Yann Moix qui s'élève contre le livre numérique sur la Règle du Jeu. Tout y passe, la frénésie de téléchargement compulsif (intégralite), le papier serait le règne de la "lecture véritable". Plus on possèderait de livres, moins on les lirait. Raisonnement assez bizarre. Plus agressif encore, avec un discours de haine:

"L’e-booker s’achète du fantasme, s’offre du mensonge, loue de la sensation. C’est le nouveau bourgeois: on possède tout sans connaître rien. L’e-booker, en ce sens, est un salaud. Il baigne et barbote dans une boue cultureuse, ébahi par sa propre puissance nulle. Orgie numérique oblige."

"Le lecteur est supérieur au liseur parce qu’à la quantité qui ne veut plus rien dire, il préfère la qualité qui veut dire quelque chose. Les lecteurs numériques, c’est-à-dire les liseurs, sont des morts glacés, des cuistres et des bourgeois. Ce sont des hommes d’amoncellement et de stockage, de ceux qui gardent et entassent ce qui est gratuit. Ce sont des radins. Ce sont des petits. Ils sont dans leur librairie comme dans un harem: accès à tout, tout le temps. L’écoeurement pourrait guetter: mais non. Ils ne liront pas plus demain qu’ils ne lisaient hier: ils se font simplement davantage croire à eux-mêmes qu’ils deviendront demain les lecteurs qu’ils ne furent jamais. Lire, c’est s’absorber dans une œuvre et une seule, ce n’est pas, ce ne sera jamais, se dissiper dans toutes."

Opposer lecteur/liseur, comme opposer lecteur/bibliophile... J'avoue que ce genre de discours haineux me laisse très mal à l'aise. Il est même prêt à organiser l'e-todafé, c'est dire.

PS: A lire le billet sur La Toison d'Or.

PS: A lire absolument le second billet de la Toison d'Or qui revient sur les similitudes avec la période des incunables et la "Nef des Fous".

"Là où le billet de Yann Moix devient passionnant, c’est que ce monsieur joue parfaitement un rôle dont j’aurais pensé qu’il ne pouvait plus exister. J’ai tendance habituellement à nuancer assez fortement les discours faisant de la concurrence livre électronique/livre sur papier un remake de celle manuscrit/incunable. Mais là, c’est exactement cela. C’en est même surprenant car j’ai peine à croire que cet écrivain n’ait pas pu s’en rendre compte en rédigeant son billet."

Je retiens également le commentaire de Christian Vandendorpe:

Merci d’avoir attiré mon attention sur ce billet de Yann Moix –et merci au twittérien qui m’a signalé le vôtre!

Votre analyse est très juste. Au début de la Renaissance, le déluge de livres publiés en cinquante ans par l’imprimerie (20 millions selon Febvre et Martin) a suscité le même genre de jérémiade de la part des clercs et des tenants de la “haute” culture du manuscrit qui se sentaient menacés.

En revanche, un demi-siècle plus tard, Montaigne n’avait pas honte d’être un surfeur avant la lettre, profitant des richesses de sa bibliothèque:

“Là, je feuillette à cette heure un livre, à cette heure un autre, sans ordre et sans dessein, à pièces descousues; tantost je resve, tantost j’enregistre et dicte, en me promenant, mes songes que voicy. ” (III, 3)

Dans le billet de Moix, je décode surtout une posture exagérée — au point d’en être caricaturale– de l’homme qui se pose en Écrivain, défenseur des vraies valeurs: “Un véritable amoureux de la littérature préférera ne posséder qu’un seul livre (Ulysse? La Recherche? L’Iliade?) et le relire en boucle toute sa vie.” C’est pousser le culte de la Grande Littérature jusqu’à un extrême où elle s’anéantit. Il faut dégonfler ces baudruches!


François Bon auprès de son livre

A regarder l'interview de François Bon que lui a consacré Bibliosurf à propos de son dernier livre "Après le livre" disponible chez Publienet en version numérique et aux Editions du Seuil en version imprimée. A vous de choisir!

