21 notes dans la catégorie "Nabe"

Au Régal des vermines à nouveau disponible

Regal_couv_400Quand un écrivain reprend la main sur son oeuvre et la spéculation qui s'exerce sur ses livres de son vivant. Épuisé depuis plusieurs années, le premier livre de Marc-Edouard Nabe "Au régal des vermines" est enfin réédité et disponible sur la plateforme de vente de l'auteur. Fin de la spéculation (le livre se vend jusqu'à 600€ sur PriceMinister!), un tirage à 5000 exemplaires sur papier Munken, cousu et vendu à 25€ (+frais d'envoi). Un livre qui avait fait beaucoup parlé de lui à l'époque en 1985. A redécouvrir par exemple une présentation chez Ruquier à l'occasion de la précédente réédition au Dilettante en octobre 2006, une version depuis longtemps épuisée. Aujourd'hui, c'est le troisième livre (après deux nouveautés), que propose l'auteur par ses propres soins sans passer par un éditeur. Un succès de la formule qui ne se dément pas depuis début 2010.


Alina Reyes s'édite en ligne

AlinaUn autre auteur qui suit les pas de Marc-Edouard Nabe (avec le succès que l'on sait) dans la voie de l'anti-édition, c'est Alina Reyes qui ouvre un site où elle propose à ses lecteurs les versions numériques de ses livres. Depuis "Le Boucher" paru aux Editions du Seuil en 1988, elle a publié chez de très nombreux éditeurs. Quatre premiers titres sont déjà disponibles. Je pense que, comme elle, beaucoup d'écrivains vont retrouver le contact avec leurs lecteurs sur l'espace numérique. Nabe a un coup d'avance, lui qui propose les versions imprimées, il va sans doute décliner les versions numériques bientôt, l'offre complète! En parlant de Nabe, il vient de vendre les 2000 premiers exemplaires de son dernier livre "L'Enculé", il a réimprimé à 4000 exemplaires, et toc. Deux ans maintenant qu'il a lancé sa plateforme de vente avec ses petits bras, certains ne donnaient pas cher de l'aventure, et bien ça marche! (via Wrath).


L'Enc... : Nabe enfonce son clou

Nabe Non, ce n'est pas la réflexion d'un auteur à la lecture de mon billet prédédent, c'est le nouveau livre de Marc-Edouard Nabe qui est sorti hier en vente exclusivement sur sa plateforme de vente directe et dans quelques bonnes boucheries de la capitale (un enc... dans la bavette). Un nouveau livre sur l'affaire DSK qui devrait apporter une certaine couleur dans le paysage éditorial:

«Brusquement, j’ai ouvert la porte. Je bandais comme un gorille et ruisselais de partout…»

On rappellera pour mémoire que son précédent livre "L'Homme qui arrêta d'écrire", sorti au début de l'année dernière, c'est vendu à près de 6000 exemplaires avec 3 réimpressions successives au nez et à la barbe de l'édition traditionnelle. Il avait d'ailleurs déboulé à la table du jury Renaudot à la rentrée littéraire de l'année dernière.

Registre différent, certains seront ravis de retrouver le Nabe polémiste. Je ne sais pas si ce nouveau livre de Marc-Edouard Nabe sera dans les discussions à la table du Renaudot cette année, en tout cas il circulera sans aucun doute beaucoup sous le manteau!


Nabe rouvre la boutique

Nabe Après plusieurs semaines d'indisponibilité, c'est aujourd'hui la réouverture de la plateforme de vente de Marc-Edouard Nabe. La revanche du petit-poucet producteur face aux ogres de la distribution. Succès oblige (plus de 8000 livres vendus en un peu plus d'un an -voilà qui doit laisser rêveurs certains avec leurs fonds de catalogues), il revient avec la création d'une nouvelle société crée début mai et un nouveau distributeur rompu à l'internet avec des frais d'envois constants. Et c'est pas fini: "Enfin, pour revenir à vos préoccupations littéraires plus que justifiées, sachez que Au Régal des Vermines est prêt à être réédité. Marc-Édouard Nabe préfère cependant vous proposer d’abord, actualités obligent! un livre inédit qui sera disponible ici pour la rentrée…" Il n'a pas fini de faire le buzz Marc-Edouard! Un petit regard du côté de Dantec, où rien n'a l'air de bouger...


