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Prêt numérique en bibliothèque au Québec : interview avec Jean-François Cusson

PretnumériqueCe week-end je vous parlais du succès du prêt de livres numériques dans les bibliothéques du Québec. Je vous propose d'en savoir plus sur le service PretNumerique.ca avec Jean-François Cusson qui en est responsable chez Bibliopresto et qui a bien voulu répondre à mes questions: 

- Pourriez-vous revenir sur les éléments fondateurs du projet et la mise en place de celui-ci?

BIBLIOPRESTO.CA émane de la volonté commune de l’Association des bibliothèques publiques du Québec, du Réseau BIBLIO du Québec et de Bibliothèque et Archives nationales du Québec de se doter d’un organisme chapeautant le développement et l’accès aux ressources numériques pour les bibliothèques publiques. Les premières discussions autour du projet remontent à 2010. À l’époque, les bibliothèques publiques envisageaient le prêt de livres numériques, mais il n’y avait, d’une part, aucune plateforme qui répondait vraiment à leurs besoins et, d’autre part, très peu d’offres de contenu.

Ayant structuré et défini nos besoins, nous avons travaillé de concert avec De Marque, notre partenaire technologique, pour mettre sur pied l’outil qui allait répondre à nos besoins présents et futurs. La collaboration avec De Marque fut exemplaire, et cela nous permit de rapidement mettre sur pied une première mouture de la plateforme. De Marque demeure le partenaire essentielle de ce projet; nous collaborons avec leur équipe sur une base quotidienne.

En parallèle, des discussions importantes eurent lieu avec l’ensemble des partenaires du milieu du livre québécois (éditeurs, distributeurs, auteurs, libraires, agrégateurs, bibliothèques et l’état) afin de définir les paramètres et le cadre d’un projet pilote.

Le projet fut officiellement lancé en décembre 2011 par 6 bibliothèques. Des résultats préliminaires furent présentés au printemps 2012 et dès l’automne suivant, la plateforme fut ouverte à toute bibliothèque désirant intégrer le service.

- Au démarrage, avez-vous bénéficié de l'appui des collectivités locales et d'organismes publics?

Oui. Le ministère de la Culture et des Communications du Québec a octroyé à BIBLIOPRESTO une subvention pour aider au démarrage de l’organisme. De même, la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) nous a appuyé financièrement dans le développement initial de la plateforme.

Il s’agissait là d’aide au démarrage. BIBLIOPRESTO ne bénéficie plus maintenant d’aucune aide gouvernementale.

- Comment initiez-vous les partenariats avec les bibliothèques? Quelles interfaces et quelle articulation avec les portails de celles qui en ont?

BIBLIOPRESTO est un organisme à but non lucratif créé par et pour les bibliothèques publiques québécoises. Le conseil d'administration de BIBLIOPRESTO est composé de gestionnaire de bibliothèques de toute taille, ce qui lui donne une certaine représentativité. Partant de là, il est fort aisé de contacter directement les bibliothèques (quand ce n’est pas elles qui nous contactent en premier). De même, nous travaillons beaucoup en collaboration avec nos partenaires du milieu, en particulier l’Association des bibliothèques publiques du Québec, les réseaux BIBLIO régionaux du Québec et Bibliothèques et Archives nationales du Québec.

Les bibliothèques participantes intègrent la plateforme sur la base d’un abonnement de trois ans. Le système est complètement en infonuagique (cloud); il n’y a donc rien à installer localement et les bibliothèques n’ont pas à se doter d’infrastructures lourdes (ex. serveur). La plateforme a été conçue pour pouvoir être utilisée par toutes les bibliothèques, peu importe leur taille.

Les bibliothèques peuvent, si leur système intégré de gestion le permet intégrer finement la plateforme PRETNUMERIQUE.CA à même leur catalogue conventionnel (nos API sont publiés sur notre site web, libre à chaque fournisseur de s’y brancher). Jusqu’à maintenant, quelques fournisseurs ont développé les passerelles nécessaires, mais c’est loin d’être encore la norme. Généralement, les bibliothèques utilisent PRETNUMERIQUE.CA comme une plateforme externe.

