10 notes dans la catégorie "Proust"

Marcel Proust : la version définitive et gratuite d'A la recherche du temps perdu est en Suisse

ProustA l'occasion du 30ème anniversaire de l'entrée de l'oeuvre de Marcel Proust dans le domaine public en 1987 et à quelques semaines du 95ème anniversaire de la mort de l'écrivain, nos amis suisses de la Bibliothèque numérique romande nous proposent une version numérique gratuite du texte définitif d'A la recherche du temps perdu. Le premier volume Du côté de chez Swann aujourd'hui, les autres suivront dans les mois à venir. Après le premier travail entrepris au Québec il y a une dizaine d'années, les suisses ont pris la relève en confrontant les différentes éditions imprimées. A lire en fin d'ouvrage. Ce travail a demandé une année entière de relectures attentives et de préparation de la part de l'équipe de bénévoles. Comme d'habitude, les livres sont proposés gratuitement dans de nombreux formats. A la recherche du temps perdu de Marcel Proust dans sa version définitive est désormais en Suisse, libérée pour les francophones du monde entier. Il est grand temps que l'oeuvre de Proust accède aux biens communs. J'invite toutes les bibliothèques à diffuser largement ces versions, pourvues en plus de magnifiques couvertures avec des tableaux impressionnistes. C'est par ici. Un très beau travail, merci à la BNR.


Lire Marcel Proust au format numérique

ProustrechercheJe termine aujourd'hui A la recherche du temps perdu de Marcel Proust. Une lecture menée sur presque 12 semaines, 82 jours exactement. J'ai commencé le 5 mars dernier, dimanche de Carême, je le termine ce jeudi de l'Ascension. Je ne sais pas si cela veut dire quelque chose, plus amusant sans doute concernant Proust que ma lecture a démaré à la Fête des Grands-Mères et qu'elle se termine en ce week-end de Fête des Mères. Je m'en suis aperçu la semaine dernière en consultant le calendrier. Le hasard est décidément plein de surprises. Revenir à Proust plus de vingt ans après a été un grand plaisir. A l'époque j'avais lu La Recherche dans une édition de La Pléiade en trois volumes. Depuis, c'est quatre volumes qui sont disponibles à la vente. La glose sur le texte s'amplifie au fil des années. Un petit bilan de cette lecture.

Le choix de la version d'abord. Pas question de reprendre mes volumes de La Pléiade. D'abord la version proposée a été largement remaniée depuis. Quitte à relire Proust, autant choisir une version actualisée. J'aurais pu prendre une autre version imprimée, compilation ou au format poche, elles ne manquent pas. Mais il était impensable pour moi de relire Proust aujourd'hui autrement que dans une version numérique. Encore fallait-il disposer d'une version correcte. Rappeler les versions numériques disponibles, revoir ce billet ici. Plutôt que de lire une version datant des années 1940, j'ai opté pour la dernière version proposée par les Editions Gallimard en Folio numérique en fin d'année dernière. La seule d'ailleurs chez les éditeurs. Une version numérique abondamment enrichie. Loin de moi l'idée de contester la qualité et l'intérêt de cette version mais je souhaitais absolument relire La Recherche "simplement", donc en la débarrassant des notes, de l'appareil critique. Passer sur l'érudition, le "classique scolaire" qui encombre l'oeuvre depuis tant d'années. J'ai donc nettoyé complètement cette version ne gardant que le texte de Proust. Lire La Recherche de Proust comme un lecteur ordinaire de ce siècle comme du précédent en quelque sorte...

Choix de la police sur la liseuse, CharisSIL bien sûr, une excellente police classique dont on ne se lasse pas au fil des pages. C'est important pour ces centaines d'heures de lecture devant moi. Près de 3000 pages affichées (c'est même plus de 4500 effectives sur la liseuse). Cette police m'a suivie jusqu'au bout sans que j'ai eu le désir d'en changer. Suivant mes lieux de lecture très variés, les conditions d'éclairage, j'ai changé régulièment la taille de la police pour un confort optimal. C'est un avantage très important pour des textes proposés habituellement dans des caractères très petits comme la Pléiade.

Un mot d'abord sur le texte. Surpris je dois le dire par le très grand nombre de coquilles, des fautes récurrentes de numérisation, plusieurs centaines au total sur l'ensemble des volumes, certaines fort drôles. Les Editions Gallimard n'ont pas jugé nécessaire d'effectuer une lecture finale par ses correcteurs. C'est quand même un comble pour un tel texte, emblématique de la maison. Chacun jugera.