Nabe aux Grosses Têtes

Rtl Vous vous rappelez sans doute de l'anti-édition, le choix de diffusion de Marc-Edouard Nabe pour son dernier livre l'année dernière. Une expérience qui donne bien des idées à certains. 6500 exemplaires vendus en un peu plus d'un an! Il était l'invité ce mois-ci aux Grosses Têtes de Bouvard. C'est par ici.

A signaler également la blogeuse Tilly qui diffuse son propre livre sur Marc-Edouard Nabe en papier comme en numérique, au travers de la plateforme TheBookEdition. Livre très bien fait, texte délicieux, pour les inconditionnels de Nabe assurément!

PS: attention quand même, n'est pas typographe, imprimeur et gestionnaire qui veut, regardez plutôt les mésaventures d'Honoré de Balzac en la matière sur le blog du Bibliophile, c'est pas d'hier!


Auto-édition: Dantec prend le chemin de Nabe

Dantec Deuxième auteur français important à franchir le pas de l'auto-édition, c'est bientôt Maurice Dantec qui va suivre le chemin initié par Marc-Edouard Nabe avec le succès que l'on sait avec sa plateforme de vente directe et la sortie de son dernier livre dont les ventes approchent désormais les 6000 exemplaires. On relira le long interview qu'il a eu récemment avec David Abiker. De quoi faire réfléchir bien des auteurs négligés par leurs éditeurs! Maurice Dantec choisit donc lui-aussi de se passer d'éditeur pour son prochain livre et c'est son agent qui va se charger de l'opération: "Dès que cela fut clairement décidé, nous avons immédiatement pensé à reprendre une idée qui nous avait traversé l'esprit après son départ de chez Albin, en nous inspirant de ce que faisaient des groupes rock comme Nine Inch Nails, Prince, Crystal Method, Radiohead, ou Stephen King qui est le premier écrivain à s'être autoédité via son site internet  soit l'application directe du "digital do it yourself".
    Sa notoriété lui permet aujourd'hui de s'autoéditer et cette nouvelle liberté n'a aucun prix, sans compter qu'elle lui permettra de diffuser également son travail musical. Il y a deux mois, Maurice Dantec a renoncé à plusieurs propositions de contrat pour Satellite Sisters, et je viens d’en décliner une nouvelle, reçue cet après-midi d’une major de l’édition. Je vais désormais me consacrer à la fabrication de sa future plateforme de vente qui sera disponible via mauricedantec.com. Précisons enfin que seul le livre au format papier sera disponible: aucune version digitale, ni poche ne sera envisagée. Une nouvelle ère s'ouvre." (via Fluctuat). Wrath revenait récemment sur les ventes déclinantes de Dantec depuis quelques années. Différences entre la démarche de Nabe et celle de Dantec. Complète autonomie pour le premier avec des ventes exclusivement sur son site. Dantec, lui, avance avec un agent. Pourra t'il récupérer les droits de certains de ses titres comme Nabe? Quels seront ses modes de diffusion? Amazon? A suivre donc...