En plus de l’interface utilisateur, nous fournissons un module administrateur complet qui permet de suivre ses statistiques, d’exporter des données en chiffrier Excel et de configurer ses paramètres de prêt (durée des prêts, nombre de prêts maximum, durée des mises de côté, alerte de réservation, etc.)

- Quel catalogue proposez-vous aux bibliothèques, nombre de titres, secteurs éditoriaux? Les éditeurs français ont-ils rejoint vos offres?

Nous ne proposons pas de catalogues directement aux bibliothèques. En effet, il s’agit là du rôle des libraires. En mettant sur pied notre système, nous avons convenu en concertation avec l’ensemble des acteurs du milieu du livre au Québec de conserver et de mettre en avant le rôle des libraires dans la chaîne du livre numérique.

Le rôle de BIBLIOPRESTO est alors du côté des négociations avec les éditeurs et distributeurs. À l’heure actuelle, une très grande partie des éditeurs québécois ont signé une entente avec nous qui définit les modalités de vente et d’usage des livres numériques. Dimedia, un distributeur qui diffuse au Québec, entre autres, les titres de Volumen et du groupe Le Seuil, a de même signé une entente similaire, nous permettant ainsi de donner accès au catalogue de plusieurs éditeurs européens.

Actuellement, environ 15.000 titres sont disponibles à l’achat pour les bibliothèques québécoises. Globalement, les collections des bibliothèques québécoises représentent un peu plus de 85.000 exemplaires, chiffres qui ne cessent d’augmenter.

Les livres adultes représentent environ 85% des collections. L’offre jeunesse est encore limitée, et le prêt tarde à décoller de ce côté (à peine 5% du prêt total). Les romans représentent les 3/4 des emprunts.

- Quel modèle économique pour les éditeurs? Les mêmes pour streaming et téléchargement?

Pour le moment, le streaming n’a pas été développé. Tout le système repose donc sur l’emprunt, via téléchargement, de livres numériques équipés d’un DRM (le fameux DRM d’Adobe, dont le coût est ici assumé par les bibliothèques, à l’usage). Lorsqu’une bibliothèque acquiert un exemplaire (c’est-à-dire une licence d’utilisation sur un titre), un accès vers ce contenu est synchronisé dans son compte, et automatiquement rendu disponible à ces usagers. Les livres numériques demeurent ainsi dans leurs entrepôts d’origine. L’emprunt est chronodégradable et la durée du prêt est déterminée localement par chaque bibliothèque (règle générale, il s’agit d’un prêt de 14 ou 21 jours).

Les licences acquises par les bibliothèques sur les titres numériques sont de 55 prêts, et le prix de vente doit être le même que celui pour la vente grand public. Il n’y a pas de plafond temporel aux licences, et les bibliothèques ont le droit de créer des copies de sauvegarde advenant le défaut d’un éditeur ou de son agrégateur.

- Où en êtes-vous par rapport à vos objectifs de démarrage, quelles perspectives pour 2014?

Les objectifs de départ ont été largement atteints puisque nous avons une plateforme fonctionnelle implantée dans la majorité des bibliothèques québécoises. En 2014, nous nous concentrerons sur une bonification de l’offre disponible (négociations de nouvelles ententes avec des éditeurs québécois et européens, intégration de livres anglais et/ou en autres langues). De même, nous souhaitons mieux connaître les besoins des usagers de bibliothèques afin de pouvoir leur offrir un produit qui répond, de façon très concrète, à leurs usages.

- Pouvez-vous décrire le protocole de téléchargement et l'implémentation sur les liseuses en prêts ou celles des usagers?

Je vous inviterais à consulter cette section de notre site Web, ou tout le processus est décrit : http://www.pretnumerique.ca/aide/startup

Peu de bibliothèques québécoises prêtent des appareils à leurs usagers. Quelques expériences ont eu lieu, mais à ma connaissance, les résultats n’étaient pas concluants, et la gestion matérielle des appareils donnait lieu à certaines lourdeurs et complexités que la plupart des bibliothèques ont préféré éviter. Toutefois, la majorité des bibliothèques québécoises offrent des séances de formation, des cliniques d’aide, des conférences sur le livre numérique, etc.

