99 notes dans la catégorie "MarchéFrance"

SOFIA/SNE/SGDL : 7ème baromètre 2017 sur les usages du livre numérique

Barometre-usage-livre-numerique-2017-couvertureSi les Assises du livre numérique ne sont plus présentes au Salon du Livre, cela ne remet pas en question la publication du Baromètre SOFIA/SNE/SGDL sur les usages du livre numérique. Une 7ème édition de celui-ci est donné aujourd'hui par voie de communiqué de presse:
Cette enquête a été menée par OpinionWay, entre le 6 et 17 février 2017, auprès d’un premier échantillon de 2006 personnes (enquête par téléphone), représentatives de la population française, âgées de 15 ans et plus, et d’un second échantillon de 506 utilisateurs de livres numériques (enquête en ligne), constitué sur la base des résultats du premier échantillon.

Les habitudes des lecteurs numériques se confirment:

  • Un cinquième des Français ont déjà lu un livre numérique
  • Les usages se stabilisent
  • Les achats depuis le terminal de lecture dominent
  • Les lecteurs de livres numériques utilisent de plus en plus leurs différents objets connectés
  • Les lecteurs de livres numériques aiment les polars.

Retrouvez la synthèse ici Dans les usages, je lis que "le piratage est en baisse", voilà qui va rassurer les éditeurs qui s'inquiétaient peut-être de l'étude donnée hier par le CNL.


CNL : une étude 2017 "Les Français et la lecture"

CnlLe Centre National du Livre donne aujourd'hui une très complète étude sur «Les Français et la lecture». Depuis 2015, le CNL a confié à Ipsos la mise en œuvre d’un baromètre bi-annuel portant sur un échantillon de 1.000 personnes, représentatif de la population française des 15 ans et plus, interrogé par téléphone.

Ce baromètre a pour objectif de :

  • Suivre l’évolution des pratiques et des perceptions de lecture des Français vis-à-vis du livre et de la lecture
  • Mieux comprendre les raisons d’éloignement et d’érosion des pratiques
  • Faire venir ou revenir à la lecture les publics qui en seraient éloignés

Le format numérique s'installe toujours plus dans les usages avec 5 pts en plus, le nombre de lecteurs de livres numériques passant de 19 à 24% par rapport à 2015. Le lectorat s'est «considérablement féminisé», souligne l'étude (+11 pts en 2 ans): il est aujourd'hui composé d'autant d'hommes que de femmes, majoritairement jeunes, et diplômé(e)s. C'est aussi du côté des grands lecteurs (+ de 20 livres/an) que le livre numérique s'installe durablement. J'ai retenu deux slides très synthétiques. L'étude à retrouver ici. Une confirmation des usages qui contraste et interpelle en tout cas avec le marché de l'ebook français, en décrochage par rapport à nos voisins européens. Il n'est pas suffisant de se fier aux seuls chiffres de ventes des éditeurs pour appréhender le numérique.

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Editeurs : le livre numérique en Europe

FepA l'occasion de son 50ème anniversaire, la Fédération des Editeurs Européens publie une étude sur l'état du secteur de l'édition européenne en 2017. Les chiffres remontés sont de 2015. Versant numérique, une courbe qui confirme le décrochement de la France par rapport à nos voisins. Je me suis étonné du niveau de l'Espagne par rapport au chiffre donné l'année dernière qui était de 5,1%, il semblait bien que c'était le niveau de l'ebook (voir ici). Le document de la FEE est à retrouver ici.

Europe


TEA : pour un marché français plus ouvert

DecitreA découvrir une interview de Guillaume Decitre, PDG de Decitre et Tea. Cinq ans après la création de la plateforme TEA  (The Ebook Alternative), celle-ci est présente sur pas moins de 25 sites Internet. Les clients sont Cultura, le Furet du Nord, France Loisirs, Système U, Auchan ou encore Eyrolles ou Boulanger. "Nous possédons aujourd’hui 5% de parts de marché. Nous restons plus petits que la concurrence mais notre taux de croissance de vente d’ebooks est de 65% le triple de celui du marché. Nous travaillons dans un environnement ouvert versus un environnement propriétaire, c’est un argument décisif. Cela explique la croissance de notre plateforme TEA avec un CA de 4,5M € sur 2016, en augmentation de 45%." Guillaume Decitre a aussi indiqué l'arrivée en 2017 d'une marque grand public facilement identifiable pour les consommateurs. Dans un marché français de plus en plus le terrain de jeu des anglo-saxons, où même un acteur comme la Fnac décroche comme on l'a vu récemment avec ces chiffres, donnés par le distributeur Immatériel. Les libraires français représentent seulement 11,4% des ventes. Il est grand temps que des solutions françaises prennent leur essor. A suivre... (via LeToutLyon).