PS: à signaler l'article que lui consacre Roger Chartier dans LeMonde et la réception du livre par l'auteur.


Interview (vidéo) de François Bon par Bibliosurf


Aldus : 5 ans de blog

100_9043 Aldus, 20 septembre 2006, 5ème anniversaire du blog aujourd'hui. L'occasion de reprendre en main le livre électronique à l'origine de ce blog, l'Iliad d'Irex Technologies premier livre électronique européen avec la technologie d'encre électronique (eInk) sorti au début de l'été 2006 et de le confronter au dernier Nook, le meilleur modèle actuel. Que de choses ont changées en seulement cinq années. A l'époque, Sony n'était pas encore arrivé sur le marché grand public, Amazon n'avait pas encore lancé son Kindle, le secteur du livre numérique n'existait tout simplement pas ou si peu, juste l'ebook qui se balladait sur les réseaux. Pas de format ePub, les catalogues de livres étaient bien maigres au format PDF pour les ordinateurs ou au format mobi pour les PDA, petits agendas électroniques. Un monde les sépare, comme si vous mettiez trente années d'informatique côte à côte. Prix divisé par presque 5, temps de latence divisés par 10 ou plus, poids divisé par 3, fond d'écran/contraste/résolution améliorés (le jour et la nuit), abandon de tous les boutons visibles (merci Philippe Starck), présence du tactile, design et ergonomie repensés, accès simplifié à des bibliothèques toujours plus grandes, 1000/2000? exemplaires à l'époque, entre 27 et 30 millions de livres électroniques vendus à travers le monde aujourd'hui... Mais pourtant, tout est déjà là. A tous les amoureux de l'encre l'électronique et de ces incroyables petites machines à lire qui ont révolutionné l'accès et la mobilité du livre d'aujourd'hui. Personnellement, je suis curieux de voir le livre électronique que j'aurais dans les mains dans cinq ans. Merci pour votre fidélité à le découvrir au jour le jour avec moi. L'aventure continue!

PS: vous aurez évidemment remarqué le petit clin d'oeil à toutes les lectrices qui les adoptent aujourd'hui!


Qu'y aura-t-il après le livre?

Unil Je vous avais parlé de l'intervention de Frédéric Kaplan à l'Université de Lausanne sur "le devenir machinique du livre" la semaine dernière. Je vous invite à regarder la conférence "Qu'y aura-t-il après le livre?" qui est en ligne en podcast iTunes. Bonne surprise de voir Christian Vandendorpe, certains d'entre vous se rappellent peut-être du "pari de Vanderdorpe"!


Kaplan : le "devenir machinique" du livre

Merci à Frédéric Kaplan de m'avoir alerté hier sur l'exposé qu'il a tenu à l'Université de Lausanne sur le «devenir machinique du livre» au colloque «Des manuscrits antiques à l’ère digitale». "Cet exposé est une première tentative pour réintégrer l’évolution du livre dans le cadre plus général de l’évolution des représentations régulées. Je me sers de l’exemple du processus de mécanisation des cartes pour discuter de l’évolution du livre. Poursuivant le thème abordé dans un précédent billet, j’oppose dans la discussion qui suit les technologies et les motivations de l’encyclopédisme avec celles du livre. Je finis par quelques prédictions faciles." A découvrir absolument, dommage que la Suisse soit si loin!


Le livre imprimé est-il condamné?

Telegraph Un article beaucoup commenté la semaine dernière, c'est dans le quotidien britannique TheTelegraph de la part de Shane Richmond, responsable de la rubrique Technologies. Il estime que le livre imprimé est condamné à terme et donne des arguments. Je me suis permis de traduire l'article dans son intégralité:

"Il y a deux semaines, j'ai parlé à un important dirigeant d'une société de la Silicon Valley. Nous avons parlé des médias numériques et en passant il a mentionné les livres numériques. «Je doute que ma fille n'achète jamais un livre physique», at-il dit. Sa fille a neuf ans.