Nous mettons de l’avant un système interopérationnel qui permet aux usagers de consulter leur emprunt numérique sur la plupart des appareils, exception faite des Kindle d’Amazon.

- Avez-vous des statistiques sur la fréquentation?

Comme je le disais plus tôt, nous n’offrons pas le mode streaming. Voici nos dernières statistiques pour les téléchargements, les membres et la fréquentation du site :

  • 513.435 emprunts
  • 1.152.408 branchements au site
  • 102.336 membres uniques
  • 136.287 réservations
  • 61 bibliothèques membres (à noter, un réseau comme celui des bibliothèques de Montréal ne représente qu’un seul membre, alors qu’il comporte 45 succursales. Ainsi, au total, c’est environ 600 points de service qui donnent accès à PRETNUMERIQUE.CA, au Québec).

- Avez-vous des retours sur les taux de satisfactions des usagers?

Rien de structuré pour le moment, même si nous recevons beaucoup de commentaires par l’entremise des bibliothèques participantes.

Je vous invite par ailleurs à visiter notre site web: www.bibliopresto.ca


Prêt numérique en bibliothèques : grand succès au Québec

Pretnumerique500.000 prêts, 100.000 membres la même semaine pour PRETNUMERIQUE.CA, la plateforme de prêt numérique dans les bibliothèques publiques au Québec développée par Bibliopresto. Le 6 janvier dernier, le seuil du demi-million de prêts de livre numérique a été dépassé depuis le lancement du projet pilote en décembre 2011. Puis, le 8 janvier, un usager de Bibliothèque et Archives nationales du Québec est devenu le 100.000e membre utilisateur. Un engouement très important pour le livre numérique en bibliothèque au Québec. En seulement un an, entre décembre 2012 et décembre 2013, la fréquentation de la plateforme a augmenté d’environ 150% alors que le nombre d’emprunts connaissait une progression fulgurante de 250%. Dans la même période, le nombre de titres numériques proposés par les bibliothèques québécoises a presque triplé (via Bibliopresto). A méditer dans les bibliothèques publiques françaises à l'heure où des formules de ce type sont sur le point de voir le jour, je pense particulièrement à PNB (Prêt Numérique en Bibliothèque) développé par Dilicom.

PS: un tutoriel a été mis en ligne par les Bibliothèques de Montréal.


Québec : deux auteurs lâchent les librairies

Tarte"Il y a moins d'intermédiaires sur ma tarte, j'aurais une plus grande portion". Ce sont les propos de l'auteure québecoise de best-sellers Arlette Cousture qui a choisi de vendre directement les versions numériques de ses livres sur son site internet en se passant des libraires. C'est aussi le cas de Marie Laberge, autre auteure à succès. Les bibliothèques passent aussi à côté. La polémique est vive au Québec alors que le débat autour du prix unique est en cours et que les fermetures de librairies se succèdent (via RadioCanada).


Bibliothèques du Québec : succès du prêt de livres numériques

Saint lazareLes bibliothèques du Québec développent de plus en plus des offres de prêts de livres numériques auprès de leurs lecteurs. Déjà près de 50 bibliothèques à travers tout le pays proposent désormais une offre de livres numériques francophones au travers de la plateforme Pretnumerique.ca développée par DeMarque. L'une des dernières en date celle de Saint-Lazare, une commune de moins de 20.000 habitants, détaille le projet:

Depuis début décembre, les détenteurs de la carte du citoyen peuvent profiter des différentes publications du catalogue. «Les résidents, après l’activation de leur dossier au comptoir de la bibliothèque, peuvent profiter de plus 670 titres disponibles sur deux plateformes: Pretnumérique.ca pour les livres francophones et Overdrive pour les livres anglophones», a précisé Michel Piché, bibliothécaire en chef.

Cette nouveauté représente un investissement de 18.500$ pour l’année 2013. La plateforme francophone aura coûté 1.500$, alors que 5.000$ ont été investis pour la plateforme anglophone. Enfin, un budget de 12.000$ a été attribué à l’achat des 670 livres numériques.