Plaisir de la lecture. Pas à tous les moments bien sûr, ce serait mentir. Plusieurs fois, surtout à la lecture d'interminables passages dans les salons aristocratiques j'ai bien failli balancer la liseuse par la fenêtre - combien l'ont fait effectivement, bien des volumes imprimés ont dû en souffrir -. "Mais qu'est-ce que je fous à lire ça". Ces salons mondains, "les plaisirs mondains qui causent tout au plus le malaise provoqué par l'ingestion d'une nourriture abjecte" comme l'écrit Proust. Mais il faut savoir persévérer (une aspirine?), le plaisir de la lecture revient vite heureusement. Les jeux des personnages, leurs psychologies, les sensations du narrateur, les effets du Temps, l'espace des décors, il y a tant d'angles au fil des pages. Et bien sûr la gigantesque construction de l'édifice complet qui apparaît au fur et à mesure des volumes. On peut se perdre bien sûr, s'étouffer, se lasser et arrêter la lecture. Je crois que Le Côté de Guermantes est le volume "stratégique". Si vous allez au-delà de ce troisième volume, vous irez au bout. Vous lirez de plus en vite d'ailleurs, vous verrez. C'est surtout la complicité entre Proust et son lecteur que je retiens. J'ai ajouté de très nombreux marque-pages au fil de la lecture. Le numérique permet aussi de retrouver des mots facilement, des passages entiers que l'on n'aurait pas forcément annoté à la première lecture mais qui font échos plus loin dans le texte.

Que dire de plus sinon mettre en valeur le texte. Il y aurait des dizaines et des dizaines de passages à citer, combien sur la beauté du style, des couleurs, des sensations, un seul parmi tant d'autres :

"Malgré la pluie récente et le ciel changeant à toute minute, après avoir accompagné Albertine jusqu'à Épreville, car Albertine faisait selon son expression la « navette » entre cette petite plage où était la villa de Mme Bontemps, et Incarville où elle avait été « prise en pension » par les parents de Rosemonde, je partis me promener seul vers cette grande route que prenait la voiture de Mme de Villeparisis quand nous allions nous promener avec ma grand-mère ; des flaques d'eau que le soleil qui brillait n'avait pas séchées, faisaient du sol un vrai marécage, et je pensais à ma grand-mère qui jadis ne pouvait marcher deux pas sans se crotter. Mais dès que je fus arrivé à la route ce fut un éblouissement. Là où je n'avais vu avec ma grand-mère, au mois d'août, que les feuilles et comme l'emplacement des pommiers, à perte de vue ils étaient en pleine floraison, d'un luxe inouï, les pieds dans la boue et en toilette de bal, ne prenant pas de précautions pour ne pas gâter le plus merveilleux satin rose qu'on eût jamais vu et que faisait briller le soleil ; l'horizon lointain de la mer fournissait aux pommiers comme un arrière-plan d'estampe japonaise ; si je levais la tête pour regarder le ciel entre les fleurs, qui faisaient paraître son bleu rasséréné, presque violent, elles semblaient s'écarter pour montrer la profondeur de ce paradis. Sous cet azur une brise légère mais froide faisait trembler légèrement les bouquets rougissants. Des mésanges bleues venaient se poser sur les branches et sautaient entre les fleurs, indulgentes, comme si c'eût été un amateur d'exotisme et de couleurs qui avait artificiellement créé cette beauté vivante. Mais elle touchait jusqu'aux larmes parce que, si loin qu'elle allât dans ses effets d'art raffiné, on sentait qu'elle était naturelle, que ces pommiers étaient là en pleine campagne comme des paysans, sur une grande route de France. Puis aux rayons du soleil succédèrent subitement ceux de la pluie ; ils zébrèrent tout l'horizon, enserrèrent la file des pommiers dans leur réseau gris. Mais ceux-ci continuaient à dresser leur beauté, fleurie et rose, dans le vent devenu glacial sous l'averse qui tombait : c'était une journée de printemps."