Plus tard, j'ai pensé à ma propre fille de deux ans. Elle a déjà beaucoup de livres mais ils ont tous été achetés pour elle par les adultes, évidemment. Quand elle aura son propre argent de poche ira t'elle acheter un livre imprimé? Au début, j'étais sûr qu'elle le fera. Notre maison est pleine de livres et elle aime les explorer. Mais plus j'y pense, moins j'en suis sûr.

La semaine dernière, Penguin a annoncé que les ventes numériques représentent maintenant 14% de son activité totale. John Markinson, président Penguin et chef de la direction, a décrit les six premiers mois de cette année, comme «un tournant pour les éditeurs et les détaillants de livres".

14% du marché c'est encore petit mais c'est en pleine croissance. Les livres imprimés sont condamnés, et voici pourquoi:

J'ai suivi la confrontation entre les ebooks et les livres imprimés depuis les deux dernières années. J'ai lu des ebooks sur un Sony Reader, le Kindle d'Amazon et sur un iPad. J'aime toujours les livres imprimés, j'aime leur conception, j'aime la façon dont nous les ressentons et j'ai beaucoup de plaisir à parcourir une étagère bien garnie de livres.

Cependant, j'ai remarqué que je suis plus frustré lors de la lecture de livres imprimés parce qu'ils n'ont pas de fonction de recherche. Avec un ebook, je peux rechercher rapidement dans le texte pour me rappeler un personnage, ou relire un passage particulier. Il est également beaucoup plus facile d'annoter et de mettre en évidence sur un ebook. Je n'ai jamais aimé annoter de livres imprimés. On se dit que l'on va les abimer. L'annotation d'un ebook, cependant, ne fait qu'ajouter une couche sur un fichier numérique. Elle peut disparaître si je le veux.

Il y a d'autres avantages à des ebooks aussi, celui de transporter beaucoup de livres avec soi sur un petit appareil, la possibilité de télécharger un nouveau livre en quelques secondes, mais c'est la recherche et l'annotation qui je pense sont les fonctions "tueuses".

C'est toujours la facilité qui nous fait migrer d'un support analogique vers le numérique. Je sais que certaines personnes ne jurent que par les disques vinyls et résistent obstinément à passer au CD. Nous savons tous qu'un MP3 offre une qualité sonore inférieure par rapport à un CD et pourtant la plupart d'entre nous ont changé. Presque tout le monde va vous dire qu'ils aiment une photographie bien imprimée, et pourtant la majorité d'entre nous maintenant prennons des photos sur un téléphone mobile et ne les imprimerons jamais.

C'est l'aspect pratique qui attire les gens vers les ebooks et c'est ce qui va tuer les livres imprimés. Ou, s'ils ne vont pas les tuer, de les réduire à l'état même de minorité comme les amateurs de vinyls maintenant.

La génération de ma fille va probablement avoir des manuels en version numérique. Ils ne seront jamais écornés, vandalisés, périmés, à devoir partager à plusieurs. Cette génération aimera les livres qui sont enrichis avec de la vidéo, des graphiques interactifs et des galeries de photos. Et ils verront ces choses comme étant la norme. Les livres imprimés seront des reliques étranges de la génération de leurs parents. Ils pourront apprécier leur forme, mais ils vont les approcher comme fondamentalement moins pratiques. Et le pratique gagne toujours à la fin." (via Teleread).

A croiser avec mon billet sur la situation du poche, qui a été repris par Owni la semaine dernière.


Tweetbooks: du papier et un peu de fil

Le-tweetbook-bookapp_1 Il y avait Eric Chevillard et son livre de blog, il y aura peut-être demain François ou Virginie et leurs livres de tweets! A signaler le projet TweetBook initié par Frédéric Kaplan, toujours lui, qui nous détaille la démarche: 

"Laurent Bolli et moi-mêmes présentons dans l'exposition Objet(s) numérique qui ouvre aujourd'hui au Lieu du Design à Paris, un nouveau service proposé par Bookapp.com: la production automatisée d'un "Tweetbook" en impression à la demande.