Ces livres sont «chronodégradables»: au terme des trois semaines du prêt, le livre téléchargé n’est plus disponible. La durée du prêt demeure toutefois la même que pour les livres papier, et il est possible de télécharger les versions électroniques dans son appareil, que ce soit une tablette, une liseuse, un ordinateur ou un téléphone intelligent.

À compter de la nouvelle année, les résidents de Saint-Lazare pourront emprunter une liseuse pour des périodes de trois semaines.

Des ateliers d’introduction au livre numérique à l’intention des débutants sont prévus en français et en anglais. On y traite notamment des endroits où se procurer des livres numériques et de la procédure d’emprunt à la bibliothèque. Des ateliers de dépannage seront aussi offerts. Onze ateliers sont prévus. Les thèmes suivants seront au cœur des discussions: accès aux livres numériques, installation des programmes nécessaires, téléchargement des fichiers et transfert dans un appareil de lecture (via PremiereEdition).


Erudit : quinzième anniversaire du portail

Logo-érudit.org_Une plateforme numérique qui fête son quinzième anniversaire cet hiver, c'est le portail canadien de revues, articles et ouvrages numériques Erudit.org. Une initiative pionnière qui oeuvre en faveur de la recherche et de la culture francophones. Je relaie le communiqué de presse que m'a adressé leur responsable québecois.

ERUDIT, QUINZE ANS AU SERVICE DE LA RECHERCHE FRANCOPHONE
Grâce à une vision novatrice de la diffusion scientifique en format numérique, la plateforme Érudit fête cet hiver ses 15 ans d’existence. Cette réussite est marquée par la défense de l’accès libre et de la langue française, ainsi que par le rayonnement de la recherche et de la création d’ici à travers le monde.
Une plateforme nationale pour une visibilité internationale
Ce qui n’était qu’un projet pilote en 1998 est devenu aujourd’hui la première plateforme de recherche francophone en Amérique du Nord. Érudit propose un accès unique aux publications numériques (revues, livres, thèses et documents) des éditeurs, universités et chercheurs canadiens dans l’idéal d’offrir à tous du contenu scientifique et de création de haut niveau. Ainsi, 95% des documents présents sur Érudit sont disponibles en accès libre.
Avec 23 millions de pages vues en 2012, dont 70% de l’étranger, Érudit est également fière de pouvoir contribuer de façon essentielle au rayonnement et à la valorisation de la recherche francophone dans le monde.
Financer la diffusion de la recherche en accès libre
Véritable partenaire des milieux scientifiques et culturels québécois, Érudit agira au cours des prochaines années en faveur de nouveaux modèles de soutien de l’accès libre, afin de contribuer à l’essor et à la vitalité de la recherche et de la création.
Érudit fait ainsi contrepoids aux initiatives commerciales onéreuses et permet que la recherche d’ici soit hébergée et préservée au Québec, et surtout diffusée librement.
Le financement de ces nouveaux modèles de diffusion, la libre circulation de la connaissance et l’innovation de la plateforme pour conserver sa compétitivité parmi les grands acteurs mondiaux, voilà à quoi Érudit travaille actuellement.
À propos d’Érudit
Consortium de l’Université de Montréal, l’Université Laval et l’Université du Québec à Montréal, Érudit est une société sans but lucratif qui a pour mission de promouvoir et de diffuser la recherche et la création, notamment en offrant un large éventail de services en édition et diffusion numérique.
Pour plus d’information et demande d’entrevue: Gwendal Henry, chargé de promotion [email protected] (514) 343-6111 poste 27 23
www.erudit.org


Le Québec et ses libraires

LivresL'Association des libraires du Québec (ALQ) et la coopérative des Librairies indépendantes du Québec (LIQ) collaborent pour créer une nouvelle image de marque qui encadrera dorénavant l'ensemble des opérations promotionnelles et commerciales du regroupement: Les libraires. Rappelons que ceux-ci proposent aussi une offre numérique sur ce site. Une première vidéo promotionnelle, les belles découvertes de livres sont bien toujours chez les libraires!