PS: à lire également le bilan de l'année 2016 pour TEA sur le blog.


EDRLab : Readium LCP sur la rampe de lancement

Edrlab_logoUne DRM moins intrusive et facile d'utilisation. Envoyer aux pelotes la DRM Adobe que nous supportons tous malheureusement sur la gestion de nos bibliothèques personnelles depuis tant d'années. Readium LCP est maintenant sur la rampe de lancement et plusieurs distributeurs numériques et développeurs d’applications de lecture sont en train d’intégrer dans leur solution cette technologie non-propriétaire et “user friendly”. EDR Lab invite les professionnels à un webinar (conférence en ligne) en français le 16 février prochain. Ils présenteront l’état du projet et indiqueront comment se fait l'intégration à l’écosystème Readium LCP en peu de temps et pour un coût minime. Editeurs, libraires, bibliothécaires, fabricants de liseuses, gestionnaires d'applications, tous concernés pour nous lecteurs! Les détails sur le site.

PS: à signaler la mise en ligne du côté de TEA d'une nouvelle étude sur le retour de leur DRM Care, proche de Readium LCP. Il s'agit de  confronter leur solution de protection de fichiers numériques, CARE, à la DRM Adobe au niveau des usages. Début 2015, une première étude sur les usages liés à la DRM Adobe avait été réalisée par TEA. Ils renouvellent aujourd'hui cette étude, sans appel. Tous les détails sur le blog. Pour les aider, n'hésitez pas à répondre à leur questionnaire "Quel lecteur numérique êtes-vous?" en fin de billet.


Immatériel : les chiffres de ventes 2016

ImmaterielNous avons toujours aussi peu de chiffres de ventes en France. Le distributeur Immatériel a donné la semaine dernière la répartion de ses ventes 2016. Sans surprises, Amazon en tête avec 43,8% des ventes. Kobo/ Fnac derrière avec 21,9% (Kobo 17,4% et Fnac 4,5%), Apple et Google derrière avec respectivement 15,9% et 11,5%. Ces 5 acteurs représentent 93,1% des ventes en France, les seuls 4 anglo-saxons 88,6%. Quels enseignements? Tout d'abord Amazon plafonne désormais, s'érode même peut-être un peu avec les années avec une concurrence solide de Kobo qui dispose à la fois de l'enseigne physique de la Fnac et de son expérience internationale sur le marché (liseuses et environnement). Apple maintient sa position. Avancée significative de Google en quelques années. La grande surprise de ces chiffres, c'est l'effondrement des ventes de la Fnac. Alors qu'un partage vertueux des ventes entre Kobo et la Fnac était plus ou moins de mise il y a quelques années, la Fnac décroche, c'est 1/4 seulement des ventes de celles de son partenaire canadien. Les lecteurs achètent des liseuses Kobo à la Fnac, puis achètent leurs livres avec un compte Kobo. Grosse désillusion pour la chaine française. Si elle est confirmée chez les autres revendeurs, une situation qui pose bien des questions sur la stratégie future de la Fnac. Dernier point, aucun acteur français indépendant ne parvient à sortir véritablement son épingle du jeu malheureusement. Voir le détail sur le blog de 7Switch. Même si bien sûr ces chiffres ne sont limités qu'à Immatériel, ils sont quand même éclairants. Merci à Immatériel pour ces éléments.

PS: pour mémoire, Volumen avait donné des chiffres il y a deux ans, revoir ici.

Ventes2016


Salon de Montreuil : un secteur Jeunesse qui booste le marché de l'édition

SalonL'ouverture du Salon de Montreuil est l'occasion pour GFK France de faire le point sur le secteur Jeunesse avec des premiers résultats 2016. Un secteur qui se porte toujours aussi bien puisque sur les 12 derniers mois (novembre 2015 - octobre 2016), 81 millions d'exemplaires ont été écoulés sur le segment Jeunesse, soit 26% du total du marché du livre pour un chiffre d'affaires de 638M€. Ce qui en fait le deuxième segment du marché entre la littérature générale, 1er, et la bande dessinée, 3ème. Depuis le début de l'année, c'est même +3,3% en valeur et +1,9% en volume pour le secteur. Si le phénomène des BookTubers commence à être mentionné, en revanche aucune indication sur la part du numérique dématérialisé qui reste anecdotique. C'est même les livres CD-comptines en ventes complées qui restent solidement en place dans la répartition des segments 2012-2015.