Un autre dernier passage qui résonnera longtemps pour moi, c'est sans doute ce passage très émouvant de Proust sur la révélation de son travail d'écrivain, la genèse de La Recherche en quelque sorte, que je garde: "C'est quelquefois au moment où tout nous semble perdu que l'avertissement arrive qui peut nous sauver, on a frappé à toutes les portes qui ne donnent sur rien, et la seule par où on peut entrer et qu'on aurait cherchée en vain pendant cent ans, on y heurte sans le savoir, et elle s'ouvre".

Je vous invite à lire La Recherche, c'est beaucoup moins difficile que l'on a tendance à le laisser entendre. Par dessus tout, La Recherche reste une invitation sincère à tous ceux qui aiment les livres et la lecture.


A la lecture de Marcel Proust

ProustPremier jour de printemps. Tout au plaisir de relire A la recherche du temps perdu de Marcel Proust. Plus de 25 ans après ma première lecture, j'ai troqué les volumes Pléiade pour une version numérique. Déjà 600 pages derrière moi sur les quelques 3000 au total. Le texte de la version définitive débarassé de la glose, des notes et autre appareil critique qui l'alourdit, l'encombre, l'académise, le vitrifie. Cent ans après, lire Proust en toute simplicité comme le lecteur des années 1910-1920. Le narrateur aurait sans doute apprécié un nouveau "dispositif de lecture" pour l'accompagner entre Combray, Balbec, Doncières, Venise ou Paris, tant il était attentif à la modernité de son temps...


Marcel Proust dans le domaine public

ProustMarcel Proust sous les feux de l'actualité et des médias ce mois-ci avec la découverte d'une séquence filmée. C'est suffisamment rare pour rappeler que l'oeuvre de Marcel Proust est dans le domaine public depuis 1987, cela fait tout juste 30 ans cette année. Les éditions imprimées actuellement disponibles sont au nombre de neuf (dont quatre émanent du même éditeur, Gallimard), à la fois différentes et complémentaires [Voir une excellente synthèse des éditions depuis cette date, ici, trois versions supplémentaires chez Gallimard/Quarto, Omnibus et Delcourt depuis]. Un billet à jour sur Wikipédia.

L'oeuvre de Marcel Proust est dans le domaine public, donc librement accessible dans ses versions numériques. C'est justement le moment de faire un petit point sur la question car on trouve de tout. Il y a bien sûr les éditions de références chez Gallimard qui a assuré au fil des années l'établissement du texte. D'autres éditeurs, depuis 1987, ont donc aussi procédé à des phases de numérisation pour proposer des versions imprimées. Mais, à ce jour, Gallimard est le seul éditeur à proposer une version numérique complète depuis l'année dernière. En l'occurence la version Folio enrichie, en 7 volumes.

Ces volumes en versions enrichies sont assortis de restrictions d'usage (DRM) de toutes sortes et surtout ils restent indisponibles pour les francophones dans le monde entier du fait de restrictions géographiques. Ce qui est tout à fait anormal pour un tel auteur. Proust confisqué...

Avec l'essor du livre numérique, Proust fait l'objet de toutes les attentions marchandes, vous vous en doutez. Plus de 300 propositions recencées sur les plate-formes de ventes (plus de 700 résultats sur la boutique Kindle!) bien d'entre elles douteuses qui fleurissent régulièrement presque tous les mois. Les plate-formes ferment les yeux, tout est bon pour attirer le chaland.

L'oeuvre principale de Proust, À la recherche du temps perdu, est considérable en terme de numérisation et de relecture. C'est un travail qui a été fait heureusement sur plus d'une quinzaine d'années par des bénévoles de manière professionnelle avec des étapes sucessives et strictes de relectures. Cette référence "libre" existe. Ce sont 15 volumes sur la Bibiliothèque Electronique du Québec qui reprennent le texte de l’édition Gallimard, Paris, 1946-47, elle-même en 15 volumes. Cette édition a malheureusement subie de profondes modifications depuis cette date, avec l'apport des corrections d'après les manuscrits de Marcel Proust.

Les éditions proposées gratuitement par EbooksGratuits, Bibebook et Feedbooks reprennent ce texte de référence, en mentionnant l'origine en toute clarté. A vous de choisir les mises en formes typographiques qui vous conviennent. Ces versions sont bien entendu disponibles librement pour les francophones dans le monde entier. A signaler également une version collaborative en ligne disponible sur WikiSource ainsi qu'un texte intégral avec 486 entrées pour naviguer dans l'intégralité de La Recherche à découvrir ici.