Montréal : lire vous transporte

Lire vous transporteProfitant de la Saison de la lecture de Montréal, les bibliothèques de la Ville de Montréal, la Société de transport de Montréal (STM) et l’Association des libraires du Québec ont lancé le projet "Lire vous transporte". Ce projet pilote d’une durée de trois mois consiste à offrir, à l’intérieur de plusieurs bus et abribus, une bibliothèque numérique gratuite composée d’une quarantaine de premiers chapitres de livres d’expression française. Reste ensuite à emprunter dans sa bibliothèque ou acheter chez un libraire indépendant. Lire le communiqué de presse complet ici. Merci à Sophie pour l'info.


M2 mutation numérique : l'iPad à l'école

Mutation m2On ne présente plus le blogueur québécois Martin Lessart. A découvrir l'émission M2 Mutation numérique qu'il anime avec un autre Martin, tous les premiers lundis de chaque mois, un "pont entre les savoirs numériques". Cette semaine un point sur l'iPad à l'école au Québec, un an après les premiers programmes d'introduction dans les classes. L'heure d'un premier bilan, c'est par ici en podcast.


Québec : 12% des foyers avec une liseuse

QuébecL'adoption des tablettes et liseuses est importante chez nos amis québecois. Une étude du CEFRIO vient de confirmer les tendances. Plus d'un foyer sur quatre (27%) est équipé d'une tablette et 12% ont une liseuse/ livre électronique. De loin les francophones les plus équipés, proximité des Etats-Unis et succès de Kobo obligent (via LeDevoir).


Bibliothèques de Montréal : des lecteurs à gagner

Ent_logo_res_bibliPetit clin d'oeil à nos amis québecois, je viens de découvrir tardivement que le réseau des bibliothèques de Montréal propose un concours: "Vous avez jusqu’au 30 juin pour participer au concours et ainsi avoir la chance de gagner un iPad mini ou une liseuse Kobo avec des livres numériques. Pour être admissible au concours vous devez être abonné aux Bibliothèques de Montréal ou détenir un dossier d’abonné actif comprenant un courriel valide." Des idées pour dynamiser les abonnements des bibliothèques par chez nous!


Québec : premier bilan du prêt numérique en bibliothèque

Logo_pretNumerique_caAlors que le dispositif PNB (Prêt numérique en bibliothèque) mis en place par Dilicom devrait être opérationnel à partir de la rentrée en France, un bilan de la situation chez nos amis québecois sur le blog DeMarque:

"Depuis décembre 2011, le prêt de livres numériques est proposée dans certaines bibliothèques publiques du Québec via la plateforme pretnumerique.ca, propulsée par De Marque et gérée par BiblioPresto, un organisme mis sur pied par l’Association des bibliothèques publiques du Québec, le Réseau BIBLIO du Québec et Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ). Le prêt de livres numériques a d’abord été un projet pilote offert à six bibliothèques, dont BANQ. Depuis mars 2012, toutes les bibliothèques peuvent y adhérer. Elles sont actuellement une cinquantaine à être branchées. Le système est simple. Les bibliothèques font l’achat des livres numériques auprès de libraires agréés. Les usagers peuvent découvrir les livres disponibles via l’interface de pretnumerique.ca à partir de leur compte bibliothèque. Les livres peuvent être prêtés pour une période variable (généralement 21 jours) et sont munis d’un verrou chronodégradable. Dans certaines bibliothèques, des fonctions de réservation et de retour anticipé sont possibles. Selon Jean-François Cusson, de l’organisme BiblioPresto, quelque 43.000 exemplaires ont été acquis par les bibliothèques à des fins de prêts depuis le début du projet et ils ont généré plus de 235.000 prêts numériques."

Sans doute des conditions proches pour les bibliothèques françaises, nous devrions en savoir plus bientôt. A mettre en relation bien entendu avec l'équipement en liseuses et tablettes en très forte hausse d'acquisition, près de 400 bibliothèques référencées ici.