Le communiqué de presse est ici.

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Europe : la TVA réduite confirmée par la Commission Européenne

EcLe retournement était en cours depuis plusieurs mois maintenant. La Commission européenne a entériné hier l'alignement de la TVA des livres numériques sur celle des livres imprimés dans chaque pays. Cette décision devrait être effective mi-2017 après le passage devant le Parlement européen. Fiscalement le livre numérique ne sera plus assimilé à un service mais à un livre avec les mêmes caractéristiques, seul variant son format. L'intention est bien de le rendre plus attractif avec une réduction de prix pour le consommateur européen. Espérons que cette décision sera suivie d'effet en France où les prix sont désespéremment élevés pour les lecteurs. Même si les groupes français pouvaient craindre un remboursement des sommes depuis la baisse de la TVA en France début 2012, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Il n'y aura plus cette excuse-là. A suivre... (via TheBookSeller).


Le livre au format de poche résiste bien au numérique

EtagereC'était la grande crainte des éditeurs français il y a quelques années. Le décrochage du livre de poche par rapport au livre numérique. La concurrence est frontale, tant sur les prix, sur les secteurs éditoriaux concernés que sur les usages des lecteurs, notamment les gros lecteurs. Mise à jour de mon graphique en fonction des chiffres de l'année 2015 qui ont été donnés cet été par le Syndicat National de l'Edition (SNE). Face au développement du livre numérique, le livre au format de poche fait mieux que résister. Il progresse même de 1,7% par rapport à 2014. Si l'on regarde la somme poche + numérique, c'est même 7% de plus que la meilleure année du livre de poche en 2006. Cette résistance du format poche, malgré sans doute une rentabilité moindre avec des efforts supplémentaires des groupes (campagnes marketing, specimens offerts, etc.), traduit bien la fidélité pour l'instant des lecteurs au format de poche. C'est aussi la stratégie de défense des prix des éditeurs qui est couronnée de succès.

Poche


Statista : la lecture numérique en 2021

Liseuse-couleur-solaireLa société Statista donne une projection dans une infographie sur le marché de la lecture numérique à l'horizon 2021. Par ePaper, Statista entend le secteur de la presse quotidienne. Par eBook, Statista entend l'ensemble des contenus numériques proposés par les éditeurs, au-delà du seul marché grand public. Statista donne des données 2015 qui semble assez loin des chiffres donnés par les différents secteurs de la presse et de l'édition cette année. Ils demanderaient à être reconfirmés avec les sources. A mon avis il est difficile de mener pour l'instant une telle projection. Cela dépendra en très grande partie de la sortie effective de nouveaux supports de lecture en affichage couleur et en grands formats. Rendez-vous est pris... (via l'Usine Digitale).

Ebook


Google : fin de la numérisation avec Hachette

GoogleGoogle a rompu fin août son accord de numérisation avec Hachette. Il portait à l'origine sur 40.000 à 50.000 titres, des livres qui ne sont plus commercialisés par le groupe mais toujours sous droits d'auteurs. Google n'a pas donné suite, sans plus d'explications si l'on en croit les récents propos d'Arnaud Nourry (PDG d'Hachette). Signé en 2010, il s'agissait surtout pour Google de regagner la confiance des éditeurs français après des procès à répétition contre son projet GoogleBooks. Google c'était le diable à l'époque... Un exercice réussi pour Google de ce côté-là puisque tous les catalogues commerciaux des éditeurs ont rejoint le store GooglePlay quelques années plus tard. Restait un contrat-boulet bien couteux pour Google avec des livres visiblement défraichis, un paradoxe pour un éditeur... «Hachette avait fixé un certain nombre de critères de qualité sur l'état des livres, explique-t-on chez Google. Or, tantôt ils étaient déchirés, tantôt couverts de traces de doigts, ou froissés, après être restés longtemps dans les librairies et les bibliothèques. Finalement, seule une petite proportion pouvait être mise en ligne et monétisée». Les enjeux sont ailleurs pour le géant californien... (via LesEchos).