Nabe déboule sur la liste du Renaudot

Nabe Coup de tonnerre dans la deuxième liste du prix Renaudot hier, c'est l'invitation de Marc-Edouard Nabe avec son "Homme qui arrêta d'écrire". Une situation assez inédite pour deux raisons: la première c'est que le livre est sorti depuis le mois de janvier (déjà vendu à près de 5000 exemplaires) et qu'il se retrouve en compétition en novembre, la deuxième est que c'est la première fois qu'un livre édité par l'auteur et distribué à travers sa propre plateforme de vente sur internet figure dans une telle liste d'un prix littéraire majeur. 9 livres: 2 Gallimard, 2 Seuil, 1 Grasset, 1 Flammarion, 1 Stock, 1 Albin Michel et 1 "Auto-édité"! Alors, adhésion ou provocation de la part des jurés? Peut-être les deux à la fois! Vous imaginez tous les libraires de France privés de Renaudot dans 15 jours!

PS: à signaler l'article dans Le Monde du 21 octobre.


Atelier sur l'édition d'auteurs

L_Atelier-logo En cette période d'été, l'Atelier numérique revient sur l'auto-édition avec une interview réalisée au printemps dernier avec Marc-Edouard Nabe, écrivain et Luc Spooren, directeur de la société Unibook: "Il est désormais possible de publier son propre manuscrit, sans passer par les étapes classiques de prospection et de sélection des maisons d’édition. Deux écoles: l’auto-édition et l’ «anti-édition». La première consiste à simplement faire publier et diffuser son manuscrit grâce à une plateforme d’auto-édition, tels que Lulu ou Unibook. La dernière représentée par Marc-Edouard Nabe, l’«anti-édition», est la démarche d’un écrivain s’affranchissant du circuit classique de publication, en endossant les rôles d’éditeur et publiciste de sa propre œuvre, grâce au web". Les deux sont désormais possible pour tous les écrivains d'aujourd'hui, selon leurs statuts, reconnaissance passée ou en devenir. La voie numérique est une chose, la voie papier ne doit pas être dédaignée pour autant, par respect pour le lecteur, même si elle comporte une part de risque et d'engagement financier comme dans le cas pour Marc-Edouard Nabe. La liberté et l'indépendance est à ce prix-là. A l'heure où des groupes d'édition s'affranchissent des libraires traditionnels pour vendre en direct sur des portails, il ne me parait pas choquant que des auteurs fassent ce choix-là, une philosophie de vie d'écrivain en quelque sorte. Contraste sur le magazine Lire aujourd'hui avec cette liste et l'article paru au printemps dernier.

Nabe: l'auto-publication indépendante

Nabe 4000 exemplaires vendus. Deux tirages épuisés et une nouvelle réimpression à 4000 exemplaires! Marc-Edouard Nabe et son dernier roman "L'Homme qui arrêta d'écrire" n'en fini pas de déjouer tous les pronostics qui ne donnaient pas cher de son entreprise d'auto/anti-édition (voir plateforme). Il est bien en train de prouver deux choses: la première qu'une diffusion exclusivement sur le web pour rejoindre son public est possible pour un auteur déjà reconnu, en s'affranchissant de l'édition et de la librairie traditionnelles; la deuxième que l'aventure du papier est plus jamais essentielle et pertinente pour un auteur d'aujourd'hui, certains auraient peut-être tendance à l'oublier. Je n'ai pas connaissance d'autres auteurs ayant tenté et réussi un tel pari. Et vous? Marc-Edouard Nabe n'a pas encore décliné des versions numériques de ses différents livres. Peut-être y viendra t-il bientôt? En tous cas, si c'est le cas, on peut lui faire confiance pour conserver la même indépendance vis-à-vis de solutions verticales et monopolistiques. Le Wall Street Journal revenait la semaine dernière sur l'auto-publication et les "stars" du phénomène. Marc-Edouard Nabe ouvre bien quant à lui sa propre page personnelle... 

Self_Publishing_Vs_Publisher


Nabe: il s'arrêtera où?