Numeriklivres: plaidoyer pour la lecture

NumeriklivresLes Editions Numeriklivres proposent gratuitement un plaidoyer pour la lecture intitulé "Plaidoyer pour le lire". Autour du célèbre texte de Marcel Proust "Sur la lecture", 14 auteurs de la maison ont été sollicités au travers de textes courts pour inviter à s'affranchir des supports, l'essentiel est bien la lecture. A découvrir sur le site et dans les bonnes librairies.


Ebooks gratuits: référence à consulter dans vos recherches

EbooksA lire sur Feedbooks l'interview du créateur du site EbooksGratuits. Une initiative lancée à partir de 2003 au Québec, qui propose gratuitement aujourd'hui près de 2500 titres, avec des numérisations de qualité respectant scrupuleusement le droit des auteurs.

Une confrérie de passionnés de livres animée par une équipe restreinte:
"Nous sommes trois à être la colonne vertébrale du groupe, c’est à dire à assurer les tâches «de base» essentielles. Il y a de nombreux correcteurs et relecteurs. Leur nombre varie de 30 à 100 environ, selon les périodes, et le temps qu’ils peuvent consacrer à leur tâche est également variable (certains relisent un titre par an, et d’autres peuvent corriger un titre tous les 15 jours). Nous sommes bien sûr tous bénévoles."

Une démarche professionnelle dans la préparation des textes, je peux en témoigner. Dans un univers très largement dominé par la langue anglaise, un travail essentiel pour la francophonie à travers le monde, qui n'est pas à mon avis reconnu à son juste titre, c'est bien dommage. Au contraire faute de publicité suffisante, il se retrouve souvent pillé par des pseudos-éditeurs.

"Que pensez-vous des pseudos éditeurs qui pillent votre catalogue et vendent ensuite ces textes sur les différentes plateformes numériques?

Cela ne fait jamais plaisir… Mais, personnellement, je considère que c’est inévitable. A un moment, j’essayais de leur «faire un peu la chasse», mais je me suis aperçu que je dépensais de l’énergie en pure perte. Il faut quand même souligner un point: s’il n’y avait pas des acheteurs qui achètent de manière impulsive (Apple Store, boutique Amazon Kindle, en général), sans même faire une toute petite recherche sur Google, ces pseudos-éditeurs n’existeraient pas…"

Si des acteurs du livre et des sites référents en faisaient plus de publicité avec (pourquoi pas?) une sorte de label, ce serait une très bonne chose pour tous les lecteurs.

Personnellement, je donne mon label, sans hésitations!

PS: à signaler le récent point d'entrée dans vos onglets pour vos recherches NosLivres, tous ces sites de qualité.


Alto: livres sur clés usb

627055-fevrier-2005-antoine-tanguay-lanceJe vous en avais parlé fin novembre, Alto cet éditeur québecois qui propose des livres sur des clés usb. 5 cartes au total, sur chaque entre trois et cinq titres au format ePub. Interview du directeur Antoine Tanguay:

«C'est un projet-pilote. Est-ce que le marché va réagir? Il est trop tôt pour le dire. Il faut trouver d'autres moyens pour rejoindre des lecteurs. À date, les gens aiment ça. Une carte, ça s'offre bien. Pour nous, chez Alto, c'est une publicité d'image». C'est le distributeur Dimédia qui a commercialisé les cartes d'Alto auprès des libraires: «Chez Dimédia, ils ont trouvé le projet un peu particulier. Mais c'est un test. On verra les résultats dans six mois».

A lire l'interview complète que leur consacre le quotidien Le Soleil.


Ebooks gratuits: L'Apprenti de Raymond Guérin

GuérinPlusieurs nouveaux livres proposés par le site québecois EbooksGratuits. A signaler particulièrement deux d'entre eux: "Gatsby le magnifique" de Francis Scott Fitzgerald et "L'Apprenti" de Raymond Guérin. Je peux témoigner du grand soin de la numérisation et des relectures qui sont apportés par tout ceux qui travaillent bénévolement.