Hachette : Arnaud Nourry enfonce les clous

HachetteInterview d'Arnaud Nourry (PDG d'Hachette Livre) dans Les Echos de vendredi. Il a confirmé sans surprises les grandes lignes de sa stratégie pour le livre numérique. Une vraie muraille de Chine. Nous savons ce qui est bon pour vous. Défense du prix élevé, méfiance à l'égard des bibliothèques, hostilité envers les modèles d'abonnement en streaming. Il a aussi donné des indications sur l'échec des tentatives d'Hachette du côté du livre enrichi et sa diversification du côté du jeu: "L'édition est la seule industrie culturelle à avoir franchi sans encombre l'épreuve du numérique, en maintenant ses prix. Mais, en proposant simplement des textes en noir et blanc, l'édition n'a pas été particulièrement brillante en termes de créativité. Chez Hachette, nous avons lancé 150 à 200 applications... dont je tairai le chiffre d'affaire global! Le livre enrichi, qu'on ajoute des liens hypertextes ou une interview de l'auteur, cela ne marche pas. Il faut donc aller chercher des compétences nouvelles à l'extérieur. C'est pour cela que nous avons acheté Neon Play. Nous pourrions faire d'autres acquisitions de cette nature." Concernant les offres en bibliothèques, Arnaud Nourry a confirmé qu'il ne changerait pas les conditions de vente. Achat unique sans possibilité de simultanéité: "Aujourd'hui, nous vendons un exemplaire numérique à chaque bibliothèque, à un prix qui représente deux à trois fois le prix normal. C'est une licence perpétuelle qui l'autorise ensuite à prêter le livre. Mais une seule copie à la fois! Chaque éditeur a sa formule contractuelle. Nous n'entendons pas changer la nôtre." Si vous êtes le dixième lecteur dans la file d'attente, vous lirez votre livre de la rentrée littéraire 2016 à la rentrée littéraire 2017. Quant à le lire en 2019...


KPMG : baromètre 2016 de l'offre de livres numériques en France

KpmgLe cabinet d'audit et de conseil KPMG nous livre son traditionnel baromètre annuel de l'offre de livres numériques en France (3ème édition). KPMG a analysé 86 questionnaires remplis par 79 éditeurs indépendants et 7 groupes, de toutes tailles et de tous secteurs éditoriaux, répartis sur le territoire français, entre mars et juin 2016. Joëlle Tubiana, Associée KPMG, Responsable du secteur Edition constate: "Alors que les éditeurs étaient 18% en 2014 à prévoir une part du marché du livre numérique inférieure à 10%, leur nombre augmente sensiblement en 2016 (43%). A l’inverse, ceux qui estimaient à plus de 15% cette part étaient 62% en 2014 ; ils ne sont plus que 32% en 2016. De manière très nette, nous constatons, si ce n’est une remise en question du modèle, du moins une vraie prudence sur le marché, après l’engouement des années 2011 et 2012 et l’arrivée des tablettes, qui semblait annoncer alors un changement des paradigmes pour le monde de l’édition." Un marché français de plus marqué par l'attentisme des éditeurs, un réel décrochage par rapport à nos voisins européens observé au travers des différents chiffres donnés cette année. Revoir mon billet. Si les éditeurs italiens ont réagi l'année dernière, cela n'a pas été le cas en France.

Je retiens particulièrement les deux slides liés à la fixation des prix de ventes et la prise en compte par rapport au format poche.

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Le baromètre de KPMG à retrouver sur le site, pour archives ici.


France : le livre numérique bientôt chez les opérateurs ?

OpérateursLe récent interview d'Hélène Mérillon de YouBoox cette semaine vient confirmer s'il en était besoin l'entrée que pourraient faire les opérateurs sur le marché du livre numérique en France. Orange, SFR ou d'autres pourraient tout à fait venir dans un avenir plus ou moins proche au travers d'accords avec les acteurs qui proposent de l'abonnement en streaming. Ces abonnements compléteraient leurs offres de bouquets auprès de leurs clients. On se rappelle l'échec de la réflexion sur le modèle MO3T initié par Orange, dispositif qui intégrait les libraires à la vente. Un modèle également suivi en Allemagne avec Tolino, porté par l'opérateur Deutsche Telekom et qui associe des chaines de librairies. En France, les opérateurs pourraient bien avancer désormais en s'affranchissant complètement des acteurs traditionnels.