Il y une longue tradition classique que Michel Foucault a contribué à faire mieux connaître qui reconnaît comme sagesse et art de vivre la pratique quotidienne des actes de mémoire consistant à consigner les choses lues, entendues ou pensées. Pour Senéque, Plutarque ou Marc Aurèle, l’écriture de soi est une hygiène de vie.  Les nouveaux outils de communication de l’Internet ont, à leur manière, inventé des nouvelles pratiques autobiographiques. Le projet "Tweetbook" explore la nature de ces nouvelles "écriture de soi" en permettant à chacun de jeter un regard neuf sur le type d'autobiographie qu'il produit, presque sans le savoir au fil, de ses interactions numériques.

Le Tweetbook est un livre produit à partir de l’ensemble des « tweets » d’une personne sur une période donnée. Il rassemble ainsi un matériel biographique déjà produit, donnant une dimension documentaire à un flux de micro messages. Pour créer son Tweetbook l’auteur entre les identifiants de son compte Twitter sur une borne interactive. Celui-ci est ensuite produit de manière automatique.  Le livre correspondant peut-être reçu gratuitement par email ou imprimé à la demande sous la forme d’un véritable livre, une sorte d’autobiographie express.

Dans un premier temps, ce type de Tweetbook peut apparaitre comme une représentation curieuse de nos vies numériques.  Mais ceux qui le souhaitent peuvent utiliser le dispositif de manière plus créative, en créant un compte Twitter particulier que leur servira à écrire de un Tweetbook spécifique ou en produisant le Tweetbook correspondant à des Tweets d'objets connectés.

Nous ne sommes pas les premiers à produire des Tweetbooks. James Bridle avait notamment réalisé un premier exemple il y a quelques temps. Dans ce projet, nous avons tenté d'explorer les aspects formels et fonctionnels de ce nouveau type de livres : typographie et mise en page adaptée, mise en avant des tweets les plus retweetés, index des destinataires et des hashtags, graphes montrant l'évolution du nombre de tweets mois après mois. Nous avons aussi voulu proposer une première chaine industrielle pour la production d'objets de ce genre en l'associant à un service d'impression à la demande."

Allez découvrir la "bécane" à cancans au Lieu du Désign. Vous nous jacterez ce que vous en pensez! Peut-être même que certains d'entre vous allergiques aux tweets se laisseront séduire après coup! J'avoue que j'ai très envie de découvir la réalisation technique de ces tweetbooks, à suivre...


Umberto Eco sur la lecture numérique

Eco J'aime beaucoup Umberto Eco. L'oeuvre ouverte, le Nom de la Rose, Comment voyager avec un saumon? entre autres, autant de livres qui m'ont procuré beaucoup de plaisir il y a quelques années. Son nouveau livre, bientôt sur ma table de chevet. A écouter l'extrait de la récente interview réalisée par La Radio Suisse Romande où il parle avec humour et intelligence de sa pratique du numérique (via LecturesLab). Trois réserves: fatigue visuelle (les yeux en balles de tennis), rapport avec l'objet et conservation. Pour les deux premières, ce sont précisément les réserves pointées par le récent sondage réalisé par LivresHebdo en dernière page, les principales et de très loin. Pour les aspects de conservation, on reconnait l'amateur de livres rares, qualité que ne recherchent pas forcément tous les lecteurs. Il parle aussi de sa pratique de la production des textes. L'entretien complet n'est plus disponible, dommage.


Apologie du livre

Apologie_livre On se rappelle de l'appel de l'historien du livre Robert Darnton il y a deux ans maintenant contre le monopole de Google en matière de numérisation. Un texte qui avait eu une résonance très importante dans le monde entier (mon billet ici). Il revient aujourd'hui avec un livre "Apologie du livre" qui parait dans la collection Essais chez Gallimard (via Enssib et Challenges). Je vous en reparle bientôt!