Raymond Guérin est décédé en septembre 1955. Un écrivain important, trop méconnu, c'est bien dommage. Lire le billet que lui consacrait la librairie Mollat à Bordeaux. Son oeuvre est dans le domaine public pour nos amis canadiens, heureux lecteurs francophones. Je suis ravi d'avoir participé à la disponibilité de la version numérique de ce très bon livre, "L'Apprenti" paru aux Editions Gallimard en 1946, premier titre de la trilogie "Ebauche d'une mythologie de la réalité", dont je reproduis la notice:

"Voici un roman méconnu, un roman rare, un roman à la fois léger et grave qu'il faut sortir de l'oubli, qu'il faut lire car il sort des sentiers battus du conformisme littéraire et nous invite à une réflexion sur l'homme et sur le monde. Écrit dans des stalags (camps de prisonniers en Allemagne) pendant la captivité de l'auteur, Raymond Guérin, le livre est publié en 1946. Il ne connaîtra pas de franc succès. Sans doute la raison tient-elle à l'hypocrisie ambiante et au fait que la société déteste qu'on lui mette le nez dans son caca. Or Raymond Guérin ne se prive pas de nous livrer son point de vue lucide et donc désespéré. L'histoire est celle de monsieur Hermès, un jeune homme que ses parents ont envoyé à Paris faire un stage dans un palace. Au fil des 420 pages de ce roman se déroulent devant nous deux histoires parallèles et mêlées, l'une objective, l'autre subjective.
L'histoire objective c'est le regard posé sur le grand hôtel, ses clients, sa direction, son personnel. On y voit évoluer, comme si on y était, la richesse insolente de clients exigeants, mais dont le comportement, apparemment chic en surface, dissimule des turpitudes de la pire bassesse dont le personnel de l'hôtel est le témoin privilégié et quotidien. On y voit aussi les tartes aux fraises tombées dans la sciure et la pisse de chat, qu'on remet prestement dans les assiettes... pour le plus grand régal des clients! Sans compter les viandes avariées rattrapées à coup d'épices!... Dans les chambres, des clientes saoûles exhibent leur cul devant le personnel... manque de pudeur? Pas du tout! Elles sont pudiques devant les humains, ces femmes... mais, pour elles, les «larbins» du grand hôtel, ce ne sont pas des humains, juste des esclaves, des robots, des objets. Et il n'y a pas de honte à se mettre à poil devant un objet!...
L'histoire subjective est celle du héros, monsieur Hermès. Cet apprenti du palace exerce les divers métiers de l'hôtellerie: service au restaurant, service en chambres, service de nuit. Il souffre de voir cette bassesse humaine se déployer sous ses yeux: bassesse chez les clients, qui font servir à leurs chiens des viandes meilleures que celles servies au personnel de l'hôtel... bassesse aussi chez le personnel, où se livrent de terribles jeux de hiérarchie pour être «bien vu» des chefs! Au-delà, monsieur Hermès est un homme désespéré: lui qui met très haut l'amour et le plaisir, il ne trouve pour cela que des femmes, et donc que des imperfections: des emmerdeuses pleines d'exigences insupportables qui ne rêvent que mariage, grappin et famille... Sans compter les interminables et ruineuses formalités hypocrites de la drague: que d'énergie gaspillée en salamalecs, en grimaceries, en hypocrites sérénades, tout ça pour en arriver à une baise souvent décevante au cours de laquelle on attrape en outre quelques saletés au passage...
Le monde que nous décrit Raymond Guérin est un monde désespéré, un monde lucide et pessimiste, où s'opposent constamment la beauté de l'idéal et la laideur du réel! Dans chaque ligne de Guérin on croit lire en filigrane le cri de Sartre: «L'enfer c'est les autres!» Il n'est pas étonnant que la littérature de Raymond Guérin n'ait eu que peu de succès: la foule préfère les mensonges peints en rose. La vérité, grise ou noire, fait souvent horreur."

Comme d'habitude sur le site en conformité avec les règles de copyright, le téléchargement n'est pas possible pour l'Union Européenne et la Suisse.

PS: à titre personnel, si vous ne pouvez pas le télécharger, prenez contact avec moi, je me ferais une joie de vous l'envoyer.