Nabe 3000 livres vendus en trois mois! Décidément, l'aventure d'anti-édition inaugurée par Marc-Edouard Nabe n'en finit pas d'étonner. Il s'apprête à procéder à un troisième tirage! Les livres sont lus, le buzz se répand sur la toile, y compris maintenant dans les médias traditionnels. Ce qui était vu par certains comme une tentative solitaire et désespérée d'un écrivain "has been" est en train au fil des semaines de s'inscrire comme un véritable phénomène littéraire. Dans le dossier que lui consacre cette semaine Chronic'Art, j'ai relevé l'excellent article de Ludovic Barbiéri "Edition sur Internet: le mur de verre?", je cite certains passages: "Mine de rien, et quoi qu'on pense de son livre, le cas Marc-Edouard Nabe marque une date dans l'histoire -encore embryonnaire- de l'édition sur internet, et plus généralement des rapports entre le réseau et l'édition traditionnelle. En gros, jusqu'ici, il y avait une barrière infranchissable entre le Web et les structures que l'on connait. D'un côté les maisons classiques, la presse généraliste et littéraire, les libraires, bref, le circuit habituel; de l'autre, une galaxie souterraine de blogs, de réseaux et de mini-maisons inconnues, à quoi la presse ne s'intéresse jamais et qui faute de relais, fonctionne en circuits fermés... Avec son site de vente directe en forme de pied-de-nez mi-malin mi-mesquin et de dernière provocation, le vibrionnant Marc-Edouard Nabe est donc l'un des premiers à franchir le mur de verre. Expérience pionnière ou exception? Pour le moment, exception, colonel. A suivre." L'intérêt du contact direct avec ses lecteurs, c'est aussi que l'on peut les inviter directement pour fêter cela... Marc-Edouard Nabe, plus "grand seigneur" que jamais! Jusqu'où s'arrêtera t-il? J'avoue que je ne me lancerais pas dans un pronostic...

PS: à signaler également un billet très juste sur la Revue des Ressources/ voir également le compte-rendu de cette soirée avec les 300 lecteurs présents sur Marianne et la vidéo (19/04/2010).


Nabe met le feu

NabeSollers allumait ces jours-ci. Il se fait allumer lui-même, mais au sens propre! Décidément, le Salon du Livre n'est pas encore fermé que Nabe crée encore l'événement avec une couverture à la une de Chronic'Art qui fera date. L'éditeur Léo Scheer décripte sur son blog: "Ce qui est bien dans sa démarche, c'est qu'il ne se contente pas de pester en trépignant et en se roulant par terre contre le "milieu hostile de l'édition", (qu'il a réellement subi, lui, pour les vingt huit livres qu'il a écrit et qui forment une oeuvre véritable). Marc-Édouard Nabe, lui, il écrit un livre remarquable: "L'Homme qui arrêta d'écrire", utilisant l'arme absolue de son talent littéraire pour étriper ceux qui ont voulu le faire taire. Marc-Édouard Nabe, lui, il agit. Il crée les conditions concrètes et matérielles pour continuer à écrire. C'est cette saga que Chronic'art décrit dans un dossier de dix pages, et cela me semble beaucoup plus intéressant que les tonnes de pleurnicheries et de mensonges qui se déversent dans les blogs. Si la vérité sur le milieu de l'édition vous intéresse vraiment, si vous avez réellement envie de savoir comment cela s'inscrit dans la décrépitude du monde culturel actuel, lisez Chronic'art, lisez "L'Homme qui arrêta d'écrire".

PS: Nabe s'invite même chez les sénateurs! Et on trouve maintenant son livre dans des bars, boucheries, fleuristes... (voir également billet sur AgoraVox).

