8 notes dans la catégorie "Ecologie"

COP21 : une liseuse pour 130 livres

NatureLa COP21 qui s'ouvre aujourd'hui à Paris. C'est le moment de s'interroger sur nos pratiques autour du livre numérique. Lire le billet sur Archimag.

"Vingt millions d'arbres (dont un sur cinq provient encore de forêts anciennes) sont abattus chaque année pour fabriquer les centaines de milliers de livres publiés. Mais selon l'InstitutCarbone4, la création d'un livre ne représenterait que 1,3 kg en équivalent Carbone, contre 135 kg pour un Ipad, et 168 kg pour une liseuse.

Selon ces chiffres, lire sur une liseuse deviendrait donc écologiquement intéressant à partir du 130ème livre lu. Mais quand on sait qu'un Français lit en moyenne 16 livres par an, il faudrait donc 8 ans avant que le ratio liseuse vs livre papier s'inverse. Pourtant, on ne garde généralement pas aussi longtemps un tel outil, en raison de ses pannes, et surtout de son obsolescence programmée destinée à nous faire renouveler régulièrement nos équipements électroniques. Le livre papier, lui, est quasiment inusable (si conservé dans de bonnes conditions, évidemment).

De plus, c'est du côté du recyclage que le fossé se creuse entre les deux supports de lecture: si les matières premières nécessaires à la fabrication des liseuses et tablettes (plastiques, matériaux chimiques, lithium des batteries, etc) peinent encore à être recyclées correctement, le recyclage des livres papier améliore encore leur impact environnemental. Selon l'Analyse de cycle de vie de Terre Vivante sur la fabrication des livres, une tonne tonne de papier recyclé permettrait en effet d'épargner 17 arbres et économiserait 40% d'eau et d'énergie."

L'interprétation du ratio indiqué me semble un peu faussée. 130 livres lus, les liseuses en moyenne achetées pour trois ans, 44 livres/an. Un chiffre qui n'est pas disproportionné par rapport aux gros lecteurs qui sont concernés par les liseuses. Acheter une liseuse pour ne lire que moins de deux livres par mois (1,33 en l'occurrence), sincèrement je ne vois pas trop l'intérêt. Estimez votre ratio, pour savoir si vous êtes un lecteur numérique "écologiquement responsable"!


Les liseuses sont-elles bonnes pour la planète?

SonyComment les liseuses se positionnent-elles dans le débat sur l'environnement durable quand on les compare aux livres imprimés? Le débat revient de manière récurrente depuis plusieurs années. A lire le billet sur GoodeReader aujourd'hui, qui revient sur les différentes études sur le sujet. En conclusion, 50 livres serait la bascule pour devenir "Environmentally Friendly" sur liseuse. Une limite qui est loin d'être absurde sur une période de deux/trois ans, relativement courante sur ce type d'appareil (20 livres par an). En tout cas, les gros lecteurs sur liseuses sont bien au-delà de ce standart et sont aptes à demander leurs badges. Vous êtes bons pour la planète!

PS: un détail aussi, au bout de trois ans les liseuses sont très loin d'être à jeter et peuvent tout à fait rejoindre un marché de l'occasion très florissant.


Hachette affiche le carbone

FayardOn en parle depuis plusieurs années dans l'édition avec une industrie papetière/imprimerie réputée polluante. La prise en compte et la communication de l'empreinte carbone est une réalité. Hachette Livre a mis en vente les premiers ouvrages comportant une «étiquette carbone» indique le Groupe dans un communiqué publié aujourd'hui. Quatre premiers titres chez Fayard.

«Progressivement, tous les ouvrages publiés par les maisons d’édition d’Hachette Livre et imprimés sur papier recyclé ou certifié – soit approximativement 80% du papier acheté par le Groupe – paraîtront revêtus d’une “étiquette” placée en quatrième de couverture ou sous l’achevé d’imprimé. Elle indiquera l’origine des fibres du papier (certifiées ou recyclées), l’empreinte carbone spécifique de chaque ouvrage en grammes équivalent C0²» explique le Groupe.

Dans le même temps, mise en ligne d'un site "Fayard durable" (on espère bien, la maison a déjà 155 ans!), avec beaucoup d'informations sur les réglementations et les études sur le sujet, avec même une calculette pour comparer votre livre avec d'autres indicateurs. Un onglet numérique avec le rappel de l'étude qui avait été réalisé en 2008 sur les livres électroniques:

"En ce qui concerne les lecteurs de eBooks, appareils entièrement dédiés à la lecture, la société de conseil française Carbone 4 a pour sa part évalué en 2008 l’empreinte carbone du premier lecteur disponible sur le marché à 235kg eq.CO2, et l’empreinte carbone moyenne d’un livre français à 1,4kg eq.CO2, ce qui plaçait la barre à 168 livres sur la durée de vie du lecteur."