SNE : les chiffres de l'édition 2015

SneDernier devoir avant les vacances. Le Syndicat National de l'Edition a communiqué la semaine dernière à l'occasion de son assemblée générale les chiffres du secteur de l'édition pour l'année 2015. Une grand messe traditionnelle, l'année dernière c'était ici.

L'année 2015 se révèle un bon cru, le marché du livre français est bien en train de repartir avec une hausse de 0,6%, soit 2,667 milliards d'euros de CA et 436,7 millions de livres vendus. Si les cessions de droits baissent de 1,5% à 133 millions d'euros, c’est bien la vente de livres qui a tiré le marché, avec 2,535 milliards d'euros.

Le livre de poche, plus spécifiquement, a progressé de 1,6% en valeur, à 348 millions d'euros, avec un infime recul de 0,1 en volume. La production a en revanche considérablement augmenté de 7,8%, à 20.516 titres. C’est la littérature qui est majoritaire dans ce secteur, représentant 59,03% du CA global.

En revanche le livre numérique serait en train de marquer le pas dans notre pays par rapport à nos voisins européens qui ont tous dépassés les 4% du secteur global des ventes grand public.

Toujours compliqué de savoir ce que l'on met dans le numérique. Au niveau global, le numérique représenterait en France 163,881 millions d'euros en 2015. «L’édition numérique continue sa progression et voit son poids augmenter dans les revenus des maisons d’édition, quoique de manière plus modérée que les années précédentes. La part entre l’édition numérique sur support physique et l’édition numérique en ligne est parfaitement identique à l’année précédente.»

L'édition numérique dématérialisée représente désormais 92,4% des ventes – 60,2% pour les abonnements et bases de données et 24,5% pour les achats unitaires. «Le marché est porté par l’édition professionnelle, notamment l’édition juridique, qui représente 90% des ventes de la catégorie sciences humaines et sociales.»

«L’édition numérique grand public (c’est-à-dire hors scolaire et hors édition professionnelle – notamment juridique), a généré, en 2015, un chiffre d’affaires de 63,2 millions d’euros. Cela représente 3,1% du chiffre d’affaires de l’édition trade, contre 2,9% en 2014. La littérature est en tête des ventes grand public, avec près de 20% de parts de marché, suivie par la catégorie des livres pratiques.» Voir le tableau ci-dessous.

Un rapport d'activité complet sur le secteur à télécharger sur le site du SNE et en archives ici.

A découvrir les résultats par rapport aux autres pays européens qui ont eux-aussi donnés leurs chiffres. C'est désormais un différentiel de 1,4% qui nous sépare de nos voisins allemands avec une structure du marché très similaire. D'après ces chiffres la France serait désormais à la traine du livre numérique européen et de très loin. Il n'y a pour l'instant aucun effort d'explication du côté du syndicat français.

Numerique-ebook-France-edition


Europe : les chiffres du livre numérique en 2015

EuroLes chiffres pour l'année 2015 sont tombés dans les différents pays. Semaine de l'Euro oblige, j'ai compilé les résultats des cinq principaux pays du marché du livre numérique européen pour l'année 2015, dans l'ordre Espagne, Pays-Bas, Allemagne, Italie et France. La part du livre numérique sur le marché grand public global. Je n'ai pas mis le chiffre anglais, celui-ci loin devant dans le marché anglo-saxon. Des résultats donnés en France en fin de semaine dernière par le SNE (Syndicat National de l'Edition) qui posent question. La France serait bonne dernière du peloton et de loin. Notre pays subirait un réel décrochage par rapport à nos voisins européens. Un différentiel de 1,4% avec l'Allemagne, un marché à la structure traditionnellement comparable, c'est énorme. Comment expliquer ces chiffres ? J'avoue que je reste très dubitatif...

Europe


Le Sénat amende la territorialité du livre numérique

SenatAmis francophones ou français à l'étranger, réjouissez-vous. Le Sénat vient d'adopter un amendement à la loi n° 2011-590 du 26 mai 2011 relative au prix du livre numérique, qui est ainsi modifié :

1° Sont ajoutés les mots : « ou hors de France » ;

2° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :

« Les professionnels commercialisant des livres numériques ne peuvent ni exiger de leurs acheteurs qu’ils règlent avec une carte bancaire française, ni limiter la possibilité d’achat aux clients dont l’adresse IP est située en France. »

Cela afin de permettre l'achat de livres numériques où que vous soyez.