 




Lire: ce que gagnent les écrivains

Logo_lire Je vous recommande la lecture du dernier numéro du magazine Lire qui consacre un dossier complet à "Ce que gagnent les écrivains". Cela reste bien entendu un tabou dans le paysage éditorial français mais Lire a réussi à ouvrir les consciences. Montants des droits d'auteurs, des à-valoirs (800€ pour un débutant), confortables résidences d'écrivains, prix rémunérateurs, bourses en cascade, traductions, négritudes, postes influents, grand et petit écran, commandes diverses, auteurs "salariés" appointés, rôle des agents, vérités sur les "transferts en or"... Bref, le constat est clair de la part de Jean-Marc Roberts (PDG de Stock): "La situation a tendance à se radicaliser: vous allez avoir, d'un côté, des auteurs inconnus qui, jadis vendaient à 3000 exemplaires, mais qui plafonnent aujourd'hui à 400, et auxquels il va falloir dire que l'on va diviser leurs à-valoir par trois et, de l'autre, des romanciers qui ont la chance de dépasser les 30.000 exemplaires et seront surpayés. Le risque, c'est que les éditeurs ne financeront plus de véritables projets littéraires." La situation semble bien se dégrader pour bon nombre d'écrivains tombés peu à peu dans la paupérisation. Au coté de Jean d'Ormesson (Monsieur 18%), un article sur la situation inédite (décidément, il est partout) de Marc-Edouard Nabe (Monsieur 70%) qui avec ses premiers 3000 lecteurs inconditionnels vient bien de réussir le pari qu'il s'était fixé. A savoir, comme le rappelle François Busnel dans son éditorial, le postulat somme toute assez clair: "Oui, il est normal qu'un écrivain dont les livres se vendent (quelque que soient les chiffres de vente) puisse vivre de sa plume plutôt que d'un autre métier". Autrefois, Nabe touchait avec un "contrat-salarié" 2200€ mensuels des Editions du Rocher. Il vient de s'assurer en quelques semaines près de deux années de rémunération et l'année est loin d'être terminée. Nabe, avec quelques milliers d'exemplaires, vie à nouveau de sa plume, ce qui est loin d'être le cas pour les autres. On ne peut refermer ce dossier sans se demander si l'édition littéraire tourne normalement, elle qui ne permet plus actuellement de rémunérer correctement les écrivains...

Et si Nabe avait tout faux?

Express "Un clip qui donne des sueurs froides à tous les acteurs du livre. Chez aucun éditeur, dans aucune librairie..." C'est le démarrage du long article de Bruno Abescat dans l'Express de cette semaine "Livre, révolution à l'oeuvre" qui revient sur la nouvelle donne des cartes dans le paysage éditorial français sur fond de la dégradation de la rentabilité du secteur (-0,9% en 2008 selon KPMG). Une bonne introduction avant la grand messe du Salon du Livre la semaine prochaine. Les deux grands absents de ce Salon seront Hachette Livre (qui affiche un insolent résultat opérationnel en hausse de 23,8%) et... Marc-Edouard Nabe qui vient, aux dernières nouvelles, de réimprimer son livre à 3000 exemplaires et les ventes vont bon train... Et si Nabe avait "tout faux"?, c'est la conclusion de l'article...

PS: j'ai eu l'occasion ce week-end de voir la réimpression du livre: les petites réserves que j'avais faites sont levées, papier de couverture plus épais et pelliculage mat, résultat impeccable...