Trois autres titres de Marcel Proust sur la Bibliothèque suisse et romande, un site là-aussi de grande qualité dans le même esprit que la BeQ.

Toutes les autres éditions de La Recherche (je dis bien toutes, car j'en ai une petite preuve -un infime détail typographique qui en trahit la source-) que vous trouverez à petits prix sur les plate-formes sont des versions pillées sur la BeQ, sans aucune relecture bien sûr.

Sur Gallica, le portail de la BnF (Bibliothèque nationale de France), une partie seulement des éditions originales sont disponibles au format ePub voir ici. Pas relues, énormément de coquilles. J'ai compilé un premier volume complet si vous le souhaitez:

édition BNF volume 01

On écartera aussi les propositions toujours de la BnF qui, à travers un partenariat privé, propose des versions payantes (BnF Collection ebooks) numérisées industriellement qui n'ont fait l'objet elles aussi d'aucune relecture. On trouvera d'ailleurs ces versions proposées gratuitement sur TV5Monde ici. Paradoxe toujours, des versions sous copyright que ne peuvent pas proposer librement les bibliothèques, toujours rien pour elles.

Notre domaine public en jachère. Marcel Proust, mort depuis 95 ans cette année, mérite décidément mieux...

---------------------

[Si vous souhaitez une édition complète de A la recherche du temps perdu je vous propose un fichier ePub complet des versions de la Bibliothèque Electronique du Québec, 2950 pages au total. A télécharger -clic droit, savelinkas sur votre bureau- édition complete. Merci de télécharger parallèlement les versions séparées sur la BeQ pour saluer leur travail.

[Je donne également la version définitive du texte, établie et dans le domaine public depuis 1987, que l'on peut trouver en ligne.

Téléchargement A la recherche du temps perdu complet marcel proust

Merci de me signaler les quelques coquilles qui pourraient rester si vous en trouvez.

---------------------

PS: Lire Proust en 2017? En complément, je souhaite pointer sur l'excellent article paru sur Fabula en 2013. Je retiens ce passage :

"Lire Proust en 2013 nous amène à nous poser la question du support de la lecture, et de nous interroger sur l’adaptabilité de Proust au format de l’iPad et autres supports électroniques. Malgré la richesse des ressources en ligne et les combinatoires infinies auxquelles peuvent prétendre les éditions immatérielles, Proust semble ne pas être l’auteur par qui se passera le tournant numérique. Son œuvre paraît ne pas appeler un nouveau format d’édition, qui serait du type hypertextuel, et qui permettrait, par exemple, de visualiser le «musée imaginaire» de Proust ou de se faire une idée de ce à quoi ressemblait Charles Haas. La Recherche — pas plus d’ailleurs que les œuvres de Rabelais, de Flaubert ou de Céline — n’a pas été pensée ni écrite en ce sens et résiste à ce type d’adaptation moderniste, tout aussi réductrice qu’inadaptée. Si la Recherche est l’œuvre par excellence du palimpseste, des feuilletages de discours et de voix, l’une des œuvres où l’intertextualité a le plus de sens, le fonctionnement du texte n’est justement pas celui de l’hyperlien. Bien au contraire, l’abondance qu’offre l’Internet, et les ressources de la numérisation ramènent Proust à sa forme peut‑être la plus simple, débarrassée des embarrassants discours qui l’accompagnent, le contraignent et le déforment. La lecture de la Recherche décrit, comme nous l’avons vu, un mouvement centripète ; mais la Recherche en elle‑même ne s’ouvre que sur elle et le monde qu’elle construit."

L'article complet ici à lire absolument.

Si la lecture d'un "Hyper Proust" ne semble pas de mise, même en 2017, en revanche lire Proust au format numérique "simplement" sur sa liseuse, sans parler de l'accès à tous les francophones, relève un aspect incontestablement pratique. Le lire au mieux dans les versions de poche (la série bien couteuse), la collection Quarto (avec un volume et un poids conséquent) et dans la Pléiade par son format (avec un prix très élevé et allourdi de ses notes et de son appareil critique considérable). Cette dernière la plus pratique en découragera plus d'un pour les caractères trop petits. Un élément qui ne me semble plus acceptable en 2017 pour un simple lecteur, qui souhaite accéder à l'oeuvre de Proust avec le meilleur confort de lecture possible. J'en veux pour preuve les efforts qui sont faits actuellement par des collections de poche pour améliorer la lisibilité de leurs éditions.