La plupart des éditeurs diffusant des livres numériques refusent les achats passés depuis une adresse IP géolocalisée à l’étranger ou ne permettent le paiement qu’avec une carte bancaire française, empêchant de facto les francophones et Français établis à l’étranger d’acquérir des œuvres littéraires françaises sur support numérique.

Alors que la numérisation des œuvres constitue une formidable opportunité de diffusion de notre patrimoine culturel hors de nos frontières, ces freins commerciaux pénalisent non seulement les consommateurs français à l’étranger, mais aussi notre commerce extérieur et la francophonie.

De plus, le cadre légal actuel nous place en porte-à-faux avec la directive européenne 2006/123/CE, dont l’article 20 interdit les « discriminations fondées sur la nationalité ou le lieu de résidence » au sein du marché intérieur européen.

Permettre aux acheteurs situés à l’étranger d’acheter des livres numériques sur les plateformes françaises est une nécessité, tant sur le plan économique que culturel.

Bravo aux sénateurs, notamment Mme Garriaud-Maylam qui l'a annoncé sur twitter. A suivre si l'adoption se fera du côté des députés... Si vous êtes loin de France, twittez comme Christophe, je relaierais en bas du billet.         

Senat

Suisse


Fnac : le Kindle bientôt chassé de chez Darty ?

FnacdartyDarty est finalement repris par la Fnac aujourd'hui après un combat mené de haute lutte avec le propriétaire de Conforama, le groupe sud-africain Steinhoff. Même si elle est bien entendu à la marge dans la stratégie de fondation du nouveau groupe, il va être intéressant de voir l'évolution côté liseuses. Un élément symboliquement très significatif puisque Darty est depuis de longue date la seule enseigne physique en France à donner une visibilité en magasin au Kindle d'Amazon (octobre 2012). Un aspect qui ne dérange guère Darty puisque que celui-ci ne propose pas de librairie numérique. Il en est tout autrement bien entendu du côté de la Fnac qui a un partenariat avec Kobo sur la vente de liseuses et de livres numériques.

L'objectif de la Fnac avec le rachat de Darty est de rivaliser plus fortement avec Amazon avec au total 330 boutiques en France, environ 250 à l'étranger, 27.000 collaborateurs pour un chiffre d'affaires cumulé de 7 milliards d'euros. On voit mal continuer le paradoxe pour le client d'acheter un Kindle chez Darty avec l'impossibilité de se fournir en livres dans le nouveau groupe leader lui-même dans l'offre culturelle. On rappellera qu'Amazon et Fnac/ Kobo sont les leaders du marché français du livre numérique avec sans doute plus des deux tiers de parts de marché à eux trois. Une rivalité qui va être redoublée demain. Autre élément et pas des moindres, ce nouveau groupe Fnac/ Darty devient le deuxième acteur du e-commerce dans l'hexagone derrière Amazon. Avec un Kobo possédé par le géant asiatique du e-commerce Rakuten (PriceMinister), Kobo est-il encore le partenaire idéal du nouveau groupe? Pas sûr. Décidément, ce rachat de Darty par la Fnac risque bien de rebattre les cartes dans le paysage du livre numérique français. A suivre...


Youscribe adopte Care by Tea

CareDécidément Tea a le vent en poupe. A peine un mois après l'annonce d'un partenariat avec le Furet du Nord, c'est Youscribe qui rejoint la solution Care (DRM light basée sur LCP) développée par la start-up lyonnaise. L'annonce a été faite par communiqué de presse. Elle est somme toute très circonscrite dans la mesure où Youscribe centre son offre sur l'abonnement streaming pour les livres numériques. Reste à savoir si les éditeurs valideront dans un futur proche le téléchargement des fichiers issus de ces mêmes abonnements, à l'égal d'Amazon avec son offre Kindle Unlimited:

Livre numérique : YOUSCRIBE choisit TEA et sa solution CARE pour ses ventes d’ebooks à l’acte.