Marc-Edouard Nabe se publie en seigneur

100_7857100_7858 Quel livre! J'ai découvert hier soir le colis avec le nouveau livre de Marc-Edouard Nabe "L'Homme qui arrêta d'écrire". Emballage carton irréprochable, sous thermo, le bébé est impressionnant, 800g. Celui-là, c'est pas un prématuré, il aurait même sérieusement dépassé le terme! Un livre magnifiquement réalisé qui ferait rougir pas mal d'éditeurs. Un format 13,8 x 20cm, 696 pages sur un beau papier bouffant légèrement ivoiré (Munken Print crème 80g avec une main de 1.8), broché cousu. La seule petite réserve en ce qui concerne la couverture, j'aurais personnellement opté pour un grammage un peu plus fort et un pelliculage mat plutôt qu'un vernis en ligne. Mais c'est un point de détail. Vous chercherez vainement les métadonnées (un numéro ISBN car c'est un livre, un auteur, un titre, une date), pas de mention d'éditeur (il n'y en a pas, d'éditeur), pas de code barre (uniquement vendu par internet), pas de 4ème, pas de photo, rien sur le dos, le n°28 au verso de l'ouvrage signale sobrement qu'il s'agit du 28ème livre de l'auteur. Plus simple y a pas. Un compositeur, une correctrice, un graphiste pour la couverture, un papetier, un imprimeur, un site internet, un distributeur pour préparer l'envoi, vous l'avez entre les mains. Choix de mise en page et composition typographique remarquables. 33 lignes par page, Garamond 11,5 (ligaturé s'il vous plait). Les puristes apprécieront (tout sur la physiologie du Garamond chez Peter Gabor), les autres aussi même s'ils ne savent pas pourquoi... Si tous les auteurs se mettent à faire des livres de cette qualité en direct, avec un tel respect du lecteur... Tirage à 1000 exemplaires (ils sont partis), la réimpression en cours, disponible uniquement sur le site de l'auteur. Un seul premier mot, bravo Marc-Edouard Nabe. Le beau bébé joufflu trône déjà sur ma table de chevet. Allez, souhaitez-moi une bonne lecture!

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PS: Excellent livre que j'ai dévoré en huit jours. 700 pages bien tassées et pourtant on voit pas le temps passer. Sevré d'écriture (on ne le reprendra plus), l'auteur déambule dans Paris pendant une semaine dans les milieux "culturels". Journalisme, édition, mode, télévision, art contemporain, web... Tout ce joli monde vue à travers la lorgnette de Nabe. Chacun pris aux pièges de ses petites médiocrités quotidiennes. Personne n'échappe au jeu de massacre, comme d'habitude tout est vrai, un livre qui n'aurait jamais pu être publié chez aucun éditeur en l'état. Vous pensez, une coupe par pages, combien de nègres pour le livre noir de Nabe? En ces temps de virtuel généralisé, c'est un monde en contraire surréalisé (le terme est de Delfeil de Ton dans le Nouvel Obs) qui nous est donné. C'est très drôle, les références littéraires sont nombreuses comme d'habitude chez Nabe (Joyce, Dante, Céline...). On retrouve avec bonheur le Nabe du Journal ou du Bonheur justement, qui sème ses farces et attrapes, ses espiègleries. Des scènes d'anthologie comme celles entre autres au Palais de Tokyo, du journal unique pour la presse ou avec Julien Doré, Alain Delon... On citerait tout, comme dans le cochon, tout est bon (sauf peut-être avec les passages du Libre Penseur qui nous bassinent un peu, mais c'est sans doute exprès). Une fois refermé, on a envie de remettre le couvert une nouvelle fois. A laisser décanter et à reprendre dans quelques temps. Bref une semaine de lecture jubilatoire comme on n'a rarement l'occasion d'en faire. Mille lecteurs, Nabe? C'est clair qu'avec ce livre, il met dans le mille. Qu'on se le dise, Marc-Edouard Nabe est de retour, et quel retour... (01/03/2010)

PS: pour la réimpression, grammage de la couverture et pelliculage mat ont été rectifiés, résultat impeccable, chapeau Monsieur Nabe! (17/04/2010)


Nabe: fini les chaînes du livre

Nabe Le livre de Marc-Edouard Nabe (L'Homme qui arrêta d'écrire) est paru et envoyé à ses lecteurs. A écouter son interview sur Europe1 chez Frédéric Taddéi. Les 1000 exemplaires du premier tirage sont déjà épuisés... Mon exemplaire (n°28) est arrivé. Pas chez moi pendant une dizaine de jours, il me faudra patienter. Ma femme m'a dit qu'il était magnifique...