Cela date un peu. J'espère qu'une étude indépendante pourra être menée bientôt sur les dernières générations de livres électroniques.

Je suis un peu circonspect aussi sur la seule prise en compte des livres jusqu'aux entrepôts de distribution sans aller plus loin, distribution grossistes, point de ventes, librairies et retours, pilon, quand on sait qu'un très grand nombre de livres reviennent à l'entrepôt.

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A signaler que le bilan carbone du groupe Hachette est aussi disponible en ligne sur le site (via Livres-Hebdo).


Bilan écologique papier/ livre numérique

Le quotidien les Echos revenait aujourd'hui sur la fameuse question du bilan écologique papier/livre numérique. Comparaison avec le Sonyreader de première génération, Amazon annonce un bilan carbone moitié moins important pour son Kindle avec un seuil à 22 livres. Beaucoup d'études finalement très différentes dans leurs conclusions, c'est vrai que ce type d'information devrait accompagné la sortie de tous nouveaux modèles.

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Le papier à vendre

Tree Signe des temps, alors que le groupe papetier Stora-Enso est accusé d'abattre des arbres vieux de trois cents ans (via Graphiline), c'est Google qui vient racheter à ce même groupe un site en Finlande pour y mettre ses serveurs au froid. "Encore plus de ressources informatiques au service du Léviathan qui est en train de tuer le papier, diront les amoureux de l'imprimé un peu déprimés. En revanche, les défenseurs de la forêt finlandaise verront peut-être en Google un sauveur. Et c'est peut-être ce que cherche l'ogre du Net qui investit aussi dans le «green business» pour convaincre qu'il est «gentil»." (via LesEchos, Google construit l'avenir sur les ruines de l'imprimé). En parlant de ruines, qui sait si après les papetiers, Google ne rachètera pas les journaux eux-mêmes, toujours pour convaincre qu'il est "gentil"...


Un livre électronique solaire: le Snippy

Greener_gadgets_02_sm Décidément, les livres électroniques sont d'actualité dans cette rentrée. Ils s'amoncellent à la pelle avec cette fois-ci le prototype d'une version solaire. C'est le site Core77's qui nous présente ce nouveau prototype. Le projet est louable et très tendance. Mais compte tenu de la très faible quantité d'énergie que nécessite le papier électronique (plusieurs milliers de pages tournées), est-ce bien nécessaire? Il serait bien plus judicieux de se pencher sur la faisabilité d'un Iphone solaire, ce qui arrangerait aussi son bilan écologique, non? (via Actualitte)


Le e-paper, la feuille écologique ?

Ecologie Repéré hier sur GinjFo (de la plume de Frédéric Lohier) un excellent point sur ce sujet qui émane d'une étude publiée par la très sérieuse Swedish  Royal Institute of technology, qui a étudié le cycle de vie des trois manières  possibles de lire un journal: la version papier, la consultation de documents en ligne à l’aide  d’un ordinateur (version web ou pdf du quotidien) et enfin, la lecture de documents via le papier électronique (sur un appareil type Irex ou SonyReader). Bref, la première fois que je vois quelque chose qui sort des clichés et des poncifs qui nous vendent le papier électronique, "qui va nous empêcher de détruire tous ces arbres... blablabla..."
L'étude complète est ici (j'ai eu du mal à la trouver et je suis pas le seul, ...). Les données chiffrées ici sont sans appel, le papier électronique est devant haut la main. Je n'ai pas eu le temps de tout lire, mais je peux reprendre la conclusion de Frédéric: "Pour la version papier, la majeure partie de l’impact sur l’environnement intervient en amont de la lecture (production du papier, impression, distribution). Pour la version en ligne, l’impact environnemental se résume à la consommation d’énergie de l’ordinateur nécessaire pour lire cette version. Enfin pour la version sur papier électronique, l’impact environnemental correspond à l’énergie consommée pour la production de l’appareil en lui-même. En effet, dans son usage, le papier électronique ne consomme que très peu d’énergie. Il ne nécessite pas de rétro éclairage comme pour les écrans LCD et seuls les changements de pages consomment une quantité très limitée d’énergie. Fait surprenant: l’étude indique que la lecture d’un document électronique sur un ordinateur, s’il est consulté pendant plus de 30 minutes, aurait un impact sur l’environnement supérieur à la version papier! (et toc pour la lecture en ligne des magazines et autres canards sur le web). Néanmoins, les chercheurs concluent que plus de recherches sont nécessaires, mais précisent que limiter la consommation d’énergie et se doter d’une bonne gestion des déchets électroniques est la meilleure solution pour assurer l’avenir écologique du papier électronique."
Bref, des bons livres électroniques, cohérents, universels, qui ne se jettent pas tous les quatre matins au gré des projets e-paper et qui ne viennent pas encore remplir nos poubelles électroniques.