YouScribe, leader français des offres d’abonnement sur le livre numérique, va bénéficier de CARE, la solution de DRM ergonomique et interopérable de TEA pour les ventes d’ebooks à l’unité TEA (The Ebook Alternative), qui conçoit et distribue une solution de livres numériques à la fois ergonomique pour les utilisateurs et ouverte aux professionnels du livre, annonce un accord avec la startup YouScribe pour la vente d’ebook à l’acte. Quelques mois après Chapitre .com, France Loisirs et le Furet du Nord, c’est donc un pure player du livre numérique qui opte pour la solution TEA. YouScribe est connu pour proposer la première offre d’abonnement de livres numériques en France, mais vend aussi à ses clients des ebooks à l’unité depuis 2011. C’est pour amplifier qualitativement cette offre de vente à l’acte que YouScribe a fait le choix de TEA.

Juan Pirlot de Corbion, Président fondateur de YouScribe, explique : «L’abonnement est le cœur de notre offre mais l’achat à l’unité reste souhaité par nos clients. Ce mode de vente doit se faire avec une expérience utilisateur optimale. C’est pour cela que nous choisissons TEA : grâce à la technologie CARE, leur entrepôt est capable de fournir l’intégralité du catalogue français dans un format parfaitement ergonomique pour le lecteur, y compris si le fichier est protégé par DRM. A l’abonnement ou à l’achat, le lecteur reste dans l’environnement de lecture YouScribe».
 
En effet, depuis novembre dernier TEA a lancé la solution CARE – Content & Author Rights Environment – première version industrielle de la DRM open source Readium LCP. Cette technologie, appliquée par TEA à l’ensemble des fichiers ePubs sous DRM, soit environ 20% du catalogue français, permet une protection forte des droits d’auteur sans que cela ne soit intrusif dans le parcours d’achat et de lecture du client.
 
David Dupré, Directeur Général de TEA, précise: «Notre mesure de protection CARE est déjà déployée par la vingtaine d’enseignes qui utilisent notre plateforme, mais YouScribe est la première solution indépendante de TEA qui va pouvoir profiter de notre technologie. Cet accord prouve que CARE, son ergonomie et son interopérabilité peuvent bénéficier à tous les acteurs du marché français, y compris sur d’autres plateformes que celle de TEA.»
 
Le choix de YouScribe illustre la volonté qu’a TEA d’accélérer le déploiement de Readium LCP et de son projet d’interopérabilité en s’ouvrant à toutes les plateformes qui veulent favoriser la meilleure expérience possible pour les lecteurs. Bien que les solutions de TEA et de YouScribe soient indépendantes, les utilisateurs y trouveront leur compte : les fichiers sous DRM achetés auprès de YouScribe seront compatibles avec les environnements de lecture TEA et inversement, les fichiers acquis auprès des revendeurs de TEA pourront être lus dans les applications YouScribe.


La lecture sur mobile, ça vient ?

SmartphoneOù en est la lecture de livres numériques sur mobile? Bien sûr qu'on lit sur les smartphones mais est-ce que les livres numériques y trouvent réellement leur place? Les usages changent-ils? La question revient régulièrement au fil des années depuis le succès de l'iPhone et de tous les autres qui ont suivis. C'était le thème des dernières assises du livre numérique organisées par le SNE en mars dernier. A voir le sujet proposé par WebTVCulture aujourd'hui. 


Catalogue disponible : le cap des 200.000 titres est franchi

LivresLe cap symbolique des 200.000 titres disponibles au format numérique a été atteint ce mois-ci. 200.415 exactement. J'ai fait ce relevé sur le site LesLibraires.fr qui propose une classification complète de libraire. Sur ce total la littérature générale représente 49,4%, suivis par les sciences techniques et humaines (23,9%), les livres pratiques (7,9%) et la jeunesse (6,5%). A signaler la montée en puissance des titres indisponibles du programme Relire, déjà plus de 11.000 titres. Pour mémoire, l'offre de titres imprimés disponibles est environ de 700.000 titres.