Nabe: un livre-pavé dans le net

Lhommequiarretadecrire-400 Quand l'homme qui avait arrêté d'écrire se remet à le faire et à s'éditer lui-même "par dessus le marché" (c'est le cas de le dire). Je vous avais parlé récemment de ce cas tout à fait inédit de Marc-Edouard Nabe qui publie désormais lui-même son oeuvre, 22 livres (sur 27) dont il a récupéré les droits et un nouveau "L'Homme qui arrêta d'écrire" qui sort le 14 janvier prochain exclusivement en vente sur le site dédié. A lire l'article que lui consacre Jérôme Dupuis dans l'Express et que relaie Léo Scheer: "La bonne vieille autoédition, donc? «Non, de l’antiédition  corrige-t-il, très excité par ce nouveau départ. J’en ai assez des éditeurs blasés et des libraires boycotteurs. J’ai imprimé mille exemplaires de ce roman, qu’on ne pourra commander que sur ma plate-forme, marcedouardnabe.com. Au lieu de toucher mes misérables 10% de droits d’auteur, désormais, je serai à 70%.» Nabe sait pouvoir compter sur un cercle de fans réduit mais fervent (et qui sait si son initiative ne donnera pas des idées à des auteurs comme Amélie Nothomb ou Marc Levy?) D’autant que son Homme qui arrêta d’écrire a belle allure: 700(!) pages, couverture typographique élégante, papier bouffant. Signe particulier: aucun texte, ni code barre, ni mention du prix – 28 euros – sur la quatrième de couverture.» A quoi bon, puisque mon livre ne sera pas vendu en librairie?» justifie notre «artiste-auteur», son nouveau statut officiel.". Inutile de vous dire que Nabe se foût également des métadonnées...

Marc-Edouard Nabe: un auteur qui ouvre boutique

Nabe A signaler un exemple tout à fait intéressant et inédit en France, à savoir un auteur qui a récupéré au fil des années l'ensemble des droits sur ses livres publiés chez beaucoup d'éditeurs depuis plus de vingt ans et qui ouvre sa propre boutique. C'est ce qui arrive en ce moment à Marc-Édouard Nabe qui s'affranchit des canaux de distribution classiques avec un espace de vente. Du producteur au consommateur! Pas moins de 21 livres à nouveau disponibles! («Nabe, c’est un anar individualiste!» écrivait Daniel Cohn-Bendit en 1999). C'est Léo Scheer qui l'a relayé récemment: 'Dans l'entretien accordé cet automne à Médias pour son n°22 de l'automne 2009, il s'exprime assez clairement sur le sujet: "Je ne cherche pas d'éditeur. Qu'ils aillent se faire foutre. J'ai passé un cap. C'est moi qui ne veut plus d'éditeur. Je ne veux plus être dans le système." Sa conception de ce qu'est ce système est non moins précise: "Actuellement, le milieu littéraire est notre ennemi à nous, écrivains. L'éditeur, le diffuseur et le libraire sont trois parasites du livre." Marc-Édouard Nabe explique ensuite au journaliste de Médias le chemin qu'il entend suivre pour sortir de ce système: "Je viens de gagner mon procès contre Le Rocher et j'ai récupéré tous les droits de mes livres, je peux en faire ce que je veux. Pas question de les remettre dans le circuit. Si ça amuse les autres écrivains de continuer d'accepter de ne toucher que 10% de leur travail, ça les regarde. Moi je suis davantage pressé de vivre de ce que je crée. Le milieu éditorial m'excusera. Alors j'ai décidé de m'éditer moi-même." (via Léo Scheer). Les prix pratiqués sur le site sont pour l'instant assez prohibitifs pour certains car il s'agit des derniers exemplaires disponibles mais l'auteur annonce des rééditions et un nouveau livre de 700 pages tiré à 1000 exemplaires à paraître dans le courant de janvier. S'il a pu récupérer par des décisions de justice droits et livres, a t-il pu aussi remettre la main sur les fichiers pour assurer les rééditions et d'éventuelles versions numériques? A suivre...