Youboox: premières critiques

YoubooxA lire le billet de l'éditeur québecois NumerikLire qui a décidé de suspendre le partenariat avec le site Youboox, un site qui propose gratuitement de la lecture en streaming. Expérience de lecture et modèle économique sont en ligne de mire:

"La première erreur de base de cette application: elle ne prend en charge que le format PDF. Une aberration: le format PDF n’est pas un format qui offre la meilleure expérience de lecture. Depuis plus d’un an, nous avons complètement abandonné le format PDF, nous ne produisons que du format ePub parce que c’est ni plus ni moins le format de lecture le plus confortable. Les lecteurs qui ont choisi le numérique et qui sont équipés d’une liseuse en grande majorité, savent combien lire un PDF est absolument épouvantable. Youboox ne vous permet pas d’annoter, de copier/coller, ne comprend aucune fonction de partages sur les réseaux sociaux. Bref, le minimum syndical pour ce type d’application n’est même pas là. 

Quant au modèle d’affaires, la rémunération par la publicité, je n’y crois pas. Quoiqu’on en dise et je suis bien placé pour le savoir, la littérature n’a pas un pouvoir d’attraction suffisamment fort pour fédérer les annonceurs. En octobre, 4000 pages de nos titres ont été lues via cette application, ce qui a généré un chiffre d’affaires de 10€! 10€ que nous allons répartir entre tous les titres sélectionnés. Les auteurs vont rire de moi assurément." (via le blog NumerikLire).


Alto: des livres numériques à la carte

AltoA signaler les Editions Alto au Québec qui proposent des cartes/clés usb avec des livres numériques.
Alto lance une première série de cinq cartes, contenant chacune de trois à cinq romans au format ePub. Elles peuvent aussi être utilisées pour stocker jusqu’à 250 fichiers lisibles sur toutes les tablettes numériques, les téléphones intelligents ou les ordinateurs (Mac et PC). Une bibliothèque dans votre poche, en quelque sorte. Tirage très limité pour les cadeaux de fin d'année, disponibles en librairies. Une très bonne idée dont devrait s'inspirer les éditeurs français. Tous les détails ici.


De Marque dévoile son nouveau feuilleteur HTML

Logo_DeMarque1Le distributeur numérique De Marque a dévoilé aujourd'hui un nouveau feuilleteur pour visualiser des extraits de livre directement dans son navigateur web. Le feuilleteur peut être intégré simplement (et gratuitement) à n’importe quel site web: le site d’un libraire, d’un éditeur, d’un auteur, d’un blogueur, d’une bibliothèque… Son originalité est d'être en HTML sans recourir à la plateforme Flash, utilisable sur tous ordinateurs et tablettes.

"Le principal défi a été de faire la transition la plus transparente possible pour tous les utilisateurs du feuilleteur (près de 50.000 titres de près de 400 éditeurs), peu importe le type d’intégration utilisé, et de se doter d’un outil qui pourra évoluer, où il sera facile d’ajouter des nouveautés innovantes dans les prochains mois. Les enjeux techniques pour y arriver étaient énormes."

A découvrir ici. Tous les détails sur le blog.


Québec: le livre numérique en forte hausse

Salon-du-livre-de-montreal-6526-1Le marché du livre numérique en forte croissance au Québec. C'est le constat ressorti du récent Salon du Livre de Montréal qui s'est tenu fin de la semaine dernière.

"Le groupe Archambault, qui offre plus de 50.000 titres sur sa plateforme, est le premier vendeur de livres numériques dans la province, devant la boutique Apple. Le groupe dit proposer depuis les trois dernières années la plus grande offre de contenu québécois et francophone. De leur côté, 95 librairies indépendantes du Québec se sont regroupées sur un site qui offre quelque 35.000 titres provenant d'une centaine de maisons d'éditions québécoises.

«C'est un marché émergent, absolument. On voit une progression constante, chaque mois, du nombre d'acheteurs chez nous. Il y a de plus en plus de gens qui achètent et de plus en plus de grands lecteurs qui viennent acheter cinq, six livres par mois», dit le directeur général du Regroupement des librairies indépendantes du Québec, Dominique Lemieux.

A lire le billet complet sur Radio-Canada.