PS: en attendant, il était l'invité de France-Culture le week-end dernier.


Les Matins - Robert Darnton
envoyé par franceculture. - L'info internationale vidéo.


Centre Pompidou: livres enrichis signés Leezam

Si vous n'étiez pas à la conférence-débat sur les livres "enrichis" à la Bibliothèque du Centre Pompidou le 29 novembre dernier, voici une vidéo qui vient d'être mise en ligne à l'initiative de Leezam.


Conférence "Quels livres demain?" au Centre Pompidou
envoyé par LeezamMovies. - Regardez plus de courts métrages.


Les livres, une histoire de finitude

Ne pas manquez l'excellent billet de Bibliobsession sur la journée à la BPI avec Leezam dont je vous avais parlé il y a quelques semaines, sur le thème des livres "enrichis". Intéressant consensus sur la finitude des livres. Le terme fera peut-être date. C'est d'ailleurs déjà un petit éditeur que j'adore. Entre livres multimédias et expérience proche du web, il s'agit bien de savoir refermer le livre! Merci pour la vidéo Libroid que je ne connaissais pas.


On n'échappera pas à l'ebook!

Ebook_logo2 Si vous êtes un peu attentif à la communication qui accompagne les différents sites de ventes depuis quelques semaines, vous conviendrez avec moi que nous n'échapperons à l'anglicisme "ebooks" en France. Tous les libraires en ligne reprennent allègrement le terme dans leurs différents onglets, la Fnac en tête mais aussi Sony, Darty, etc. Seul ePagine, Numilog et nos amis canadiens font encore un peu de résistance... Même si on peut le regretter, je pense malheureusement que l'on fera difficilement marche arrière maintenant tant la vague est forte. Le Robert et le Larousse suivront dans leurs versions 2012, vous verrez. Si le terme pour le fichier semble acté, quid du support de lecture? Du coup, la place est libre pour le terme "livre numérique" aisément compréhensible pour le public. C'est le choix de la Fnac d'ailleurs qui a choisi de communiquer largement sur son "Fnacbook: Découvrez le premier livre numérique signé Fnac", Pixmania avec sa rubrique, "lecteur numérique" pour France-Loisirs, "livre électronique" pour Bookeen et Sony avec son incontournable "reader"! Pour la "liseuse" en revanche, les carottes ont l'air désespérément cuites. Et vous? Vous les appelez comment?


Les livres enrichis "subtils"

A signaler chez Fred Cavazza cet intéressant billet "A quand les ebooks enrichis?". Quand on y regarde de plus près, on est pour l'instant "plus proche du DVD-Rom interactif remasterisé à la sauce tactile" que du livre électronique. Et de lancer des pistes, défiance du multimédia mais enrichissement des textes eux-mêmes: "Nous pourrions ainsi envisager un certain nombre d’enrichissements graphiques pour les ebooks: couverture animée, effets typographiques (ex: une typographie associée à chacun des personnages dans un dialogue), transitions animées,fonds de page illustrés pour «poser» le décor, animations (vibration ou ondulation du texte), musique pour introduire un chapitre, ambiance sonore de fond pour installer l’ambiance d’un passage (ex: bruits de circulation, de foule, de mer, de gare, vent dans les arbres, tic-tac d’une horloge...), courts passages récités par des acteurs..." Tout ceci dans le but d'améliorer l'expérience de lecture et de justifier des prix élevés chez les éditeurs: "D'un point de vue «marché», les ebooks n’apportent qu’une valeur ajoutée très faible par rapport à leur équivalent papier (surtout quand un livre électronique est vendu le triple de la version livre de poche). L’enrichissement des oeuvres semble donc être un bon moyen de justifier à la fois un prix de vente élevé (afin de maintenir les marges des éditeurs) et un équipement des lecteurs qui doivent investir dans un e-reader". Des pistes intéressantes à explorer par les éditeurs créatifs sans se lancer dans des applications interactives qui trouveront certainement un certain public, mais assez loin des livres finalement, avec le risque de dénaturer l'oeuvre originale. Une alchimie délicate à maîtriser, subtilité me semble le maître-mot en la matière. En complément aujourd'hui décidément, cette présentation bien léchée d'interfaces possibles et un commentaire assez juste: "Ça n’a plus rien à voir avec de la lecture. Il n’y a plus d’immersion dans le texte. Le texte est parasité par tout cette interface visuelle. C’est beau mais ce n’est pas un livre". A vous de juger. Subtilité toujours... (via l'excellent Fubiz).
 