Baromètre Sofia/ SNE/ SGDL 2016 sur les usages du livre numérique

BarometreEn marge du Salon du Livre, le SNE (Syndicat National de l'Edition) a communiqué lors de ses Assises aujourd'hui son traditionnel Baromètre Sofia/SNE/SGDL sur les usages du livre numérique. Cette enquête a été menée par OpinionWay, entre le 8 et 17 février 2016 auprès d’un premier échantillon de 2006 personnes (enquête par téléphone), représentatif de la population française, âgé de 15 ans et plus, et d’un second échantillon de 502 utilisateurs de livres numériques (enquête en ligne), constitué sur la base des résultats du premier échantillon. Le document complet à retrouver sur le site du SNE. Pour archives ici, la synthèse ici. Lors de la présentation a été donné une progression du marché du livre numérique de 25% en valeur, 29% en volume en 2015. Ce n'est que cet été, lors de la publication des statistiques de l'édition, que seront confirmés les chiffres définitifs. On peut revoir les baromètres des années précédentes ici. 

Barometre1

Barometre2


Salon du Livre de Paris 2016 : le livre numérique en grand absent

Salon-livre-paris-logoLe livre numérique sera le grand absent du Salon du Livre de Paris (rebaptisé LivreParis) qui aura lieu la semaine prochaine. Vous ne retrouverez pas les habituels stands de Bookeen, Kobo, ni même Youboox, Numilog ou Iznéo pour ne parler que des plus fidèles habituellement. Ni stands, ni conférences d'ailleurs. Exit aussi toutes les petites startups qui venaient régulièrement présenter leurs projets. La suppression de l'espace dédié aura sans doute découragé les plus volontaires. Seul Amazon et sa filiale d'auto-publication KDP sera présent, c'est toujours un espace à lui seul. Il y a quelques années on parlait trop du numérique au Salon, mais de là à le sortir complètement. On va nous rabâcher bien sûr que le numérique ne se vend pas dans notre pays. Le livre numérique absent, c'est quand même paradoxal cette année, alors qu'il devrait dépasser pour la première fois les 100M€ de chiffre d'affaire de l'édition française en 2015. Mais la logique économique n'est peut-être pas la logique politique...


MO3T : c'est officiellement terminé, fin du feuilleton

Mo3t-2Orange a reconnu officiellement l'abandon du programme MO3T. C'est ce que confirme hier Livres-Hebdo dans un entretien avec David Lacombled, directeur délégué à la stratégie des contenus d'Orange: "Les conditions qui devaient permettre la réalisation commerciale du programme MO3T n'ont pas été trouvées et Orange a jugé préférable de ne pas donner suite à ce projet. Le consortium devait réunir l'ensemble des acteurs du marché, mais cette condition n'était pas remplie". Après la fermeture de ReadandGo en août dernier, fermez le ban pour le livre numérique.

C'était pourtant un projet stratégique important chez Orange depuis de nombreuses années, avec pour objectif d'organiser un environnement ouvert et interopérable du livre numérique sur l'ensemble du marché français pour rivaliser avec les acteurs anglo-saxons. Pour faire très court: "Acheter partout, retrouver sa bibliothèque sur tous ses appareils, chez l'opérateur de son choix". La promesse était pourtant bien belle. Revoir mes billets ici pour suivre le feuilleton. Un projet MO3T démarré en fanfare avec les sous du grand emprunt à la rentrée 2012 (un an après l'arrivée du Kindle en France). Il y a un an encore, le débat semblait encore ouvert. Malgré les volontés des libraires indépendants, du CNL, du Ministère de la Culture, rien n'y aura fait. Tous les acteurs partis sur d'autres voies.

On peut retenir à mon avis les trois éléments décisifs qui auront manqué sur un marché français qui représentera cette année plus de 100M€ de chiffre d'affaire:

  • l'absence d'Hachette (n°1 de l'édition en France) autour de la table
  • l'absence de grands libraires clés (Fnac, Cultura, Leclerc, Decitre, Furet du Nord, etc.) autour de la table
  • aucune velléité de développement d'une liseuse dans l'environnement

Début 2016, ce n'est plus pensable. Sur tous ces points, on peut dire que Deutsche Telekom avec Tolino aura été bien plus perspicace et convaincant qu'Orange. Il rivalise désormais au coude à coude avec Amazon en Allemagne et étend le modèle en Europe. Bien dommage pour nous en matière d'usages et d'interopérabilité.


Edition : le livre de poche face au livre numérique

PocheJe donne ci-dessous un tableau comparatif de l'évolution du marché du livre de poche et du livre numérique en France. Chiffres entre 1990 et 2014 donnés par le SNE (Syndicat National de l'Edition). Contrairement à d'autres pays comme l'Espagne, le livre de poche français semble bien résister même s'il reste loin des plafonds réalisés en 2005 et 2006. A suivre...

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