Marcel Proust : le film retrouvé

ProustL'unique document filmé sur Marcel Proust retrouvé récemment par un chercheur québécois. C'est en 1904, à la sortie de l’église de La Madeleine à Paris. Comme un petite madeleine retrouvée... Tous les spécialistes de Proust semble valider cette découverte miraculeuse. Lire le billet sur LeMonde. Comment ne pas mettre cette courte séquence en parallèle avec le petit extrait de film qui avait été retrouvé il y a quelques années dans lequel on découvrait Louis-Ferdinand Céline furtivement chez un épicier de quartier. Tous les deux figurants. Entre la sortie de la noblesse bourgeoise à La Madeleine et un quartier faubourien de Paris...


Du côté de chez Swann : une édition numérique enrichie

Capture decran 2013-11-14 11.56.17En ce mois de novembre avec la commémoration du centenaire de la publication du premier volume de l'oeuvre de Marcel Proust, à signaler une édition numérique de "Du côté de chez Swann", qui offre la particularité de présenter le texte intégral indexé avec, en parallèle, un cahier multimédia richement illustré de photographies d'époque, de peintures, d'extraits musicaux ou de lectures audio. Les résumés indexés permettent de naviguer aisément et de retrouver précisément un passage. Le lecteur dispose également d'une chronologie de l'auteur et de l'œuvre, d'un glossaire et d'une bibliographie.

Détails de l'ibook (bientôt disponible sur iPad et Mac OS X Mavericks)

  • Texte intégral
  • Mise en page fixe et flottante
  • Surlignage, annotation, copier/coller, export par mail, partage sur les réseaux sociaux
  • Recherche plein texte
  • Cahier multimédia comportant près de 150 illustrations visuelles et sonores avec extraits du texte de Proust en correspondance
  • Frise chronologique en 3D de la vie de l'auteur et de la chronologie du récit
  • Glossaire
  • Bibliographie avec liens directs pour télécharger des extraits ou acheter les ouvrages répertoriés

L'édition numérique est actuellement finalisée et se trouve en attente de commercialisation. Plus de détails ici. L'auteur cherche désormais des lecteurs, étudiants, professeurs, bibliothécaires, souhaitant évaluer et corriger cette version complète et fonctionnelle.
Je vous invite à vous rapprocher de lui. Il tient à disposition des personnes intéressées le fichier ibooks compatible tout iPad et Mac OS 10.9.

Envoi du lien de téléchargement sur simple demande motivée à philippe@liseurs.com

Si vous êtes éditeur ou distributeur de livres numériques enrichis sur d'autres plateformes, vous pouvez également le contacter pour une éventuelle collaboration.


Antoine Compagnon: Proust dans l'univers numérique

CompagnonPassionnante conférence "L'oeuvre et l'auteur à l'heure du numérique" d'Antoine Compagnon qui a eu lieu en novembre dernier à la BNF et au Cnam. Il nous parle de l'oeuvre de Marcel Proust et sa destinée dans l'univers numérique. A retrouver sur le site "Les Rendez-vous des Lettres" d'Eduscol, ne pas perdre l'url ici. Il fait référence au site Gutenberg et à de multiples autres éditions numériques; pour compléter, à signaler une excellente édition complète gratuite sur la BEQ disponible ici, qui mentionne parfaitement la source du texte proposé.

PS: deux autres interventions à signaler, celles de Milad Doueihi et Frédéric Kaplan ici. Il y en a bien d'autres aussi durant ces trois journées.


Pratiques et bonheurs de lectures

"Billet envoyé par Thierry Berton, lecteur:"

Pour illustrer les bienfaits de la lecture sur tablette numérique, voici quelques lignes rédigées il y a quelques temps, en espérant que tout cela incitera nos éditeurs de France et de Navarre, comme par exemple M. Gallimard, de tester la chose, de prendre en main ces objets étranges, et de découvrir un plaisir nouveau dans la découverte de nombre de textes.

Voici quelques considérations d'ordre général.