The Future of the Book. from IDEO on Vimeo.


Le livre numérique: un jeune quadra

001_Booknologie_FR Merci à Alain de me rappeler que je n'avais pas relayé l'excellente rétrospective historique sur le livre numérique réalisée par Marie Lebert, Booknologie. 40 années maintenant avec le projet visionnaire Gutenberg de Michael Hart lancé en juillet 1971. Même si je pense personnellement qu'avant le papier électronique, il n'y avait pas de développement du livre numérique proprement dit, seulement le développement de la lecture numérique. L'histoire du livre/fichier, une demi-histoire sans celle de lecteurs réellement satisfaisants. iPad ou iPad, le marché n'existerait toujours pas aujourd'hui et moi-même je ne serais assurément pas là pour vous en parler quotidiennement! Rien ne serait arrivé sans ce petit billet de mars 2004, heureusement maintenant conservé sur WebArchive, que je garde précieusement. Mais comme le papa du papier électronique Nick Sheridon (sans qui tout cela n'existerait pas aujourd'hui) a aussi démarré ses recherches au début des années 1970 -ce serait d'ailleurs bien de créer une rubrique-, alors oui, d'accord pour la chronologie et les 40 bougies, encore bravo à Marie Lebert pour ce travail considérable. Et que de chemin parcouru jusqu'à ce Kindle 3 aujourd'hui!

Les avenirs du livre

Sf A signaler une intéressante chronique à suivre cet été du côté de la Feuille, Hubert Guillaud nous propose une rétrospective sur l'avenir du livre dans la science-fiction: "J’avais envie de vous proposer pour l’été une courte série sur le livre dans la science-fiction. Comment les auteurs de science-fiction ont-ils regardé l’avenir du livre? Comment ont-ils projeté cet objet dans le futur? Le but n’est absolument pas d’être exhaustif, au contraire, juste de regarder l’avenir du livre via l’oeil de quelques auteurs et titres phares. Loin de moi de prétendre vous proposer une analyse encyclopédique du livre dans la SF. Juste de pointer via quelques lectures -emblématiques-, quelques visions de l’avenir du livre." Premiers billets sur Arthur C.Clarke et Isaac Asimov.

Livres: l'ancien et le moderne

Exlibris 10.000 bibliophiles en France? 100.000 dans le monde? Des chiffres à réduire par dix? A lire du côté du blog du bibliophile qui nous offre aussi une revue de blogs. On lira également Frédéric Reitz, libraire à Montmorillon et rédacteur en chef du Magazine du Bibliophile qui revient sur le marché du livre ancien dans Le Berry: "On parle beaucoup du livre électronique. Ne va-t-il pas concurrencer les livres anciens? Ce n'est pas possible. D'abord, la télévision n'a pas supplanté le cinéma. Ensuite, il s'agit d'innovations qui se superposent et dont la vie est parallèle. Oui, l'ebook est plus léger. Oui, il pourra servir à des étudiants. Mais avant que le livre ne disparaisse complètement, vous et moi on n'existera plus." En ce qui me concerne, vous l'aurez compris, on peut s'intéresser aux livres électroniques et aux livres anciens. D'ailleurs, la meilleure librairie numérique de France, Dialogues à Brest, ne vient-elle pas aussi récemment de racheter le site Galaxidion? Comme quoi, ce n'est pas incompatible, bien au contraire, quand on aime les livres, tous les livres!

Le livre soluble dans le web?

Muriel Puisque le livre serait une base de données, le flux serait l'avenir du livre... On lira le long plaidoyer de Hubert Guillaud sur LaFeuille pour un livre/web universel -suite aux remarques de Thierry Crouzet, hier, qui s'interrogeait sur l'inadéquation du passage de son dernier livre sur le web (900 téléchargements, 3 commentaires): "Les nouveaux formats ne sont pas adaptés à la lecture web, à la lecture à l’écran, avec les possibilités communicationnelles des écrans. Ces images de livres (le fameux pdf) n’ouvrent pas suffisamment de possibilités en terme d’interaction. Ils demandent de s’immerger dans un document, sans bénéficier des possibilités communicationnelles et relationnelles qu’a inventé le web: ces documents ne sont pas citables autrement que dans leur entièreté, ne proposent pas d’interaction poussées (difficiles à annoter, à partager, à commenter), ne sont pas indexables, mixables, cherchables, scriptables… Ils demeurent des silos, assez semblables à ceux que le papier à produit, hormis pour ceux qui les produisent. Google sera seul capable d’exploiter les contenus des livres qu’il va proposer dans ces formats: lui seul pourra en produire le graphe, car lui seul en disposera sous un autre format que celui qu’il proposera aux lecteurs. Lui seul pourra créer des graphes et des relations entre les contenus, car lui seul disposera de la base de données des livres: nous n’aurons accès qu’à une succession de fichiers, que nos outils auront du mal à interpénétrer. La structure web, elle, propose un autre contrat de lecture. Chaque partie de document est citable, anotable, commentable, accessible, indexable, cherchable, mixable, scriptable… De page en page, de billets en billets, de flux en flux, ces contenus sont agrégables et peuvent proposer des oeuvres finalisées, consommables comme on le souhaite. Mais leur flux n’est pas génératif. Si je m’abonne au flux RSS de la Feuille, j’obtiendrais les derniers billets et les prochains. Je ne pourrais pas obtenir l’oeuvre dans son ensemble, depuis le début, à une dose que je serais capable d’absorber, petit à petit. Si cela n’a que peut d’intérêt pour une oeuvre en continue, en devenir, qui se couple à l’actualité comme l’est un blog, cela n’est pas la même chose pour une oeuvre finie, aboutie, terminée. En passant au format numérique, le livre demeure un bloc qui n’est pas adapté au flux du web". Et si les livres n'étaient justement pas un contrat de type web, mais le passage d'une oeuvre finie, repérable, mémorisée, indépendante entre un auteur et un lecteur, entre un éditeur (lui-même à l'initiative du livre) et un lecteur. Est-ce qu'un livre suppose obligatoirement une glose infinie sur lui-même "indexable, mixable, cherchable, scriptable, citable, annotable, commentable, agrégable, consommable, accessable"? Je ne pense pas que le livre est soluble (dissolvable?) dans le web. Amazon, Barnes and Noble (et Apple demain) ne se posent pas trop la question en "singeant le papier" avec un contrat de lecture simple qui n'a rien à voir avec le web justement. Un livre, je vous le délivre en vingt secondes sur votre téléphone ou votre Kindle/Nook. Il semblerait que cela garde du sens et rencontre un certain nombre de lecteurs intéressés. Je me demande aussi si Marc Lévy a envie ce week-end d'échanger, de répondre à 300.000 lecteurs, voire de modifier son texte lundi matin? Le débat est ouvert...

PS: pour ceux qui auront du mal à lire complètement le billet, voici un fichier fini et exportable justement, une bonne alternative à l'imprimante.

@ photographie: Muriel Taragano (Espace Mica).