1. Saint-Simon: Je n'avais jusqu'à présent jamais lu une seule ligne de Saint-Simon. Je me souviens que nous avions à la maison une intégrale de belle facture, que mon père lisait de temps en temps, dorée sur tranche, cuir, avec des gravures en couleur que je regardais surtout. Il y a bien eu un volume en poche, plus tard, mais que je n'ai jamais vraiment lu, tant le texte, sa mise en page était oppressante, touffue et indigeste. Mais il a fallu, sans doute des années de maturation aussi, mais surtout le format électronique, et l'existence des tablettes de lecture, pour rendre ce texte intéressant, voire même passionnant. Pour Saint-Simon, je crois que je vais privilégier le petit écran de 5 pouces de mon EZ Reader Astak. Le texte s'y prête. Le Verbe de Saint-Simon, la chronique d'un journaliste génial et assidu, l'effervescence de sa pensée et de ses écrits, permettent une lecture au creux de la main (= écran 5 pouces).

2. Proust: par contre, la complexité de Proust, la richesse infinie aussi, me semblent dédiées aux écrans plus larges, comme celui de l'Iliad (8.1 pouces). Là, dans ce grand format, on ouvre le texte, ou lui offre de l'espace, une bordure blanche, un texte pdf en majesté, le plaisir tout nouveau et inédit d'une présentation luxueuse. En effet, c'est là le support idéal qui me permettra de dépasser sans aucun doute les premières 200 à 300 pages. Maturité sans doute là encore, qui me permet de mieux appréhender et vibrer avec les tonalités multicolores et multi-sonores du Verbe proustien, mais aussi importance primordiale pour moi de la mise en page et en espace. Même l'édition de la Pléiade apporte cette impression d'étouffement et d'oppression, tant le texte est ici aligné au plus près, au plus dense, occupant la totalité du papier bible. Il y a aussi cette édition intégrale, en un volume, aux éditions Quarto Gallimard :))), mais, si le livre est magnifique, il reste imposant, lourd et volumineux : il faut s'installer, s'attabler pour lire, comme on le ferait d'un travail, d'une tâche, d'une besogne. Quant aux éditions de poche, même constat: papier de mauvaise qualité, texte bien trop dense, et qui ne rend pas hommage à la splendeur des écrits de Proust. En somme, lire sur une tablette électronique, c'est bénéficier d'un outil presque pédagogique d'aide à la lecture. Avec l'espace ainsi retrouvé, la légèreté du lecteur, je vais enfin pouvoir me régaler de Proust, puisque la complexité des longues phrases se trouve comme portée et allégée par le confort de l'oeil, à l'aise vraiment, et toujours respirant à grandes bouffées.

3. Melville (Moby Dick): là encore, la tablette électronique permet une mise en page idéale, et qui surclasse toutes les éditions papier (j'en ai 4 : deux anciennes, avec illustration, mais lettres trop petites, et texte trop oppressant et dense, plus en poche, mais là encore, mêmes problèmes, mêmes obstacles pour aller jusqu'au bout du livre). Ici, le lecteur de 5 pouces semble parfait: dans sa version ePub, c'est un régal.

Bonne lecture à tous.


Lire Proust sur le Sonyreader

100_5987 Lire Proust avec plusieurs milliers d'autres lecteurs. Je vous avais signalé au mois de juin dernier l'initiative de Véronique Aubouy sur le site LeBaiserdelaMatrice. Depuis ce week-end, c'est parti, vous pouvez participer à l'aventure, lire des pages de la Recherche, enregistrées dans l'environnement que vous vous serez choisi. Puisque la Librairie Gallimard ne propose pas encore l'édition de la Recherche sur le Sonyreader, je me suis essayé à trouver ce qui se faisait de mieux dans les sites gratuits. Le pire souvent, je vous fait grâce. Et, c'est du côté de la Bibliothèque électronique du Québec, qui vient de fêter ses dix années d'activité que j'ai trouvé une édition de grande qualité. L'édition complète d'"A la recherche du temps perdu" en 15 volumes; ils insistent sur le travail de numérisation. Une fois recadré en supprimant les marges inutiles, c'est absolument parfait, typo très agréable, justifié, respect du code typo, espaces insécables, espaces fines, un vrai travail professionnel. Ils arrivent maintenant à près de 1000 titres (soit 9 titres par mois). A l'exemple des Editions du Boucher, c'est pas la course à la masse critique, une vraie démarche éditoriale, le même souci de privilégier la qualité à la quantité... En attendant de posséder la version de la Pléiade des éditions Gallimard, c'est assurément ce que l'on trouve de meilleur sur le Sonyreader (et en PDF s'il vous plait). Bravo à nos amis québécois.